3- Comportements alarmants de ma petite
Qqs mois après cette annonce de divorce, j’ai vu que ma petite avait adopté des comportements alarmants. Elle faisait de grosses insomnies, des cauchemars à répétition (elle se réveillait en pleine panique). Elle tenait des propos morbides (elle me prévenait que son père voulait me tuer, ou elle rêvait de bébés morts, ou si on franchissait le panneau de notre ville, après il n’y avait que des morts…). Elle faisait aussi des urticaires géants. Elle devenait agressive, même à l’école. Et elle refusait d’être une fille (1 jour elle s’est coupée les cheveux parce qu’elle ne voulait plus être une fille).
J’en ai parlé avec son père… mais non, pour lui il n’y avait rien qd elle était avec lui, il n’avait rien remarqué de ce que je lui décrivais… et bien sûr l’explication qui tue : c’était moi qui déclenchais ces comportements chez ma petite !
Moi ce qui m’importait c’était de trouver des solutions pour que ma fille aille mieux, pas de savoir qui était responsable de quoi. Ben pour lui, il avait la solution ; que je revienne avec lui !
J’en ai parlé à ma sœur toubib… mais rien de grave pour elle, mais comme pour d’autres… c’était presque normal qu’une enfant ait ces qqs probs puisque ses parents divorçaient. Même si c’était « normal » pour ces gens là, il fallait qd même faire quelque chose pour ma fille.
J’ai fini par aller demander un rdv dans un centre psy (CMP) pour avoir de l’aide, des conseils, et surtout pour que ma petite aille mieux.
Aux 1ères séances, la psychologue a pris en charge correctement ma fille, estimant que oui elle avait besoin d’aide.
Puis tout a dérapé sans que là aussi je ne comprenne trop pourquoi, du moins au début.
Le soir d’une séance au centre, ma petite s’est réveillée en pleurs, qu’elle avait qqc à me dire mais qu’elle ne pouvait pas. Au bout de qqs temps, elle m’a lancé ces mots « papa m’a donné un coup de marteau ». J’ai essayé d’en savoir plus, en posant des questions qui n’incluaient pas les réponses… j’étais horrifiée des mots de ma fille… et surtout quoi faire pour que ce soit le mieux pour elle ? Son père nous faisait vivre depuis des mois dans une telle atmosphère de peur, de tensions, on était tellement isolée… que je ne savais pas quoi faire, mais il fallait que je fasse qqc. Je ne pouvais pas faire comme si ma fille ne m’avait rien dit.
Le lendemain matin, j’ai téléphoné au centre pour avoir 1 rdv en urgence avec la psychologue… mais elle était en réunion. J’ai fait un bref résumé de ce qui s’était passé et que nous avions besoin de voir la psy. On devait me rappeler en début d’après midi… ce qui ne fut pas fait. Je rappelle… la psy est toujours en réunion. Alors je me déplace au centre et demande à voir la psy.
Dans la nuit j’avais préparé un courrier, plutôt un récapitulatif de tous les comportements de ma fille et aussi de ce que nous vivions depuis des mois.
La psy me reçoit dans le couloir (un collègue pas trop loin, comme si il surveillait… ils avaient peur de quoi ?). Je lui demande ce que je dois faire pour ma fille. Elle ne veut pas me dire quoique ce soit. Moi j’ai besoin de savoir si c’est vrai et ce que je dois faire… la psy ne veut pas me répondre. Je lui tends mon courrier ; elle ne veut pas le prendre. Je vais le poser sur le bureau. Elle me dit que c’est inutile ; elle ne le lira pas. Je lui demande alors où je dois m’adresser pour avoir de l’aide. Elle consent à me dire que je peux aller voir une assistante sociale, mais que je ne dois pas dire que je viens de sa part !
Je repars de ce centre complètement lessivée et je ne comprends rien de ce qui vient de se passer. Pourquoi n’ont-ils pas voulu nous aider ? Suis-je devenue folle à ce point qu’ils ne veulent même pas nous aider ?
Je vais voir l’avocate et lui demande ce que je peux faire pour aider ma fille… elle me conseille un bon médecin de la ville, qui connaît ces genres de situation… c’est ma sœur ! Elle me conseille 1 autre psy dans une autre ville, à 40 kms. Je prends rdv en urgence…
J’y vais avec mes 2 autres filles (je ne veux pas les laisser seules à la maison et je n’ai plus personne autour de moi pour qu’elles soient avec qqn en ces moments là)… et oui j’ai fait manquer des cours à mes grandes pour aller à ce rdv (oula gros reproches du père !).
Là bas ma petite a été prise en charge par cette spy qui a discuté avec elle, etc…. elle l’a écoutée, et moi aussi. Elle m’a rassurée sur les mots de ma fille que ça pouvait être sa façon à elle d’exprimer des choses qui lui faisaient trop mal… mais qu’il pouvait tjs y avoir un doute et c’était à moi d’être vigilante et en cas de marques, elle servirait de témoin pour ces 1ers rdv. Bizarre, je sors de ma ville et je rencontre des personnes qui agissent normalement.
J’avais maintenu les rdv prévus au centre psy. Quand j’y suis retournée avec ma petite, pas 1 regard de la psy, pas 1 mot… après la séance de ma fille, elle est venue me dire que ce n’était pas bien pour ma fille de la faire suivre par 2 psy ! J’ai essayé d’enchaîner pour comprendre ce qui s’était passé et pourquoi elle avait réagi ainsi… pas d’explication. J’ai demandé si elle avait vu mon ex, au moins pour avoir sa version… non, non elle ne l’avait jamais vu. Elle l’avait convoqué plusieurs fois, mais il n’était jamais venu. Bizarre ce centre qd même qui se fait des idées arrêtées sur une situation et à l’encontre de ce que ma fille et moi racontions.
Ma 2ème avait aussi 1 rdv prévu dans ce centre, mais avec 1 autre psy. Ma fille a alors aussi tenté de raconter ce que nous vivions et le fait aussi qu’elle se faisait du souci pour sa petite sœur. Ce psy m’a fait rentrer pour discuter… et que face à nos mots il se devait de faire qqc parce que la situation était alarmante. Il doit me rappeler le lendemain… ce qu’il ne fera pas. Je rappelle, le psy n’est pas disponible… et on me fait savoir que le rdv prévu pour elle dans qqs jours est reporté à plusieurs semaines ! Ma fille ne veut plus y retourner, de toute façon c’est pareil qu’avec d’autres, on ne la croit pas.
Puis je suis convoquée par la pédopsy du centre. J’y vais confiante, je me dis qu’enfin ça va devenir plus « normal ». Et bien non en résumé ; je devrais me faire soigner… et pas me faire de soucis pour mes filles, de toute façon « un coup de marteau », ça ‘existe pas ! Ma petite est présente à qqs ms de moi et cette pédopsy tient un discours pareil ! Mais elle me conseille bien d’avoir tjs un discours positif sur le père devant les filles ! Je redemande si ils ont vu mon ex… non, il ne le connaisse pas.
Je suis sortie dégoûtée de cette entretien… on m’a dit et répété que ce centre était fait pour les enfants, pour les aider… ils se sont juste comportés bizarrement et se sont bien dédouanés de tout. Je ne suis plus retournée à ce centre avec ma petite. Ah là ils m’ont envoyé nombre convocations me rappelant mon rdv manqué, m’en donnant un autre… et à la fin « ben ils avaient fait ce qu’ils avaient pu pour aider ma petite, que je n’avais pas donné suite, mais qu’ils restaient à ma disposition » !
C’était un comportement hors normes de plus venant d’autres personnes, et là de psy… là j’ai vraiment eu une période de doutes, me demandant si je ne devenais pas effectivement folle... pourtant les mots, les comportements de mes filles, je ne les inventais pas !
Mes filles n’ont plus voulu entendre parler de psy.
Quand nous sommes parties loin, et une année scolaire après, l’instit de ma petite a proposé un passage anticipé en CP. Ceci se fait dans un cadre particulier et il y avait notamment 1 rdv avec 1 psy. Je suis donc allée à ce rdv avec ma fille. Tout commençait bien, tant qu’elle n’a parlé que de ses capacités scolaires… mais elle me disait que l’ayant vue déjà plusieurs fois, chaque fois qu’elle essayait de parler du domaine privé, ma petite se fermait complètement et ne parlait plus. Elle me demandait donc de lui raconter un peu ce que nous avions vécu. J’ai été brève, je ne voulais plus risquer de repartir dans des choses que nous avions laissées derrière nous. Je lui ai juste dit que le divorce ne s’était pas bien passé. La psy a demandé à me voir seule. Et là une vraie crise de ma fille, elle s’accrochait à moi, elle hurlait, pleurait, elle me mettait les mains sur la bouche. Je suis sortie avec l’instit pour la calmer, la rassurer et l’occuper à d’autres activités. Au bout d’un moment elle s’est un peu calmée, et je l’ai laissée avec son instit.
La psy m’a donc posé des questions sur ce qui s’était passé, etc… je n’avais pas envie de lui répondre, pas envie de repartir là dedans. Je faisais des réponses brèves, je minimisais, de toute façon maintenant tout allait mieux etc… elle a réussi à percer mes défenses et lui ai parlé un peu plus. Rien à voir avec les autres psy… parler, écouter et aussi me dire que ce que nous avions vécu était grave, qu’il fallait en parler, que si nous le voulions, elle est prête à nous apporter son soutien… que pour ma petite fille, elle avait perdu confiance en les adultes, et que j’étais la seule qu’elle reconnaissait pour se donner le droit de parler.
Je suis sortie du rdv, suis allée voir ma fille (l’instit me disait que ma petite s’inquiétait pour moi et qu’il ne fallait pas que je parle). Je l’ai rassurée et suis repartie la laissant à son école.
Une fois sortie, et bien enfermée dans ma voiture et plus loin de l’école, je me suis arrêtée et me suis effondrée en larmes. Un an que nous étions parties, et même si on arrive à mettre des voiles, il y avait encore des choses qui nous faisaient mal.
J’ai cherché à récupérer les dossiers de mes filles à l’ancien centre psy. Toujours ce besoin de comprendre ce qui s’était passé. J’ai eu un mal fou à les obtenir… finalement je les ai reçus par la poste. Que du baratin… comme si il avait fallu faire un dossier à la va vite et à posteriori… les dates de rdv ne correspondaient pas, là j’ai vu qu’effectivement il avait vu mon ex qd ils ne prétendaient ne l’avoir jamais vu ! Que j’avais droit à un portrait peu flatteur, et que mon ex était le pôvre papa de service… et coup de grâce le coup de marteau était devenu un coup de manteau !!
J’ai pu mettre ces éléments avec d’autres que j’avais appris après mon déménagement. Mon ex avait officialisé sa liaison avec notre ex voisine qui travaillait… dans ce centre ! Mais bien évidement qu’une coïncidence !
Qui quand elle en avait le plus besoin s’est soucié de ma petite fille ? Surtout pas ce centre, et encore moins son père… et pourtant elle avait besoin d’aide. Tous les comportements que j’ai décrits en début de billets ont disparu avec la distance (sauf qqs résurgences quand elle devait retournée chez son père)… et aujourd’hui il n’en reste plus…
J’aurais pu porter plainte, là j’avais de quoi faire… mais ça aurait eu quoi comme effets ? Mes filles quand elles vont chez leur père, elles vivent avec cette dame (et de plus je suis moi-même plus rassurée depuis qu’il vit avec qqn)… c’est cette dame qui aurait eu les plus gros ennuis, pas lui qui a su si bien tout cadenassé, lui qui a « organisé »…
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