Personnellement je n'ai pas les moyens de tomber malade.
Vous l'aurez de moins en moins le moyen de tomber malade. A l'origine on a voulu que les enseignants soient des personnes protégées des pressions diverses et avariées pour pouvoir se consacrer à nos enfants et enseigner tranquillement. C'était une conception humainement intelligente de la fonction. Maintenant, sous la pression des idiots et des malfaisants, les enseignants sont amenés graduellement à devoir endurer ces pressions qui font, immanquablement, comme avaient voulu l'éviter nos prédécesseurs, que leur capacité à se consacrer à leurs élèves s'amenuise. Un jour de carence, bientôt deux et puis trois, le pied dans la porte a été introduit et le but, très évidemment, et d'aligner le public sur le privé, partout, sans discernement, graduellement. Le plus misérable est que l'immense majorité ne sait pas que les jours de carence existent autant dans le public que dans le privé mais que la MGEN, que chaque enseignant paie copieusement tous les mois, les compensait tous, et qu'elle ne compensera plus, désormais, le premier, les autres ensuite.
Des légions de trolls lourdement conditionnés travaillent à aligner le fonctionnariat et les enseignants sur un modèle de conditions de travail qu'ils auraient du se battre à ne pas laisser se dégrader aussi lourdement dans le privé. On leur rebat le cervelet, matin midi et soir, avec des choses selon lesquelles le fait qu'ils se fassent enfler est inévitable et induit par la mondialisation. Elle a bon dos. La finance internationale prospère et trône, les intérêts de la dette engraissent des pourceaux déjà monstrueusement gras, les actionnaires tapent du poing sur la table pour que les 15 % de rentabilité minimale soient partout atteints ou dépassés en imposant des conditions de travail toujours plus dures. Le fric trône et plastronne, le travail ne vaut plus rien, c'est l'heure de l’individualisme forcené et des comparaisons débiles avec "ce que font les autres" .
Vous allez devoir y aller au boulot, malade ou pas, contaminante ou pas, que cela vous plaise ou pas, que cela froisse ou pas votre désir de ne pas mettre en danger vos gamins.
Vous comprenez ? et ici et ailleurs vous trouverez des abrutis, des psychopathes, parents ou pas, pour refuser de voir le délitement humain qui se dessine tous les jours un peu plus dans un monde ou la technique, incroyablement, n'a jamais permis de travailler aussi peu à productivité égale.