Imprimerie nationale : vote trop serré pour signer en l'état (syndicats)
Le résultat de la consultation des salariés en grève de l'usine de l'Imprimerie nationale de Choisy-le-Roi (Val-de-Marne), occupée depuis le 21 janvier, est "trop serré" pour que les organisations syndicales puissent signer le protocole de fin de conflit, ont annoncé mercredi la CGT et la CFDT.
Outre le vote "trop serré" (39 pour la reprise du travail, 37 contre), les deux syndicats ont fait état d'un "élément nouveau" rendant impossible la signature du protocole, après avoir été avertis sur ce point par leur conseil juridique. Ils ont fait une demande de modification auprès du ministère des Finances, leur ministère de tutelle, et de leur direction.
Un article du protocole stipule qu'"il est convenu entre les parties la mise en place d'un PSE" (plan de sauvegarde de l'emploi: plan social, ndlr), a expliqué Frédéric Rousseau, secrétaire CGT du comité d'entreprise, alors que c'est uniquement "à l'employeur d'engager un PSE" et non à l'employeur et aux organisations syndicales.
"Ce ne sont jamais les organisations syndicales qui engagent un PSE, ce sont les entreprises", a renchéri Gilles Vienne, délégué CFDT.
Un tel article est "inadmissible", a ajouté M. Rousseau, car "il bloque toute possibilité de recours" contre le PSE pour les salariés.
"Pour l'instant, la grève continue", a poursuivi l'élu CGT, en se disant prêt à organiser une nouvelle consultation des salariés "le plus rapidement possible" dès qu'une réponse leur sera parvenue. "L'idée est de sortir du conflit" qui dure depuis 31 jours, a-t-il ajouté.
Organisée depuis mardi soir, la consultation, à bulletins secrets, des salariés grévistes présents a donné le résultat suivant: 39 votes pour la reprise du travail, 37 contre et 3 bulletins nuls. Quatre grévistes malades n'ont pas pu prendre part au vote, selon les syndicats.
L'usine de Choisy-le-Roi, visée par un plan social prévoyant la suppression de 77 des 113 emplois, est occupée depuis le 21 janvier et les salariés, à bout, "n'ont plus confiance", a dit M. Rousseau.
Les syndicats ont réclamé en vain le respect par l'Etat de ses engagements de 2005, qui prévoyaient des mesures d'accompagnement pour les salariés licenciés jusqu'à ce qu'ils retrouvent un poste.
Un protocole de fin de conflit, rédigé dimanche à l'issue de longues négociations, prévoit finalement un congé de reclassement d'une durée maximum de cinq ans et c'est sur ce texte que les salariés en grève doivent se prononcer.
Le blocage du site, où sont imprimés de nombreux sujets de concours, a déjà entraîné le report d'examens concernant 16.515 candidats, selon le ministère de l'Education nationale.