Vaduz2012 a écrit :
@ Charles.... [qLYCEE : LA VICTOIRE FINALE DU PEDAGOGISME. 1 Le SNALC-CSEN constate que les annonces du Président de la République, celles du Ministre de l’Education, comme le contenu de la "feuille de route" destinée à encadrer les discussions sur le futur lycée, s’inscrivent dans les mêmes schémas que ceux qui ont inspiré les réformes antérieures, ainsi que le rapport Pochard. En considérant que l’échec de 45% des bacheliers inscrits en licence "prend ses racines au lycée", en constatant que "15% des élèves sont obligés de redoubler la classe de seconde", sans faire une seule fois référence au collège, le gouvernement montre qu’il n’entend renoncer à aucun des dogmes qui sont à l’origine de l’échec scolaire depuis plusieurs décennies. 2 Le SNALC-CSEN constate que la préoccupation exclusive de "correspondre aux attentes des lycéens" et d’adapter l’enseignement "aux besoins et aux aspirations des lycéens", s’inscrit plus que jamais dans l’objectif de "mettre l’élève au centre du système", en ne renonçant à aucun des aspects fondamentaux de la loi Jospin de 1989. La volonté affichée, et forcément partagée, d’ "assurer la réussite de tous les élèves au lycée", fondée exclusivement sur des procédures de "remédiation", ne remet jamais en cause les modalités antérieures d’orientation. ("30% des élèves entrent en seconde sans disposer des pré-requis nécessaires." Dès lors, la "nouvelle" réforme ne peut que s’apparenter à un énième replâtrage destiné à compenser artificiellement les carences des cycles antérieurs. 3 Le SNALC-CSEN rappelle que la poursuite de la politique démagogique des gouvernements antérieurs s’effectue dans le cadre d’une réduction drastique des moyens. Il ne pourra en résulter qu’une augmentation massive de la charge de travail des enseignants. A qui fera-t-on croire, par ailleurs, que : "cours, soutien et remise à niveau, projets interdisciplinaires, aide personnalisée, contribution au suivi et à l’orientation, préparation méthodologique aux études supérieures", "travail conduit dans le cadre du conseil pédagogique rénové"… n’aboutiront pas à réduire la transmission du savoir à la portion congrue ? En ne concevant la liberté pédagogique, pourtant inscrite dans la loi, qu’au sein de processus collectifs, les propositions du ministre risquent de dénaturer en profondeur la mission des enseignants en soumettant ces derniers aux diktats d’équipes locales aux pouvoirs renforcés. Le SNALC-CSEN s’interroge, d’autre part, sur la façon de "conforter les acquis disciplinaires et méthodologiques des élèves sortant du collège", alors qu’ une part non négligeable d’entre eux n’en possède que de très vagues rudiments. En assignant au nouveau lycée une mission impossible, le gouvernement prépare le terrain à une nouvelle vague de pédagogisme irresponsable. 5 Dans ces conditions, on ne peut qu’être surpris des déclarations annonçant la fin des IUFM : le dispositif annoncé pour le lycée consacre pourtant leur caractère irremplaçable, à moins d’injecter massivement les sciences pédagogiques dans le cursus de la future licence LMD. Le remède serait alors pire que le mal…
Paris, le 3 juin 2008 Citation:
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