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Auteur Sujet :

lire au cp

n°201251
llioill
Posté le 07-10-2008 à 20:48:24  profil
 

Reprise du message précédent :
lol:{}  Grand homme !  lamiss122:1


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C'est incroyable ce qu'un troupeau de moutons est capable de brouter pour finir dans la gamelle de son berger.
n°201254
lesquardin
Posté le 07-10-2008 à 21:57:09  profil
 


 Je ne sais pas, moi, Monsieur (ou Madame, peut-être ? ). Je relate juste ce que m'a dit cet orthophoniste, à moi, parent d'élève désemparé, ne vivant ni dans le Seizième ni en ZEP.
 J'ai juste constaté qu'en reprenant une méthode syllabique avec ma gamine, c'était allé mieux.
 Après, au collège, en faisant à la maison des cours de grammaire, avec un vieux livre de 1965, et les dictées s'y rapportant, ça s'est encore bien amélioré. Ce n'est pas parfait mais je ne l'étais pas non plus en troisième !

n°201267
Zarko no
Posté le 08-10-2008 à 02:03:12  profil
 

Je relate juste ce que m'a dit cet orthophoniste, à moi, parent d'élève désemparé, ne vivant ni dans le Seizième ni en ZEP.
Instit depuis 20 ans, côtoyant ces spécialistes du langage pour les enfants en difficulté, j'ai autant entendu de réponses d'orthophonistes du XVIe que d'orthophonistes de ZEP...C'est à dire, tout et son contraire; comme dans l'EN, en pire !
Mais on peut se rassurer en comparant avec les économistes lorsqu'ils expliquent les raisons de la crise financière, et mieux, comment il faut s'en sortir !
 lol:{}  lol:{}  lol:{}  lol:{}  lol:{}  lol:{}  lol:{}
Je ne sais pas si ma réponse vous apportera un éclairage... pt1cable:{}  pt1cable:{}  pt1cable:{}

n°201472
llioill
Posté le 09-10-2008 à 08:21:58  profil
 



Alors , cette explication , ça vient ?  heink:{}


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C'est incroyable ce qu'un troupeau de moutons est capable de brouter pour finir dans la gamelle de son berger.
n°201505
singe
Posté le 09-10-2008 à 12:56:52  profil
 

Les Contes de Enguell a écrit :



Moi, j'aime pas que tu me voussoies ! :)



Moi, je préfère !


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Il è gran tan de revenir a la rèzon é de plasé l'instruksyon, l'étude, la réflèksyon o desu de l'opinyon, de la pasyon, de l'émosyon.
n°201539
Profil sup​primé
Posté le 09-10-2008 à 18:30:26  
 

Citation:

Fédération Nationale                                                                                             Paris, le 8 décembre 2005
des Orthophonistes

 COMMUNIQUE DE PRESSE

 
Dans le débat actuel sur les différentes méthodes de lecture à la fois au sein de l’Education Nationale et à l’Assemblée Nationale, plusieurs interventions font référence à la position « des orthophonistes » à ce sujet.

 La Fédération Nationale des Orthophonistes (FNO) tient à préciser de la manière la plus ferme, que les orthophonistes, professionnels de santé, interviennent au niveau du soin dans le domaine des pathologies de la lecture et dans la prévention de ces troubles.

 En aucun cas leur intervention thérapeutique ne se situe dans le domaine pédagogique qui, lui, relève de la responsabilité des enseignants et de l’Education nationale.

 Il n’existe à ce jour, aucune étude menée par des orthophonistes, validée scientifiquement, mettant en évidence des liens de causalité entre méthodes de lecture et pathologies du langage écrit.

 Les affirmations d’orthophonistes sur les supposés effets de la méthode de lecture dite « globale » n’engagent que ces professionnels, à titre tout à fait individuel, et, ne constituent ni une position de la profession, ni une caution scientifiquement reconnue.

 La FNO dénonce toute référence abusive et non fondée à une position des orthophonistes dans ce débat.


et je le prouve :)

n°201723
Profil sup​primé
Posté le 10-10-2008 à 01:35:43  
 

"Bonjour,  
Je viens vous donner des nouvelles après tous les bons conseils que vous m'avez donnés.  
 
J'ai donc acheté "Léo et Léa", et nous avons commencé avec mon fils cette méthode d'apprentissage.  
J'avoue que j'avais un peu peur de la réaction de mon choups qui a du mal à se concentrer. Nous avons décidé de lire 2 fois les jours d'école et au moins 3 fois (ou plus si possible) les autres jours.  
 
Et bien, tout se passe très bien, et à mon grand étonnement, mon fils en redemande, ça lui plait vraiment.  
 
Donc, encore une fois un grand merci à toutes les participantes de ce fil pour vos conseils judicieux qui m'ont permis de me rassurer et surtout d'aider mon fils à l'apprentissage de la lecture.  
 
Amande."

n°201732
llioill
Posté le 10-10-2008 à 08:36:28  profil
 



Ce genre de témoignage se multiplie , c'est une véritable avancée dans l'ombre cette prise de conscience  :)


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C'est incroyable ce qu'un troupeau de moutons est capable de brouter pour finir dans la gamelle de son berger.
n°201757
ttoo
Posté le 10-10-2008 à 10:58:26  profil
 

Jean Foyer - Vidéo
 



Membre du comité d’honneur de l’association Lire Ecrire, Jean FOYER fut un fidèle soutien de notre action, très conscient de l’urgence qu’il y avait à refonder l’enseignement primaire. En 2006, il nous fit l’honneur d’introduire le colloque « la finalité de l’école » dont les interventions sont publiées dans le livre « La débâcle de l'école – une tragédie incomprise ».




Nous avons appris avec tristesse la nouvelle de son décès le 3 octobre.

Nous mettons en ligne la vidéo de son intervention pour vous permettre de le réentendre. Sa réflexion sur le budget de l’éducation nationale n’a pas perdu de son actualité.



http://www.lire-ecrire.org/act [...] video.html

n°201840
lesquardin
Posté le 10-10-2008 à 21:42:09  profil
 

llioill a écrit :



Ce genre de témoignage se multiplie , c'est une véritable avancée dans l'ombre cette prise de conscience  :)


 Il faut se battre dans la quotidienneté. C'est plus facile pour les méthodes de lecture qui marchent que pour la démolition programmée de l'agrégation externe et, en conséquence, des classes préparatoires et l'avilissement final du CAPES dilué dans la pédagologie galopante.
 L'individu lambda voit bien que le fils/fille ou petit-fils/petite-fille n'arrive pas à apprendre à lire et à acquérir les notions de base en grammaire, type accord de l'adjectif ou du verbe avec le nom auquel il se rapporte, et en mathématique, type tables de multiplications, mais voit-il que son enfant, au collège ne situe pas les Lumières avec Louis XV ou l'industrialisation du XIX° siècle avec la naissance du prolétariat, la floraison des totalitarismes avec le krach de 1929 etc...
 D'où une réforme du primaire faite pour satisfaire la demande populaire d'enseignements fondamentaux, croûton de pain jeté à la misérable populace méprisée et avilie, sans toucher à l'abominable collège unique, suivie d'une démolition du lycée.
 Nos enfants sauront peut-être lire et écrire mais cela ne leur servira qu'à réciter le catéchisme, et encore, dans le meilleur des cas.

n°201846
llioill
Posté le 10-10-2008 à 22:05:34  profil
 

51DW02W9YWL._SL500_AA240_

Citation:

Il est scandaleux aujourd'hui de voir une méthode comme celle-ci encore dans les casiers de nos enfants. Une méthode qui se dit mixte mais qui est, dès le départ, portée sur le global alors que nous en sommes à la syllabique...C'est un scandale pour les futurs lecteurs de demain!!!



Citation:

Je tiens à dire que ce livre est une perle en matière d'apprentissage de la lecture! J'ai appris à lire grâce à ce livre, ma soeur aussi il y plus de 15 ans de cela et pour vous dire à quel point la méthode est efficace, ma petite cousine de 5 ans à appris à lire avec ce livre avant même son entré au CP. Il y a une véritable histoire avec des personnages attachant et les mots nouveaux sont en bleu. Dès 4 mois de travail sur ce livre, on peut lire correctement des textes simples.


Citation:

C'est une méthode mixte ou semi-globale comme on veut. Elle allie plusieurs atouts. Les images, agréables à regarder parce que faite au cryaon de couleur, invitent à l'expression orale. Le texte est claire. Les mots à apprendre par coeur sont mis en valeur par un encadrement en bleu. Il y a référence aussi aux syllables. L'histoire est sympa.


C'est pas moi qui le dit... hello:{}


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C'est incroyable ce qu'un troupeau de moutons est capable de brouter pour finir dans la gamelle de son berger.
n°201875
Profil sup​primé
Posté le 10-10-2008 à 22:31:09  
 

lesquardin a écrit :


 Il faut se battre dans la quotidienneté. C'est plus facile pour les méthodes de lecture qui marchent que pour la démolition programmée de l'agrégation externe et, en conséquence, des classes préparatoires et l'avilissement final du CAPES dilué dans la pédagologie galopante.
 L'individu lambda voit bien que le fils/fille ou petit-fils/petite-fille n'arrive pas à apprendre à lire et à acquérir les notions de base en grammaire, type accord de l'adjectif ou du verbe avec le nom auquel il se rapporte, et en mathématique, type tables de multiplications, mais voit-il que son enfant, au collège ne situe pas les Lumières avec Louis XV ou l'industrialisation du XIX° siècle avec la naissance du prolétariat, la floraison des totalitarismes avec le krach de 1929 etc...
 D'où une réforme du primaire faite pour satisfaire la demande populaire d'enseignements fondamentaux, croûton de pain jeté à la misérable populace méprisée et avilie, sans toucher à l'abominable collège unique, suivie d'une démolition du lycée.
 Nos enfants sauront peut-être lire et écrire mais cela ne leur servira qu'à réciter le catéchisme, et encore, dans le meilleur des cas.


v26... la lecture pour les autruches...

n°201876
Profil sup​primé
Posté le 10-10-2008 à 22:33:20  
 

Étude d’une méthode officielle d’enseignement de la lecture :
la méthode « Lire avec Léo et Léa »
de Thérèse Cuche et Michelle Sommer

Un texte d’Eveline Charmeux
professeur honoraire de l’IUFM de Toulouse
auteur de nombreux ouvrages sur l’enseignement de la lecture et de la langue

 

Il existe un proverbe, un peu simplet, qui affirme : « Pour enseigner l’anglais à Toto, il faut connaître l’anglais et il faut connaître Toto ». On peut ajouter : « il faut aussi savoir comment on fait pour enseigner » !

Pour être un peu plus précis dans la formulation, disons qu’une tâche d’enseignement nécessite de la part de l’enseignant, des « savoirs savants » préalables, concernant l’élève, le savoir à enseigner, et la façon d’enseigner. Ces savoirs savants sont des hypothèses issues des travaux de la Recherche Fondamentale, sur lesquelles on bâtit le travail à mener en classe. Étudier une pratique de classe, par exemple telle qu’elle est proposée par un outil d’enseignement, c’est repérer les hypothèses scientifiques qui sous-tendent cet outil, et mesurer le degré de cohérence que ces hypothèses choisies entretiennent avec les données de la Recherche.

Observons donc la méthode d’enseignement de la lecture « Lire avec Léo et Léa », méthode présentée en haut lieu comme exemplaire de ce qu’il faut faire au CP.

Et pour être crédible, reproduisons ici quelques pages du manuel.

La première page, première leçon :

leo1

Page 4, 3ème leçon :

leo2

Page 24 :

leo3

Page 32 :

leo4

Page 88 :

leo5

Page 92 :

leo6

Et, pour finir, une des dernières leçons de l’année, page 116 (sur 119) :

leo7

 Analyse et théorisation.
1 - La conception de l’apprentissage
Il suffit de parcourir ces 7 pages pour comprendre que la démarche utilisée va du simple vers le complexe (léger, mais les dernières leçons sont un peu plus complexes que la première !). Or, il n’est point nécessaire d’être un grand logicien pour savoir qu’une démarche d’enseignement doit aller du facile pour l’élève vers ce qui lui est difficile. Or le facile n’a rien à voir avec le simple. Même si les mots sont assez proches de sens dans le langage courant, les notions qu’ils recouvrent sont complètement opposées. Le simple n’existe pas dans l’expérience (tout ce qui nous entoure est complexe) ; c’est une abstraction. C’est donc difficile pour un enfant. Une démarche efficace doit donc aller du complexe familier à l’enfant, pour le conduire vers le simple, qui est à construire par analyse de ce complexe familier ; puis l’aider à conquérir le complexe non familier, qui fait partie du programme.

La démarche utilisée ici va donc à l’encontre du mouvement naturel d’apprentissage, et ne peut que mettre en difficulté la majorité des enfants, notamment ceux dont le milieu familial ne leur a pas apporté une richesse d’expériences suffisantes.

Ajoutons enfin une grossière erreur, affirmée péremptoirement dans la préface :

« N’abordez une nouvelle leçon que lorsque la précédente est bien assimilée ». Il y a fort longtemps que les Chercheurs en psychologie des apprentissages - et même, l’expérience personnelle empirique - nous ont appris que les savoirs ne s’empilent pas les uns après les autres, mais qu’ils s’organisent les uns par rapport aux autres. Et ce sont souvent les leçons ultérieures qui permettent de comprendre et d’assimiler les leçons précédentes.


Donc, pas mal de mauvais points ici.

2 - La conception de l’enfant

Il est frappant de voir à quel point l’enfant est absent de ces pages, l’enfant hic et nunc, l’enfant de la classe. Rien de ce qui peut être sa vie quotidienne, ni des écrits qu’il a pu voir autour de lui, n’est cité, même de manière allusive, dans les leçons. Quand on pense que les auteurs affirment dans leur présentation :

« C’est une méthode qui prend en compte la nécessité, pour un enfant de 6 ans d’acquérir des repères et de devenir autonome »

on reste perplexe sur les repères qu’il pourra y trouver, surtout quand on sait qu’un repère, ça ne se fournit pas : ça ne peut exister que construit à partir de ce qu’on a soi-même repéré.

On a donc affaire ici à une conception de l’enfant « avec des manques », et même en matière de lecture, avec des « vides » à remplir. C’est une conception particulièrement contraire à toutes les données de la psychologie de l’enfant, qui rappellent depuis longtemps que l’enfant est une personne entière, à chaque étape de son développement. Dès sa naissance (et même avant), l’enfant a des savoirs et son développement consiste en une transformation permanente de ces savoirs et de la totalité de sa personne... « On ne construit que sur du donné » (Ph. Meirieu) et il est impossible d’enseigner quelque chose à un élève en dehors des savoirs-déjà-là de cet élève.

Voilà d’autres mauvais points.

3 - La conception de la lecture et des objectifs à atteindre : quels apprentissages les enfants vont-ils pouvoir faire ?
Dès la première page, bien des choix de présentation et de contenus se révèlent fort inquiétants :

L’utilisation du signe « = »
On connaît la signification de ce signe : « 2+3 = 5 » doit être compris comme le fait que « 5 » peut s’écrire aussi « 2+3 ». Les éléments qui figurent à gauche et à droite du signe sont deux réécriture semblables de la même notion.

Écrire : « l = L », cela revient donc à dire que la majuscule ne change rien à la signification de la minuscule, ce qui, du point de vue de la lecture est plus que dangereux : l’opposition majuscule / minuscule est un indice essentiel de la compréhension d’un texte.

Pire, l’utilisation de ce signe page 32 : « est = è » invite naturellement à neutraliser les différences d’orthographe, et comme, sur la même page, on observe également l’égalité suivante : « es = è », un raisonnement élémentaire conduit à la conclusion suivante :

P1 : est = è
P2 : es = è
Donc : est = es ... CQFD

Bonjour l’orthographe et la compréhension de son fonctionnement ! Pas étonnant si des difficultés surgissent plus tard...

La page 34 doit mettre en joie les enseignants de mathématiques :

« 1 et 1 = 2 »

la substitution du signe + par la conjonction « et » est un puisant contresens mathématique et un amalgame qui ne peut que nuire plus tard à la plupart des élèves.

À noter en plus, page 92, une égalité des plus surprenantes : OIN = oIN (???)

Curieuse notation, dont les justifications théoriques restent singulièrement floues...

Les couleurs et les dessins à la place des mots
Les couleurs sont présentées comme facilitant « le repérage des graphies et de la forme syllabique (?) ». Pour ce qui est de la forme syllabique, peut-être, si tant est que cette expression ait du sens.

Mais pour ce qui est de la lecture, sûrement pas : cette alternance de rose et de bleu est particulièrement contraire à la conduite de lecture, et particulièrement contraire à la découverte de l’orthographe : les lettres prétendument « muettes » (comme si les autres parlaient !!?), étant à demi effacées sous un gris qui rappelle qu’elles ne doivent pas être prononcées.

Le problème, c’est que la lecture étant une activité visuelle, la prononciation n’est guère primordiale (on peut très bien comprendre des mots qu’on ne sait pas prononcer, dans le romans russes, par exemple). En revanche, les lettres qui ne correspondent pas à la prononciation sont essentielles pour la compréhension et l’orthographe.

Non seulement, les enfants ne vont donc rien apprendre en matière d’orthographe ou de conduite de lecture, mais ce qu’ils vont apprendre installe des savoirs erronés, et des habitudes nocives.

Même remarque sur les dessins représentant les mots. Outre que cela conforte la représentation spontanée des enfants selon laquelle un mot aurait un sens en lui-même, ce qui est faux en français (un mot ne prend sens que par le contexte, pour la majorité d’entre eux), cela crée des habitudes nocives d’exploration du texte : ce sont les mots et le contexte qui permettent de comprendre, pas les images. Le sens de celles-ci dépend du texte qui les accompagne, car une image a toujours une infinité de sens possibles ; seul le texte permet de savoir celui qui convient en la circonstance. Encore un savoir bien mal construit !

Les syllabes artificielles
C’est évidemment le symbole même de ce type de méthode. Et nous avons, à plusieurs reprises souligné les dangers que cela présente.

Un exemple de plus : page 4, il est impossible qu’un enfant, au moment où il va prononcer « lo » ne pense pas à ce que signifie cette syllabe dans son langage à lui, « l’eau ». Ainsi va s’installer dans sa tête une association « image graphique (signifiant) : lo » / « signifié : l’eau », qui installe d’avance des obstacles à l’acquisition de l’orthographe.

Le langage utilisé
Les explications, quand il y en a, mettent en jeu des formules langagières particulièrement peu rigoureuses.

Page 116, on trouve, à propos de la lettre « x », dont on peut au passage s’étonner qu’elle arrive si tard, au regard de sa fréquence dans la langue, la formule suivante :

« Quelquefois X se met à chanter ex= egz »

Hélas ! Ni « x » ni aucune lettre ne se met jamais à chanter !! On peut le regretter, pour ceux qui aiment le chant, mais c’est ainsi : les lettres sont des petits dessins qui n’ont ni voix, ni prononciation, et que les langues affectent de façon arbitraire (dépendant en fait de leur histoire et de leurs habitudes de prononciation) à la traduction écrite de leurs phonèmes.

Une telle présentation du rôle des lettres ne peut que conforter des conceptions erronées des relations oral / écrit, sources de problèmes plus tard. On le sait, plus les enfants sont jeunes, plus le langage utilisé avec eux doit être rigoureux et précis.

Ce n’est pas encore un bon point à donner ici.

Les textes proposés
Aucun doute, c’est là la plus grande gloire pour les auteurs. Remarquables à tout point de vue.

a) On trouve d’abord l’incontournable allusion à la consommation de tabac.

Page 4 « mamie a fumé »

Qu’a-t-elle fumé ? Le verbe « fumer » est un verbe transitif. Mais il est vrai que dans le langage actuel, son emploi intransitif a un sens bien précis : « fumer » tout court, cela veut dire fumer de l’illicite. Alors, que penser ? Mamie a fumé un joint ? Quel exemple pour la jeunesse, tout de même !

Vous me direz que l’allusion au tabac n’est pas nouvelle : tous les manuels d’enseignement de la lecture en parlent, ce qui leur confère une relative responsabilité dans le trou de la Sécurité Sociale. Mais on remarque qu’habituellement, c’est « papa » qui fume, et la pipe en général. Ici c’est mamie (sans majuscule : elle n’en mérite pas !).. . La parité sans doute ?

b) Mais ce sont les texte eux-mêmes qui sont un régal, et l’exemple parfait de ce qu’il faut présenter aux petits pour qu’ils maîtrisent la langue, conformément aux attentes institutionnelles.

Dès les premières pages, on ne peut être que convaincu par la cohérence textuelle, l’intelligence des propos, l’excellence du style, bref la richesse des textes proposés :

Page 4 :

Mamie a fumé. Léa a lu. Mamie a lavé. Léo a filé. Léa a avalé. Léo a vu.

On notera au passage l’étrange volonté d’utiliser les verbes de façon intransitive, au mépris de leur emploi normal.

Page 24 :

J’aime un chat, tu imiteras un cheval.

À noter ici la présence d’une virgule entre les deux phrases, ce qui induit une relation sémantique... Mais laquelle ? C’est un vrai mystère...

Tu pédales et tu vas vite

D’où vient ce « tu », subitement ? Voilà un embrayeur sans référent... Excellente mise en condition pour comprendre, surtout quand on sait que les embrayeurs à l’écrit constituent une difficulté majeure pour les petits.

Léo dort et il rêve. Je mime et tu devines. Léo parle fort et le cheval s’arrête.

Pourquoi ? Il est gêné par le bruit ?

Il y a une fête et tu y vas. Je m’arrête : je suis arrivé.

Où ?? À la fête ?

Page 92 :

Outre les dessins, particulièrement ridicules (où a-t-on vu des spationautes ayant cette allure de dauphins joyeux ??), le texte mérite une mention particulière :

La fusée décolle. Les astronautes flottent !

Même avec un point d’exclamation, ils ne flottent pas : demandez-leur...

Léa a glissé sur le verglas.

Il y a du verglas dans l’espace sidéral ? Et Léa était dans la fusée ?

Les castors construisent des barrages.

Qu’est-ce qu’ils viennent faire là ceux-là ?

Milo vole un poisson dans l’assiette de Léa.

Milo aussi était là ?

Ces pastilles guérissent les enfants qui toussent.

Allons bon ! Les voilà malades !

Mais au fait, de quelles pastilles s’agit-il : on ne leur a point été présentés !

Rappelons, au passage qu’un démonstratif, dans un texte, renvoie nécessairement à un ou plusieurs référents cités dans le texte, auparavant ou dans les lignes qui suivent. Cela s’appelle la diaphore... Mais mesdames Cuche et Sommer n’ont pas été informées sans doute.

Léo cause avec Vladimir.

Voilà une phrase qui serait sévèrement jugée par les rédacteurs du Figaro magazine et Jean d’Ormesson : on ne doit pas dire, selon eux, « causer avec », mais « s’entretenir avec ». Il est vrai que déchiffrer « s’entretenir » est plus difficile que déchiffrer « causer ». Quoique... En tout cas, tant pis pour l’élégance du langage !

Tant pis surtout pour les règles de cohérence textuelle, dont les évaluations nationales démontrent pourtant que c’est un des points les plus faibles des compétences acquises par les élèves à l’école primaire. En faisant leurs premières découvertes de la langue écrite sur de tels textes, nul doute qu’ils vont progresser dans cette voie.

On pourrait poursuivre cette lecture page par page : incohérence des textes, vocabulaire aberrant : « Faro hume ici ou là » (page 67) ; « La pluie gicle sur le ciment » (page 65) ; « Sébastien feint de tomber » (page 112) etc. etc. Tout est fait pour proposer aux enfants une langue postiche, conçue uniquement pour la syllabation, sans aucun apprentissage du langage écrit ou des conduites de lecture.

4 - Et tout ce qui manque, des compétences à développer pour devenir lecteur...
Les auteurs affirment dans leur préface que cette méthode est conçue pou favoriser l’autonomie des enfants. Or, l’autonomie repose entre autres mais surtout sur la capacité à résoudre seul ses problèmes grâce à la lecture : savoir lire, c’est savoir se servir des écrits pour mener à bien ses projets. Il faudrait beaucoup chercher pour trouver où les contenus de cette méthode pourraient favoriser l’autonomie des élèves.

On constate en effet que rien ne permet aux enfants ici d’entrer dans l’univers de la chose écrite. Aucune allusion ni aux divers types d’écrits, ni aux fonctions de la lecture, dont on sait qu’elle sert toujours à autre chose qu’elle-même : on lit pour apprendre, comprendre, savoir faire, de distraire et rêver... Jamais on ne lit pour lire. Ici, si ! Donc, on ne lit pas.

On ne trouve rien non plus sur les conduites de raisonnement qui seules permettent de comprendre un écrit : aucun mise en relation n’est demandée, aucune recherche de l’implicite, pourtant partout présent dans le manuel, aucun éclairage sur les détails pertinents, comme l’orthographe, la ponctuation, les majuscules, la mise en page...

Surtout, et c’est peut-être le plus grave, aucun de ces textes n’a de noms d’auteurs : c’est du texte « en l’air », hors situation de communication, et l’on sait que pour les petits, il n’est nullement évident qu’un écrit ait un auteur ni qu’il ait du sens.

Bref, c’est vraiment un tabouret pour apprendre à nager !

Cela pourrait être drôle, si ce n’était pas le meilleur moyen d’exclure de toute lecture véritable - experte, comme on dit - les enfants de milieux défavorisés, ceux qui n’ont que l’école pour s’en sortir.

C’est là qu’on voit la dimension politique des options pédagogiques : et la cohérence que nous avons tant cherchée dans les textes du manuel, elle éclate ici dans le choix d’un tel outil : choisir « Lire avec Léo et Léa » - pire, l’imposer à tous les CP de France et de Navarre - , c’est en totale cohérence avec d’autres décisions concernant l’Ecole ou la Société : suivez mon regard.

C’est pourquoi, une proposition s’impose à nos yeux : celle d’inscrire, à l’instar de ce qui est fait sur les paquets de cigarettes, (dont nous avons souligné les liens illicites avec la méthode de mesdames Cuche et Sommer), la formule suivante, en bandeau autour du manuel :

« L’utilisation de cet outil nuit gravement à la santé du futur lecteur ».

Qu’on se le dise !

Eveline Charmeux, Mars 2006

c'est pas moi qui le dit  ange:{}

n°201885
ttoo
Posté le 10-10-2008 à 22:38:57  profil
 

lesquardin a écrit :


 Il faut se battre dans la quotidienneté. C'est plus facile pour les méthodes de lecture qui marchent que pour la démolition programmée de l'agrégation externe et, en conséquence, des classes préparatoires et l'avilissement final du CAPES dilué dans la pédagologie galopante.
 L'individu lambda voit bien que le fils/fille ou petit-fils/petite-fille n'arrive pas à apprendre à lire et à acquérir les notions de base en grammaire, type accord de l'adjectif ou du verbe avec le nom auquel il se rapporte, et en mathématique, type tables de multiplications, mais voit-il que son enfant, au collège ne situe pas les Lumières avec Louis XV ou l'industrialisation du XIX° siècle avec la naissance du prolétariat, la floraison des totalitarismes avec le krach de 1929 etc...
 D'où une réforme du primaire faite pour satisfaire la demande populaire d'enseignements fondamentaux, croûton de pain jeté à la misérable populace méprisée et avilie, sans toucher à l'abominable collège unique, suivie d'une démolition du lycée.
 Nos enfants sauront peut-être lire et écrire mais cela ne leur servira qu'à réciter le catéchisme, et encore, dans le meilleur des cas.



Ils ne faut pas prendre les enfants que pour des cons, une fois qu'ils sauront lire correctement ils pourront penser 'correctement' ...

n°201895
Profil sup​primé
Posté le 10-10-2008 à 22:47:48  
 

ttoo a écrit :



Ils ne faut pas prendre les enfants que pour des cons, ...


tout à fait  jap:{}
quand tu leur colles "faro lèche la loche", ils voient bien qu'on les prend pour des ttoo cons

ttoo a écrit :

une fois qu'ils sauront lire correctement ils pourront penser 'correctement' ...


ceci dit, ils pensent avant de lire... évident comme tu te bases sur ton exemple perso...  lol:{}  lol:{}

n°202020
llioill
Posté le 11-10-2008 à 08:41:30  profil
 




Faro lèche la loche : tu ne comprends pas ce que ça veut dire ? Oh bien sûr , c'est un peu plus structuré que " Juliette va à l'école avec son frère jean. Juliette joue avec son frère Jean.la maman de Juliette est jolie etc...

Les phrases toutes faites pour donner l'illusion de bons lecteurs , ça n'existe pas dans Léo et Léa , alors, pour les gens comme toi , c'est un peu déroutant ! Et puis ça fait l'occasion d'expliquer ce qu'est une loche puisque ça évite soigneusement le mot " poisson ". Vocabulaire , vocabulaire... :)

T'es pas en forme , on dirait... hello:{}


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C'est incroyable ce qu'un troupeau de moutons est capable de brouter pour finir dans la gamelle de son berger.
n°202021
llioill
Posté le 11-10-2008 à 08:43:18  profil
 

lesquardin a écrit :


 Il faut se battre dans la quotidienneté. C'est plus facile pour les méthodes de lecture qui marchent que pour la démolition programmée de l'agrégation externe et, en conséquence, des classes préparatoires et l'avilissement final du CAPES dilué dans la pédagologie galopante.
 L'individu lambda voit bien que le fils/fille ou petit-fils/petite-fille n'arrive pas à apprendre à lire et à acquérir les notions de base en grammaire, type accord de l'adjectif ou du verbe avec le nom auquel il se rapporte, et en mathématique, type tables de multiplications, mais voit-il que son enfant, au collège ne situe pas les Lumières avec Louis XV ou l'industrialisation du XIX° siècle avec la naissance du prolétariat, la floraison des totalitarismes avec le krach de 1929 etc...
 D'où une réforme du primaire faite pour satisfaire la demande populaire d'enseignements fondamentaux, croûton de pain jeté à la misérable populace méprisée et avilie, sans toucher à l'abominable collège unique, suivie d'une démolition du lycée.
 Nos enfants sauront peut-être lire et écrire mais cela ne leur servira qu'à réciter le catéchisme, et encore, dans le meilleur des cas.



Oui , je suis toute petite et vous êtes grande... jap:{}


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C'est incroyable ce qu'un troupeau de moutons est capable de brouter pour finir dans la gamelle de son berger.
n°202056
Profil sup​primé
Posté le 11-10-2008 à 11:13:47  
 

llioill a écrit :




Faro lèche la loche : tu ne comprends pas ce que ça veut dire ? Oh bien sûr , c'est un peu plus structuré que " Juliette va à l'école avec son frère jean. Juliette joue avec son frère Jean.la maman de Juliette est jolie etc...

Les phrases toutes faites pour donner l'illusion de bons lecteurs , ça n'existe pas dans Léo et Léa , alors, pour les gens comme toi , c'est un peu déroutant ! Et puis ça fait l'occasion d'expliquer ce qu'est une loche puisque ça évite soigneusement le mot " poisson ". Vocabulaire , vocabulaire... :)

T'es pas en forme , on dirait... hello:{}


vi c'est sûr, lire des mots inconnus en cp, c'est le pied...
ça doit bailler dans les rangées...  elduendeloco:4

n°202073
ttoo
Posté le 11-10-2008 à 11:50:13  profil
 



C'est quoi ton boulot déjà ?  lol:{}  lol:{}  whistle:{}

n°202074
llioill
Posté le 11-10-2008 à 11:51:21  profil
 



Bien sûr , ça ne te vient pas à " l'esprit " que c'est l'occasion de les expliquer   non:{}  non:{}   N'as-tu donc pas remarqué la formidable curiosité des enfants de cet âge ?  love:{}  love:{}


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C'est incroyable ce qu'un troupeau de moutons est capable de brouter pour finir dans la gamelle de son berger.
n°202109
NyaW
Posté le 11-10-2008 à 12:12:30  profil
 

Faire du vocabulaire c'est très important en effet, mais il ne vaut mieux pas faire plusieurs choses en même temps avec des enfants de cet âge.
N'importe quelle personne ayant fait une journée de classe s'en rend compte.
Un mot inconnu par lecture seulement, sinon on éloigne les enfants de l'objectif principal.

Je pense aussi que le mot loche n'est pas le mot de vocabulaire prioritaire à apprendre à des enfants de 6 ans. Il y a d'autres mots de vocabulaire à acquérir avant à mon humble vis. :)

n°202110
Profil sup​primé
Posté le 11-10-2008 à 12:24:41  
 

llioill a écrit :



Bien sûr , ça ne te vient pas à " l'esprit " que c'est l'occasion de les expliquer   non:{}  non:{}   N'as-tu donc pas remarqué la formidable curiosité des enfants de cet âge ?  love:{}  love:{}


c'est marrant, je sentais pas l'urgence du mot "loche" ...  ange:{}  lol:{}  whistle:{}  :D  ange:{}   elduendeloco

n°202125
Profil sup​primé
Posté le 11-10-2008 à 13:55:18  
 

"En lecture, on utilise ribambelle (CP); ça ne me plait pas plus que ça, mais c'est la méthode de l'école (plusieurs cp).

Je suis dans une école très difficile (on m'a fait une classe "poubelle" comme me disent certains), je trouve cette méthode inefficace. (les élèves apprennent les mots par coeur et pensent savoir lire!)

Du coup, je rajoute beaucoup de lecture et dictées de syllabes (40 minutes le matin, 2 fois 15 mintues l'après midi). On s'amuse à lire des syllabes, suites de syllabes...le plus rapidement possible. Ca les éclate."
Yaka

n°202141
Profil sup​primé
Posté le 11-10-2008 à 14:30:14  
 

NyaW a écrit :

Faire du vocabulaire c'est très important en effet, mais il ne vaut mieux pas faire plusieurs choses en même temps avec des enfants de cet âge.
N'importe quelle personne ayant fait une journée de classe s'en rend compte.
Un mot inconnu par lecture seulement, sinon on éloigne les enfants de l'objectif principal.

Je pense aussi que le mot loche n'est pas le mot de vocabulaire prioritaire à apprendre à des enfants de 6 ans. Il y a d'autres mots de vocabulaire à acquérir avant à mon humble vis. :)


 jap:{}

n°202164
ttoo
Posté le 11-10-2008 à 14:45:41  profil
 

llioill a écrit :



Bien sûr , ça ne te vient pas à " l'esprit " que c'est l'occasion de les expliquer   non:{}  non:{}   N'as-tu donc pas remarqué la formidable curiosité des enfants de cet âge ?  love:{}  love:{}




Le sushi avec c'est 2 là, c'est qu'ils parlent ils parlent, mais ils n'ont rien compris :
1) à la méthode
2) à la présence de ce mot dans ce texte à cette endroit .


ange:{}  sol:{}  hello:{}

n°202186
llioill
Posté le 11-10-2008 à 16:42:20  profil
 

ttoo a écrit :




Le sushi avec c'est 2 là, c'est qu'ils parlent ils parlent, mais ils n'ont rien compris :
1) à la méthode
2) à la présence de ce mot dans ce texte à cet endroit .


ange:{}  sol:{}  hello:{}



Et en plus , ils ne veulent pas d'explications , c'est bien ça le plus triste ! Un gros trou noir ! ils sont au centre d'eux-mêmes...Vont pas tarder à s'effondrer  lol:{}


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C'est incroyable ce qu'un troupeau de moutons est capable de brouter pour finir dans la gamelle de son berger.
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