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Menaces sur les Sciences Humaines

 

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Auteur Sujet :

Menaces sur les Sciences Humaines

n°148695
ElDuendeLo​co
lire nuit gravemnt à la bétise
Posté le 27-10-2007 à 12:33:13  profil
 

Menace sur les sciences humaines

Les pouvoirs publics seraient-ils hostiles à l'érudition, aux sciences humaines et aux sciences sociales ? Ils ne donnent pas l'impression, en tout cas, de vouloir en préserver les conditions d'exercice au niveau qui a rendu possible, depuis plus d'un siècle, le rayonnement de la France sur la scène intellectuelle mondiale. C'est ce dont témoigne le sort aujourd'hui réservé à deux des institutions les plus prestigieuses de notre pays : l'Ecole pratique des hautes études (EPHE), créée par Victor Duruy en 1868, et l'Ecole des hautes études en sciences sociales (EHESS) qui, après s'être développée dans le cadre de l'EPHE, est devenue autonome en 1975, sous l'impulsion de Fernand Braudel.

Ces deux établissements ont permis l'épanouissement d'oeuvres puissantes et originales, celles de linguistes comme Ferdinand de Saussure, Emile Benveniste ou Antoine Meillet, d'orientalistes comme Sylvain Lévi, Louis Massignon ou Henri Corbin, de comparatistes comme Georges Dumézil, d'anthropologues comme Marcel Mauss, Claude Lévi-Strauss ou Louis Dumont, d'historiens comme Gabriel Monod, Lucien Febvre, Henri-Jean Martin, Charles Morazé, François Furet, Jean-Pierre Vernant, Pierre Vidal-Naquet, Mirko Grmek, Emmanuel Le Roy Ladurie ou Jacques Le Goff, d'un sémiologue comme Roland Barthes, d'un sociologue tel que Pierre Bourdieu, d'un psychosociologue comme Serge Moscovici, de philologues tels que Gaston Paris ou Jean Irigoin, de philosophes tels que Jacques Derrida, Claude Lefort ou Cornélius Castoriadis, sans oublier le psychanalyste Jacques Lacan ou encore le cinéaste Jean Rouch.

Ils ont formé des générations de chercheurs de haut niveau, de réputation internationale, qui ont contribué, par leur travail, au maintien en actes d'une définition exigeante de l'érudition, des sciences humaines et des sciences sociales.

Pour cause de travaux de mise aux normes de sécurité dans la Sorbonne, d'un côté, et de désamiantage d'un bâtiment situé boulevard Raspail de l'autre, l'EPHE et l'EHESS sont l'objet d'une décision prise au mois d'août par les pouvoirs publics leur imposant un déménagement en septembre 2008 dans la commune d'Aubervilliers, au nord de Paris.

Il s'agit d'une zone où rien n'est encore prêt pour les accueillir : on ne trouve actuellement sur les lieux que des entrepôts et l'immeuble de bureaux en construction que l'Etat entend louer pour ce relogement improvisé et précipité. Autour, ni habitations, ni résidents, ni vie sociale, ni commerces, ni espaces verts. Plus grave encore pour des chercheurs : ils seront désormais à l'écart des bibliothèques et des fonds spécialisés dont la fréquentation assidue est vitale pour leurs travaux.

La plupart des étudiants de l'EPHE et de l'EHESS fréquentent traditionnellement les grandes universités installées à Paris - et vice versa. La transplantation à Aubervilliers rendra désormais très difficile l'accès à cette pluralité d'enseignements et d'apprentissages, cette circulation intellectuelle, véritable marque de fabrique, jusqu'ici, de tant de générations d'étudiants. Et elle brisera des synergies fructueuses entre les deux écoles et leurs nombreux partenaires parisiens (universités, grandes écoles, centres de recherche, etc.).

Par ailleurs, une des spécificités de ces deux écoles, comme d'ailleurs du Collège de France, est d'accueillir en grand nombre des auditeurs libres de tous âges, de tous milieux, sans condition préalable de diplômes ou de formation, selon une tradition qui remonte au XIXe siècle. Ces auditeurs, parisiens, banlieusards et parfois provinciaux, suivront-ils l'EPHE et l'EHESS dans un lieu excentré et actuellement très mal desservi par les transports en commun ? On peut en douter. Et l'on aura ainsi coupé un lien essentiel entre la science qui se fait et la société civile.

Paris finira-t-il par devenir un immense centre commercial avec ses enseignes de prestige, une ville musée pour touristes, avec ses logements aux loyers inabordables, une cité débarrassée de ses empêcheurs de penser en rond, de ses intellectuels, de ses étudiants, de ses librairies, de ses bibliothèques, de cet esprit critique et de cette créativité qui ont longtemps fait sa renommée ?

Le Quartier Latin est pour nous bien plus qu'un "lieu de mémoire". La concentration au coeur de l'espace urbain d'un grand nombre d'institutions intellectuelles (l'ENS Ulm, Sciences Po, le Collège de France, la Sorbonne, l'Ecole des chartes, l'Ecole des mines, etc.) présente les propriétés d'un véritable campus. Un campus n'est rien d'autre, en effet, qu'un espace de concentration des ressources intellectuelles nécessaires à la recherche, dans une proximité spatiale qui favorise les échanges et les rencontres entre des chercheurs, des enseignants, des étudiants. C'est précisément un agencement de ce type qui permet de saisir les opportunités dont se nourrit l'innovation.

Si ce projet devait aboutir, deux institutions qui jouent un rôle de premier plan dans la recherche française et qui ont fait leurs preuves là où elles se sont développées seraient ainsi transplantées en un lieu inadapté où elles ne pourront que s'étioler. La mise aux normes de sécurité et le désamiantage qui sont, certes, des obligations réglementaires, servent d'alibi à une opération de démantèlement qui ne dit pas son nom.

Les pouvoirs publics doivent impérativement avancer d'autres solutions de relogement, qui garantissent à l'EPHE et à l'EHESS les conditions indispensables à l'exercice de leur activité. A défaut, il y a lieu de craindre que cette relocalisation désastreuse n'aboutisse à sacrifier les exigences de créativité et de liberté de la recherche et de l'enseignement à un pur calcul de rentabilité à court terme. Aujourd'hui l'EPHE et l'EHESS sont en première ligne. A qui le tour demain ?



------------------------------ ------------ --------------------------------------
Philippe Descola, Claude Hagège, Françoise Héritier, Michel Tardieu, professeurs au Collège de France ;
Jean-Christophe Attias, Esther Benbassa, Alain Erlande-Brandenburg, Jean-Michel Leniaud, Charles Malamoud, Brigitte Mondrain, Hedwige Rouillard-Bonraisin, directeurs d'études à l'EPHE ;

http://www.lemonde.fr/web/arti [...] 618,0.html
 


---------------
Romarin, Sextidi, 6 Messidor, An CCXX (don't feed the troll !)
n°148780
Profil sup​primé
Posté le 28-10-2007 à 11:17:43  
 



Menaces sur les familles humaines

Citation:

 D’après une étude de l’INSEE, le Nord, les Bouches-du-Rhône et la Seine-Saint-Denis sont les trois départements les plus touchés par la fracture sociale. Un enfant sur quatre y vit en dessous du seuil de pauvreté.
 
Etre un enfant est plus difficile dans le Nord, les Bouches-du-Rhône et en Seine-Saint-Denis. Dans ces départements, près d’un jeune sur quatre vit sous le seuil de pauvreté – 788€ par mois et par individu-. Cette proportion est bien plus importante que la moyenne nationale, qui s’établie à 16,4%. C’est en effet dans la Seine-Saint-Denis et les régions Nord et PACA que l’on trouve le plus de pauvres et d’inégalités.
 
Ainsi une enquête de l’INSEE publiée vendredi révèle l’étendue des disparités. Dans le Pas-de-Calais, le département le plus pauvre, un habitant vit avec 13.740 euros par an contre 20.360 euros par an et par personne dans les Yvelines, le département le mieux nanti de France. Autre signe de l’importance des inégalités existantes, en 2004, la moitié des Français dispose d’un niveau de vie inférieur à 15 766 euros par an. En métropole, seuls 26 départements se situent au-dessus de cette médiane.
 
Pauvreté intense dans les Bouches du Rhône
 
Dans la région Nord, c’est l’important taux de chômage qui explique la misère. Le Nord et le Pas-de-Calais, présentent un taux de pauvreté record de 16.5% surtout concentré dans les zones urbaines. Dans le Languedoc-Roussillon, la Corse et la Provence-Alpes-Côte d’Azur, c’est un facteur totalement différent qui entre en cause. Là-bas c’est la situation familiale qui favorise l’ampleur du dénuement.
 
Dans ces régions, on compte énormément de familles nombreuses où coexistent plusieurs générations et de familles monoparentales. La précarité de la structure familiale frappe particulièrement les Bouches-du-Rhône. Là-bas, la pauvreté est intense : les niveaux de vie des ménages pauvres sont souvent situés très en dessous du seuil de pauvreté. La Seine-Saint-Denis, qui présente les mêmes profils familiaux difficiles est également très touchée par la pauvreté.

n°148786
clo260
Posté le 28-10-2007 à 11:41:49  profil
 



Si les sciences humaines diparaissent le sort des familles humaines risque d'être bien pire encore ....
 

n°148914
anne2006
Posté le 29-10-2007 à 12:32:07  profil
 

Derrière les sciences humaines, il y a l'identité, la culture, le raisonnement... donc le développement de la pensée et de la critique (positive et négative)...

L'idéologie politique qui nous mène, et quelle qu'en soit la couleur, ne souhaite pas que le citoyen pense... ainsi l'histoire et la géographie sont-elles mises à l'écart depuis longtemps, le français même, comme me le dit souvent une amie prof en lycée. Un Yves Lacoste a pu écrire que la géographie, "ça sert à faire la guerre"... de quoi tuer cette matière qui nous aide à penser.

Le monde où nous vivons, régi par l'économique et le financier, n'a besoin que d'ouvriers de tous niveaux, jusqu'à "énarque", auxquels on donne du consommable et du loisir, histoire qu'il ait un os à ronger.

Autrefois (mais il faut avoir fait de l'histoire à la fac pour s'en rappeler...), le premier empereur de Chine, celui qui a fait les statues de soldats de Xian (on les admire beaucoup), a aussi fait brûler tous les livres et tuer les intellectuels... Mao les envoyait "à la campagne"...

Des sciences humaines découlent... la démocratie et l'ouverture.

n°148985
Ruut
Notre futur, l'espace
Posté le 29-10-2007 à 18:32:15  profil
 

C’est les seules sciences qui ne sont ni démontrables qui quantifiables.
C’est leur principal défaut.
 


---------------
Le futur de l’humanité passe par la conquête de l’espace.
n°148991
pg73
Posté le 29-10-2007 à 18:47:03  profil
 

Ruut a écrit :

C’est les seules sciences qui ne sont ni démontrables qui quantifiables.
C’est leur principal défaut.



Vous irez expliquer ce point à Eldu et toute la clique à la rentrée à propos de ses fameuses sciences de l'éducation dont on est somme toute assez nombreux à se moquer royalement... Je vous souhaite bien du plaisir. :)  

n°148993
Profil sup​primé
Posté le 29-10-2007 à 18:55:03  
 

Ruut a écrit :

C’est les seules sciences qui ne sont ni démontrables ni quantifiables.
C’est leur principal défaut.



Sauf la géographie, qui par un habile tour de passe-passe fut phagocytée par les facs de sciences humaines, et qui leur donne une légère légitimité dans la "démontrabilité" et la quantification... :)
 

n°149016
anne2006
Posté le 29-10-2007 à 20:49:30  profil
 
n°149018
atchoum265​4
Posté le 29-10-2007 à 20:51:27  profil
 

pg73 a écrit :

Vous irez expliquer ce point à Eldu et toute la clique à la rentrée à propos de ses fameuses sciences de l'éducation dont on est somme toute assez nombreux à se moquer royalement... Je vous souhaite bien du plaisir. :)

jap:{}  jap:{}
 

n°149025
pg73
Posté le 29-10-2007 à 21:06:57  profil
 


Est-ce que ce signe d'acquiescement signifie que c'est toi qui va te coller à cette tâche ingrate ?  


Message édité par pg73 le 29-10-2007 à 21:26:31
n°149030
atchoum265​4
Posté le 29-10-2007 à 21:32:38  profil
 

Il ne sert à rien d'insister quand on a pu constater mainte fois l'inefficacité d'une méthode…. N'importe quel pédagogiste pourra te le confirmer! lol:{}  

n°149035
pg73
Posté le 29-10-2007 à 21:39:39  profil
 

atchoum2654 a écrit :

Il ne sert à rien d'insister quand on a pu constater mainte fois l'inefficacité d'une méthode…. N'importe quel pédagogiste pourra te le confirmer! lol:{}



Il ne s'agissait nullement dans mon esprit de les convaincre , mais juste d'aller au charbon pour te faire copieusement insulter, c'est ça la tâche ingrate. Pédagogiste ?? Affiche tes sources mécréant et blasphémateur d'extrême droite comme dirait l'autre...

n°149052
atchoum265​4
Posté le 29-10-2007 à 22:42:52  profil
 

pg73 a écrit :

Il ne s'agissait nullement dans mon esprit de les convaincre , mais juste d'aller au charbon pour te faire copieusement insulter, c'est ça la tâche ingrate. Pédagogiste ?? Affiche tes sources mécréant et blasphémateur d'extrême droite comme dirait l'autre...


Trop tard, déjà trop souvent vécu cry:{}  cry:{}
Pour mes sources, il me semble que tu avais déjà donné un lien vers un site de dangereux réactionnaires plus que probablement proche de l'extrême droite vu le vocabulaire utilisé. C'est bien l'extrême droite qui cause des pédagogistes, non? Pourrais-tu le re préciser pour les lecteurs non attentifs?

n°149107
Kador Bido​chon
ploum ploum tralala
Posté le 30-10-2007 à 12:02:14  profil
 

ElDuendeLoco a écrit :

Menace sur les sciences humaines

Les pouvoirs publics seraient-ils hostiles à l'érudition, aux sciences humaines et aux sciences sociales ? Ils ne donnent pas l'impression, en tout cas, de vouloir en préserver les conditions d'exercice au niveau qui a rendu possible, depuis plus d'un siècle, le rayonnement de la France sur la scène intellectuelle mondiale. C'est ce dont témoigne le sort aujourd'hui réservé à deux des institutions les plus prestigieuses de notre pays : l'Ecole pratique des hautes études (EPHE), créée par Victor Duruy en 1868, et l'Ecole des hautes études en sciences sociales (EHESS) qui, après s'être développée dans le cadre de l'EPHE, est devenue autonome en 1975, sous l'impulsion de Fernand Braudel.

Ces deux établissements ont permis l'épanouissement d'oeuvres puissantes et originales, celles de linguistes comme Ferdinand de Saussure, Emile Benveniste ou Antoine Meillet, d'orientalistes comme Sylvain Lévi, Louis Massignon ou Henri Corbin, de comparatistes comme Georges Dumézil, d'anthropologues comme Marcel Mauss, Claude Lévi-Strauss ou Louis Dumont, d'historiens comme Gabriel Monod, Lucien Febvre, Henri-Jean Martin, Charles Morazé, François Furet, Jean-Pierre Vernant, Pierre Vidal-Naquet, Mirko Grmek, Emmanuel Le Roy Ladurie ou Jacques Le Goff, d'un sémiologue comme Roland Barthes, d'un sociologue tel que Pierre Bourdieu, d'un psychosociologue comme Serge Moscovici, de philologues tels que Gaston Paris ou Jean Irigoin, de philosophes tels que Jacques Derrida, Claude Lefort ou Cornélius Castoriadis, sans oublier le psychanalyste Jacques Lacan ou encore le cinéaste Jean Rouch.

Ils ont formé des générations de chercheurs de haut niveau, de réputation internationale, qui ont contribué, par leur travail, au maintien en actes d'une définition exigeante de l'érudition, des sciences humaines et des sciences sociales.

Pour cause de travaux de mise aux normes de sécurité dans la Sorbonne, d'un côté, et de désamiantage d'un bâtiment situé boulevard Raspail de l'autre, l'EPHE et l'EHESS sont l'objet d'une décision prise au mois d'août par les pouvoirs publics leur imposant un déménagement en septembre 2008 dans la commune d'Aubervilliers, au nord de Paris.

Il s'agit d'une zone où rien n'est encore prêt pour les accueillir : on ne trouve actuellement sur les lieux que des entrepôts et l'immeuble de bureaux en construction que l'Etat entend louer pour ce relogement improvisé et précipité. Autour, ni habitations, ni résidents, ni vie sociale, ni commerces, ni espaces verts. Plus grave encore pour des chercheurs : ils seront désormais à l'écart des bibliothèques et des fonds spécialisés dont la fréquentation assidue est vitale pour leurs travaux.

La plupart des étudiants de l'EPHE et de l'EHESS fréquentent traditionnellement les grandes universités installées à Paris - et vice versa. La transplantation à Aubervilliers rendra désormais très difficile l'accès à cette pluralité d'enseignements et d'apprentissages, cette circulation intellectuelle, véritable marque de fabrique, jusqu'ici, de tant de générations d'étudiants. Et elle brisera des synergies fructueuses entre les deux écoles et leurs nombreux partenaires parisiens (universités, grandes écoles, centres de recherche, etc.).

Par ailleurs, une des spécificités de ces deux écoles, comme d'ailleurs du Collège de France, est d'accueillir en grand nombre des auditeurs libres de tous âges, de tous milieux, sans condition préalable de diplômes ou de formation, selon une tradition qui remonte au XIXe siècle. Ces auditeurs, parisiens, banlieusards et parfois provinciaux, suivront-ils l'EPHE et l'EHESS dans un lieu excentré et actuellement très mal desservi par les transports en commun ? On peut en douter. Et l'on aura ainsi coupé un lien essentiel entre la science qui se fait et la société civile.

Paris finira-t-il par devenir un immense centre commercial avec ses enseignes de prestige, une ville musée pour touristes, avec ses logements aux loyers inabordables, une cité débarrassée de ses empêcheurs de penser en rond, de ses intellectuels, de ses étudiants, de ses librairies, de ses bibliothèques, de cet esprit critique et de cette créativité qui ont longtemps fait sa renommée ?

Le Quartier Latin est pour nous bien plus qu'un "lieu de mémoire". La concentration au coeur de l'espace urbain d'un grand nombre d'institutions intellectuelles (l'ENS Ulm, Sciences Po, le Collège de France, la Sorbonne, l'Ecole des chartes, l'Ecole des mines, etc.) présente les propriétés d'un véritable campus. Un campus n'est rien d'autre, en effet, qu'un espace de concentration des ressources intellectuelles nécessaires à la recherche, dans une proximité spatiale qui favorise les échanges et les rencontres entre des chercheurs, des enseignants, des étudiants. C'est précisément un agencement de ce type qui permet de saisir les opportunités dont se nourrit l'innovation.

Si ce projet devait aboutir, deux institutions qui jouent un rôle de premier plan dans la recherche française et qui ont fait leurs preuves là où elles se sont développées seraient ainsi transplantées en un lieu inadapté où elles ne pourront que s'étioler. La mise aux normes de sécurité et le désamiantage qui sont, certes, des obligations réglementaires, servent d'alibi à une opération de démantèlement qui ne dit pas son nom.

Les pouvoirs publics doivent impérativement avancer d'autres solutions de relogement, qui garantissent à l'EPHE et à l'EHESS les conditions indispensables à l'exercice de leur activité. A défaut, il y a lieu de craindre que cette relocalisation désastreuse n'aboutisse à sacrifier les exigences de créativité et de liberté de la recherche et de l'enseignement à un pur calcul de rentabilité à court terme. Aujourd'hui l'EPHE et l'EHESS sont en première ligne. A qui le tour demain ?



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Philippe Descola, Claude Hagège, Françoise Héritier, Michel Tardieu, professeurs au Collège de France ;
Jean-Christophe Attias, Esther Benbassa, Alain Erlande-Brandenburg, Jean-Michel Leniaud, Charles Malamoud, Brigitte Mondrain, Hedwige Rouillard-Bonraisin, directeurs d'études à l'EPHE ;

http://www.lemonde.fr/web/arti [...] 618,0.html


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n°149149
Profil sup​primé
Posté le 30-10-2007 à 14:22:37  
 



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n°149593
AbbeCedair​e
Posté le 04-11-2007 à 16:34:16  profil
 

ElDuendeLoco a écrit :

Menace sur les sciences humaines

Les pouvoirs publics seraient-ils hostiles à l'érudition, aux sciences humaines et aux sciences sociales ? Ils ne donnent pas l'impression, en tout cas, de vouloir en préserver les conditions d'exercice au niveau qui a rendu possible, depuis plus d'un siècle, le rayonnement de la France sur la scène intellectuelle mondiale. C'est ce dont témoigne le sort aujourd'hui réservé à deux des institutions les plus prestigieuses de notre pays : l'Ecole pratique des hautes études (EPHE), créée par Victor Duruy en 1868, et l'Ecole des hautes études en sciences sociales (EHESS) qui, après s'être développée dans le cadre de l'EPHE, est devenue autonome en 1975, sous l'impulsion de Fernand Braudel.

Ces deux établissements ont permis l'épanouissement d'oeuvres puissantes et originales, celles de linguistes comme Ferdinand de Saussure, Emile Benveniste ou Antoine Meillet, d'orientalistes comme Sylvain Lévi, Louis Massignon ou Henri Corbin, de comparatistes comme Georges Dumézil, d'anthropologues comme Marcel Mauss, Claude Lévi-Strauss ou Louis Dumont, d'historiens comme Gabriel Monod, Lucien Febvre, Henri-Jean Martin, Charles Morazé, François Furet, Jean-Pierre Vernant, Pierre Vidal-Naquet, Mirko Grmek, Emmanuel Le Roy Ladurie ou Jacques Le Goff, d'un sémiologue comme Roland Barthes, d'un sociologue tel que Pierre Bourdieu, d'un psychosociologue comme Serge Moscovici, de philologues tels que Gaston Paris ou Jean Irigoin, de philosophes tels que Jacques Derrida, Claude Lefort ou Cornélius Castoriadis, sans oublier le psychanalyste Jacques Lacan ou encore le cinéaste Jean Rouch.

Ils ont formé des générations de chercheurs de haut niveau, de réputation internationale, qui ont contribué, par leur travail, au maintien en actes d'une définition exigeante de l'érudition, des sciences humaines et des sciences sociales.

Pour cause de travaux de mise aux normes de sécurité dans la Sorbonne, d'un côté, et de désamiantage d'un bâtiment situé boulevard Raspail de l'autre, l'EPHE et l'EHESS sont l'objet d'une décision prise au mois d'août par les pouvoirs publics leur imposant un déménagement en septembre 2008 dans la commune d'Aubervilliers, au nord de Paris.

Il s'agit d'une zone où rien n'est encore prêt pour les accueillir : on ne trouve actuellement sur les lieux que des entrepôts et l'immeuble de bureaux en construction que l'Etat entend louer pour ce relogement improvisé et précipité. Autour, ni habitations, ni résidents, ni vie sociale, ni commerces, ni espaces verts. Plus grave encore pour des chercheurs : ils seront désormais à l'écart des bibliothèques et des fonds spécialisés dont la fréquentation assidue est vitale pour leurs travaux.

La plupart des étudiants de l'EPHE et de l'EHESS fréquentent traditionnellement les grandes universités installées à Paris - et vice versa. La transplantation à Aubervilliers rendra désormais très difficile l'accès à cette pluralité d'enseignements et d'apprentissages, cette circulation intellectuelle, véritable marque de fabrique, jusqu'ici, de tant de générations d'étudiants. Et elle brisera des synergies fructueuses entre les deux écoles et leurs nombreux partenaires parisiens (universités, grandes écoles, centres de recherche, etc.).

Par ailleurs, une des spécificités de ces deux écoles, comme d'ailleurs du Collège de France, est d'accueillir en grand nombre des auditeurs libres de tous âges, de tous milieux, sans condition préalable de diplômes ou de formation, selon une tradition qui remonte au XIXe siècle. Ces auditeurs, parisiens, banlieusards et parfois provinciaux, suivront-ils l'EPHE et l'EHESS dans un lieu excentré et actuellement très mal desservi par les transports en commun ? On peut en douter. Et l'on aura ainsi coupé un lien essentiel entre la science qui se fait et la société civile.

Paris finira-t-il par devenir un immense centre commercial avec ses enseignes de prestige, une ville musée pour touristes, avec ses logements aux loyers inabordables, une cité débarrassée de ses empêcheurs de penser en rond, de ses intellectuels, de ses étudiants, de ses librairies, de ses bibliothèques, de cet esprit critique et de cette créativité qui ont longtemps fait sa renommée ?

Le Quartier Latin est pour nous bien plus qu'un "lieu de mémoire". La concentration au coeur de l'espace urbain d'un grand nombre d'institutions intellectuelles (l'ENS Ulm, Sciences Po, le Collège de France, la Sorbonne, l'Ecole des chartes, l'Ecole des mines, etc.) présente les propriétés d'un véritable campus. Un campus n'est rien d'autre, en effet, qu'un espace de concentration des ressources intellectuelles nécessaires à la recherche, dans une proximité spatiale qui favorise les échanges et les rencontres entre des chercheurs, des enseignants, des étudiants. C'est précisément un agencement de ce type qui permet de saisir les opportunités dont se nourrit l'innovation.

Si ce projet devait aboutir, deux institutions qui jouent un rôle de premier plan dans la recherche française et qui ont fait leurs preuves là où elles se sont développées seraient ainsi transplantées en un lieu inadapté où elles ne pourront que s'étioler. La mise aux normes de sécurité et le désamiantage qui sont, certes, des obligations réglementaires, servent d'alibi à une opération de démantèlement qui ne dit pas son nom.

Les pouvoirs publics doivent impérativement avancer d'autres solutions de relogement, qui garantissent à l'EPHE et à l'EHESS les conditions indispensables à l'exercice de leur activité. A défaut, il y a lieu de craindre que cette relocalisation désastreuse n'aboutisse à sacrifier les exigences de créativité et de liberté de la recherche et de l'enseignement à un pur calcul de rentabilité à court terme. Aujourd'hui l'EPHE et l'EHESS sont en première ligne. A qui le tour demain ?



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Philippe Descola, Claude Hagège, Françoise Héritier, Michel Tardieu, professeurs au Collège de France ;
Jean-Christophe Attias, Esther Benbassa, Alain Erlande-Brandenburg, Jean-Michel Leniaud, Charles Malamoud, Brigitte Mondrain, Hedwige Rouillard-Bonraisin, directeurs d'études à l'EPHE ;

http://www.lemonde.fr/web/arti [...] 618,0.html


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n°149744
Kador Bido​chon
ploum ploum tralala
Posté le 05-11-2007 à 13:06:41  profil
 

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n°150088
Kador Bido​chon
ploum ploum tralala
Posté le 06-11-2007 à 12:32:44  profil
 

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n°150145
Kador Bido​chon
ploum ploum tralala
Posté le 06-11-2007 à 18:44:15  profil
 

Bienvenu au jeune Yannick Femme-Chocolat dans ce monde de brute
Courage à notre ami hospitalsé qui lutte contre le Crabe

n°150447
LeChatFouD​ingue
Posté le 07-11-2007 à 19:10:16  profil
 

Kador Bidochon a écrit :

Bienvenu au jeune Yannick Femme-Chocolat dans ce monde de brute
Courage à notre ami hospitalsé qui lutte contre le Crabe


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n°150879
AbbeCedair​e
Posté le 09-11-2007 à 18:42:53  profil
 

Kador Bidochon a écrit :

Bienvenu au jeune Yannick Femme-Chocolat dans ce monde de brute
Courage à notre ami hospitalsé qui lutte contre le Crabe


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n°150946
Kador Bido​chon
ploum ploum tralala
Posté le 10-11-2007 à 11:41:09  profil
 

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n°151174
Kador Bido​chon
ploum ploum tralala
Posté le 11-11-2007 à 20:13:46  profil
 

:)

n°153876
ElDuendeLo​co
lire nuit gravemnt à la bétise
Posté le 25-11-2007 à 18:58:11  profil
 

Les sciences humaines "menacées", selon 2 écoles parisiennes poussées à s'installer en banlieue


Les enseignants-chercheurs de l'Ecole des hautes études en sciences sociales (EHESS) et de l'Ecole pratique des hautes études (EPHE) à Paris protestent contre leur déménagement à Aubervilliers (Seine-Saint-Denis) en 2008, estimant qu'il "menace" les sciences humaines.

"Pour cause de travaux de mise aux normes de sécurité dans la Sorbonne d'un côté, et de désamiantage d'un bâtiment situé boulevard Raspail (à Paris) de l'autre, l'EPHE et l'EHESS sont l'objet d'une décision prise au mois d'août par les pouvoirs publics leur imposant un déménagement en septembre 2008 dans la commune d'Aubervilliers", expliquent-ils dans un texte que l'on peut lire sur leur blog (parcelle521.unblog.fr).

Or, selon ces chercheurs, dans la zone d'accueil, intitulée "parcelle 521", "rien n'est encore prêt pour les accueillir": "ni habitations, ni résidents, ni vie sociale". Surtout, "ils seront à l'écart des bibliothèques et des fonds spécialisés dont la fréquentation assidue est vitale pour eux".

Pour eux, la mise aux normes et le désamiantage "servent d'alibi à une opération de démantèlement qui ne dit pas son nom", ce qui constitue une "menace sur les sciences humaines".

L'affaire est complexe, car cette décision vient se télescoper avec un déménagement de toute façon prévu en 2012 à Aubervilliers, dans le cadre d'un contrat de projets Etat-région 2007-2013 prévoyant la création d'une Cité des humanités et des sciences sociales au nord de Paris.

"Mais il s'agit de 2012, une fois que les infrastructures seront là et conformément à un cahier des charges" (présence d'une bibliothèque notamment), a expliqué à l'AFP Bruno Karsenti, enseignant-chercheur à l'EHESS.

"Nous ne refusons pas d'aller en banlieue - d'ailleurs j'y habite - mais il s'agit de défendre notre outil de travail", a ajouté Cyril Lemieux, maître de conférences, "mobilisé contre un déménagement dès 2008 qui ne comporte aucune garantie que les infrastructures prévues seront bien réalisées dans 5 ans".

Le 17 novembre, l'assemblée des enseignants de l'EHESS a adopté à 143 voix (sur 148 votants) une motion dans laquelle elle demande "à la ministre de l'Enseignement supérieur que soient recherchées en priorité des solutions alternatives de relogement provisoire".

"Je comprends l'inquiétude sur la phase de transition, je la partage, mais mon souci est de faire en sorte que la continuité de la vie de l'établissement puisse être assurée de maintenant à la réalisation de la Cité", a déclaré à l'AFP la présidente de l'EHESS, Danièle Hervieu-Léger.

Ces déménagements sont "nécessaires et urgents pour des raisons de santé publique et de sécurité", estime de son côté le ministère, en rappelant que La ministre de l'Enseignement supérieur, Valérie Pécresse, est "très attachée à la création d'un pôle de sciences humaines et sociales".

Ces deux institutions ont reçu le soutien de nombreux chercheurs étrangers venus y enseigner par le passé et qui, dans une tribune, mettent en garde contre une perte "d'attractivité et de leur prestige aux yeux des universitaires du monde entier".

L'EHESS accueille 81 équipes de recherche et 22 formations doctorales et l'EPHE 240 enseignants-chercheurs et 35 laboratoires.


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Romarin, Sextidi, 6 Messidor, An CCXX (don't feed the troll !)
n°153947
atchoum265​4
Posté le 25-11-2007 à 20:59:42  profil
 

Citation:

Pas facile de s'y faire mais il va falloir, qu'une fois de plus, je prenne le risque de me retrouver estampillé FN..... on va essayer de se limiter aux critères objectifs (même pas besoin de chercher les résultats d'une étude!!)

Je voudrais juste une ou deux réponses sans détours d'Eldu (ou autre):

Question 1:
Comment se fait-il que les programmes du primaire aient fondu comme neige au soleil alors que le niveau monte?

Question 2:
Comment se fait-il que les programmes du collège aient, eux aussi fondu comme neige au soleil alors que le niveau monte?

Question 3:
Pourquoi les tests d'évaluation en sixième sont-ils les mêmes depuis trois ans?
Ne voudrait-on pas casser ce thermomètre?

J'ai plein d'autres questions du même genre mais je ne voudrais pas prendre le risque d'une réponse évasive.

On parie sur la teneur de la réponse?

N'oubliez surtout pas la règle de Maître Eldu: Pas plus de dix interventions en dix minutes!! :D  :D  :D
Et ma réponse?
 

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