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la pédagogie noire, ou Niaouri pète un cable

 

51 utilisateurs inconnus

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Auteur Sujet :

la pédagogie noire, ou Niaouri pète un cable

n°181769
prof des e​coles
Posté le 14-04-2008 à 19:56:06  profil
 

"Un ordre est un ordre"

Les pédiatres, les pédospsys vieillissent mal, du moins pour certains d’entre eux. A l’occasion de la sortie de son énième bouquin, Naouri, omniprésent dans les médias, se lance dans des interviews fracassantes (20 minutes.fr, 21/03/2008, mais aussi Elle, le Figaro etc) censées expliquer aux parents, nécessairement « démissionnaires », comment éduquer leurs enfants. Et  ce sont les enfants qui en sortent fracassés. Par exemple, « le doudou, à 2 ans et demi, c’est fini. Comme la tétine (...) on les prend, on les jette » et surtout, précise-t-il, « on ne dit rien à l’enfant ». L’enfant n’est pas une personne, rien qu’un petit animal qu’on doit dresser. Sur quelles analyses, quelles observations scientifiques, Naouri étaye-t-il ses propos ? Aucune, justement. Ce n’est pas la première fois qu’on observe, qu’arrivés à un certain âge, à une certaine notoriété (« vu à la télé »), des prétendus spécialistes jugent inutile de motiver leurs jugements, d’argumenter. Puisque c’est un savant, puisque c’est un grand clerc, il faut croire sur parole, même les pires âneries, comme c’est souvent le cas, d’ailleurs, pour les questions éducatives. Et si, devant un enfant qui suce son pouce, Naouri estime qu’il faut couper le pouce, il a sans doute raison, ce bon vieillard aux cheveux blancs même s’il s’agit plutôt d’une forme grave de sénilité. La complaisance envers ce qu’ Alice Miller appelle la « pédagogie noire », avec la brutalité affichée envers les enfants, est aujourd’hui un créneau porteur. Et qui peut rapporter gros. Aujourd’hui, pour faire les têtes de gondole chez Leclerc, il vaut mieux s’appeler Naouri qu’Alice Miller, Brighelli que Philippe Meirieu, Bentolila que Roland Goigoux. Mais derrière l’invariable dénonciation de l’enfant-roi ou de l’élève au centre, on devine non seulement une grande paresse intellectuelle mais un inquiétant projet de société. Pour Naouri, « un ordre est un ordre. On ne l’explique pas ». L’obéissance qu’on exige sans avoir à la justifier, l’éducation conçue comme un dressage, tout cela était très à la mode il y a encore un siècle. C’est avec des principes de ce genre qu’on a rempli les tranchées à Verdun ou que de braves conducteurs des transports parisiens convoyaient les Juifs au Vel’d’hiv’. Ils n’avaient fait qu’obéir aux ordres, prétendirent-ils plus tard. Le pire, c’est que c’est vrai : il n'avaient fait qu'obéir.

merci Lubin hello:{}

Qu’est-ce que la pédagogie noire ?
Cette manière brutale d’élever les enfants, on pourrait dire plutôt de les dresser, qui débouche trop souvent sur le phénomène tragique de l’enfance maltraitée et est à l’origine de bien des violences dans notre société. Pour exprimer que tout cela n’a plus de raison d’être : des enfants de sept à dix ans, un homme victime anonyme, un médecin de prévention le Dr. Emmanuelle Piet, un anthropologue Michel Taleghani, un psychiatre Stanislaw Tomkiewicz et une psychologue Chantal Parret, sont réunis à l’écran autour de la phrase d’Alice Miller :
" Devenu parent, on prend souvent pour victimes ses propres enfants qui ont fonction de bouc émissaire. Persécution pleinement légitimée par notre société où elle jouit même d’un certain prestige, dès lors qu’elle se pare du titre d’éducation. Le drame, c’est que le père ou la mère maltraite son enfant pour ne pas ressentir ce que lui ont fait ses propres parents. Les racines de la violence sont alors en place. " (éd. Aubier " C’est pour ton bien " -1984)  

Message cité 2 fois
Message édité par prof des ecoles le 14-04-2008 à 20:22:14

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chassons le crétinisme briguello-darcosien hors des écoles
n°181779
prof des e​coles
Posté le 14-04-2008 à 20:19:06  profil
 

C'est pour ton bien
Auteurs : POURTOIS Jean-Pierre / BARRAS Christine  


1.    Introduction


Selon les normes en vigueur dans une société démocratique, la bientraitance est une démarche positive orientée vers le développement de la personne. Le mal est tout ce qui s'y oppose, qui humilie, qui brise l'individu dans ce qu'il a de spécifique. Cet article se propose d'examiner, dans l'acte éducatif, le concept de pédagogie noire, selon lequel le mal se travestit en bien et les meilleures intentions s'ouvrent à la destruction de la personne.

2.    Lutter contre la pédagogie noire au sein des familles


Jusqu'à la fin du XVIIIe siècle, ce n'est pas la maltraitance au cœur des familles que l'on stigmatisait, mais le vagabondage et la situation hors-la-loi qui prévalait dans les milieux les plus pauvres. Familles et enfants vagabonds se retrouvaient dans des « hôpitaux généraux », remèdes contre l'insécurité, le vol et la dépravation.

Jusqu'au début du XIXe siècle, le droit de « correction paternelle » légitimait toutes les formes de mauvais traitement, lorsque « l'autorité du père était bafouée, la paix familiale compromise ou que le père avait de graves sujets de mécontentement » (Gabel, 1996, p.20). Comme le père dans sa famille, la justice avait pour devoir d'éradiquer ce qui mettait en péril la santé publique. Les comportements éducatifs des parents n'étaient pas en ligne de mire. Aujourd'hui, nous assistons à un changement de paradigme : la société d'aujourd'hui cherche à protéger l'enfant en danger ; celle d'autrefois se protégeait de l'enfant dangereux (Gavarini et Petitot, 1998).

2.1.    La pédagogie noire


Les comportements vexatoires des parents entravent l'évolution de l'enfant s'il n'a pas la possibilité de réagir d'une façon adéquate, notamment par la colère, à ces mauvais traitements. Alice Miller (1984) dénonce les ravages de la pédagogie noire, qu'elle définit comme une violence physique et psychologique destinée à inculquer à l'enfant l'obéissance, le respect et la soumission, pour son bien et celui de la société. L'enfant potentiellement dangereux devient inoffensif. Pour Alice Miller, la maltraitance conduit à une cécité émotionnelle, à une mutilation intérieure (1988) rendant la personne insensible aux blessures qu'elle peut infliger, une fois adulte.

3.    La pédagogie noire et les besoins de la personne


L'identité de la personne se construit selon un processus complexe et conflictuel mettant en scène des composantes affectives, cognitives, sociales et idéologiques (Pourtois et Desmet, 1997). Ces dimensions fondamentales renvoient à la notion de besoins, ceux-ci exprimant la dépendance de l'individu à son milieu. Il existe un cheminement favorable à l'accomplissement humain : celui-ci se construit, malgré les manques, malgré les insatisfactions. L'absence ou, au contraire, le surinvestissement de l'un ou de plusieurs de ces indicateurs peuvent entraver sérieusement le développement de l'enfant. Le texte qui suit pose quelques jalons pour différencier la bientraitance, la maltraitance et la pédagogie noire.

3.1.    Les besoins affectifs


Les besoins affectifs inscrivent l'individu dans une lignée et dans une famille génératrice de liens. Les trois pôles sont les besoins d'attachement, d'acceptation et d'investissement. L'attachement renvoie aux liens précoces et profonds que l'enfant établit avec son entourage. L'acceptation est concrétisée par la création d'un espace bienveillant et sécurisant autour de l'enfant. L'investissement s'inscrit dans le contexte du projet éducatif qui correspond aux représentations que les parents se font de l'avenir de l'enfant.

La pédagogie noire se caractérise par une grande réserve, par une distance physique et affective entre l'enfant et l'adulte ; en même temps ; la relation peut être empreinte d'un attachement fusionnel à la famille et aux idéaux qu'elle défend. Ce qui différencie la maltraitance des deux autres registres, c'est qu'on y décèle de l'incohérence, une alternance imprévisible entre attachement fusionnel et détachement. Cette incohérence prive l'enfant de repères solides et l'empêche de construire sa confiance en l'adulte. Un environnement maltraitant ne permet pas d'envisager le futur de l'enfant, ou alors le détermine de façon négative. Dans le cas de la bientraitance, le futur est pris en compte, préparé, sans dirigisme ni laisser-aller.

3.2.    Les besoins cognitifs


Les besoins cognitifs sont liés à l'accomplissement humain. Cette nécessité d'accomplissement passe par un environnement que l'on comprend, maîtrise, et sur lequel on agit. Les trois pôles sont les besoins de stimulation, d'expérimentation et de renforcement. Répondre au besoin de stimulation consiste à alimenter le désir de grandir de l'enfant. Le besoin d'expérimentation et de découverte est au fondement de l'acte intelligent ; il permet de se libérer de l'emprise de l'environnement. L'enfant a aussi besoin de renforcement et d'information sur la qualité de sa prestation car ceux-ci vont donner un sens à ce qu'il dit ou fait.

Une famille maltraitante ne porte aucune attention à l'aptitude de l'enfant : les exigences sont soit nulles, soit disproportionnées ; à l'indifférence peut succéder une exposition volontaire au danger... L'adulte évolue du laxisme à la sanction disproportionnée. L'incohérence, la déstructuration, en sont les principales caractéristiques. Il en résulte un sentiment d'échec, de la part de l'enfant, ainsi qu'une anxiété profonde et une confiance impossible. La pédagogie noire n'entre pas dans ce tableau : elle se fonde sur un savoir détenu par le seul adulte, qui dirige l'enfant sans lui conférer le droit à la parole. Nulle discussion possible : l'enfant n'apprend pas à argumenter, à revoir sa position, à discuter, à confronter son point de vue à celui des autres. Il se sent honteux si par hasard il en éprouve du dépit. La culpabilité est donc le sentiment qui surgit en cas de rébellion, même juste ébauchée. La pédagogie noire est une culture de la réponse, celle de la bientraitance une culture de la question.

3.3.     Les besoins sociaux


Les besoins sociaux, relatifs au développement de l'autonomie sociale, qui sont constitués des besoins de communication, de considération et de structures. La communication est fondamentale afin de faire face à l'anxiété, de soutenir les espoirs et les aspirations. La considération renvoie à l'idée d'égard et d'estime ; pour vivre en société, tout être humain a besoin d'être reconnu en tant que personne avec des mérites, des compétences, une dignité. Les structures doivent présenter des régularités nécessaires au développement de l'enfant ; elles constituent des repères essentiels.


Dans un contexte de maltraitance, les agressions physiques et verbales sont les principaux vecteurs de la communication. La pédagogie noire y a parfois recours, mais pas forcément. La violence psychologique, symbolique, suffit à dominer l'enfant. Dans les deux cas, l'enfant est traité en objet. La structure familiale est, dans un contexte de pédagogie noire, construite d'une façon rigide ; elle donne à l'enfant une impression de sécurité, mais davantage par peur d'un extérieur jugé menaçant. Lorsque la famille défend ses traditions, son statut, méprise les valeurs des autres, l'enfant incorpore cette posture et l'adopte dans ses contacts avec l'extérieur. Dans un cadre de bientraitance, en revanche, l'enfant est en sécurité dans sa famille, mais ouvert à un environnement autre que familial.

3.4.    Les besoins de valeurs


Les besoins du domaine idéologique, correspondant à la notion de valeurs: le bon, le vrai et le beau en sont les trois piliers. Il n'y a pas d'éducation sans valeurs. Toutes les pratiques éducatives expriment une prétention à atteindre celles auxquelles les parents croient.

Dans un contexte de maltraitance, l'enfant est confronté à de mauvais exemples fournis par sa famille (violence physique, alcoolisme, négligence...). La vérité est aléatoire, déterminée par le contexte. Pour la pédagogie noire, la vérité est immuable, détenue par l'adulte seul. Les humiliations infligées dans les deux registres visent à briser un caractère, dans le premier cas pour lui éviter des sentiments de fierté et d'orgueil toujours jugés négativement. La pédagogie noire impose une ligne de conduite structurée de façon rigide et cohérente, obéissant à un projet éducatif bien défini. La famille défend des principes intangibles dont elle est fière. L'enfant n'a pas le choix. Dans le cas de la maltraitance, la ligne de conduite est aléatoire, déstructurée, portée à la fois sur la carence et sur l'excès. L'enfant est sans repère. En revanche, dans le cadre de la bientraitance, la structuration est souple et cohérente. Elle implique une certaine rigueur, mais fondée sur une remise en question possible et raisonnée. L'enfant construit, avec l'aide de ses parents, son propre champ du possible. Ce qui appartient en propre à la pédagogie noire, c'est la faculté qu'a l'enfant de rationaliser ce qui lui arrive. « Un enfant ne peut comprendre pourquoi des êtres qu'il aime et admire lui font du mal. C'est pourquoi il interprète à rebours leur comportement et le juge adéquat » (Miller, 1998, p.213). Plus tard, il sera disposé à agir de même avec ses enfants.

4.    S'en sortir ou pas ?


Le destin de l'enfant maltraité ne s'inscrit pas forcément dans le malheur. Lorsque celui-ci trouve sur son chemin des personnes secourables, il reprend confiance et parvient à surmonter le « fracas » de sa destinée. Cyrulnik parle de tuteurs de résilience (1999, 2001), Alice Miller de témoins secourables (2001).

Un être humain conscient de son histoire ne répétera pas envers ses enfants les mauvais traitements dont il a été victime. S'il ose éprouver des sentiments négatifs vis-à-vis des adultes qui l'ont élevé, il pourra s'en sortir. L'enjeu de comprendre le processus qui a guidé l'adulte.

5.    L'éducation familiale, outil de prévention


L'éducation familiale peut constituer, pour les familles, un tuteur de résilience (Pourtois, 1984). L'intervention en milieu familial a pour objectif d'activer ou de réactiver le potentiel éducatif des parents en favorisant la réflexivité individuelle.

La pédagogie ne va pas être traitée de façon directe au cours d'une rencontre parentale. Elle sera abordée par le biais d'un échange sur les pratiques. Comment punir son enfant ? Comment l'amener à rendre service ? Comment le rendre obéissant ? Ces questions du quotidien trouvent de multiples réponses au sein des familles, les réponses des uns n'étant pas celles autres et pouvant être confrontées au cours d'une mise en débat.

 
 


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chassons le crétinisme briguello-darcosien hors des écoles
n°181780
prof des e​coles
Posté le 14-04-2008 à 20:20:18  profil
 

"C’est pour ton bien"


jeudi 27 mars 2003



On le sait, la répression est un outil indispensable aux sociétés fondées sur l’exploitation, et les médias servent à justifier et amplifier les actions répressives des Etats "démocratiques", leur évitant de déployer tout leur arsenal comme le ferait un Etat totalitaire . Parmi les boucs émissaires du pouvoir et des médias, les "jeunes" ont toujours été bien placés : violents, délinquants, voire in-civilisés, ils font peur aux braves gens dans les cages d’escalier, ces comportements "justifiant" une répression toujours plus sévère. Cela soulève bien des questions politiques, comme celle de la manipulation de "l’opinion publique" par le pouvoir, de son besoin d’affirmer sa force pour anticiper d’éventuelles révoltes, ou de sa nécessité d’occuper le terrain en détournant l’attention sur des sujets choisis et maîtrisés par lui.


 Mais cela est aussi à rapprocher des méthodes en vigueur pour l’éducation des enfants : la domination sans remise en cause possible, la manipulation qui évite le déploiement des forces répressives, le détournement de l’attention sur des sujets maîtrisés, tout cela est utilisé aussi bien par les parents que par les Etats.

C’est ce que nous fait toucher du doigt le livre de Alice Miller "C’est pour ton bien" (Editions Aubier), ce livre qui fait réfléchir sur ce qu’on appelle la "pédagogie", la science de l’éducation des enfants.

La pédagogie, science de la répression des enfants
L’éducation n’est pas simplement, comme dans le Larousse, "l’action de former, d’instruire quelqu’un". D’après Alice Miller, l’éducation est, dans les faits, la manière de vaincre le caprice, l’entêtement, l’esprit frondeur et la violence des sentiments de l’enfance.

Cela commence au berceau. C’est vrai qu’on peut faire tout ce qu’on veut d’un petit enfant : le plier, lui enseigner de bonnes habitudes, le corriger et le punir, sans qu’il arrive quoi que ce soit, sans qu’il se venge, sans qu’il se libère de cette domination. On peut même lui interdire de se rebeller en ne supportant pas ses cris, sa colère ou même sa tristesse.

Alice Miller cite de nombreux extraits de traités de pédagogie déjà anciens, où l’objectif de l’éducation est dit clairement. Il s’agit d’éliminer de l’enfant toute volonté propre et de lui inculquer l’amour de l’ordre et l’obéissance absolue à ses parents et aux "grandes personnes". Ses sentiments spontanés doivent être combattus et il doit apprendre la maîtrise de soi. Ceci doit être entrepris dès le plus jeune âge, afin que l’enfant ne se souvienne plus de ce qu’on lui a enseigné et en déduise que cet ordre des choses est "naturel". "Si l’on parvient alors à leur ôter la volonté, ils ne se souviendront jamais d’en avoir eu une". Ces traités, qui n’ont pas peur de dire des choses horribles, nous semblent d’un autre âge. A voir… Dans les principes éducatifs actuels, la soif de pouvoir des éducateurs est plus dissimulée, mais l’objectif de l’obéissance reste évident, et les enfants doivent finir par ressembler à ce que l’on attend d’eux. Il serait un peu facile d’évacuer la question en prétendant que les choses ont bien changé. Si c’était le cas, pourquoi les parents et les adultes en général devraient-ils systématiquement mériter le respect, tandis que les enfants ne le méritent a priori jamais ? Pourquoi les enfants devraient-ils systématiquement se plier à la volonté des adultes ? Il s’agit bien d’imposer sa volonté à l’enfant, qui doit toujours se soumettre, même si on se doit aujourd’hui d’être un peu plus conciliant. J’ai récemment entendu une (jeune) institutrice expliquer fièrement à des parents jugés trop laxistes que quand elle regarde sa propre fille, celle-ci baisse les yeux, parce qu’elle se soumet. Les méthodes physiques utilisées aux siècles derniers (utilisation de la violence jusqu’à la torture) ne sont plus prônées aujourd’hui, mais les méthodes psychologiques, partagées par tous les parents et les éducateurs, sont tout aussi efficaces (intimidation, manipulation, humiliation, moquerie, mépris, chantage ou privation d’amour). Qui n’a jamais été témoin de la manipulation des enfants ? Qui n’en a jamais été victime ?

Même la tendresse ne se donne pas sans arrière-pensée ; elle est donnée à l’enfant quand il est "gentil", c’est-à-dire conforme à ce que ses parents attendent de lui. L’enfant ne peut pas comprendre que ce qui satisfait alors ses parents, c’est qu’il les rassure : il fait d’eux de bons parents, autrement dit de bons enfants, sages et appliqués, de leurs propres parents.

Le secret le mieux gardé
Pour Alice Miller, le pire n’est pas là. Toutes les vies sont pleines de frustrations et il ne peut en être autrement. Il est évident qu’on ne peut laisser un enfant faire tout ce qu’il veut, et qu’il faut qu’il apprenne à composer avec la volonté des autres, à commencer par celle de ses parents.

Mais ce n’est pas tant la souffrance qui est destructrice, que l’interdiction de cette souffrance, le désespoir de ne pouvoir l’exprimer. Car l’enfant ne doit jamais s’apercevoir de ce que lui font ses parents. Tout ce qu’ils lui font, ils le font pour son bien. C’est en tous cas ce qu’eux-mêmes et la société lui rabâchent, et il lui est impossible de comprendre que leurs objectifs sont tout autres. En fait, les principes éducatifs traduisent beaucoup plus les besoins de l’adulte que ceux des enfants, et en premier lieu, le besoin inconscient de reporter sur un autre les humiliations que l’on a soi-même subies par le passé. Car comment supporter un enfant vivant, spontané, qui ressemble tant à celui qu’on aurait pu être si on n’en avait pas été empêché ? Si on le laissait vivre tel qu’il est, cela ne signifierait-il pas que ses propres sacrifices et la répression de ses propres sentiments n’étaient pas nécessaires ? Cela ne risquerait-il pas d’anéantir l’idéalisation de sa propre enfance et de ses propres parents ? Et pour se protéger contre toutes ces questions trop déstabilisantes, les parents croient pour de bon que s’ils appliquent les principes éducatifs qu’on leur a appliqués, c’est, comme on le leur a maintes fois répété quand ils étaient petits, pour le bien de leurs enfants. Et l’enfant qu’on éduque apprend ainsi à… éduquer.

Cela ne veut pas dire que les parents n’aiment pas leurs enfants. Cela veut simplement dire qu’ils ont appris à taire leurs propres sentiments, et à les remplacer par des règles de "bonne conduite", avec lesquelles ils sont au moins sûrs de ne pas être regardés de travers "en société". Et finalement, même l’amour qu’ils portent à leurs enfants est ambigu : d’un côté le manque de respect et d’intérêt pour cette personne qu’est leur enfant, la domination, la manipulation, l’humiliation, la restriction de liberté, et de l’autre les caresses, les gâteries et les tentatives de séduction, dans la mesure où l’enfant est ressenti comme une partie de soi-même. Au lieu d’un véritable amour pour un être particulier, c’est un amour "parental", pollué par le devoir d’aimer son enfant, celui de l’éduquer correctement et par un fort sentiment de culpabilité hérité de sa propre éducation. Car, si les parents agissent pour le bien de l’enfant, celui-ci ne peut que se sentir coupable chaque fois qu’il se sent humilié ou révolté contre ce qu’il subit : tout cela ne peut être que de sa faute.

Pourtant, même si les parents réussissent généralement à dresser leurs enfants, la puberté vient tout bouleverser et l’adolescence est le moment de la remise en cause, de la révolte. Les jeunes se retrouvent d’un coup confrontés à l’intensité de leurs véritables sentiments. Chacun s’arrange comme il peut avec cette explosion intempestive, mais la société n’admet pas que l’on exprime des sentiments intenses et violents, car les adultes ont tous plus ou moins bien réussi à éteindre ce feu en eux et ils entendent bien ne pas le tolérer des adolescents. C’est sans doute pour cela que les pouvoirs successifs mettent autant d’acharnement à la répression des jeunes, et c’est sans doute aussi pour cela que les adultes qui constituent "l’opinion publique" acceptent si facilement l’idée que ces jeunes, même quand ils sont âgés de 10 ou 13 ans, sont dangereux.

Il "suffirait" pourtant de se rendre compte de l’existence de ces chaînes pour pouvoir se dire que, comme tout le monde, nos parents ont, au mieux, fait ce qu’ils pouvaient, en composant avec le carcan de leur éducation, leurs contraintes quotidiennes, leur désir de liberté et leurs vrais sentiments pour leurs enfants. Il "suffirait" d’admettre que les choses se sont passées comme cela et qu’on n’y pourra rien changer, pour se libérer d’un peu de cette culpabilité et de ce besoin obsessionnel de justifier la conduite de ses parents en la reproduisant sur ses propres enfants. On pourrait alors commencer à aimer et respecter ces enfants-là pour eux-mêmes, en étant attentif à leurs besoins ou à leurs sentiments, sans les ressentir comme des menaces, sans se sentir coupables. Et ces enfants pourraient nous en apprendre, sur nous-mêmes, sur la spontanéité et les sentiments que nous avions vaincus par notre application à les maîtriser.

L’apprentissage de la soumission
Dans son livre, Alice Miller donne une large place aux portraits d’enfance de trois personnalités particulières : celle d’Adolf Hitler, celle de Jürgen Bartsch (jeune infanticide) et celle de Christiane F. (droguée, prostituée).

Il paraît évident que les enfances massacrées de ces personnages ont joué un rôle déterminant sur leurs personnalités et leurs capacités de destruction. On peut cependant douter que, dans le cas d’Hitler, cela suffise pour expliquer la mise en place du régime nazi, même en tenant compte du fait que les principes éducatifs qui avaient détruit le petit Adolf étaient aussi ceux utilisés pour éduquer tous les petits enfants allemands.

Il n’en reste pas moins que les ressemblances frappantes qui ressortent de la comparaison entre le fonctionnement de l’Etat et l’éducation des enfants montrent qu’ils obéissent aux mêmes "valeurs". Comme le dit Alice Miller : "Si l’enfant apprend à considérer même les châtiments corporels comme des "mesures nécessaires" contre les "malfaiteurs", parvenu à l’âge adulte, il fera tout pour se protéger lui-même de toute sanction par l’obéissance, et n’aura en même temps aucun scrupule à participer au système répressif".

Libertaires dans un monde d’exploitation capitaliste, nous sommes bien placés pour savoir que le chemin entre l’éducation et l’adhésion aux valeurs d’une société n’est pas tout tracé. Mais il me semble que tous ceux qui ne se reconnaissent pas dans ces valeurs, qu’ils soient bien sûr parents, mais aussi éducateurs, instituteurs, professeurs… tous devraient tenter d’explorer de nouvelles façons de se comporter avec les enfants.

Alice

 


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chassons le crétinisme briguello-darcosien hors des écoles
n°182524
prof des e​coles
Posté le 17-04-2008 à 08:18:07  profil
 

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chassons le crétinisme briguello-darcosien hors des écoles
n°182742
prof des e​coles
Posté le 17-04-2008 à 23:42:41  profil
 

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chassons le crétinisme briguello-darcosien hors des écoles
n°183092
prof des e​coles
Posté le 20-04-2008 à 12:27:54  profil
 

hop les vilains censeurs crétinistes


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chassons le crétinisme briguello-darcosien hors des écoles
n°183282
prof des e​coles
Posté le 21-04-2008 à 13:49:28  profil
 

prof des ecoles a écrit :

"Un ordre est un ordre"

Les pédiatres, les pédospsys vieillissent mal, du moins pour certains d’entre eux. A l’occasion de la sortie de son énième bouquin, Naouri, omniprésent dans les médias, se lance dans des interviews fracassantes (20 minutes.fr, 21/03/2008, mais aussi Elle, le Figaro etc) censées expliquer aux parents, nécessairement « démissionnaires », comment éduquer leurs enfants. Et  ce sont les enfants qui en sortent fracassés. Par exemple, « le doudou, à 2 ans et demi, c’est fini. Comme la tétine (...) on les prend, on les jette » et surtout, précise-t-il, « on ne dit rien à l’enfant ». L’enfant n’est pas une personne, rien qu’un petit animal qu’on doit dresser. Sur quelles analyses, quelles observations scientifiques, Naouri étaye-t-il ses propos ? Aucune, justement. Ce n’est pas la première fois qu’on observe, qu’arrivés à un certain âge, à une certaine notoriété (« vu à la télé »), des prétendus spécialistes jugent inutile de motiver leurs jugements, d’argumenter. Puisque c’est un savant, puisque c’est un grand clerc, il faut croire sur parole, même les pires âneries, comme c’est souvent le cas, d’ailleurs, pour les questions éducatives. Et si, devant un enfant qui suce son pouce, Naouri estime qu’il faut couper le pouce, il a sans doute raison, ce bon vieillard aux cheveux blancs même s’il s’agit plutôt d’une forme grave de sénilité. La complaisance envers ce qu’ Alice Miller appelle la « pédagogie noire », avec la brutalité affichée envers les enfants, est aujourd’hui un créneau porteur. Et qui peut rapporter gros. Aujourd’hui, pour faire les têtes de gondole chez Leclerc, il vaut mieux s’appeler Naouri qu’Alice Miller, Brighelli que Philippe Meirieu, Bentolila que Roland Goigoux. Mais derrière l’invariable dénonciation de l’enfant-roi ou de l’élève au centre, on devine non seulement une grande paresse intellectuelle mais un inquiétant projet de société. Pour Naouri, « un ordre est un ordre. On ne l’explique pas ». L’obéissance qu’on exige sans avoir à la justifier, l’éducation conçue comme un dressage, tout cela était très à la mode il y a encore un siècle. C’est avec des principes de ce genre qu’on a rempli les tranchées à Verdun ou que de braves conducteurs des transports parisiens convoyaient les Juifs au Vel’d’hiv’. Ils n’avaient fait qu’obéir aux ordres, prétendirent-ils plus tard. Le pire, c’est que c’est vrai : il n'avaient fait qu'obéir.

merci Lubin hello:{}

Qu’est-ce que la pédagogie noire ?
Cette manière brutale d’élever les enfants, on pourrait dire plutôt de les dresser, qui débouche trop souvent sur le phénomène tragique de l’enfance maltraitée et est à l’origine de bien des violences dans notre société. Pour exprimer que tout cela n’a plus de raison d’être : des enfants de sept à dix ans, un homme victime anonyme, un médecin de prévention le Dr. Emmanuelle Piet, un anthropologue Michel Taleghani, un psychiatre Stanislaw Tomkiewicz et une psychologue Chantal Parret, sont réunis à l’écran autour de la phrase d’Alice Miller :
" Devenu parent, on prend souvent pour victimes ses propres enfants qui ont fonction de bouc émissaire. Persécution pleinement légitimée par notre société où elle jouit même d’un certain prestige, dès lors qu’elle se pare du titre d’éducation. Le drame, c’est que le père ou la mère maltraite son enfant pour ne pas ressentir ce que lui ont fait ses propres parents. Les racines de la violence sont alors en place. " (éd. Aubier " C’est pour ton bien " -1984)


marre des crétinistes


Message édité par prof des ecoles le 21-04-2008 à 13:49:46

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chassons le crétinisme briguello-darcosien hors des écoles
n°183313
Nabuchodon​osor 2
Hasta la victoria siempre !
Posté le 21-04-2008 à 15:05:56  profil
 

Commence donc par te taire, ça fera des vacances aux autres et ça mettra en pratiques tes bonnes intentions! :D


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Alerta que camina hot:{}
n°183394
pg73
Posté le 21-04-2008 à 18:17:27  profil
 

Nabuchodonosor 2 a écrit :

Commence donc par te taire, ça fera des vacances aux autres et ça mettra en pratiques tes bonnes intentions! :D



 jap:{}  jap:{}
 Il faut un début à tout.

Enfin une convergence de vues sur le cas désespéré et tout aussi désespérant de prof des écoles... Désolé d'avoir cru à un moment que tu étais lui. A ma décharge, les noms d' oiseaux employés avaient de troublantes similitudes.  :)  

n°183396
Nabuchodon​osor 2
Hasta la victoria siempre !
Posté le 21-04-2008 à 18:19:57  profil
 

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Alerta que camina hot:{}
n°183527
prof des e​coles
Posté le 22-04-2008 à 22:14:53  profil
 

prof des ecoles a écrit :

hop les vilains censeurs crétinistes


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chassons le crétinisme briguello-darcosien hors des écoles
n°183769
prof des e​coles
Posté le 24-04-2008 à 00:07:33  profil
 

prof des ecoles a écrit :

"Un ordre est un ordre"

Les pédiatres, les pédospsys vieillissent mal, du moins pour certains d’entre eux. A l’occasion de la sortie de son énième bouquin, Naouri, omniprésent dans les médias, se lance dans des interviews fracassantes (20 minutes.fr, 21/03/2008, mais aussi Elle, le Figaro etc) censées expliquer aux parents, nécessairement « démissionnaires », comment éduquer leurs enfants. Et  ce sont les enfants qui en sortent fracassés. Par exemple, « le doudou, à 2 ans et demi, c’est fini. Comme la tétine (...) on les prend, on les jette » et surtout, précise-t-il, « on ne dit rien à l’enfant ». L’enfant n’est pas une personne, rien qu’un petit animal qu’on doit dresser. Sur quelles analyses, quelles observations scientifiques, Naouri étaye-t-il ses propos ? Aucune, justement. Ce n’est pas la première fois qu’on observe, qu’arrivés à un certain âge, à une certaine notoriété (« vu à la télé »), des prétendus spécialistes jugent inutile de motiver leurs jugements, d’argumenter. Puisque c’est un savant, puisque c’est un grand clerc, il faut croire sur parole, même les pires âneries, comme c’est souvent le cas, d’ailleurs, pour les questions éducatives. Et si, devant un enfant qui suce son pouce, Naouri estime qu’il faut couper le pouce, il a sans doute raison, ce bon vieillard aux cheveux blancs même s’il s’agit plutôt d’une forme grave de sénilité. La complaisance envers ce qu’ Alice Miller appelle la « pédagogie noire », avec la brutalité affichée envers les enfants, est aujourd’hui un créneau porteur. Et qui peut rapporter gros. Aujourd’hui, pour faire les têtes de gondole chez Leclerc, il vaut mieux s’appeler Naouri qu’Alice Miller, Brighelli que Philippe Meirieu, Bentolila que Roland Goigoux. Mais derrière l’invariable dénonciation de l’enfant-roi ou de l’élève au centre, on devine non seulement une grande paresse intellectuelle mais un inquiétant projet de société. Pour Naouri, « un ordre est un ordre. On ne l’explique pas ». L’obéissance qu’on exige sans avoir à la justifier, l’éducation conçue comme un dressage, tout cela était très à la mode il y a encore un siècle. C’est avec des principes de ce genre qu’on a rempli les tranchées à Verdun ou que de braves conducteurs des transports parisiens convoyaient les Juifs au Vel’d’hiv’. Ils n’avaient fait qu’obéir aux ordres, prétendirent-ils plus tard. Le pire, c’est que c’est vrai : il n'avaient fait qu'obéir.

merci Lubin hello:{}

Qu’est-ce que la pédagogie noire ?
Cette manière brutale d’élever les enfants, on pourrait dire plutôt de les dresser, qui débouche trop souvent sur le phénomène tragique de l’enfance maltraitée et est à l’origine de bien des violences dans notre société. Pour exprimer que tout cela n’a plus de raison d’être : des enfants de sept à dix ans, un homme victime anonyme, un médecin de prévention le Dr. Emmanuelle Piet, un anthropologue Michel Taleghani, un psychiatre Stanislaw Tomkiewicz et une psychologue Chantal Parret, sont réunis à l’écran autour de la phrase d’Alice Miller :
" Devenu parent, on prend souvent pour victimes ses propres enfants qui ont fonction de bouc émissaire. Persécution pleinement légitimée par notre société où elle jouit même d’un certain prestige, dès lors qu’elle se pare du titre d’éducation. Le drame, c’est que le père ou la mère maltraite son enfant pour ne pas ressentir ce que lui ont fait ses propres parents. Les racines de la violence sont alors en place. " (éd. Aubier " C’est pour ton bien " -1984)


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chassons le crétinisme briguello-darcosien hors des écoles
n°183864
prof des e​coles
Posté le 24-04-2008 à 18:10:41  profil
 

"Un ordre est un ordre"

Les pédiatres, les pédospsys vieillissent mal, du moins pour certains d’entre eux. A l’occasion de la sortie de son énième bouquin, Naouri, omniprésent dans les médias, se lance dans des interviews fracassantes (20 minutes.fr, 21/03/2008, mais aussi Elle, le Figaro etc) censées expliquer aux parents, nécessairement « démissionnaires », comment éduquer leurs enfants. Et  ce sont les enfants qui en sortent fracassés. Par exemple, « le doudou, à 2 ans et demi, c’est fini. Comme la tétine (...) on les prend, on les jette » et surtout, précise-t-il, « on ne dit rien à l’enfant ». L’enfant n’est pas une personne, rien qu’un petit animal qu’on doit dresser. Sur quelles analyses, quelles observations scientifiques, Naouri étaye-t-il ses propos ? Aucune, justement. Ce n’est pas la première fois qu’on observe, qu’arrivés à un certain âge, à une certaine notoriété (« vu à la télé »), des prétendus spécialistes jugent inutile de motiver leurs jugements, d’argumenter. Puisque c’est un savant, puisque c’est un grand clerc, il faut croire sur parole, même les pires âneries, comme c’est souvent le cas, d’ailleurs, pour les questions éducatives. Et si, devant un enfant qui suce son pouce, Naouri estime qu’il faut couper le pouce, il a sans doute raison, ce bon vieillard aux cheveux blancs même s’il s’agit plutôt d’une forme grave de sénilité. La complaisance envers ce qu’ Alice Miller appelle la « pédagogie noire », avec la brutalité affichée envers les enfants, est aujourd’hui un créneau porteur. Et qui peut rapporter gros. Aujourd’hui, pour faire les têtes de gondole chez Leclerc, il vaut mieux s’appeler Naouri qu’Alice Miller, Brighelli que Philippe Meirieu, Bentolila que Roland Goigoux. Mais derrière l’invariable dénonciation de l’enfant-roi ou de l’élève au centre, on devine non seulement une grande paresse intellectuelle mais un inquiétant projet de société. Pour Naouri, « un ordre est un ordre. On ne l’explique pas ». L’obéissance qu’on exige sans avoir à la justifier, l’éducation conçue comme un dressage, tout cela était très à la mode il y a encore un siècle. C’est avec des principes de ce genre qu’on a rempli les tranchées à Verdun ou que de braves conducteurs des transports parisiens convoyaient les Juifs au Vel’d’hiv’. Ils n’avaient fait qu’obéir aux ordres, prétendirent-ils plus tard. Le pire, c’est que c’est vrai : il n'avaient fait qu'obéir.

merci Lubin hello:{}

Qu’est-ce que la pédagogie noire ?
Cette manière brutale d’élever les enfants, on pourrait dire plutôt de les dresser, qui débouche trop souvent sur le phénomène tragique de l’enfance maltraitée et est à l’origine de bien des violences dans notre société. Pour exprimer que tout cela n’a plus de raison d’être : des enfants de sept à dix ans, un homme victime anonyme, un médecin de prévention le Dr. Emmanuelle Piet, un anthropologue Michel Taleghani, un psychiatre Stanislaw Tomkiewicz et une psychologue Chantal Parret, sont réunis à l’écran autour de la phrase d’Alice Miller :
" Devenu parent, on prend souvent pour victimes ses propres enfants qui ont fonction de bouc émissaire. Persécution pleinement légitimée par notre société où elle jouit même d’un certain prestige, dès lors qu’elle se pare du titre d’éducation. Le drame, c’est que le père ou la mère maltraite son enfant pour ne pas ressentir ce que lui ont fait ses propres parents. Les racines de la violence sont alors en place. " (éd. Aubier " C’est pour ton bien " -1984)


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chassons le crétinisme briguello-darcosien hors des écoles
n°184025
prof des e​coles
Posté le 25-04-2008 à 00:38:27  profil
 

:)


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chassons le crétinisme briguello-darcosien hors des écoles
n°184333
prof des e​coles
Posté le 28-04-2008 à 23:35:12  profil
 

Si t’es pas content, tu vas t’en prendre une! »  
Le retour du bâton  

Sophie des Deserts Isabelle Monnin
Nouvel Observateur - 23 septembre 2004 - n°2081 - Notre époque
Dolto? Des foutaises! Mai-68 et son « interdit d’interdire »? De la préhistoire. Autorité, discipline, obéissance sont les maîtres mots de l’automne. Les nostalgiques du « bon vieux temps » jubilent. Les autres s’inquiètent. Car la réalité n’est pas toujours aussi carrée qu’un problème du certif  
La star de  la rentrée s’appelle Marc Le Bris. Il est instituteur à Médréac, près de Rennes, et a « touché » son ministre par un pamphlet apocalyptique sur l’école (1), sorti discrètement en avril, et déjà vendu à plus de 35000 exemplaires. François Fillon l’a longuement reçu Rue-de-Grenelle avant de prononcer son discours de rentrée. Les médias se l’arrachent, JT de TF1, France 2, France 3, Ruquier, même le « Times » est venu dans son école... Ce mercredi matin, dans un café parisien, c’est l’Elysée qui téléphone. Les conseillers du président veulent le voir. Après des années de colère rentrée, il savoure: « Les temps changent. » Son père, ancien instit, aurait préféré qu’il épargne Jospin dans son livre: « Il craint que ça fasse du tort à la gauche. Mais ce que je dis n’est ni de droite ni de gauche, c’est populaire. Et, manque de pot, c’est Fillon qui a eu l’intelligence de le sentir. »

Il a une bonne bouille d’instit de province, la cinquantaine, pantalon de flanelle, crâne dégarni, petites billes noisette, lunettes autour du cou... Il mitraille son discours simple comme s’il y avait urgence, il faut « sauver le système. C’est sacré, l’école ». Son livre rend hommage aux maîtres d’antan, ces « instits de rigueur et d’honnêteté », à l’école républicaine, « excellente jusqu’aux années 1960 », avant que les curés de la nouvelle pédagogie, jargon, circulaires et belles idées, ne viennent tout détruire. Il est fou, fou contre ces théories modernes qui considèrent les petits comme les acteurs de leur propre apprentissage. Contre cette inspectrice qui lui reproche d’interdire « sous prétexte que j’empêche alors le développement de l’autocontrôle chez mes élèves. On est censés faire des réunions citoyennes pour qu’ils édictent ce qu’ils doivent s’interdire à eux-mêmes! ». Le Bris tape fort contre ce système qui aurait tué l’autorité de l’enseignant. « On nous condamne pour un coup de pied aux fesses, on nous convoque quand un père nous traite de ***** Le maître d’école redevient le valet qu’il était sous l’Ancien Régime. On marche sur la tête ! Revenons à l’école de Condorcet, instruction: lecture, dictée, grammaire, tables de multiplication. Le maître doit être celui qui a le savoir mais aussi la loi et l’autorité. » Hé oui, parfois il met au coin et gronde. Il met des notes, les élèves adorent et font, paraît-il, eux-mêmes les classements. « L’autonomie de l’enfant est un contresens: s’il est autonome, il n’est plus un enfant. »
 

Avec ses idées simples, mâtinées de bon sens et de tradition, Marc Le Bris incarne bien la tentation disciplinaire qui flotte dans l’air. Dolto? Des foutaises! Mai-68 et son « interdit d’interdire »? De la préhistoire. Le ministre de l’Education nationale, posant en noir et blanc sur les marches d’une école à l’ancienne, l’a martelé: « Il faut restaurer l’autorité naturelle que possédaient les maîtres d’hier. » On voit soudain ressurgir les vieux débats sur l’uniforme et la mixité, on vante les mérites du pensionnat. On s’interroge sur les bienfaits de la fessée. Le nouveau sélectionneur de l’équipe de France de football se surnomme « le colonel » et impose à ses joueurs-stars des règles strictes (ponctualité, téléphones portables interdits sur les tables de massage et obligation de petit-déjeuner ensemble). Même la téléréalité a changé. Plus question de starlettes rebelles et dénudées, la « Star Ac 4 » prône travail, rigueur et obéissance. Après « les Choristes », et en attendant « les Fautes d’orthographe » en salles en novembre, ce qui cartonne cette année (plus de 6 millions de téléspectateurs pour les premiers épisodes), c’est « le Pensionnat de Chavagnes »: des ados d’aujourd’hui téléportés dans un internat strict des années 1950. On ne met pas les mains dans les poches de la blouse, on se tient bien, on dit bonjour monsieur, on ne rigole pas pendant « la Marseilaise » et gare à celui qui enfreindrait le règlement…

Les nostalgiques jubilent. Ah, ces temps anciens! Que les choses étaient simples! Les enfants étaient des enfants, les adultes des adultes, c’était comme ça et si t’es pas content tu vas t’en prendre une! Autorité, discipline, obéissance: après le grand laxisme post-soixante-huitard reviendrait le temps des vraies valeurs, celles qui rassurent les uns et effraient les autres. Affolée par le grand vertige de la liberté à tout va, la France se serait rangée à l’ordre sarkozyste et ne réclamerait plus que des règles, des sanctions effectives et vraiment dissuasives. Elle abandonnerait un peu de ses idéaux démocratiques au credo néoréac. Centres éducatifs fermés pour les délinquants et sanctions pour tous! De quoi séduire certains mais rendre sceptiques ceux qui savent que la réalité n’est pas aussi carrée qu’un problème du certif.

Certes, épuisés par des heures de négociations vaines, certains, profs, parents, éducateurs, et pas des néonazis, peuvent de temps à autre regretter le temps où, comme le rappelle le redoutable surgé du « Pensionnat de Chavagnes », « on ne discutait pas, on exécutait », où l’on pouvait interdire sans avoir à écouter la plaidoirie de la défense, où l’on pouvait punir sans aller aussitôt se confier à un thérapeute familial. Une enquête montre que la principale attente envers les enseignants est qu’ils fassent « respecter la discipline dans leurs classes » (2).

Aldo Naouri boit du petit-lait. Le célèbre pédiatre tire la sonnette d’alarme depuis longtemps. A trop privilégier la liberté de l’enfant, explique-t-il en substance, on l’abandonne avec des angoisses ingérables. « Il se retrouve comme sur un pont suspendu dans le vide. » « Demander à un enfant s’il préfère du riz ou des pâtes, c’est déjà une carence d’autorité »: avec de telles sentences, il est longtemps passé pour un affreux réac. Aujourd’hui, pour beaucoup, Naouri c’est la voix de la sagesse. « La discipline, c’est juste la mise en œuvre de l’autorité, qui est une manière de poser une hiérarchie légitime. » Discuter, expliquer une décision revient vite, dit-il, à se justifier et donc à mettre l’enfant en position de juger son parent, ce qui est contraire à « l’ordre physiologique de l’éducation ».

L’idéologie soixante-huitarde est devenue ringarde. Il n’est plus interdit d’interdire, cela est même nettement recommandé, y compris par ceux qui montaient des barricades rue Gay-Lussac. « C’est tout de même paradoxal, ironise le philosophe Alain Renaut (3). Les mêmes qui avaient trouvé leurs inspirations, leurs premiers émois dans les vastes entreprises intellectuelles de démontage des mécanismes de pouvoir ont pour seul programme, quarante ans après, de rétablir l’autorité. » Honte aux parents trop laxistes, aux enseignants trop compréhensifs, aux juges trop empathiques, le retour du bâton ne s’est pas fait en un jour. Des « sauvageons » aux « enfants rois », la société française s’est fait peur avec ses jeunes, tellement en « manque de repères », tellement victimes de « familles démissionnaires » qu’il fallait bien un jour boucler la boucle…

Didier Pleux est l’un des psychologues qui se sont inquiétés de l’avènement des « enfants tyrans » (4). Il est pourtant dépassé par l’évolution actuelle: « J’ai condamné le doltoïsme aigu, mais mon discours a été complètement dévoyé, on n’en a retenu que l’aspect répressif. Je suis effaré de voir ressurgir les vieux débats sur l’uniforme. » Dans son cabinet défilent aujourd’hui des parents qui, clin d’œil complice à l’appui, expliquent qu’ils ont « réglé ça avec une petite fessée », d’autres qui cherchent des pensionnats ou des clubs de sport, avec un entraîneur musclé qui saura « serrer la vis ». Comme si le balancier était violemment reparti du côté « fermeté ». La recherche d’autorité affleure dans tous les coins de la société.

Mara Goyet enseigne dans un collège de Seine-Saint-Denis. « On n’a plus de complexes à parler de "sanction" et d’"autorité". » Comme beaucoup de jeunes profs, elle est persuadée que « la discipline est une nécessité et d’ailleurs les élèves ne la rejettent pas, au contraire. Eux aussi n’en peuvent plus du chaos ambiant ». Selon un sondage du magazine « Okapi » (5), 83% des collégiens pensent que l’autorité est une qualité pour un prof. Et ils en redemanderaient encore, même une fois sortis de l’adolescence. « En réalité, les gens ont besoin qu’on s’occupe d’eux, résume Sandra Bellier, qui observe nos comportements au travail pour la société Capio-Adecco. Et s’occuper d’eux, c’est aussi leur dire ce qui est interdit, expliciter les sanctions et les appliquer. Les entreprises qui fonctionnent ainsi sont celles dans lesquelles les jeunes se sentent le mieux. Parce qu’en contrepartie tout est clair: les perspectives d’évolution sont connues, la reconnaissance est possible. » Carotte, bâton, on n’aurait toujours pas trouvé mieux pour motiver les troupes.

Alors un bon coup de gueule de temps en temps, une vraie punition, pourquoi pas? Sauf que le retour aux « bonnes vieilles méthodes » reste un pur fantasme. « Cette tentation est liée à la difficulté de faire respecter l’autorité dans une société basée sur le dialogue et la négociation », estime Philippe Daviaud, formateur de CPE à l’IUFM de Paris. Plus facile en somme de lâcher un « c’est comme ça » définitif à un gamin récalcitrant qu’une explication qui peut tourner au débat et… à la déconfiture. Mais qui souhaiterait le retour d’une société d’obéissants qui exécuteraient les ordres sans exercer d’esprit critique? Le psychanalyste Serge Tisseron est « horrifié par le succès du "Pensionnat de Chavagnes", qui propose un modèle où l’autorité est apparemment indiscutable, avec des ados incroyablement dociles. Cette émission est symbolique d’une société en plein désarroi: on se met à rêver d’un retour à l’ordre ancien, à une forme d’autorité incontestable portée par un homme fort ». Les nostalgiques font un peu vite le tableau d’une jeunesse totalement livrée à elle-même. Les règles, certes, n’ont rien à voir avec l’arbitraire d’antan, mais elles existent. Au collège, par exemple, les exclusions n’ont jamais été si nombreuses, les conseils de discipline se multiplient. Devoir supplémentaire, retenue, exclusion… deux collégiens sur trois disent avoir déjà été punis. Et cette proportion s’élève à 80% en troisième. Pour Erick Prairat, professeur de sciences de l’éducation à l’université Nancy-II, « dire que l’école est laxiste est un faux procès. Si, après 1968, la sanction était devenue presque taboue, tout a changé au début des années 1990, avec la montée de la violence scolaire. La communauté éducative n’a pas renoncé aux vertus de la punition, loin de là. Mais elle l’a adaptée aux normes démocratiques: l’élève est représenté au conseil de discipline, le débat doit y être contradictoire, la sanction peut passer par la réparation… »

Dans certains lycées, les fils à papa sont même représentés par des avocats en cas de problème. C’est que les acquis des années 1970, les conquêtes du libéralisme décomplexé, de l’individualisme démocratique, ne sont pas près de tomber. Béatrice Stella préside l’Union des Familles en Europe. Elle voit autour d’elle une pression pour plus de discipline, mais croit distinguer chez les parents une grande réti-cence: « On les accuse de tous les maux. Les grands-parents, les profs leur disent "soyez plus sévères", mais ils ont peur du conflit avec leurs ados, ils aiment pouvoir dialoguer avec eux. » Entre aucune règle et aucune discussion possible, la marge est grande. Et la schlague n’est peut-être pas la réponse la mieux adaptée au désarroi actuel. Pour le sociologue Michel Fize (6), nous sommes à une croisée des chemins. « La société présoixante-huitarde était allée de l’autorité à l’autoritarisme, puis on a glissé du libéralisme au laxisme. Quand les gens réalisent que la liberté absolue, c’est l’insécurité permanente, ils prennent peur. Mais un retour aux anciennes valeurs est impossible, la société a trop évolué pour accepter de régresser. Nous sommes non seulement dans un régime des égaux mais aussi dans une société des ego. Il faut concilier les deux. »

Epanouissement individuel et ordre collectif, les deux injonctions actuelles semblent tellement contradictoires que la schizophrénie menace. « On oscille sans cesse entre deux pôles, s’énerve Philippe Meirieu, directeur de l’IUFM de Lyon. Le "Loft" et "le Pensionnat de Chavagnes", c’est la même chose: le laxisme débile et l’autoritarisme absolu, les deux faces d’une société qui ne parvient pas à trouver les nouveaux fondements de l’autorité. Ça peut paraître inquiétant, il y a toujours le risque de basculer vers des formes de société disciplinaristes et autoritaristes. Regardez çà et là des petits signes: la généralisation du radar, de la vidéosurveillance... De manière insidieuse, on voit ressurgir les vieilles utopies de tout savoir, tout contrôler, sans que personne s’en émeuve. »

Sophie des DÉSERTS et Isabelle MONNIN  

(1) « Et vos enfants ne sauront pas lire… ni compter », Stock.
(2) Sondage Sofres pour « Pèlerin magazine », mai 2004.
(3) « La Fin de l’autorité », Flammarion.
(4) « De l’enfant roi à l’enfant tyran », Odile Jacob.
(5) Etude du Credoc, décembre 2003.
(6) « Les Interdits, fondements de la liberté », Presses de la Renaissance.
 

 
 


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chassons le crétinisme briguello-darcosien hors des écoles
n°184451
prof des e​coles
Posté le 29-04-2008 à 22:33:50  profil
 

aldo à la retraite ! lol:{}


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chassons le crétinisme briguello-darcosien hors des écoles
n°184589
prof des e​coles
Posté le 30-04-2008 à 18:37:37  profil
 

Affirmez votre autorité, ne vous justifiez jamais, jetez le doudou sans prévenir, ne cherchez pas à vous faire aimer… C’est ce que nous ordonne le pédiatre star dans son livre « Eduquer ses enfants : l’urgence aujourd’hui » (éd. Odile Jacob). Alix Girod de l’Ain, bonne mère, a tenté de mettre ces préceptes en pratique. Ou presque…

Ce choc en lisant l’interview d’Aldo Naouri dans le ELLE du 17 mars ! Ah, ça, il y va pas avec le dos de la cuillère d’antibiotiques, mon collègue pédiatre du monde élégant ! Ainsi, toutes les valeurs de douceur, complicité, dialogue, voire rigolade, sur lesquelles nous essayons plus ou moins de construire notre système d’éducation depuis des années sont caduques ! Il est urgent de frustrer nos enfants afin de leur donner le goût de l’effort ! J’ai testé en famille, point par point, pendant le week-end de Pâques.

Aldo a dit : « La position d’un enfant est dans la verticalité vis-à-vis de ses parents, pas dans l’horizontalité. Un ordre, c’est un ordre. Point.On ne l’explique pas. »

J'ai testé : La chasse aux oeufs est terminée. J’avise mon petit Félix qui galope dans l’herbe, joyeux poulain aux genoux cagneux, un lapin en chocolat entamé dans la bouche. Je hurle. Non, je ne hurle pas, j’ordonne, voix ferme, calme et claire : « Féfé, ne cours pas la bouche pleine. – Et pourquoi ? – Parce que. – Parce que quoi ? – Parce que c’est dange… parce que tout court. Aux pieds. Maintenant. – Eh, tu m’agresses pas, bouffonne, O.K. ? » C’est le problème de mon petit Félix. A bientôt 17 ans, sa verticalité dépasse largement la mienne. Cinq ans déjà que je ne vois plus que ses trous de nez. Pour lui coller la grosse baffe qu’il mérite, c’est pas pratique. En plus, le châtiment corporel, Aldo est contre. Mais rétropédaler après un ordre donné, se dédire, jamais ! Il faut que je gagne cette manche, ne serait-ce que symboliquement, vis-à-vis du reste de la fratrie qui est accourue, attirée par l’odeur du sang. Je dois agir en adulte, ne pas me défausser de mes responsabilités. Je hurle « Didier, au secours ! »

Didier, c’est mon mari. Vous ai-je déjà parlé du père de mes enfants, cet astre? Il arrive tout frétillant, et pour cause. Il a lu, lui aussi, l’entretien de Naouri dans ELLE, et ce qu’il en a retenu, c’est : « Le père doit rester l’amant de la mère. » A en juger par sa bonne truffe humide, il s’attend à un rapport, là, tout de suite, au milieu des oeufs Kinder éventrés. Tûûût, tûûût, Did, je fais, on est là pour éduquer les gamins, pas pour en fabriquer d’autres, Deos nos guard ! (les week-ends pascaux, on se parle volontiers en catalan, c’est
notre petite tradition familiale à nous).

Aldo a dit : « Un père est comme une pile : plus on s’en sert, plus il s’use. »

J'ai testé : Je pense que là, face à notre ado rebelle, Wonder papa a quand même une sacrée occasion de faire parler les volts. « Vas-y, casse-lui un bras », je suggère. Hélas, Did est un être à la fois pacifique et grand lecteur. Cette interview de Naouri, il l’a vraiment bien assimilée. Il prend son fils par les épaules, ce qui l’oblige à lever haut les coudes, avec toute son arthrose, c’est pas facile, pauvre papou Courage ! et lui assène : « N’en veux pas trop à maman, tu le sais, cette femme boit. » Devant ma tête, il ajoute avec un clin d’oeil : « Page 109, Naouri dit que la fonction paternelle consiste à faire comprendre aux jeunes que leur mère n’a pas tous les pouvoirs… Eh bien, si j’osais un peu d’humour : Aldid it ! » Ah ouais ? Enorme envie de lui écraser les fonctions paternelles à coups de genoux.

Aldo a dit : « De toute façon, quoi que vous fassiez, vos enfants sont condamnés à vous aimer. »

J'ai testé : C’est ce qu’on va vérifier tout de suite. Pour avancer crescendo dans mon optique de frustration du jeune, j’ai modifié le traditionnel repas de Pâques : en guise du
gigot-gratin dauphinois immémorial, j’ai prévu du merlan vapeur-ratatouille de blettes et de betteraves. Face à leur assiette, les enfants éclatent de rire, croyant à une plaisanterie. D’autant que je viens de poser une souris d’agneau et des frites devant leur père. L’avantage de la méthode Naouri, c’est son double effet : pendant que le jeune apprend l’autocontrôle, le parent découvre les délices du sadisme. Attention, je ne forcerai pas les petits à avaler le contenu de leur assiette, Aldo assimile ça à un viol et il n’a pas tort.
Simplement, s’ils ne finissent pas leur merlan, ils se contenteront de nous regarder manger la mousse au chocolat du dessert, celle qui fait pschitt sous la cuillère tellement elle est onctueuse et légère en même temps. « Hum, elle est parfaitement sucrée, ni trop, ni trop peu ! Reprends une tuile aux amandes pour pousser, amour », je fais à Didier. Mais lui, il n’a pas trop faim. Je crois que c’est le regard de Paulo au-dessus de son merlan froid. On dirait le Chat Potté de « Shrek », ses pupilles immenses flottent dans ses globes oculaires, son père, un spectacle aussi poignant, ça lui coupe l’appétit.

Mais j’ai une idée pour faire sortir de table notre petit dernier, fissa. Je lance, joyeuse : « Paulo, tu sais où est ton doudou ? – Crabi le crabe ? Ben, dans mon lit, maman. – Maman CHÉRIE, petit con. Eh bien non, figure-toi, j’ai appris récemment que se séparer de son doudou encourage l’autonomie. Alors, Crabi, je l’ai flanqué dans la poubelle verte ! Même pas la jaune, celle des recyclés, non, la verte qui pue, ainsi, on va le brûler, et zou ! grâce à ça, tu seras grand. » L’enfant vient de glisser sous la table, évanoui. Bingo. « Pendant ce temps-là, il ne pensera pas à se toucher la bistouquette, petit saligaud », je ris à voix haute. Le reste de la famille me regarde, sans voix. « Ben quoi les mioches, quoi que je fasse, vous m’aimerez quand même, c’est contractuel, Naouri l’a dit. » Félix et Eloïse, alors, se lèvent de table et, d’une même voix, ce qui, depuis leur naissance, ne leur est jamais arrivé, me disent : « Tu-es-un-mons- tre. » Cette solidarité de la fratrie, franchement, ça me colle des frissons partout. Merci Aldo Naouri.

Aldo a dit : « Ce que la mère sent bien pour elle sera bien pour l’enfant. C’est pour ça que je dis : “Pensez à vous.” »

J'ai testé : Evidemment que le paragraphe qui précède est un odieux fantasme. Mais j’ai vraiment passé deux jours à tenter de dresser mes jeunes à la schlague. Et ce que je
ressens, au terme de cette enquête, c’est une grosse envie de frustrer non pas mes enfants, mais Aldo Naouri. Je n’hésite donc pas à répéter haut et fort à mes petits, 39 ans à eux trois, que leur biberon de Nesquik sera toujours tiède sur la table du petit déj à leur réveil. Maman vous aime mes amours.

 


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chassons le crétinisme briguello-darcosien hors des écoles
n°184700
prof des e​coles
Posté le 02-05-2008 à 00:28:21  profil
 

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chassons le crétinisme briguello-darcosien hors des écoles
n°184834
prof des e​coles
Posté le 05-05-2008 à 22:18:53  profil
 

Violence à l'école : pourquoi donc s'en priver ?

Face au coup de folie d’un collégien à Meyzieu, toujours les mêmes réactions politico-médiatiques affligeantes. Un ado en pleine détresse, à la dérive, mais qui ne trouve personne à qui parler. Certes, il est légitime de poser la question : où sont les médecins scolaires, les psychologues scolaires, les infirmières scolaires, les assistantes sociales scolaires ? Et pourquoi des dizaines de milliers d’adultes ont-ils disparu des établissements ces dernières années ? Mais on ne peut s’empêcher non plus de dénoncer la perversité d’un discours, souvent entendu au sein de l’institution, qui se refuse à considérer un prof comme éducateur, le cantonant dans le rôle de distributeur de connaissances scolaires : on ne parle pas avec le prof, on écoute le prof et l’on se tait. Et devant tout dérapage, parce que les élèves sont des ados, on appelle la police. Avec les résultats que l’on sait. En 2002, un ministre délégué de l’Education nationale parlait de « lever le tabou de la violence scolaire. L’objectif est de faire baisser la violence de moitié en cinq ans ». Le ministre s’appelait...Darcos et les cinq ans sont passés. Il faut dire que nos ministres n’ont pas manqué d’imagination : partenariat renforcé avec la police, caméras de surveillance, règlements intérieurs drastiques. Ah, j’allais oublier la note de vie scolaire qui devait ramener le calme et la sérénité dans les établissements. La prochaine étape sera probablement la disparition de la justice des mineurs par trop laxiste. D’ailleurs, le collégien de Meyzieu vient d’être inculpé pour tentative d’assassinat et à ce titre il n’encourt que 20 ans de prison. Notoirement insuffisant, n’est-ce pas. Ne faudrait-il pas carrément envisager la rétention de sûreté pour tout comportement déviant ? Dati y songe...




Pour Eric Debarbieux, président de l’Observatoire international de la violence à l’école, les solutions sont connues : « A problème complexe, il y a une solution simple et c'est la mauvaise. Penser que l'augmentation de la répression, du lien avec la police, va traiter ce type de problème est un leurre total. Cela ne peut se faire que par une véritable révolution de la formation des personnels d'abord. On sait que climat scolaire et violence à l'école sont très fortement corrélés. On sait qu'un enseignant formé à la gestion du stress, à la gestion du groupe est un enseignant qui a deux fois moins de risques qu'un autre de se faire agresser ou que ses élèves s'agressent entre eux. »




Certes, mais former les enseignants à la gestion des conflits est politiquement moins payant qu’envoyer la police et ouvrir des prisons. Et l’on ne voit pas pourquoi les politiciens se priveraient – en faisant réellement baisser la violence à l’école – d’un thème qui leur apporte tant de voix aux élections. La violence à l’école a encore de beaux jours devant elle.


merci Lubin hello:{}


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chassons le crétinisme briguello-darcosien hors des écoles
n°184933
Profil sup​primé
Posté le 07-05-2008 à 12:58:03  
 

prof des ecoles a écrit :

Affirmez votre autorité, ne vous justifiez jamais, jetez le doudou sans prévenir, ne cherchez pas à vous faire aimer… C’est ce que nous ordonne le pédiatre star dans son livre « Eduquer ses enfants : l’urgence aujourd’hui » (éd. Odile Jacob). Alix Girod de l’Ain, bonne mère, a tenté de mettre ces préceptes en pratique. Ou presque…

Ce choc en lisant l’interview d’Aldo Naouri dans le ELLE du 17 mars ! Ah, ça, il y va pas avec le dos de la cuillère d’antibiotiques, mon collègue pédiatre du monde élégant ! Ainsi, toutes les valeurs de douceur, complicité, dialogue, voire rigolade, sur lesquelles nous essayons plus ou moins de construire notre système d’éducation depuis des années sont caduques ! Il est urgent de frustrer nos enfants afin de leur donner le goût de l’effort ! J’ai testé en famille, point par point, pendant le week-end de Pâques.

Aldo a dit : « La position d’un enfant est dans la verticalité vis-à-vis de ses parents, pas dans l’horizontalité. Un ordre, c’est un ordre. Point.On ne l’explique pas. »

J'ai testé : La chasse aux oeufs est terminée. J’avise mon petit Félix qui galope dans l’herbe, joyeux poulain aux genoux cagneux, un lapin en chocolat entamé dans la bouche. Je hurle. Non, je ne hurle pas, j’ordonne, voix ferme, calme et claire : « Féfé, ne cours pas la bouche pleine. – Et pourquoi ? – Parce que. – Parce que quoi ? – Parce que c’est dange… parce que tout court. Aux pieds. Maintenant. – Eh, tu m’agresses pas, bouffonne, O.K. ? » C’est le problème de mon petit Félix. A bientôt 17 ans, sa verticalité dépasse largement la mienne. Cinq ans déjà que je ne vois plus que ses trous de nez. Pour lui coller la grosse baffe qu’il mérite, c’est pas pratique. En plus, le châtiment corporel, Aldo est contre. Mais rétropédaler après un ordre donné, se dédire, jamais ! Il faut que je gagne cette manche, ne serait-ce que symboliquement, vis-à-vis du reste de la fratrie qui est accourue, attirée par l’odeur du sang. Je dois agir en adulte, ne pas me défausser de mes responsabilités. Je hurle « Didier, au secours ! »

Didier, c’est mon mari. Vous ai-je déjà parlé du père de mes enfants, cet astre? Il arrive tout frétillant, et pour cause. Il a lu, lui aussi, l’entretien de Naouri dans ELLE, et ce qu’il en a retenu, c’est : « Le père doit rester l’amant de la mère. » A en juger par sa bonne truffe humide, il s’attend à un rapport, là, tout de suite, au milieu des oeufs Kinder éventrés. Tûûût, tûûût, Did, je fais, on est là pour éduquer les gamins, pas pour en fabriquer d’autres, Deos nos guard ! (les week-ends pascaux, on se parle volontiers en catalan, c’est
notre petite tradition familiale à nous).

Aldo a dit : « Un père est comme une pile : plus on s’en sert, plus il s’use. »

J'ai testé : Je pense que là, face à notre ado rebelle, Wonder papa a quand même une sacrée occasion de faire parler les volts. « Vas-y, casse-lui un bras », je suggère. Hélas, Did est un être à la fois pacifique et grand lecteur. Cette interview de Naouri, il l’a vraiment bien assimilée. Il prend son fils par les épaules, ce qui l’oblige à lever haut les coudes, avec toute son arthrose, c’est pas facile, pauvre papou Courage ! et lui assène : « N’en veux pas trop à maman, tu le sais, cette femme boit. » Devant ma tête, il ajoute avec un clin d’oeil : « Page 109, Naouri dit que la fonction paternelle consiste à faire comprendre aux jeunes que leur mère n’a pas tous les pouvoirs… Eh bien, si j’osais un peu d’humour : Aldid it ! » Ah ouais ? Enorme envie de lui écraser les fonctions paternelles à coups de genoux.

Aldo a dit : « De toute façon, quoi que vous fassiez, vos enfants sont condamnés à vous aimer. »

J'ai testé : C’est ce qu’on va vérifier tout de suite. Pour avancer crescendo dans mon optique de frustration du jeune, j’ai modifié le traditionnel repas de Pâques : en guise du
gigot-gratin dauphinois immémorial, j’ai prévu du merlan vapeur-ratatouille de blettes et de betteraves. Face à leur assiette, les enfants éclatent de rire, croyant à une plaisanterie. D’autant que je viens de poser une souris d’agneau et des frites devant leur père. L’avantage de la méthode Naouri, c’est son double effet : pendant que le jeune apprend l’autocontrôle, le parent découvre les délices du sadisme. Attention, je ne forcerai pas les petits à avaler le contenu de leur assiette, Aldo assimile ça à un viol et il n’a pas tort.
Simplement, s’ils ne finissent pas leur merlan, ils se contenteront de nous regarder manger la mousse au chocolat du dessert, celle qui fait pschitt sous la cuillère tellement elle est onctueuse et légère en même temps. « Hum, elle est parfaitement sucrée, ni trop, ni trop peu ! Reprends une tuile aux amandes pour pousser, amour », je fais à Didier. Mais lui, il n’a pas trop faim. Je crois que c’est le regard de Paulo au-dessus de son merlan froid. On dirait le Chat Potté de « Shrek », ses pupilles immenses flottent dans ses globes oculaires, son père, un spectacle aussi poignant, ça lui coupe l’appétit.

Mais j’ai une idée pour faire sortir de table notre petit dernier, fissa. Je lance, joyeuse : « Paulo, tu sais où est ton doudou ? – Crabi le crabe ? Ben, dans mon lit, maman. – Maman CHÉRIE, petit con. Eh bien non, figure-toi, j’ai appris récemment que se séparer de son doudou encourage l’autonomie. Alors, Crabi, je l’ai flanqué dans la poubelle verte ! Même pas la jaune, celle des recyclés, non, la verte qui pue, ainsi, on va le brûler, et zou ! grâce à ça, tu seras grand. » L’enfant vient de glisser sous la table, évanoui. Bingo. « Pendant ce temps-là, il ne pensera pas à se toucher la bistouquette, petit saligaud », je ris à voix haute. Le reste de la famille me regarde, sans voix. « Ben quoi les mioches, quoi que je fasse, vous m’aimerez quand même, c’est contractuel, Naouri l’a dit. » Félix et Eloïse, alors, se lèvent de table et, d’une même voix, ce qui, depuis leur naissance, ne leur est jamais arrivé, me disent : « Tu-es-un-mons- tre. » Cette solidarité de la fratrie, franchement, ça me colle des frissons partout. Merci Aldo Naouri.

Aldo a dit : « Ce que la mère sent bien pour elle sera bien pour l’enfant. C’est pour ça que je dis : “Pensez à vous.” »

J'ai testé : Evidemment que le paragraphe qui précède est un odieux fantasme. Mais j’ai vraiment passé deux jours à tenter de dresser mes jeunes à la schlague. Et ce que je
ressens, au terme de cette enquête, c’est une grosse envie de frustrer non pas mes enfants, mais Aldo Naouri. Je n’hésite donc pas à répéter haut et fort à mes petits, 39 ans à eux trois, que leur biberon de Nesquik sera toujours tiède sur la table du petit déj à leur réveil. Maman vous aime mes amours.


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n°185327
prof des e​coles
Posté le 12-05-2008 à 20:31:51  profil
 

Un enseignant renvoyé en correctionnelle pour "complicité de violences"


Un enseignant du collège de Bessancourt (Val d'Oise) a été renvoyé mercredi en correctionnelle pour "complicité de violences et non empêchement d'un délit d'atteinte à l'intégrité corporelle" d'une élève, a-t-on appris vendredi auprès du parquet de Pontoise.

Les faits se sont produits aux "alentours des vacances de Noël", selon le parquet qui confirme une information du Parisien. Le professeur de français aurait retenu physiquement un élève de classe de 3ème turbulent durant son cours pendant que d'autres élèves le frappait.

Cette scène se serait reproduite "à plusieurs reprises", selon la même source. Après une garde à vue de 48 heures, l'enseignant aurait reconnu les faits "en minimisant". Il a été placé en contrôle judiciaire.

Le six élèves soupçonnés d'avoir frappé leur camarade seront entendus par un juge pour enfant.

Le procès du professeur de français doit se tenir le 9 juin.
 

il est pas soutenu par une pétition du snalc? lol:{}


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chassons le crétinisme briguello-darcosien hors des écoles
n°199064
Profil sup​primé
Posté le 21-09-2008 à 20:28:35  
 

prof des ecoles a écrit :

"Un ordre est un ordre"

Les pédiatres, les pédospsys vieillissent mal, du moins pour certains d’entre eux. A l’occasion de la sortie de son énième bouquin, Naouri, omniprésent dans les médias, se lance dans des interviews fracassantes (20 minutes.fr, 21/03/2008, mais aussi Elle, le Figaro etc) censées expliquer aux parents, nécessairement « démissionnaires », comment éduquer leurs enfants. Et  ce sont les enfants qui en sortent fracassés. Par exemple, « le doudou, à 2 ans et demi, c’est fini. Comme la tétine (...) on les prend, on les jette » et surtout, précise-t-il, « on ne dit rien à l’enfant ». L’enfant n’est pas une personne, rien qu’un petit animal qu’on doit dresser. Sur quelles analyses, quelles observations scientifiques, Naouri étaye-t-il ses propos ? Aucune, justement. Ce n’est pas la première fois qu’on observe, qu’arrivés à un certain âge, à une certaine notoriété (« vu à la télé »), des prétendus spécialistes jugent inutile de motiver leurs jugements, d’argumenter. Puisque c’est un savant, puisque c’est un grand clerc, il faut croire sur parole, même les pires âneries, comme c’est souvent le cas, d’ailleurs, pour les questions éducatives. Et si, devant un enfant qui suce son pouce, Naouri estime qu’il faut couper le pouce, il a sans doute raison, ce bon vieillard aux cheveux blancs même s’il s’agit plutôt d’une forme grave de sénilité. La complaisance envers ce qu’ Alice Miller appelle la « pédagogie noire », avec la brutalité affichée envers les enfants, est aujourd’hui un créneau porteur. Et qui peut rapporter gros. Aujourd’hui, pour faire les têtes de gondole chez Leclerc, il vaut mieux s’appeler Naouri qu’Alice Miller, Brighelli que Philippe Meirieu, Bentolila que Roland Goigoux. Mais derrière l’invariable dénonciation de l’enfant-roi ou de l’élève au centre, on devine non seulement une grande paresse intellectuelle mais un inquiétant projet de société. Pour Naouri, « un ordre est un ordre. On ne l’explique pas ». L’obéissance qu’on exige sans avoir à la justifier, l’éducation conçue comme un dressage, tout cela était très à la mode il y a encore un siècle. C’est avec des principes de ce genre qu’on a rempli les tranchées à Verdun ou que de braves conducteurs des transports parisiens convoyaient les Juifs au Vel’d’hiv’. Ils n’avaient fait qu’obéir aux ordres, prétendirent-ils plus tard. Le pire, c’est que c’est vrai : il n'avaient fait qu'obéir.

merci Lubin hello:{}

Qu’est-ce que la pédagogie noire ?
Cette manière brutale d’élever les enfants, on pourrait dire plutôt de les dresser, qui débouche trop souvent sur le phénomène tragique de l’enfance maltraitée et est à l’origine de bien des violences dans notre société. Pour exprimer que tout cela n’a plus de raison d’être : des enfants de sept à dix ans, un homme victime anonyme, un médecin de prévention le Dr. Emmanuelle Piet, un anthropologue Michel Taleghani, un psychiatre Stanislaw Tomkiewicz et une psychologue Chantal Parret, sont réunis à l’écran autour de la phrase d’Alice Miller :
" Devenu parent, on prend souvent pour victimes ses propres enfants qui ont fonction de bouc émissaire. Persécution pleinement légitimée par notre société où elle jouit même d’un certain prestige, dès lors qu’elle se pare du titre d’éducation. Le drame, c’est que le père ou la mère maltraite son enfant pour ne pas ressentir ce que lui ont fait ses propres parents. Les racines de la violence sont alors en place. " (éd. Aubier " C’est pour ton bien " -1984)  


j'avais zappé ça...  elduendeloco:4

n°199157
Jeansolpar​tre
Posté le 22-09-2008 à 19:24:01  profil
 

prof des ecoles a écrit :

Un enseignant renvoyé en correctionnelle pour "complicité de violences"


Un enseignant du collège de Bessancourt (Val d'Oise) a été renvoyé mercredi en correctionnelle pour "complicité de violences et non empêchement d'un délit d'atteinte à l'intégrité corporelle" d'une élève, a-t-on appris vendredi auprès du parquet de Pontoise.

Les faits se sont produits aux "alentours des vacances de Noël", selon le parquet qui confirme une information du Parisien. Le professeur de français aurait retenu physiquement un élève de classe de 3ème turbulent durant son cours pendant que d'autres élèves le frappait.

Cette scène se serait reproduite "à plusieurs reprises", selon la même source. Après une garde à vue de 48 heures, l'enseignant aurait reconnu les faits "en minimisant". Il a été placé en contrôle judiciaire.

Le six élèves soupçonnés d'avoir frappé leur camarade seront entendus par un juge pour enfant.

Le procès du professeur de français doit se tenir le 9 juin.
 

il est pas soutenu par une pétition du snalc? lol:{}


Ok, c'est une horreur et c'est indiscutablemais vous proposez quoi, au juste? Le rétablissement de la peine de mort ou a t-il le droit comme tout un chacun d'être défendu? pfff:{}

n°205196
Profil sup​primé
Posté le 22-10-2008 à 22:55:06  
 

prof des ecoles a écrit :

"Un ordre est un ordre"

Les pédiatres, les pédospsys vieillissent mal, du moins pour certains d’entre eux. A l’occasion de la sortie de son énième bouquin, Naouri, omniprésent dans les médias, se lance dans des interviews fracassantes (20 minutes.fr, 21/03/2008, mais aussi Elle, le Figaro etc) censées expliquer aux parents, nécessairement « démissionnaires », comment éduquer leurs enfants. Et  ce sont les enfants qui en sortent fracassés. Par exemple, « le doudou, à 2 ans et demi, c’est fini. Comme la tétine (...) on les prend, on les jette » et surtout, précise-t-il, « on ne dit rien à l’enfant ». L’enfant n’est pas une personne, rien qu’un petit animal qu’on doit dresser. Sur quelles analyses, quelles observations scientifiques, Naouri étaye-t-il ses propos ? Aucune, justement. Ce n’est pas la première fois qu’on observe, qu’arrivés à un certain âge, à une certaine notoriété (« vu à la télé »), des prétendus spécialistes jugent inutile de motiver leurs jugements, d’argumenter. Puisque c’est un savant, puisque c’est un grand clerc, il faut croire sur parole, même les pires âneries, comme c’est souvent le cas, d’ailleurs, pour les questions éducatives. Et si, devant un enfant qui suce son pouce, Naouri estime qu’il faut couper le pouce, il a sans doute raison, ce bon vieillard aux cheveux blancs même s’il s’agit plutôt d’une forme grave de sénilité. La complaisance envers ce qu’ Alice Miller appelle la « pédagogie noire », avec la brutalité affichée envers les enfants, est aujourd’hui un créneau porteur. Et qui peut rapporter gros. Aujourd’hui, pour faire les têtes de gondole chez Leclerc, il vaut mieux s’appeler Naouri qu’Alice Miller, Brighelli que Philippe Meirieu, Bentolila que Roland Goigoux. Mais derrière l’invariable dénonciation de l’enfant-roi ou de l’élève au centre, on devine non seulement une grande paresse intellectuelle mais un inquiétant projet de société. Pour Naouri, « un ordre est un ordre. On ne l’explique pas ». L’obéissance qu’on exige sans avoir à la justifier, l’éducation conçue comme un dressage, tout cela était très à la mode il y a encore un siècle. C’est avec des principes de ce genre qu’on a rempli les tranchées à Verdun ou que de braves conducteurs des transports parisiens convoyaient les Juifs au Vel’d’hiv’. Ils n’avaient fait qu’obéir aux ordres, prétendirent-ils plus tard. Le pire, c’est que c’est vrai : il n'avaient fait qu'obéir.

merci Lubin hello:{}

Qu’est-ce que la pédagogie noire ?
Cette manière brutale d’élever les enfants, on pourrait dire plutôt de les dresser, qui débouche trop souvent sur le phénomène tragique de l’enfance maltraitée et est à l’origine de bien des violences dans notre société. Pour exprimer que tout cela n’a plus de raison d’être : des enfants de sept à dix ans, un homme victime anonyme, un médecin de prévention le Dr. Emmanuelle Piet, un anthropologue Michel Taleghani, un psychiatre Stanislaw Tomkiewicz et une psychologue Chantal Parret, sont réunis à l’écran autour de la phrase d’Alice Miller :
" Devenu parent, on prend souvent pour victimes ses propres enfants qui ont fonction de bouc émissaire. Persécution pleinement légitimée par notre société où elle jouit même d’un certain prestige, dès lors qu’elle se pare du titre d’éducation. Le drame, c’est que le père ou la mère maltraite son enfant pour ne pas ressentir ce que lui ont fait ses propres parents. Les racines de la violence sont alors en place. " (éd. Aubier " C’est pour ton bien " -1984)  


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n°219775
Au Fond Pr​es Du Radi​ateur
Posté le 18-03-2009 à 11:32:47  profil
 


ainsi que demain !


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