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Auteur Sujet :

Pourquoi promouvoir une méthode de lecture sans valeur pédagogique?

n°204708
llioill
Posté le 21-10-2008 à 20:10:04  profil
 

Reprise du message précédent :
Depuis 2004 , Charmeux vous ment , qu'on se le dise !  hello:{}




Je pense que la modération malgré les appels à la censure , sera suffisamment intelligente pour comprendre que l'ancienne version étant caduque , il est bon de " rafraîchir " un peu cette page que l'on nous impose inlassablement dans son ancienne version et qui est donc , de ce fait , une erreur GROSSIERE d'arguments.

Si cela est accepté , et puisque le sujet porte UNIQUEMENT sur cette méthode , nous ne devrions plus avoir à supporter que l'on " argumente " ce livre qui est l'oeuvre d'orthophonistes ( exerçant depuis plus de 30 ans en CMPP ) , en se basant sur son ancienne version. Je le répète : elle est caduque !

J'invite donc , les opposants ( qui ne sont pas si nombreux d'ailleurs  ange:{}  ) à venir s'exprimer EUX-MÊMES pour nous faire découvrir POURQUOI , selon eux , ce livre ne correspond pas à leur pédagogie.
Ainsi fait , ce sujet pourra peut-être revêtir autre-chose qu'un flood mal intentionné et se débarrasser de toute agressivité gratuite .


Merci aux modérateurs pour leur attention , et pour avoir le professionnalisme de constater que cette ancienne version n'étant plus au goût du jour , ce sujet appelle au droit de réponse.  :)


---------------
C'est incroyable ce qu'un troupeau de moutons est capable de brouter pour finir dans la gamelle de son berger.
n°204729
Profil sup​primé
Posté le 21-10-2008 à 20:52:25  
 

llioill a écrit :

Depuis 2004 , Charmeux vous ment , qu'on se le dise !  hello:{}

[url][url]http://images2.photomania.com/608354/1/radA097A.jpg
[url][url]http://images2.photomania.com/608354/1/rad1ECCC.jpg

Je pense que la modération malgré les appels à la censure , sera suffisamment intelligente pour comprendre que l'ancienne version étant caduque , il est bon de " rafraîchir " un peu cette page que l'on nous impose inlassablement dans son ancienne version et qui est donc , de ce fait , une erreur GROSSIERE d'arguments.

Si cela est accepté , et puisque le sujet porte UNIQUEMENT sur cette méthode , nous ne devrions plus avoir à supporter que l'on " argumente " ce livre qui est l'oeuvre d'orthophonistes ( exerçant depuis plus de 30 ans en CMPP ) , en se basant sur son ancienne version. Je le répète : elle est caduque !

J'invite donc , les opposants ( qui ne sont pas si nombreux d'ailleurs  ange:{}  ) à venir s'exprimer EUX-MÊMES pour nous faire découvrir POURQUOI , selon eux , ce livre ne correspond pas à leur pédagogie.
Ainsi fait , ce sujet pourra peut-être revêtir autre-chose qu'un flood mal intentionné et se débarrasser de toute agressivité gratuite .


Merci aux modérateurs pour leur attention , et pour avoir le professionnalisme de constater que cette ancienne version n'étant plus au goût du jour , ce sujet appelle au droit de réponse.  :)

[/URL][/url][/URL][/url]
c'est vrai, par gentillesse elle a menti : en fait c'est encore pire que son analyse : vide, creux, inepte, inintéressant, sans fondement et surtout : ça plait à ttoo :D

n°204735
Profil sup​primé
Posté le 21-10-2008 à 21:03:37  
 


Cette représentation montre très clairement le profil de l’apprentissage de l’identification des mots tel qu’il est réalisé. La reconnaissance globale est totalement absente de ce manuel. Aucun mot lu ou écrit par les enfants est non déchiffrable, ce qui conduit d’ailleurs les mots, les phrases et les textes proposés à être tout à fait artificiels et parfois d’une grande pauvreté au regard de la richesse de la langue orale que les enfants ont l’habitude de côtoyer. Ce qui est proposé est un matériau de mots purement opérationnel et utilitaire. La discrimination orale et le principe alphabétique sont peu ou pas du tout explorés. Ce n’est pas une approche réellement phonologique, le matériau observé dès le départ n’est pas la langue orale et ses sons mais la langue écrite et les moyens de l’oraliser. Légitimement dans une telle approche, la discrimination visuelle (les critères 121 et 124 dans le livre) et la connaissance du code (critères 222 et 233 dans le cahier, et 211, 221, 223 et 232 dans le livre) sont très développées. On notera le souci des auteures d’automatiser très vite le décodage et de développer très significativement la fixation orthographique (à travers le critère 242 dans le livre).



En fait, la compréhension n’est pas vraiment un objet d’apprentissage dans ce manuel. Elle apparaît comme faire valoir du déchiffrage, dans le cahier en ce qui concerne le travail sur la phrase et le mot, dans le livre pour le travail autour du texte.

Par exemple, de nombreux exercices consistent à compléter des phrases avec des mots proposés. Mais ces mots ne sont pas anodins, ils sont l’objet d’un travail assidu de décodage et d’imprégnation mémorielle. Ce travail de compréhension vient donc assister l’automatisation du décodage en contexte phase.

Autre exemple, dans le travail sur le texte apparaît particulièrement le critère 132. En fait, l’endurance de lecture porte sur des textes de plus en plus longs qui ont comme principal objectif de lire et relire des mots décodables déjà vus, ce qui accentue la fixation orthographique. Ainsi les textes proposés exploitent – ils régulièrement les mêmes mots et les mêmes thèmes.

Autre exemple, dans le travail morphologique, le critère 311 est de plus en plus souvent exploité : le travail sur les verbes et leurs terminaisons. Mais on constate que ce travail est lié à celui portant sur les graphies visibles mais non prononcées : les terminaisons en « e – es – ent » etc. Le travail de sensibilisation sur les accords verbaux et les personnes se trouve ainsi fortement lié au travail de décodage de certaines graphies.
Il en va de même de la plupart des activités de compréhension (critères 132, 221, 222, 311, 312, 321, 322 et 323).

source ONL

mécanisme et absence de sens : une méthode qui ne répond pas aux exigences des programmes et des besoins en lecture[/quotemsg]
même les programmes robien ne sont pas respectés par cette méthode fumeuse...  ange:{}

n°204738
llioill
Posté le 21-10-2008 à 21:04:06  profil
 

Historique [modifier]

Décrite dès 1787 par Nicolas Adam, la méthode globale a été développée au début du XXe siècle par Ovide Decroly, pour aider l’apprentissage d'enfants en difficulté qui n’arrivaient pas à lire par les méthodes habituelles.

Elle est adaptée dans les années 1980 par Évelyne Charmeux et Jean Foucambert sous le nom de méthode idéovisuelle. Cette méthode consiste à utiliser directement des mots entiers simples et familiers, voire des phrases entières, sous forme de différents jeux de devinettes. Le manuel Objectif lire s'en inspire.

Bon , c'est du Wiki , je sais , mais comme ELdu aime bien ça... ange:{}

http://fr.wikipedia.org/wiki/M%C3%A9thode_globale


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C'est incroyable ce qu'un troupeau de moutons est capable de brouter pour finir dans la gamelle de son berger.
n°204745
Zarko no
Posté le 21-10-2008 à 21:23:57  profil
 

Extraits Wikipédia :



Ainsi, la méthode globale n'est jamais appliquée sans recourir un tant soit peu à la méthode syllabique, elle serait sinon totalement un échec. Grâce à la méthode syllabique ancestrale, elle peut donc se prévaloir d'un résultat non nul.
.....
Cette méthode est fréquemment accusée de provoquer dyslexie et dysorthographie[3]; dans le cas de la dyslexie, la méthode pourrait l'amplifier selon certains, mais elle ne la provoque pas. On accuse cette méthode d'introduire de la confusion dans l'esprit des enfants et 21% de ceux-ci entrent au collège « sans comprendre ce qu'ils lisent[4] ». Selon un sondage de septembre 2006[5], 16% des enseignants utilisent cette méthode et 76% une méthode mixte mêlant méthode syllabique et méthode globale.
En France, le ministre de l'Éducation, Gilles de Robien, a déclaré en 2005 qu'il fallait « abandonner une fois pour toutes la méthode globale[6] », même si dans la pratique, elle n'était plus guère utilisée dans les écoles. Ce qui est seulement vrai dans la mesure où la méthode en question n'est jamais appliquée de façon purement globale puisqu'elle serait alors synonyme d'échec absolu.



C'est Eldu qui va pas aimer... lol:{}  lol:{} abigael13:3  abigael13:3  lol:{}  lol:{}

n°204794
Profil sup​primé
Posté le 21-10-2008 à 23:25:22  
 

Zarko no a écrit :

Extraits Wikipédia :



Ainsi, la méthode globale n'est jamais appliquée sans recourir un tant soit peu à la méthode syllabique, elle serait sinon totalement un échec. Grâce à la méthode syllabique ancestrale, elle peut donc se prévaloir d'un résultat non nul.
.....
Cette méthode est fréquemment accusée de provoquer dyslexie et dysorthographie[3]; dans le cas de la dyslexie, la méthode pourrait l'amplifier selon certains, mais elle ne la provoque pas. On accuse cette méthode d'introduire de la confusion dans l'esprit des enfants et 21% de ceux-ci entrent au collège « sans comprendre ce qu'ils lisent[4] ». Selon un sondage de septembre 2006[5], 16% des enseignants utilisent cette méthode et 76% une méthode mixte mêlant méthode syllabique et méthode globale.
En France, le ministre de l'Éducation, Gilles de Robien, a déclaré en 2005 qu'il fallait « abandonner une fois pour toutes la méthode globale[6] », même si dans la pratique, elle n'était plus guère utilisée dans les écoles. Ce qui est seulement vrai dans la mesure où la méthode en question n'est jamais appliquée de façon purement globale puisqu'elle serait alors synonyme d'échec absolu.



C'est Eldu qui va pas aimer... lol:{}  lol:{} abigael13:3  abigael13:3  lol:{}  lol:{}


l'Aristote de la pensée googlienne est de retour
encore une belle tranche de rire :D

n°204840
Profil sup​primé
Posté le 21-10-2008 à 23:39:28  
 

80% des parents estiment indispensable d'avoir des manuels scolaires conformes

Huit parents d'élèves en école élémentaire ou au collège sur dix estiment indispensable que les livres scolaires soient conformes aux nouveaux programmes, selon un sondage de la TNS-Sofres pour Savoir livre (éditeurs scolaires), présenté à la presse mardi.

En outre 60 % des professeurs de l'élémentaire déclarent avoir besoin d'acquérir des manuels scolaires pour accompagner la réforme des programmes du primaire", selon ce sondage présenté par Savoir Livre lors d'une conférence de presse.

Savoir Livre regroupe les éditeurs Belin, Hatier, Bordas, Hachette, Magnard et Nathan.

Un quart des enseignants de collège signale par ailleurs que chaque élève ne dispose pas d'un manuel conforme au programme.

Autre enseignement: 9 parents sur 10 pensent qu'il est nécessaire de garder les livres scolaires "papier" même si le collège équipe les classes de supports de cours électroniques.

Ce sondage a été réalisé du 15 au 26 septembre auprès de deux échantillons, un de 1.400 parents d'enfants en élémentaires ou au collège et un auprès de 1.000 professeurs de l'école élémentaire (500) et du collège (500).

Par ailleurs, les éditeurs ont mis en garde le gouvernement, s'agissant des délais qui leur seront impartis pour mettre en application à la rentrée 2009 les nouveaux programmes de seconde qui découleront de la réforme du lycée.

"Nous préparons des équipes, des moyens supplémentaires pour être capables de concevoir et de fabriquer des manuels", a souligné la présidente du groupe des éditeurs scolaires au Syndicat national des éditeurs Sylvie Marcé (présidente de Belin).

Mais selon elle, il faudrait que les programmes soient "suffisamment élaborés d'ici les vacances de Noël". Sinon, "il faut s'attendre à ce qu'en septembre les élèves n'aient pas forcément les manuels".

Il faut que les régions prévoient "d'ores et déjà des financements spécifiques", a-t-elle ajouté.

100 euros par élève permettent en général de renouveler 3 ou 4 manuels.

l&l n'est pas conforme :)

n°204841
Profil sup​primé
Posté le 21-10-2008 à 23:54:36  
 

Zarko no a écrit :

Extraits Wikipédia :



Ainsi, la méthode globale n'est jamais appliquée sans recourir un tant soit peu à la méthode syllabique, elle serait sinon totalement un échec. Grâce à la méthode syllabique ancestrale, elle peut donc se prévaloir d'un résultat non nul.
.....
Cette méthode est fréquemment accusée de provoquer dyslexie et dysorthographie[3]; dans le cas de la dyslexie, la méthode pourrait l'amplifier selon certains, mais elle ne la provoque pas. On accuse cette méthode d'introduire de la confusion dans l'esprit des enfants et 21% de ceux-ci entrent au collège « sans comprendre ce qu'ils lisent[4] ». Selon un sondage de septembre 2006[5], 16% des enseignants utilisent cette méthode et 76% une méthode mixte mêlant méthode syllabique et méthode globale.
En France, le ministre de l'Éducation, Gilles de Robien, a déclaré en 2005 qu'il fallait « abandonner une fois pour toutes la méthode globale[6] », même si dans la pratique, elle n'était plus guère utilisée dans les écoles. Ce qui est seulement vrai dans la mesure où la méthode en question n'est jamais appliquée de façon purement globale puisqu'elle serait alors synonyme d'échec absolu.



C'est Eldu qui va pas aimer... lol:{}  lol:{} abigael13:3  abigael13:3  lol:{}  lol:{}


l'article complet, c'est mieux :)
ça évite de trafiquer la vérité  ange:{}

Citation:

Méthode globale
La méthode globale est une méthode d'apprentissage de la lecture. Elle a pour ambition de faire acquérir à l'élève une stratégie de déchiffrage des mots en tant qu'image visuelle indivisible.

Cette méthode est apparue historiquement par opposition à la méthode syllabique, qui s'articule autour de la genèse des sons de la langue par assemblage de syllabes.

 Ambiguïté de l'appellation
L'appellation « méthode globale » est ambiguë, car fréquemment employée pour désigner des pratiques très différentes.

D'une part, l'appellation « méthode globale » a historiquement été utilisée pour plusieurs méthodes inspirées de la méthode Decroly : Célestin Freinet utilise initialement le terme pour sa méthode partant en effet du mot dans son entier, mais surtout du sens de l'écrit et de l'expression des enfants. Elle sera ensuite rebaptisée Méthode naturelle de lecture[1].

D'autre part, des polémiques récurrentes assimilent à cette méthode les méthodes mixtes, en raison de leur « départ global », voire toute méthode qui ne soit pas strictement alphabétique


 Historique
Décrite dès 1787 par Nicolas Adam, la méthode globale a été développée au début du XXe siècle par Ovide Decroly, pour aider l’apprentissage d'enfants en difficulté qui n’arrivaient pas à lire par les méthodes habituelles.

Elle est adaptée dans les années 1980 par Évelyne Charmeux et Jean Foucambert sous le nom de méthode idéovisuelle. Cette méthode consiste à utiliser directement des mots entiers simples et familiers, voire des phrases entières, sous forme de différents jeux de devinettes. Le manuel Objectif lire s'en inspire.


 Description
La lecture se fait par la reconnaissance d'un mot en entier, et non par le code de l'écrit. Le même type de méthode est utilisée pour apprendre à lire des langues comme le chinois, basées sur des idéogrammes.

De ce fait, le mot est la plus petite unité fréquentée dans cette méthode. La notion de syllabe n'est donc théoriquement pas envisagée en tant que support d'apprentissage dans la méthode globale. Les activités d'apprentissage mises en place dans le cadre de cette méthode, ont pour objet de favoriser la reconnaissance visuelle immédiate d'un mot. Son succès est donc fortement lié aux capacités intrinsèques de l'enfant à reconnaître et à mémoriser visuellement un lexique relativement important, qui devrait être de plusieurs milliers de mots dès le cours préparatoire pour être efficace.

Cette méthode est née d'un constat simple; un bon lecteur ne déchiffre pas, mais reconnaît les mots, voire des groupes de mots. D'après les défenseurs de cette méthode, avoir une approche globale serait indispensable pour comprendre ce qu'on lit. Cependant, cette stratégie pose le problème du mot inconnu ; tout lecteur sera confronté à la nécessité de déchiffrer un mot nouveau en ayant recours à la syllabique.

Ainsi, la méthode globale n'est jamais appliquée sans recourir un tant soit peu à la méthode syllabique, elle serait sinon totalement un échec. Grâce à la méthode syllabique ancestrale, elle peut donc se prévaloir d'un résultat non nul.


 Lien avec d'autres domaines de la pédagogie [modifier]
Également appelée méthode analytique, la méthode globale est une méthode de « mise en situation » des mots au sein des phrases, des lettres au sein des mots ; les éléments (lettres, syllabes) ne sont pas considérées en tant que tels, mais dans un contexte.

En ceci, il s'agit d'une méthode par interpolation, alors que la méthode syllabique est une méthode par extrapolation.


 Critiques [modifier]
Cette méthode est fréquemment accusée de provoquer dyslexie et dysorthographie[3]; dans le cas de la dyslexie, la méthode pourrait l'amplifier selon certains, mais elle ne la provoque pas. On accuse cette méthode d'introduire de la confusion dans l'esprit des enfants et 21% de ceux-ci entrent au collège « sans comprendre ce qu'ils lisent[4] ». Selon un sondage de septembre 2006[5], 16% des enseignants utilisent cette méthode et 76% une méthode mixte mêlant méthode syllabique et méthode globale.

En France, le ministre de l'Éducation, Gilles de Robien, a déclaré en 2005 qu'il fallait « abandonner une fois pour toutes la méthode globale[6] », même si dans la pratique, elle n'était plus guère utilisée dans les écoles. Ce qui est seulement vrai dans la mesure où la méthode en question n'est jamais appliquée de façon purement globale puisqu'elle serait alors synonyme d'échec absolu.


d'une part je ne vois pas pourquoi je "n'aimerai" pas, cher troll : n'étant pas adepte de cette méthode, et ces critiques étant issues de l'extreme droite, je me torche de ces remarques :)

l'article entier plaira à llioill / nanjc qui apprendra ENFIN ce qu'est une méthode globale lol:{}

n°204842
Profil sup​primé
Posté le 21-10-2008 à 23:56:01  
 

reprenons donc depuis le début, pour les obtus:
pourquoi avoir créé ce sujet contre cette méthode?
parce qu'un agent d'assurances promu ministre de l'EN a voulu faire croire à tout le monde que la seule méthode valable est cette antiquité relookée inefficace au détriment de TOUTES les autres méthodes, y compris la globale, que personne n'a jamais vue, mais, comme le yéti, tout le monde connait quelqu'un qui connait quelqu'un qui assure que sa concierge connait quelqu'un qui l'a vu.
C'est pour défendre la pluralité des approches (il suffit de LIRE ce que j'écris sur ce forum depuis 2 ans (?) pour s'en rendre compte. ) que ce sujet a été créé, et pour battre en brèche le discours mensonger et idéologique ministériel, extrême droitiste, réac et ultra-libéral.
je répète donc : chacun choisit sa méthode comme il veut, mais autant être bien informé : celle-ci est loin d'être la meilleure, puisqu'elle ne répond qu'à la moitié de l'apprentissage de la lecture : le déchiffrage, laissant de côté la compréhension :)
Or ce n'est pas de plus d'apprentissage du code dont nos élèves ont besoin : ils ne souffrent pas de problèmes de déchiffrage, mais de problèmes de compréhension. (sur 15% en difficulté de lecture, 4% de problèmes de déchiffrage, souvent liés à des problèmes médicaux ou psychologiques)
Ce n'est donc pas en promouvant cette antiquité qu'on résoudra les problèmes de nos élèves : bien au contraire : on les aggravera
c'est clair, non? :)

n°204887
llioill
Posté le 22-10-2008 à 08:27:50  profil
 



J'avais mis le lien , d'ailleurs , tu l'as sans doute suivi... hello:{}
Pourquoi ne pas souligner ce qui est important dans ce texte comme tu aimes le faire si souvent ?  :)


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C'est incroyable ce qu'un troupeau de moutons est capable de brouter pour finir dans la gamelle de son berger.
n°204944
Profil sup​primé
Posté le 22-10-2008 à 13:37:56  
 


pas pour tout le monde on dirait...  elduendeloco:4

n°204956
ttoo
Posté le 22-10-2008 à 14:33:38  profil
 

La Planète des Alphas est une méthode d'apprentissage de la lecture ludique et efficace qui a été conçue par Madame Claude Huguenin et Monsieur Olivier Dubois.

Cette méthode de lecture, spécialement adaptée à l'imaginaire de l'enfant, est basée sur un conte fantastique dans lequel les héros sont des personnages qui ont la forme des lettres et une raison d'émettre leur son.

La méthode de lecture " La Planète des Alphas" est reconnue par l'UNESCO.

n°204969
Profil sup​primé
Posté le 22-10-2008 à 14:47:21  
 

ttoo a écrit :

La Planète des Alphas est une méthode d'apprentissage de la lecture ludique et efficace qui a été conçue par Madame Claude Huguenin et Monsieur Olivier Dubois.

Cette méthode de lecture, spécialement adaptée à l'imaginaire de l'enfant, est basée sur un conte fantastique dans lequel les héros sont des personnages qui ont la forme des lettres et une raison d'émettre leur son.

La méthode de lecture " La Planète des Alphas" est reconnue par l'UNESCO.


par Lourdes aussi
lire en 7 jours, un vrai miracle lol:{}

n°205078
Profil sup​primé
Posté le 22-10-2008 à 21:18:30  
 

La planète des alphas pour les petits bêtas ?

Quand le service public de télévision (FRANCE 2) se prête à une opération purement commerciale et à une escroquerie intellectuelle
Les médias ont largement contribué à la manipulation de l'opinion publique en faveur d'un retour à des méthodes qui auraient fait leurs preuves, laissant peu de place à la pensée divergente, à l'objectivité de l'information et à l'analyse historique. On a quasiment réussi à faire oublier que le b-a ba a été mis en cause à la fin des années 60 en raison de l'insuffisance des performances des élèves au niveau de la compréhension des textes, que tous les ministères qui se sont succédé jusqu'en 2002, de droite et de gauche, ont soutenu les efforts de rénovation pédagogique rendus indispensables par l'évolution de la société, que le choix du b-a ba est en fait largement idéologique dans la mesure où il nie la place de l'intelligence dans l'apprentissage et privilégie les aspects mécaniques, que le b-a ba condamne les enfants qui n'ont pas chez eux l'environnement de lecteurs, de livres, de dialogues autour des livres et de l'écrit en général.  
Personne ne signale non plus que le retour au b-a ba figure dans le programme du Front National depuis longtemps…

FRANCE 2 lance une opération sur l'apprentissage de la lecture, à grand renforts de publicité: "Apprendre à lire en 7 jours", une sorte de télé-réalité pédagogique. C'est le dernier avatar de l'offensive en faveur du retour du b,a, ba  cher à M. de ROBIEN et il est porté par le service public. Or il s'agit d'une publicité déguisée pour une entreprise commerciale particulière, avec ses boutiques, son marketing parfaitement au point, ses produits dérivés, sa stratégie de communication en direction du grand public:"La planète des alphas". Gageons que la désormais célèbre Mademoiselle "U", l'un des personnages de la méthode, qui fait "hue" à son cheval et dont les énormes tresses se dressent pour former un "U" avec le sommet de son crâne, nécessairement légèrement creux, sera offerte sous forme de poupée avec les repas d'une grande chaîne de restauration rapide. On appuiera sur un petit bouton, elle dira "hue" et ses tresses se dresseront. Ainsi les enfants du peuple sauront que "hue" avec son "h" et son "e" n'est pas "u" mais que c'est tout comme, et les familles se précipiteront dans les boutiques de la planète des alphas et sans doute bientôt dans les rayons des supermarchés pour apprendre à lire elles-mêmes à leurs enfants ébahis. Le libéralisme et la marchandisation de l'école sont en marche!

Rien n'arrête FRANCE 2, même pas le cahier des charges du service public. En Belgique, l'opération a été bloquée. En France, elle nécessiterait une intervention du CSA, encore faudrait-il qu'il soit saisi et que ses membres disposent d'un minimum d'information objective sur l'apprentissage de la lecture.

Sur le plan intellectuel, le document publié par FRANCE 2 dans ses programmes est aussi niais que Mademoiselle U. On annonce qu'il s'agira d'un "film scientifique", comme s'il suffisait de le dire pour qu'il le soit. On précise "qu'un huissier s'assurera auprès des enfants cobayes –sic- que ces derniers ne savent pas lire". Bigre, il faudra au moins un huissier scientifique pour être sûr qu'il ignorera soigneusement que les enfants savent des choses, des mots, des lettres, qu'ils ne sont ni des tables rases ni des bêtas, qu'ils ont aussi des représentations de ce qu'est l'apprentissage de la lecture. Cet huissier spécialiste des apprentissages "s'assurera que les enfants ne connaissent pas les alphas". Mais est-ce possible compte tenu du battage médiatique autour de ces personnages? Ne vaudrait-il pas mieux un policier qu'un huissier? A la fin de l'expérience, "une équipe de chercheurs indépendants et l'huissier attesteront du taux de réussite" qui devrait sans aucun doute être voisin de 100% conformément aux résultats des tests pour les produits de lessive qui lavent plus blanc que blanc.  

Mais au fait, les chercheurs ne sont-ils pas indépendants comme les consensus sont mous? On explique sommairement la méthode: on évoque "le plaisir de lire" en confondant le rire provoqué par ce qui dresse en réponse à un cri et le plaisir de comprendre un texte ayant du sens. On affiche une découverte qui est de nature à bouleverser les neuros sciences elles-mêmes: "b+a ne fait pas béa mais ba". On précise que l'objectif est que les élèves sachent "déchiffrer un texte simple". Il est vrai que s'il ne s'agit que de déchiffrer… Avec une critique acerbe sur les compétences des enseignants non alphabêtaïsés, on déclare que "20 000 professionnels ont déjà adopté la méthode en France", ce qui nous paraît finalement assez peu par rapport au succès d'autres produits sur le marché de la publicité. Enfin, preuve de sérieux, l'un des convertis à la planète des alphas, un philosophe, évidemment compétent dans le domaine des apprentissages, affirme, avec l'assurance d'un scientifique, que Mademoiselle Hue ferait "baisser de 50 à 70 % le taux d'illettrisme et pourrait déceler la dyslexie à l'âge de 5 ans au lieu de 8". A l'évidence, cet ami de "hue" n'a jamais mis les pieds dans une classe!

La "planète des alphas" sera donc lancée par la fusée du service public. Opération commerciale. Escroquerie intellectuelle… Reste à espérer que les auteurs de l'autre méthode b-a ba, "Léo et Léa", et ses supporteurs des GRIP, des SLECC, des institutrices clandestines brimées par de méchants inspecteurs, des pourfendeurs de fabriques de crétins se mettent à hurler à la concurrence déloyale. Le ministre, très à l'écoute de ces groupuscules, pourrait alors…prendre la défense des maîtres insultés par les marchands, encourager ceux qui se battent au quotidien pour apprendre à comprendre et faire progresser la démocratie qualitative, remettre les groupuscules rétrogrades à leur place, leur expliquer que si le TGV ne fonctionne pas parfaitement, on cherche à l'améliorer plutôt que de remettre une machine à vapeur sur les rails qui ne peuvent plus les recevoir.. Mais il ne faut pas rêver. M. de ROBIEN serait plutôt enclin à revendiquer une égalité de traitement pour Léo et Léa, ce couple hilarant, ou suggérer une autre télé réalité dans la ferme de TF1.

L'école de la République est bien mal traitée dans les médias. Les pièges à bêtas se multiplient. Il faudra aux démocrates, aux progressistes, aux pédagogues beaucoup de courage et de détermination pour sauver l'Ecole. Mais il est grand temps de se mobiliser, de faire preuve de courage politique au sens le plus noble du terme,  car le mal est presque fait. Le libéralisme et la marchandisation ont commencé à occuper les lieux. Avec le soutien de FRANCE 2…

Pierre FRACKOWIAK
Inspecteur de l'Education Nationale
(syndicat des IEN - UNSA)

n°205356
tpalouf
Posté le 23-10-2008 à 17:29:15  profil
 



Frackowiak, il a un problème non ?
Il est hyper agressif pour un inspecteur.
Il consulte ?.....

n°205426
Profil sup​primé
Posté le 23-10-2008 à 19:27:27  
 

tpalouf a écrit :



Frackowiak, il a un problème non ?
Il est hyper agressif pour un inspecteur.
Il consulte ?.....


agressif? non :)
courageux :)
pourquoi ? c'est agressif de dire que "lire en 7 jours" c'est une arnaque? elduendeloco:4

n°205472
Profil sup​primé
Posté le 23-10-2008 à 21:35:37  
 

Léo et Léa

Les éditeurs scolaires nous ont fait un compte-rendu de leur entrevue avec le ministre le 14 décembre. Celui-ci veut obliger tous les instituteurs à suivre une méthode syllabique : il prend pour modèle la méthode Léo et Léa dont il a demandé aux éditeurs scolaires de s’inspirer. Connaissez-vous cet instrument que vous êtes en passe de cautionner ?

Dans ce manuel, avatar moderne de la méthode Boscher, les phrases soumises aux élèves sont constituées exclusivement des mots que ceux-ci sont capables de déchiffrer tout seuls. Par exemple : « Le père a pêché une loche. Farro la hume puis il jappe ; la loche ne parle pas ! Il la lèche alors Léo le chasse » (Léo et Léa, p. 31). Le vocabulaire utilisé dans ce « récit » édifiant n’est choisi qu’en fonction des graphèmes étudiés au préalable, en dépit des intérêts ou des connaissances lexicales des élèves.  

Plusieurs mois sont ainsi consacrés à l’étude de phrases simplement juxtaposées, loin des récits de la littérature pour la jeunesse que les élèves avaient l’habitude de travailler à l’école maternelle (tous les verbes sont au présent, on ne trouve pas de connecteurs, peu de substituts nominaux, etc.). L’enseignement de la compréhension, pourtant exigé par les programmes (lexique, syntaxe, cohésion textuelle, référents culturels), n’est pas assuré.

Dans la mesure où les méthodes syllabiques, dans leur souci de simplification extrême, confondent la lettre et le son, elles sont également amenées à éviter les graphèmes complexes. Ainsi le phonème /o/ est exclusivement associé à la lettre o jusqu’à la 41ème leçon de l’année, obligeant les auteurs à fabriquer des pseudo-textes tels que : « Léa sort le cheval. Faro le mord. Le cheval a mal. Il remue puis il rue. Léa lui parle fort. Faro file. » (idem, p.23). Auto, château et bateau sont prohibés.

Pire encore, de nombreux mots parmi les plus fréquents du français ne sont jamais proposés aux élèves car ils sont irréguliers ou complexes du point de vue graphophonologique. De la même manière, les prénoms de certains enfants sont écartés en raison de leur complexité orthographique. C’est ainsi que le petit Gilles et le petit Dominique devront attendre le troisième trimestre de l’année scolaire pour pouvoir lire et écrire leurs prénoms. Nicolas, plus chanceux, les devancera une fois encore.

Sur ce point aussi, les méthodes syllabiques sont en contradiction flagrante avec les programmes en vigueur qui demandent aux enseignants d’introduire des mots fréquents dès le début de l’année, « pour l'essentiel des mots outils » dont « la forme orthographique est mémorisée ». (Programmes 2002, §2.2) Pas un seul « et », « dans » ou « un » dans les dix premières leçons de Léo et Léa ! Pas une seule fois le verbe « être » conjugué au présent. Plus de la moitié des vingt mots les plus fréquents de la langue française[4] ne sera jamais lue au cours du premier trimestre.

Les programmes rappellent pourtant qu’il y a deux manières d'identifier les mots : la voie indirecte (déchiffrage) et la voie directe (lorsque le lecteur dispose déjà, dans sa mémoire, d'une image orthographique du mot, c’est-à-dire lorsqu’il reconnaît la suite ordonnée des lettres). Et ils stipulent que : « L'apprenti lecteur doit apprendre à se servir efficacement de l'une et de l'autre. Elles se consolident mutuellement par leur utilisation fréquente et sont renforcées par toutes les activités d'écriture. » (Idem §2.3)

Ces programmes invitent les maîtres à doter rapidement les élèves d’un petit capital de mots écrits connus sur le plan orthographique (par exemple leurs prénoms, quelques mots outils très fréquents, les mots indispensables à la vie de la classe, etc.) pour faciliter le travail de comparaison entre mots, autrement dit pour initier le processus d’analyse. « Un programme de travail doit être mis en place pour renforcer le répertoire des mots orthographiquement connus permettant de construire l'écriture phonétiquement correcte d’un mot nouveau ; savoir en analyser les composantes sonores (syllabes et, en partie, phonèmes), les écrire et les épeler; pouvoir rapprocher des mots nouveaux de ces mots repères » (Idem, § 2.1). Les théoriciens de la méthode syllabique font fi des programmes et rejettent cette injonction à mémoriser l’orthographe des mots repères car ils refusent toute autre activité que le déchiffrage.

Il est donc incohérent d’affirmer, comme le fait le cabinet du ministre, « qu’il est inutile de réformer les programmes de français de 2002 ».  La méthodologie syllabique stricte, façon Léo et Léa, n’est pas conforme aux programmes en vigueur. Pour toutes les raisons déjà évoquées et pour une autre encore : contrairement à la prescription, la méthode syllabique exclut toutes les activités qui invitent les élèves à procéder à un travail d’analyse, c’est-à-dire de décomposition des mots connus.

Or les programmes demandent - à juste titre -  aux enseignants de guider les deux procédures de synthèse et d’analyse tout au long de l’année. En ce sens, on pourrait soutenir que les seules méthodes aujourd’hui hors-la-loi sont celles qui excluent totalement l’une ou l’autre de ces procédures. La « syllabique » comme la « globale ».

En résumé, s’il apparaît indispensable de guider les mises en relation entre graphèmes et phonèmes, rien ne permet d’affirmer que seules les approches synthétiques le font, ni qu’elles le font mieux que d’autres.

n°205489
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Posté le 23-10-2008 à 21:59:02  
 

La syllabique, c’est pas automatique ! (ou Rémi a bobo !)

Il y a presqu’un an, le 3 Janvier dernier Le Ministre de L’education Nationale diffusait à grand bruit une circulaire sur l’apprentissage de la lecture, à travers laquelle il consacrait la méthode dite syllabique et jetait l’anathème sur la méthode dite globale… La polémique perdure, avec des hauts et des bas, et des coups d’éclat.
Alors, pour relancer le débat, on récapitule…
On s’étonnera d’abord qu’un ministre cherche à imposer une façon d’aborder la lecture à des enseignants ou à des chercheurs qui sont confrontés à cet apprentissage sur le terrain et qui sont certainement les mieux à même de définir les paramètres le facilitant.
Fustigeant la méthode dite globale qui serait employée dans les classes et mettant sur la sellette la méthode de déchiffrage, dite du b-a=ba, Monsieur de Robien pense avoir trouvé le remède universel aux difficultés d’apprentissage de certains élèves.
Cette assertion apparaît, au regard des travaux des chercheurs et des pédagogues bien naïve et pour le moins présomptueuse.
Le ministre de l’éducation déclarait de plus que cette consécration de la méthode syllabique ou du déchiffrage s’appuierait sur le soutien d’un « consensus remarquable de la communauté scientifique, aussi bien en France qu’à l’étranger ».
Or, il nous semble que les langues présentent des systèmes orthographiques très divers, ainsi on dira que l’italien et le finnois (ben oui !) sont des langues transparentes, pour la bonne raison qu’il n’existe guère plus de façons d’écrire les sons (graphèmes) que de façons de les entendre (phonèmes). L’anglais est une langue opaque, certainement la plus opaque, il existe en anglais pour une quarantaine de sons (phonèmes), 1100 façons d’écrire (graphèmes) !
Et le français dans tout ça ? Moins, bien moins transparent que l’italien et moins, bien moins opaque que l’anglais (35 phonèmes pour 130 graphèmes), il existe en français des mots transparents comme lavabo, cinéma ou capitale, vélo ou limonade et des mots plus opaques comme bateau, lendemain, consécration ou radiateur.…qui sont bien sûr en plus grand nombre.
On peut donc penser à juste titre qu’il est plus facile et moins sujet à polémique d’apprendre à lire l’italien que l’anglais et ce doit être vrai. C’est pourquoi il existe quantité de travaux de chercheurs anglo-saxons sur les méthodes de lecture, puisque cet apprentissage doit poser pas mal de problèmes…. Ces chercheurs constatent que les enseignants des pays concernés utilisent la plupart du temps une méthode globale pour l’apprentissage de la lecture, mais comment pourraient-ils faire autrement, avec des mots qui peuvent présenter une syllabe et trois consonnes à la file ? Impossible de mémoriser ces mots sans les appréhender visuellement dans leur totalité. Alors voilà, les chercheurs anglo-saxons estiment que les enseignants des pays concernés utilisent trop cette approche globale et qu’il faudrait trouver les moyens de varier un peu.
Le danger serait de transposer ces recommandations et de les appliquer à une autre langue, cela n’aurait pas grand sens, cela donnerait naturellement : attention, trop de globale en France, en Italie, en Finlande… C’est ce que fait notre ministre, qui apparemment n’a pas fréquenté beaucoup de classes de CP depuis qu’il assure ces fonctions. Il s’apercevrait que la méthode globale pure n’est pas appliquée.
Mais attention danger ! Qu’adviendra-t-il si nous apprenons à lire uniquement avec la méthode syllabique tant vantée ?
Si on apprend à lire uniquement avec la méthode syllabique, cela suppose pour y arriver qu’on ne va faire lire au début que des mots du style lavabo (l et a=la, v et a=va, b et o=bo). Je vous conseille d’essayer de trouver des phrases composées uniquement de mots transparents, ça va vous rappeler des souvenirs de CP bien poussiéreux pour certains d’entre nous … Alors, essayons, Rémi a bobo, Rémi a un vélo, le vélo de Rémi a bobo, Rémi a une cape (de Zorro ?), le Papa de Rémi a bobo, Rémi a un bo vélo (oups, excusez-moi : Rémi a un joli vélo), le papa de Rémi a un vélo (à la rigueur une moto), Lili a la télé, Lili a vu la moto à la télé, la télé a bobo, Papa a bu la limonade de Lili, Papa fume la pipe, Papa a puni Lili (et Maman dans tout ça ? trop compliqué, Maman !)… Vous remarquerez que tous les petits mots, les déterminants, les conjonctions, qui composent 50 % de nos phrases, les « un, les, avec, aux, des, à quoi, pour » sont bannis.
On aura donc des choses fort intéressantes à lire et qui vont passionner les élèves autant qu’elles nous ont sidérées.
On est quand même obligé de savoir comment lire « un » ou « avec » ou « au » ou « les » pour faire des phrases, donc d’introduire dès le départ des difficultés, ce serait leurrer les élèves que de ne leur présenter que des lavabos, des vélos et des télés (en supposant qu’avec la méthode syllabique pure on puisse présenter des pluriels !), non ?
D’autre part, un élève qui aurait appris que t et o = to aurait tendance à écrire « bato » au lieu de « bateau », » pano » au lieu de panneau, on ne l’instruirait guère sur la complexité de l‘orthographe française : ce qu’il a trouvé facile au début se compliquerait de toute façon.
De plus, déchiffrer lettre à lettre vous prive d’un certain nombre d’informations qui pourrait vous aider à trouver le sens d’un mot que vous ne connaissez pas : imaginons que vous ne connaissiez pas le sens du mot lavabo, comment imaginer qu’il est de la même famille que laver, lavage si vous ne le voyez pas dans sa totalité, si vous ne le voyez que comme la+va+bo ? Comment, avec des syllabes aborder le concept de « famille de mots », de l’étymologie ?
Le français n’est pas une langue transparente et les enfants le savent bien, d’autant plus qu’ils baignent dans l’écrit depuis leur naissance (on aimerait parfois qu’ils y baignent un peu moins en quantité et un peu mieux !), affiches dans la ville, panneaux publicitaires, marques, panneaux de signalisation, titres de journaux… Avant de savoir déchiffrer, un enfant sait reconnaître l’enseigne du supermarché où ses parents vont faire leurs courses, il sait reconnaître son prénom et tout le monde ne s’appelle pas Rémi ou Lili heureusement, et ça, ce n’est pas la syllabique qui le lui a appris !
On imagine donc que les mécanismes mis en place pour lire doivent être nombreux et varient certainement en fonction d’une multitude de paramètres… On déchiffre dans les écoles françaises mais pas uniquement, et surtout déchiffrer ne suffit pas pour apprendre à lire. Non, lire, ce doit êtte plus compliqué que le simple fait d'aller de la lettre à la syllabe, de la syllabe au mot et du mot à la phrase... Ce qui est certain, c’est qu’il faut connaître le sens d’un grand nombre de mots pour savoir lire et comprendre un texte : on rencontre très peu de phrases du style « Rémi a un joli vélo », mais plutôt des « Rémi possède une magnifique bicyclette » et c’est tant mieux.
Transmettre le maximum de vocabulaire aux enfants afin qu’ ils ne soient pas perdus dans un texte comme on peut l’être dans une ville inconnue est certainement une des choses les plus importantes pour préparer le terrain des futurs lecteurs. Afin qu’ils n’abandonnent pas la lecture d’un texte parce qu’ils ne connaissent pas le sens d’un mot sur trois, il faut que les enfants maîtrisent le langage et aient un vocabulaire riche et varié.
C’est ce qui se produit quand les échanges se font dans la communauté d’humains la plus large possible : on s’enrichit du langage des autres dès lors qu’on se comprend.
Les lecteurs rapides et les bons lecteurs disposent de beaucoup de vocabulaire et par là-même reconnaissent le maximum de mots sans les déchiffrer, moins on a de mots nouveaux, moins on passe de temps à déchiffrer, plus le texte paraît limpide…

Cette circulaire risque de continuer à faire bien des dégâts, d’abord en jetant le discrédit sur les enseignants, accusés à tort de pratiquer des méthodes inadaptées (et de le faire exprès !) et en simplifiant le débat autour de la lecture d’une façon réductrice et outrancière.
Et en conclusion, un enfant de six ans élevé à la syllabique et à propos duquel on dira triomphalement qu’il sait lire va vous déchiffrer « le pédicure de papa a un joli pécule » ou encore « le pédicure mélomane a un joli mélanome » mais pourra-t-il vous dire qu’il a compris ? Pas grand-chose certainement. Or, lire, c’est comprendre.
À moins qu’on ne veuille former une génération à ne lire que des mots transparents… Mais ceci est une autre histoire.

Si on veut en savoir plus, on ira sur le site du Café Pédagogique, d'où sont tirées la majorité des informations ayant servi à écrire cet article : www.cafepedagogique.net

et en clin d'oeil pour finir, un petit texte que l'on trouve sur le Net et dont j'ai malheureusement perdu la provenance :

Citation:

"Sleon une édtue de l’Uvinertisé de Cmabrigde, l’odrre des ltteers dnas un mot n’a pas d’ipmrotncae, la suele coshe ipmrtnate est que la pmeirère et la drenèire soit à la bnnoe pclae. Le rsete peut êrte dans un dsérorde ttoal et vuos puoevz tujoruos lrie snas porlbème. C’est prace que le creaveu hmauin ne lit pas chuaqe ltetre elle-mmêe, mias le mot cmome un tuot."


http://www.lecolesurlacolline. [...] e&artid=29

n°205490
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Posté le 23-10-2008 à 22:00:13  
 

Étude d’une méthode officielle d’enseignement de la lecture :
la méthode « Lire avec Léo et Léa »
de Thérèse Cuche et Michelle Sommer

Un texte d’Eveline Charmeux
professeur honoraire de l’IUFM de Toulouse
auteur de nombreux ouvrages sur l’enseignement de la lecture et de la langue

 

Il existe un proverbe, un peu simplet, qui affirme : « Pour enseigner l’anglais à Toto, il faut connaître l’anglais et il faut connaître Toto ». On peut ajouter : « il faut aussi savoir comment on fait pour enseigner » !

Pour être un peu plus précis dans la formulation, disons qu’une tâche d’enseignement nécessite de la part de l’enseignant, des « savoirs savants » préalables, concernant l’élève, le savoir à enseigner, et la façon d’enseigner. Ces savoirs savants sont des hypothèses issues des travaux de la Recherche Fondamentale, sur lesquelles on bâtit le travail à mener en classe. Étudier une pratique de classe, par exemple telle qu’elle est proposée par un outil d’enseignement, c’est repérer les hypothèses scientifiques qui sous-tendent cet outil, et mesurer le degré de cohérence que ces hypothèses choisies entretiennent avec les données de la Recherche.

Observons donc la méthode d’enseignement de la lecture « Lire avec Léo et Léa », méthode présentée en haut lieu comme exemplaire de ce qu’il faut faire au CP.

Et pour être crédible, reproduisons ici quelques pages du manuel.

La première page, première leçon :

leo1

Page 4, 3ème leçon :

leo2

Page 24 :

leo3

Page 32 :

leo4

Page 88 :

leo5

Page 92 :

leo6

Et, pour finir, une des dernières leçons de l’année, page 116 (sur 119) :

leo7

 Analyse et théorisation.
1 - La conception de l’apprentissage
Il suffit de parcourir ces 7 pages pour comprendre que la démarche utilisée va du simple vers le complexe (léger, mais les dernières leçons sont un peu plus complexes que la première !). Or, il n’est point nécessaire d’être un grand logicien pour savoir qu’une démarche d’enseignement doit aller du facile pour l’élève vers ce qui lui est difficile. Or le facile n’a rien à voir avec le simple. Même si les mots sont assez proches de sens dans le langage courant, les notions qu’ils recouvrent sont complètement opposées. Le simple n’existe pas dans l’expérience (tout ce qui nous entoure est complexe) ; c’est une abstraction. C’est donc difficile pour un enfant. Une démarche efficace doit donc aller du complexe familier à l’enfant, pour le conduire vers le simple, qui est à construire par analyse de ce complexe familier ; puis l’aider à conquérir le complexe non familier, qui fait partie du programme.

La démarche utilisée ici va donc à l’encontre du mouvement naturel d’apprentissage, et ne peut que mettre en difficulté la majorité des enfants, notamment ceux dont le milieu familial ne leur a pas apporté une richesse d’expériences suffisantes.

Ajoutons enfin une grossière erreur, affirmée péremptoirement dans la préface :

« N’abordez une nouvelle leçon que lorsque la précédente est bien assimilée ». Il y a fort longtemps que les Chercheurs en psychologie des apprentissages - et même, l’expérience personnelle empirique - nous ont appris que les savoirs ne s’empilent pas les uns après les autres, mais qu’ils s’organisent les uns par rapport aux autres. Et ce sont souvent les leçons ultérieures qui permettent de comprendre et d’assimiler les leçons précédentes.


Donc, pas mal de mauvais points ici.

2 - La conception de l’enfant

Il est frappant de voir à quel point l’enfant est absent de ces pages, l’enfant hic et nunc, l’enfant de la classe. Rien de ce qui peut être sa vie quotidienne, ni des écrits qu’il a pu voir autour de lui, n’est cité, même de manière allusive, dans les leçons. Quand on pense que les auteurs affirment dans leur présentation :

« C’est une méthode qui prend en compte la nécessité, pour un enfant de 6 ans d’acquérir des repères et de devenir autonome »

on reste perplexe sur les repères qu’il pourra y trouver, surtout quand on sait qu’un repère, ça ne se fournit pas : ça ne peut exister que construit à partir de ce qu’on a soi-même repéré.

On a donc affaire ici à une conception de l’enfant « avec des manques », et même en matière de lecture, avec des « vides » à remplir. C’est une conception particulièrement contraire à toutes les données de la psychologie de l’enfant, qui rappellent depuis longtemps que l’enfant est une personne entière, à chaque étape de son développement. Dès sa naissance (et même avant), l’enfant a des savoirs et son développement consiste en une transformation permanente de ces savoirs et de la totalité de sa personne... « On ne construit que sur du donné » (Ph. Meirieu) et il est impossible d’enseigner quelque chose à un élève en dehors des savoirs-déjà-là de cet élève.

Voilà d’autres mauvais points.

3 - La conception de la lecture et des objectifs à atteindre : quels apprentissages les enfants vont-ils pouvoir faire ?
Dès la première page, bien des choix de présentation et de contenus se révèlent fort inquiétants :

L’utilisation du signe « = »
On connaît la signification de ce signe : « 2+3 = 5 » doit être compris comme le fait que « 5 » peut s’écrire aussi « 2+3 ». Les éléments qui figurent à gauche et à droite du signe sont deux réécriture semblables de la même notion.

Écrire : « l = L », cela revient donc à dire que la majuscule ne change rien à la signification de la minuscule, ce qui, du point de vue de la lecture est plus que dangereux : l’opposition majuscule / minuscule est un indice essentiel de la compréhension d’un texte.

Pire, l’utilisation de ce signe page 32 : « est = è » invite naturellement à neutraliser les différences d’orthographe, et comme, sur la même page, on observe également l’égalité suivante : « es = è », un raisonnement élémentaire conduit à la conclusion suivante :

P1 : est = è
P2 : es = è
Donc : est = es ... CQFD

Bonjour l’orthographe et la compréhension de son fonctionnement ! Pas étonnant si des difficultés surgissent plus tard...

La page 34 doit mettre en joie les enseignants de mathématiques :

« 1 et 1 = 2 »

la substitution du signe + par la conjonction « et » est un puisant contresens mathématique et un amalgame qui ne peut que nuire plus tard à la plupart des élèves.

À noter en plus, page 92, une égalité des plus surprenantes : OIN = oIN (???)

Curieuse notation, dont les justifications théoriques restent singulièrement floues...

Les couleurs et les dessins à la place des mots
Les couleurs sont présentées comme facilitant « le repérage des graphies et de la forme syllabique (?) ». Pour ce qui est de la forme syllabique, peut-être, si tant est que cette expression ait du sens.

Mais pour ce qui est de la lecture, sûrement pas : cette alternance de rose et de bleu est particulièrement contraire à la conduite de lecture, et particulièrement contraire à la découverte de l’orthographe : les lettres prétendument « muettes » (comme si les autres parlaient !!?), étant à demi effacées sous un gris qui rappelle qu’elles ne doivent pas être prononcées.

Le problème, c’est que la lecture étant une activité visuelle, la prononciation n’est guère primordiale (on peut très bien comprendre des mots qu’on ne sait pas prononcer, dans le romans russes, par exemple). En revanche, les lettres qui ne correspondent pas à la prononciation sont essentielles pour la compréhension et l’orthographe.

Non seulement, les enfants ne vont donc rien apprendre en matière d’orthographe ou de conduite de lecture, mais ce qu’ils vont apprendre installe des savoirs erronés, et des habitudes nocives.

Même remarque sur les dessins représentant les mots. Outre que cela conforte la représentation spontanée des enfants selon laquelle un mot aurait un sens en lui-même, ce qui est faux en français (un mot ne prend sens que par le contexte, pour la majorité d’entre eux), cela crée des habitudes nocives d’exploration du texte : ce sont les mots et le contexte qui permettent de comprendre, pas les images. Le sens de celles-ci dépend du texte qui les accompagne, car une image a toujours une infinité de sens possibles ; seul le texte permet de savoir celui qui convient en la circonstance. Encore un savoir bien mal construit !

Les syllabes artificielles
C’est évidemment le symbole même de ce type de méthode. Et nous avons, à plusieurs reprises souligné les dangers que cela présente.

Un exemple de plus : page 4, il est impossible qu’un enfant, au moment où il va prononcer « lo » ne pense pas à ce que signifie cette syllabe dans son langage à lui, « l’eau ». Ainsi va s’installer dans sa tête une association « image graphique (signifiant) : lo » / « signifié : l’eau », qui installe d’avance des obstacles à l’acquisition de l’orthographe.

Le langage utilisé
Les explications, quand il y en a, mettent en jeu des formules langagières particulièrement peu rigoureuses.

Page 116, on trouve, à propos de la lettre « x », dont on peut au passage s’étonner qu’elle arrive si tard, au regard de sa fréquence dans la langue, la formule suivante :

« Quelquefois X se met à chanter ex= egz »

Hélas ! Ni « x » ni aucune lettre ne se met jamais à chanter !! On peut le regretter, pour ceux qui aiment le chant, mais c’est ainsi : les lettres sont des petits dessins qui n’ont ni voix, ni prononciation, et que les langues affectent de façon arbitraire (dépendant en fait de leur histoire et de leurs habitudes de prononciation) à la traduction écrite de leurs phonèmes.

Une telle présentation du rôle des lettres ne peut que conforter des conceptions erronées des relations oral / écrit, sources de problèmes plus tard. On le sait, plus les enfants sont jeunes, plus le langage utilisé avec eux doit être rigoureux et précis.

Ce n’est pas encore un bon point à donner ici.

Les textes proposés
Aucun doute, c’est là la plus grande gloire pour les auteurs. Remarquables à tout point de vue.

a) On trouve d’abord l’incontournable allusion à la consommation de tabac.

Page 4 « mamie a fumé »

Qu’a-t-elle fumé ? Le verbe « fumer » est un verbe transitif. Mais il est vrai que dans le langage actuel, son emploi intransitif a un sens bien précis : « fumer » tout court, cela veut dire fumer de l’illicite. Alors, que penser ? Mamie a fumé un joint ? Quel exemple pour la jeunesse, tout de même !

Vous me direz que l’allusion au tabac n’est pas nouvelle : tous les manuels d’enseignement de la lecture en parlent, ce qui leur confère une relative responsabilité dans le trou de la Sécurité Sociale. Mais on remarque qu’habituellement, c’est « papa » qui fume, et la pipe en général. Ici c’est mamie (sans majuscule : elle n’en mérite pas !).. . La parité sans doute ?

b) Mais ce sont les texte eux-mêmes qui sont un régal, et l’exemple parfait de ce qu’il faut présenter aux petits pour qu’ils maîtrisent la langue, conformément aux attentes institutionnelles.

Dès les premières pages, on ne peut être que convaincu par la cohérence textuelle, l’intelligence des propos, l’excellence du style, bref la richesse des textes proposés :

Page 4 :

Mamie a fumé. Léa a lu. Mamie a lavé. Léo a filé. Léa a avalé. Léo a vu.

On notera au passage l’étrange volonté d’utiliser les verbes de façon intransitive, au mépris de leur emploi normal.

Page 24 :

J’aime un chat, tu imiteras un cheval.

À noter ici la présence d’une virgule entre les deux phrases, ce qui induit une relation sémantique... Mais laquelle ? C’est un vrai mystère...

Tu pédales et tu vas vite

D’où vient ce « tu », subitement ? Voilà un embrayeur sans référent... Excellente mise en condition pour comprendre, surtout quand on sait que les embrayeurs à l’écrit constituent une difficulté majeure pour les petits.

Léo dort et il rêve. Je mime et tu devines. Léo parle fort et le cheval s’arrête.

Pourquoi ? Il est gêné par le bruit ?

Il y a une fête et tu y vas. Je m’arrête : je suis arrivé.

Où ?? À la fête ?

Page 92 :

Outre les dessins, particulièrement ridicules (où a-t-on vu des spationautes ayant cette allure de dauphins joyeux ??), le texte mérite une mention particulière :

La fusée décolle. Les astronautes flottent !

Même avec un point d’exclamation, ils ne flottent pas : demandez-leur...

Léa a glissé sur le verglas.

Il y a du verglas dans l’espace sidéral ? Et Léa était dans la fusée ?

Les castors construisent des barrages.

Qu’est-ce qu’ils viennent faire là ceux-là ?

Milo vole un poisson dans l’assiette de Léa.

Milo aussi était là ?

Ces pastilles guérissent les enfants qui toussent.

Allons bon ! Les voilà malades !

Mais au fait, de quelles pastilles s’agit-il : on ne leur a point été présentés !

Rappelons, au passage qu’un démonstratif, dans un texte, renvoie nécessairement à un ou plusieurs référents cités dans le texte, auparavant ou dans les lignes qui suivent. Cela s’appelle la diaphore... Mais mesdames Cuche et Sommer n’ont pas été informées sans doute.

Léo cause avec Vladimir.

Voilà une phrase qui serait sévèrement jugée par les rédacteurs du Figaro magazine et Jean d’Ormesson : on ne doit pas dire, selon eux, « causer avec », mais « s’entretenir avec ». Il est vrai que déchiffrer « s’entretenir » est plus difficile que déchiffrer « causer ». Quoique... En tout cas, tant pis pour l’élégance du langage !

Tant pis surtout pour les règles de cohérence textuelle, dont les évaluations nationales démontrent pourtant que c’est un des points les plus faibles des compétences acquises par les élèves à l’école primaire. En faisant leurs premières découvertes de la langue écrite sur de tels textes, nul doute qu’ils vont progresser dans cette voie.

On pourrait poursuivre cette lecture page par page : incohérence des textes, vocabulaire aberrant : « Faro hume ici ou là » (page 67) ; « La pluie gicle sur le ciment » (page 65) ; « Sébastien feint de tomber » (page 112) etc. etc. Tout est fait pour proposer aux enfants une langue postiche, conçue uniquement pour la syllabation, sans aucun apprentissage du langage écrit ou des conduites de lecture.

4 - Et tout ce qui manque, des compétences à développer pour devenir lecteur...
Les auteurs affirment dans leur préface que cette méthode est conçue pou favoriser l’autonomie des enfants. Or, l’autonomie repose entre autres mais surtout sur la capacité à résoudre seul ses problèmes grâce à la lecture : savoir lire, c’est savoir se servir des écrits pour mener à bien ses projets. Il faudrait beaucoup chercher pour trouver où les contenus de cette méthode pourraient favoriser l’autonomie des élèves.

On constate en effet que rien ne permet aux enfants ici d’entrer dans l’univers de la chose écrite. Aucune allusion ni aux divers types d’écrits, ni aux fonctions de la lecture, dont on sait qu’elle sert toujours à autre chose qu’elle-même : on lit pour apprendre, comprendre, savoir faire, de distraire et rêver... Jamais on ne lit pour lire. Ici, si ! Donc, on ne lit pas.

On ne trouve rien non plus sur les conduites de raisonnement qui seules permettent de comprendre un écrit : aucun mise en relation n’est demandée, aucune recherche de l’implicite, pourtant partout présent dans le manuel, aucun éclairage sur les détails pertinents, comme l’orthographe, la ponctuation, les majuscules, la mise en page...

Surtout, et c’est peut-être le plus grave, aucun de ces textes n’a de noms d’auteurs : c’est du texte « en l’air », hors situation de communication, et l’on sait que pour les petits, il n’est nullement évident qu’un écrit ait un auteur ni qu’il ait du sens.

Bref, c’est vraiment un tabouret pour apprendre à nager !

Cela pourrait être drôle, si ce n’était pas le meilleur moyen d’exclure de toute lecture véritable - experte, comme on dit - les enfants de milieux défavorisés, ceux qui n’ont que l’école pour s’en sortir.

C’est là qu’on voit la dimension politique des options pédagogiques : et la cohérence que nous avons tant cherchée dans les textes du manuel, elle éclate ici dans le choix d’un tel outil : choisir « Lire avec Léo et Léa » - pire, l’imposer à tous les CP de France et de Navarre - , c’est en totale cohérence avec d’autres décisions concernant l’Ecole ou la Société : suivez mon regard.

C’est pourquoi, une proposition s’impose à nos yeux : celle d’inscrire, à l’instar de ce qui est fait sur les paquets de cigarettes, (dont nous avons souligné les liens illicites avec la méthode de mesdames Cuche et Sommer), la formule suivante, en bandeau autour du manuel :

« L’utilisation de cet outil nuit gravement à la santé du futur lecteur ».

Qu’on se le dise !

Eveline Charmeux, Mars 2006

n°205518
llioill
Posté le 24-10-2008 à 08:27:01  profil
 

Au fait , Léo et Léa , maintenant et depuis 2004  , c'est ça :

[url]radA097A[/url]
[url]rad1ECCC[/url]

Je pense que la modération malgré les appels à la censure , sera suffisamment intelligente pour comprendre que l'ancienne version étant caduque , il est bon de " rafraîchir " un peu cette page que l'on nous impose inlassablement dans son ancienne version et qui est donc , de ce fait , une erreur GROSSIERE d'arguments.

Si cela est accepté , et puisque le sujet porte UNIQUEMENT sur cette méthode , nous ne devrions plus avoir à supporter que l'on " argumente " ce livre qui est l'oeuvre d'orthophonistes ( exerçant depuis plus de 30 ans en CMPP ) , en se basant sur son ancienne version. Je le répète : elle est caduque !

J'invite donc , les opposants ( qui ne sont pas si nombreux d'ailleurs  ange:{}  ) à venir s'exprimer EUX-MÊMES pour nous faire découvrir POURQUOI , selon eux , ce livre ne correspond pas à leur pédagogie.
Ainsi fait , ce sujet pourra peut-être revêtir autre-chose qu'un flood mal intentionné et se débarrasser de toute agressivité gratuite .


Merci aux modérateurs pour leur attention , et pour avoir le professionnalisme de constater que cette ancienne version n'étant plus au goût du jour , ce sujet appelle au droit de réponse.  :)
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Et puis ça... ange:{}


Après le succès de la " Méthode de lecture Léo et Léa ", son complément indispensable La " Méthode interactive ( CD-Rom pc) La souris de Léo et Léa "

 

Cette gamme de 3 CD Rom constitue un outil ludique et efficace qui permet l’écoute et la reconnaissance des sons correspondant aux graphies. ( 3 CD rom : Ecouter et lire, Lire, Lire et écrire )

 


 

Les points forts des 3 CD Rom :

 

Techniques de renforcement cognitif utilisant les dernières avancées dans le domaine pédagogique et neuropsychologie.

* Présentation ludique et attrayante pour stimuler

* Progressivité des exercices et ergonomie facilitant la gestion de l’hétérogénéité des niveaux de lecture

* Pas d’animation superflue qui disperse l’attention

* Contexte sémantique pour favoriser l’accès au sens.

 

Jeux conçus pour favoriser la concentration, la réflexion et la mémorisation, la structuration lu langage écrit.

* S’évaluer, s’entraîner de façon autonome

* Interactivité pour motiver

* Consignes orales et explicites

 

Logiciels conçus par des enseignants et orthophonistes et validés au niveau pédagogique

L’enseignant peut par exemple, faire travailler toute sa classe sur " La souris de Léo et Léa ", de l’élève en difficulté qui démarre dans la lecture, à l’élève qui maîtrise déjà bien l’écrit.

 

Vous trouverez toutes les informations nécessaires sur le site www.genyx.fr



Posté le Mardi 07 février 2006 @ 10:17:13 par adminv

[url]http://www.apedys.org/dyslexie/article.php?sid=414

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Mais quand on sait de qui vient la critique de cette méthode... :)



Historique [modifier]

Décrite dès 1787 par Nicolas Adam, la méthode globale a été développée au début du XXe siècle par Ovide Decroly, pour aider l’apprentissage d'enfants en difficulté qui n’arrivaient pas à lire par les méthodes habituelles.

Elle est adaptée dans les années 1980 par Évelyne Charmeux et Jean Foucambert sous le nom de méthode idéovisuelle.
Cette méthode consiste à utiliser directement des mots entiers simples et familiers, voire des phrases entières, sous forme de différents jeux de devinettes. Le manuel Objectif lire s'en inspire.

[url]http://fr.wikipedia.org/wiki/M%C3%A9thode_globale

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Qu'on se le dise ! et le répande façon traînée...de poudre !  hello:{}
[/url][/url]


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C'est incroyable ce qu'un troupeau de moutons est capable de brouter pour finir dans la gamelle de son berger.
n°206884
Au Fond Pr​es Du Radi​ateur
Posté le 05-11-2008 à 20:10:28  profil
 

toujours à la mode cette antiquité?  hunter1:2


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Beltz guztiak ez dira ikatz
n°207092
CornesDaur​och
Posté le 07-11-2008 à 18:21:30  profil
 

la femme chocolat a écrit :


non
y a juste quelques VRP qui trainent :)


l'arrière garde ? :p


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le racisme est un délit
n°207216
Profil sup​primé
Posté le 07-11-2008 à 22:59:55  
 

Étude d’une méthode officielle d’enseignement de la lecture :
la méthode « Lire avec Léo et Léa »
de Thérèse Cuche et Michelle Sommer

Un texte d’Eveline Charmeux
professeur honoraire de l’IUFM de Toulouse
auteur de nombreux ouvrages sur l’enseignement de la lecture et de la langue

 

Il existe un proverbe, un peu simplet, qui affirme : « Pour enseigner l’anglais à Toto, il faut connaître l’anglais et il faut connaître Toto ». On peut ajouter : « il faut aussi savoir comment on fait pour enseigner » !

Pour être un peu plus précis dans la formulation, disons qu’une tâche d’enseignement nécessite de la part de l’enseignant, des « savoirs savants » préalables, concernant l’élève, le savoir à enseigner, et la façon d’enseigner. Ces savoirs savants sont des hypothèses issues des travaux de la Recherche Fondamentale, sur lesquelles on bâtit le travail à mener en classe. Étudier une pratique de classe, par exemple telle qu’elle est proposée par un outil d’enseignement, c’est repérer les hypothèses scientifiques qui sous-tendent cet outil, et mesurer le degré de cohérence que ces hypothèses choisies entretiennent avec les données de la Recherche.

Observons donc la méthode d’enseignement de la lecture « Lire avec Léo et Léa », méthode présentée en haut lieu comme exemplaire de ce qu’il faut faire au CP.

Et pour être crédible, reproduisons ici quelques pages du manuel.

La première page, première leçon :

leo1

Page 4, 3ème leçon :

leo2

Page 24 :

leo3

Page 32 :

leo4

Page 88 :

leo5

Page 92 :

leo6

Et, pour finir, une des dernières leçons de l’année, page 116 (sur 119) :

leo7

 Analyse et théorisation.
1 - La conception de l’apprentissage
Il suffit de parcourir ces 7 pages pour comprendre que la démarche utilisée va du simple vers le complexe (léger, mais les dernières leçons sont un peu plus complexes que la première !). Or, il n’est point nécessaire d’être un grand logicien pour savoir qu’une démarche d’enseignement doit aller du facile pour l’élève vers ce qui lui est difficile. Or le facile n’a rien à voir avec le simple. Même si les mots sont assez proches de sens dans le langage courant, les notions qu’ils recouvrent sont complètement opposées. Le simple n’existe pas dans l’expérience (tout ce qui nous entoure est complexe) ; c’est une abstraction. C’est donc difficile pour un enfant. Une démarche efficace doit donc aller du complexe familier à l’enfant, pour le conduire vers le simple, qui est à construire par analyse de ce complexe familier ; puis l’aider à conquérir le complexe non familier, qui fait partie du programme.

La démarche utilisée ici va donc à l’encontre du mouvement naturel d’apprentissage, et ne peut que mettre en difficulté la majorité des enfants, notamment ceux dont le milieu familial ne leur a pas apporté une richesse d’expériences suffisantes.

Ajoutons enfin une grossière erreur, affirmée péremptoirement dans la préface :

« N’abordez une nouvelle leçon que lorsque la précédente est bien assimilée ». Il y a fort longtemps que les Chercheurs en psychologie des apprentissages - et même, l’expérience personnelle empirique - nous ont appris que les savoirs ne s’empilent pas les uns après les autres, mais qu’ils s’organisent les uns par rapport aux autres. Et ce sont souvent les leçons ultérieures qui permettent de comprendre et d’assimiler les leçons précédentes.


Donc, pas mal de mauvais points ici.

2 - La conception de l’enfant

Il est frappant de voir à quel point l’enfant est absent de ces pages, l’enfant hic et nunc, l’enfant de la classe. Rien de ce qui peut être sa vie quotidienne, ni des écrits qu’il a pu voir autour de lui, n’est cité, même de manière allusive, dans les leçons. Quand on pense que les auteurs affirment dans leur présentation :

« C’est une méthode qui prend en compte la nécessité, pour un enfant de 6 ans d’acquérir des repères et de devenir autonome »

on reste perplexe sur les repères qu’il pourra y trouver, surtout quand on sait qu’un repère, ça ne se fournit pas : ça ne peut exister que construit à partir de ce qu’on a soi-même repéré.

On a donc affaire ici à une conception de l’enfant « avec des manques », et même en matière de lecture, avec des « vides » à remplir. C’est une conception particulièrement contraire à toutes les données de la psychologie de l’enfant, qui rappellent depuis longtemps que l’enfant est une personne entière, à chaque étape de son développement. Dès sa naissance (et même avant), l’enfant a des savoirs et son développement consiste en une transformation permanente de ces savoirs et de la totalité de sa personne... « On ne construit que sur du donné » (Ph. Meirieu) et il est impossible d’enseigner quelque chose à un élève en dehors des savoirs-déjà-là de cet élève.

Voilà d’autres mauvais points.

3 - La conception de la lecture et des objectifs à atteindre : quels apprentissages les enfants vont-ils pouvoir faire ?
Dès la première page, bien des choix de présentation et de contenus se révèlent fort inquiétants :

L’utilisation du signe « = »
On connaît la signification de ce signe : « 2+3 = 5 » doit être compris comme le fait que « 5 » peut s’écrire aussi « 2+3 ». Les éléments qui figurent à gauche et à droite du signe sont deux réécriture semblables de la même notion.

Écrire : « l = L », cela revient donc à dire que la majuscule ne change rien à la signification de la minuscule, ce qui, du point de vue de la lecture est plus que dangereux : l’opposition majuscule / minuscule est un indice essentiel de la compréhension d’un texte.

Pire, l’utilisation de ce signe page 32 : « est = è » invite naturellement à neutraliser les différences d’orthographe, et comme, sur la même page, on observe également l’égalité suivante : « es = è », un raisonnement élémentaire conduit à la conclusion suivante :

P1 : est = è
P2 : es = è
Donc : est = es ... CQFD

Bonjour l’orthographe et la compréhension de son fonctionnement ! Pas étonnant si des difficultés surgissent plus tard...

La page 34 doit mettre en joie les enseignants de mathématiques :

« 1 et 1 = 2 »

la substitution du signe + par la conjonction « et » est un puisant contresens mathématique et un amalgame qui ne peut que nuire plus tard à la plupart des élèves.

À noter en plus, page 92, une égalité des plus surprenantes : OIN = oIN (???)

Curieuse notation, dont les justifications théoriques restent singulièrement floues...

Les couleurs et les dessins à la place des mots
Les couleurs sont présentées comme facilitant « le repérage des graphies et de la forme syllabique (?) ». Pour ce qui est de la forme syllabique, peut-être, si tant est que cette expression ait du sens.

Mais pour ce qui est de la lecture, sûrement pas : cette alternance de rose et de bleu est particulièrement contraire à la conduite de lecture, et particulièrement contraire à la découverte de l’orthographe : les lettres prétendument « muettes » (comme si les autres parlaient !!?), étant à demi effacées sous un gris qui rappelle qu’elles ne doivent pas être prononcées.

Le problème, c’est que la lecture étant une activité visuelle, la prononciation n’est guère primordiale (on peut très bien comprendre des mots qu’on ne sait pas prononcer, dans le romans russes, par exemple). En revanche, les lettres qui ne correspondent pas à la prononciation sont essentielles pour la compréhension et l’orthographe.

Non seulement, les enfants ne vont donc rien apprendre en matière d’orthographe ou de conduite de lecture, mais ce qu’ils vont apprendre installe des savoirs erronés, et des habitudes nocives.

Même remarque sur les dessins représentant les mots. Outre que cela conforte la représentation spontanée des enfants selon laquelle un mot aurait un sens en lui-même, ce qui est faux en français (un mot ne prend sens que par le contexte, pour la majorité d’entre eux), cela crée des habitudes nocives d’exploration du texte : ce sont les mots et le contexte qui permettent de comprendre, pas les images. Le sens de celles-ci dépend du texte qui les accompagne, car une image a toujours une infinité de sens possibles ; seul le texte permet de savoir celui qui convient en la circonstance. Encore un savoir bien mal construit !

Les syllabes artificielles
C’est évidemment le symbole même de ce type de méthode. Et nous avons, à plusieurs reprises souligné les dangers que cela présente.

Un exemple de plus : page 4, il est impossible qu’un enfant, au moment où il va prononcer « lo » ne pense pas à ce que signifie cette syllabe dans son langage à lui, « l’eau ». Ainsi va s’installer dans sa tête une association « image graphique (signifiant) : lo » / « signifié : l’eau », qui installe d’avance des obstacles à l’acquisition de l’orthographe.

Le langage utilisé
Les explications, quand il y en a, mettent en jeu des formules langagières particulièrement peu rigoureuses.

Page 116, on trouve, à propos de la lettre « x », dont on peut au passage s’étonner qu’elle arrive si tard, au regard de sa fréquence dans la langue, la formule suivante :

« Quelquefois X se met à chanter ex= egz »

Hélas ! Ni « x » ni aucune lettre ne se met jamais à chanter !! On peut le regretter, pour ceux qui aiment le chant, mais c’est ainsi : les lettres sont des petits dessins qui n’ont ni voix, ni prononciation, et que les langues affectent de façon arbitraire (dépendant en fait de leur histoire et de leurs habitudes de prononciation) à la traduction écrite de leurs phonèmes.

Une telle présentation du rôle des lettres ne peut que conforter des conceptions erronées des relations oral / écrit, sources de problèmes plus tard. On le sait, plus les enfants sont jeunes, plus le langage utilisé avec eux doit être rigoureux et précis.

Ce n’est pas encore un bon point à donner ici.

Les textes proposés
Aucun doute, c’est là la plus grande gloire pour les auteurs. Remarquables à tout point de vue.

a) On trouve d’abord l’incontournable allusion à la consommation de tabac.

Page 4 « mamie a fumé »

Qu’a-t-elle fumé ? Le verbe « fumer » est un verbe transitif. Mais il est vrai que dans le langage actuel, son emploi intransitif a un sens bien précis : « fumer » tout court, cela veut dire fumer de l’illicite. Alors, que penser ? Mamie a fumé un joint ? Quel exemple pour la jeunesse, tout de même !

Vous me direz que l’allusion au tabac n’est pas nouvelle : tous les manuels d’enseignement de la lecture en parlent, ce qui leur confère une relative responsabilité dans le trou de la Sécurité Sociale. Mais on remarque qu’habituellement, c’est « papa » qui fume, et la pipe en général. Ici c’est mamie (sans majuscule : elle n’en mérite pas !).. . La parité sans doute ?

b) Mais ce sont les texte eux-mêmes qui sont un régal, et l’exemple parfait de ce qu’il faut présenter aux petits pour qu’ils maîtrisent la langue, conformément aux attentes institutionnelles.

Dès les premières pages, on ne peut être que convaincu par la cohérence textuelle, l’intelligence des propos, l’excellence du style, bref la richesse des textes proposés :

Page 4 :

Mamie a fumé. Léa a lu. Mamie a lavé. Léo a filé. Léa a avalé. Léo a vu.

On notera au passage l’étrange volonté d’utiliser les verbes de façon intransitive, au mépris de leur emploi normal.

Page 24 :

J’aime un chat, tu imiteras un cheval.

À noter ici la présence d’une virgule entre les deux phrases, ce qui induit une relation sémantique... Mais laquelle ? C’est un vrai mystère...

Tu pédales et tu vas vite

D’où vient ce « tu », subitement ? Voilà un embrayeur sans référent... Excellente mise en condition pour comprendre, surtout quand on sait que les embrayeurs à l’écrit constituent une difficulté majeure pour les petits.

Léo dort et il rêve. Je mime et tu devines. Léo parle fort et le cheval s’arrête.

Pourquoi ? Il est gêné par le bruit ?

Il y a une fête et tu y vas. Je m’arrête : je suis arrivé.

Où ?? À la fête ?

Page 92 :

Outre les dessins, particulièrement ridicules (où a-t-on vu des spationautes ayant cette allure de dauphins joyeux ??), le texte mérite une mention particulière :

La fusée décolle. Les astronautes flottent !

Même avec un point d’exclamation, ils ne flottent pas : demandez-leur...

Léa a glissé sur le verglas.

Il y a du verglas dans l’espace sidéral ? Et Léa était dans la fusée ?

Les castors construisent des barrages.

Qu’est-ce qu’ils viennent faire là ceux-là ?

Milo vole un poisson dans l’assiette de Léa.

Milo aussi était là ?

Ces pastilles guérissent les enfants qui toussent.

Allons bon ! Les voilà malades !

Mais au fait, de quelles pastilles s’agit-il : on ne leur a point été présentés !

Rappelons, au passage qu’un démonstratif, dans un texte, renvoie nécessairement à un ou plusieurs référents cités dans le texte, auparavant ou dans les lignes qui suivent. Cela s’appelle la diaphore... Mais mesdames Cuche et Sommer n’ont pas été informées sans doute.

Léo cause avec Vladimir.

Voilà une phrase qui serait sévèrement jugée par les rédacteurs du Figaro magazine et Jean d’Ormesson : on ne doit pas dire, selon eux, « causer avec », mais « s’entretenir avec ». Il est vrai que déchiffrer « s’entretenir » est plus difficile que déchiffrer « causer ». Quoique... En tout cas, tant pis pour l’élégance du langage !

Tant pis surtout pour les règles de cohérence textuelle, dont les évaluations nationales démontrent pourtant que c’est un des points les plus faibles des compétences acquises par les élèves à l’école primaire. En faisant leurs premières découvertes de la langue écrite sur de tels textes, nul doute qu’ils vont progresser dans cette voie.

On pourrait poursuivre cette lecture page par page : incohérence des textes, vocabulaire aberrant : « Faro hume ici ou là » (page 67) ; « La pluie gicle sur le ciment » (page 65) ; « Sébastien feint de tomber » (page 112) etc. etc. Tout est fait pour proposer aux enfants une langue postiche, conçue uniquement pour la syllabation, sans aucun apprentissage du langage écrit ou des conduites de lecture.

4 - Et tout ce qui manque, des compétences à développer pour devenir lecteur...
Les auteurs affirment dans leur préface que cette méthode est conçue pou favoriser l’autonomie des enfants. Or, l’autonomie repose entre autres mais surtout sur la capacité à résoudre seul ses problèmes grâce à la lecture : savoir lire, c’est savoir se servir des écrits pour mener à bien ses projets. Il faudrait beaucoup chercher pour trouver où les contenus de cette méthode pourraient favoriser l’autonomie des élèves.

On constate en effet que rien ne permet aux enfants ici d’entrer dans l’univers de la chose écrite. Aucune allusion ni aux divers types d’écrits, ni aux fonctions de la lecture, dont on sait qu’elle sert toujours à autre chose qu’elle-même : on lit pour apprendre, comprendre, savoir faire, de distraire et rêver... Jamais on ne lit pour lire. Ici, si ! Donc, on ne lit pas.

On ne trouve rien non plus sur les conduites de raisonnement qui seules permettent de comprendre un écrit : aucun mise en relation n’est demandée, aucune recherche de l’implicite, pourtant partout présent dans le manuel, aucun éclairage sur les détails pertinents, comme l’orthographe, la ponctuation, les majuscules, la mise en page...

Surtout, et c’est peut-être le plus grave, aucun de ces textes n’a de noms d’auteurs : c’est du texte « en l’air », hors situation de communication, et l’on sait que pour les petits, il n’est nullement évident qu’un écrit ait un auteur ni qu’il ait du sens.

Bref, c’est vraiment un tabouret pour apprendre à nager !

Cela pourrait être drôle, si ce n’était pas le meilleur moyen d’exclure de toute lecture véritable - experte, comme on dit - les enfants de milieux défavorisés, ceux qui n’ont que l’école pour s’en sortir.

C’est là qu’on voit la dimension politique des options pédagogiques : et la cohérence que nous avons tant cherchée dans les textes du manuel, elle éclate ici dans le choix d’un tel outil : choisir « Lire avec Léo et Léa » - pire, l’imposer à tous les CP de France et de Navarre - , c’est en totale cohérence avec d’autres décisions concernant l’Ecole ou la Société : suivez mon regard.

C’est pourquoi, une proposition s’impose à nos yeux : celle d’inscrire, à l’instar de ce qui est fait sur les paquets de cigarettes, (dont nous avons souligné les liens illicites avec la méthode de mesdames Cuche et Sommer), la formule suivante, en bandeau autour du manuel :

« L’utilisation de cet outil nuit gravement à la santé du futur lecteur ».

Qu’on se le dise !

Eveline Charmeux, Mars 2006

n°207269
llioill
Posté le 08-11-2008 à 05:05:50  profil
 

Au fait , Léo et Léa , maintenant et depuis 2004  , c'est ça :

[url]radA097A[/url]
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Je pense que la modération malgré les appels à la censure , sera suffisamment intelligente pour comprendre que l'ancienne version étant caduque , il est bon de " rafraîchir " un peu cette page que l'on nous impose inlassablement dans son ancienne version et qui est donc , de ce fait , une erreur GROSSIERE d'arguments.

Si cela est accepté , et puisque le sujet porte UNIQUEMENT sur cette méthode , nous ne devrions plus avoir à supporter que l'on " argumente " ce livre qui est l'oeuvre d'orthophonistes ( exerçant depuis plus de 30 ans en CMPP ) , en se basant sur son ancienne version. Je le répète : elle est caduque !

J'invite donc , les opposants ( qui ne sont pas si nombreux d'ailleurs  ange:{}  ) à venir s'exprimer EUX-MÊMES pour nous faire découvrir POURQUOI , selon eux , ce livre ne correspond pas à leur pédagogie.
Ainsi fait , ce sujet pourra peut-être revêtir autre-chose qu'un flood mal intentionné et se débarrasser de toute agressivité gratuite .


Merci aux modérateurs pour leur attention , et pour avoir le professionnalisme de constater que cette ancienne version n'étant plus au goût du jour , ce sujet appelle au droit de réponse.  :)
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Et puis ça... ange:{}


Après le succès de la " Méthode de lecture Léo et Léa ", son complément indispensable La " Méthode interactive ( CD-Rom pc) La souris de Léo et Léa "

 

Cette gamme de 3 CD Rom constitue un outil ludique et efficace qui permet l’écoute et la reconnaissance des sons correspondant aux graphies. ( 3 CD rom : Ecouter et lire, Lire, Lire et écrire )

 


 

Les points forts des 3 CD Rom :

 

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L’enseignant peut par exemple, faire travailler toute sa classe sur " La souris de Léo et Léa ", de l’élève en difficulté qui démarre dans la lecture, à l’élève qui maîtrise déjà bien l’écrit.

 

Vous trouverez toutes les informations nécessaires sur le site www.genyx.fr



Posté le Mardi 07 février 2006 @ 10:17:13 par adminv

[url]http://www.apedys.org/dyslexie/article.php?sid=414

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Mais quand on sait de qui vient la critique de cette méthode... :)



Historique [modifier]

Décrite dès 1787 par Nicolas Adam, la méthode globale a été développée au début du XXe siècle par Ovide Decroly, pour aider l’apprentissage d'enfants en difficulté qui n’arrivaient pas à lire par les méthodes habituelles.

Elle est adaptée dans les années 1980 par Évelyne Charmeux et Jean Foucambert sous le nom de méthode idéovisuelle.
Cette méthode consiste à utiliser directement des mots entiers simples et familiers, voire des phrases entières, sous forme de différents jeux de devinettes. Le manuel Objectif lire s'en inspire.

[url]http://fr.wikipedia.org/wiki/M%C3%A9thode_globale

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Qu'on se le dise ! et le répande façon traînée...de poudre !  hello:{}
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C'est incroyable ce qu'un troupeau de moutons est capable de brouter pour finir dans la gamelle de son berger.
n°207549
llioill
Posté le 10-11-2008 à 15:11:24  profil
 

Taratata ! lécithine de soja !   :D

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Je pense que la modération malgré les appels à la censure , sera suffisamment intelligente pour comprendre que l'ancienne version étant caduque , il est bon de " rafraîchir " un peu cette page que l'on nous impose inlassablement dans son ancienne version et qui est donc , de ce fait , une erreur GROSSIERE d'arguments.

Si cela est accepté , et puisque le sujet porte UNIQUEMENT sur cette méthode , nous ne devrions plus avoir à supporter que l'on " argumente " ce livre qui est l'oeuvre d'orthophonistes ( exerçant depuis plus de 30 ans en CMPP ) , en se basant sur son ancienne version. Je le répète : elle est caduque !

J'invite donc , les opposants ( qui ne sont pas si nombreux d'ailleurs  ange:{}  ) à venir s'exprimer EUX-MÊMES pour nous faire découvrir POURQUOI , selon eux , ce livre ne correspond pas à leur pédagogie.
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Merci aux modérateurs pour leur attention , et pour avoir le professionnalisme de constater que cette ancienne version n'étant plus au goût du jour , ce sujet appelle au droit de réponse.  :)
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Et puis ça... ange:{}


Après le succès de la " Méthode de lecture Léo et Léa ", son complément indispensable La " Méthode interactive ( CD-Rom pc) La souris de Léo et Léa "

 

Cette gamme de 3 CD Rom constitue un outil ludique et efficace qui permet l’écoute et la reconnaissance des sons correspondant aux graphies. ( 3 CD rom : Ecouter et lire, Lire, Lire et écrire )

 


 

Les points forts des 3 CD Rom :

 

Techniques de renforcement cognitif utilisant les dernières avancées dans le domaine pédagogique et neuropsychologie.

* Présentation ludique et attrayante pour stimuler

* Progressivité des exercices et ergonomie facilitant la gestion de l’hétérogénéité des niveaux de lecture

* Pas d’animation superflue qui disperse l’attention

* Contexte sémantique pour favoriser l’accès au sens.

 

Jeux conçus pour favoriser la concentration, la réflexion et la mémorisation, la structuration lu langage écrit.

* S’évaluer, s’entraîner de façon autonome

* Interactivité pour motiver

* Consignes orales et explicites

 

Logiciels conçus par des enseignants et orthophonistes et validés au niveau pédagogique

L’enseignant peut par exemple, faire travailler toute sa classe sur " La souris de Léo et Léa ", de l’élève en difficulté qui démarre dans la lecture, à l’élève qui maîtrise déjà bien l’écrit.

 

Vous trouverez toutes les informations nécessaires sur le site www.genyx.fr



Posté le Mardi 07 février 2006 @ 10:17:13 par adminv

[url]http://www.apedys.org/dyslexie/article.php?sid=414

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Mais quand on sait de qui vient la critique de cette méthode... :)



Historique [modifier]

Décrite dès 1787 par Nicolas Adam, la méthode globale a été développée au début du XXe siècle par Ovide Decroly, pour aider l’apprentissage d'enfants en difficulté qui n’arrivaient pas à lire par les méthodes habituelles.

Elle est adaptée dans les années 1980 par Évelyne Charmeux et Jean Foucambert sous le nom de méthode idéovisuelle.
Cette méthode consiste à utiliser directement des mots entiers simples et familiers, voire des phrases entières, sous forme de différents jeux de devinettes. Le manuel Objectif lire s'en inspire.

[url]http://fr.wikipedia.org/wiki/M%C3%A9thode_globale

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Qu'on se le dise ! et le répande façon traînée...de poudre !  hello:{}
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C'est incroyable ce qu'un troupeau de moutons est capable de brouter pour finir dans la gamelle de son berger.
n°207862
Au Fond Pr​es Du Radi​ateur
Posté le 13-11-2008 à 21:10:35  profil
 

c'est cool d'avoir remis des images nouvelles, llioill
comme ça, ceux qui doutaient sur cette daube auront des certitudes : c'est bien une daube :)


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