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Les 4 vérités : Brighelli - Vidéo

 

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Auteur Sujet :

Les 4 vérités : Brighelli - Vidéo

n°176923
Un institu​teur
Posté le 13-03-2008 à 17:36:11  profil
 
n°176964
ElDuendeLo​co
lire nuit gravemnt à la bétise
Posté le 13-03-2008 à 19:24:10  profil
 

des nouvelles de brighelli, l'ami qui vous veut du bien, soit disant "de gauche"

Citation:

Les bons amis de Brighelli

Brighelli en vedette chez de Villiers :


http://www.pourlafrance.fr/actualites.php


Où l’on apprend que les « constats sur l’école de Brighelli sont partagés par Philippe de Villiers  » :


« Dans ses livres (après « La fabrique du crétin » - un best-seller -, et « A bonne école », il publie aujourd’hui « L’Ecole sous influence ou Tartuffe roi »), ce professeur de français passe au crible les échecs du système scolaire français. Dans un entretien au Parisien/Aujourd’hui en France (19.10), il en développe un certain nombre : « Nous payons actuellement les ultimes conséquences de la loi Jospin sur l'école de 1989, qui place l'élève au centre du système et qui l'incite à « construire ses propres savoirs », comme le serine la rengaine pédagogiste. A force de ne plus rien apprendre de solide, beaucoup se sont emmurés vivants derrière un écran d'ignorance terrifiante qui mène aux pires excès. Crétin, c'était gentil. Aujourd'hui, ce sont des barbares que l'école fabrique. Les émeutes de banlieue, qui se reproduiront, me donnent raison. A force de « respecter la loi des ghettos et leur sous-langage, nous avons laissé dégénérer une génération entière. » Des constats partagés par Philippe de Villiers qui propose dans son pré-projet présidentiel, de recentrer l’école sur ses missions premières (« transmission des savoirs, promotion du civisme et rayonnement de la culture nationale ») et de remettre en vigueur l’autorité des maîtres en cessant de les considérer comme des animateurs sociaux… »

Où l’on apprend que les délires racistes et xénophobes de Brighelli tels qu’il les exprime dans le Parisien (19/10/2006) font tressaillir d’aise de Villiers. Lorsque Brighelli écrit : « en mettant toutes les cultures sur le même plan, l’école a négligé et même torpillé notre culture...Nous sommes tétanisés par une culpabilité post-coloniale qui nous place en situation de repentance », de Villiers lui répond qu’il « n’a rien à renier de ces propos ».

Où il se confirme que le pape de l’école conservatrice patauge dans le même marigot que l’extrême-droite la plus sordide. Parce qu’il en partage les valeurs.

Où il est attesté que le discours nostalgique sur l’école d’autrefois n’a d’autre dessein que de ramener la France a une période qui lui est chère : celle du début des années 40, de la France de Vichy.

Sur « Journal d’école », ça fait longtemps qu’on n’avait plus de doutes sur le sujet.


et quand on demande "brighelli" à google actualités, il ne répond pas "de gauche", la preuve :

Citation:

L’école n’est plus un « sanctuaire »
Mouvement Pour la France (Communiqués de presse) - Il y a 28 minutes
Pour Jean-Paul Brighelli (Le Parisien, 19.10), l’école n’est, en effet, plus un « sanctuaire » et le communautarisme se répand comme une traînée de ...

Alain Juppé réélu à la mairie de Bordeaux
Jeunes Populaires 34 - 8 oct 2006
... l’école en perdition, les Jeunes Populaires de l’Hérault n’ont pu qu’acquiescer le constat dressé par Jean-Paul Brighelli (Professeur – Blogueur ...

La fabrique du nazi
Novopress - 10 oct 2006
Al’instar de JP Brighelli dénonçant la fabrique du crétin [1] organisée par notre mammouth éducatif, je souhaiterais pour cet édito revenir sur la ...

Pour en finir avec les voies de garage
Mouvement Pour la France (Communiqués de presse) - 3 oct 2006
... « Les patrons sont désabusés de recruter des jeunes diplômés qui ne savent ni lire, ni écrire, ni compter » renchérit Jean-Paul Brighelli, auteur de La ...

Réforme de l’Université : les propositions de l’UNI au cœur ...
UNI - La droite universitaire - 5 oct 2006
... Laurent, conseiller du président du groupe AXA et ancien président fondateur de l’université de Marne la Vallée, et Jean-Paul Brighelli, enseignant et ...


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Romarin, Sextidi, 6 Messidor, An CCXX (don't feed the troll !)
n°176965
ElDuendeLo​co
lire nuit gravemnt à la bétise
Posté le 13-03-2008 à 19:26:43  profil
 

Objectif atteint d'enguell out a écrit :

Dis moi ce que tu penses, je te dirai qui tu es

Où peut-on lire :

Citation:

"Il appartient à l'Etat d'instruire ses enfants",

"Les enfants doivent retrouver la valeur des savoirs fondamentaux",
?

 Où dénonce-t-on :

 
Citation:

"les ravages du pédagogisme et de l'égalitarisme"

les temps consacrés à l'épanouissement de l'enfant comme les "heures de vie de classe",

les IUFM, des "centres de déstructuration et d'endoctrinement",

le collège unique
?

Où souhaite-t-on :

Citation:

établir "des exigences de passage et réévaluer la valeur des examens comme le brevet du collège".

que le contenu des enseignements soit "organisé de manière structurée et chronologique"

que l'on revienne, pour l'apprentissage à la lecture, à la méthode syllabique.  

une plus grande sélection des élèves
?

Où juge -t-on

Citation:

"criminel" l'objectif de parvenir à 80 % d'une classe d'âge au baccalauréat.  
?

dans les livres de J-P Brighelli ?  

dans le discours de M. le Bris à la convention de l'UMP ?

sur le site de Sauver les lettres ?

sur le site de Sauver les élèves ?

sur le site de SOS Education?

dans une circulaire de notre ministre ?

dans le discours d'Angers de N. Sarkozy ?

dans les commentaires laissés sur ce blog par nos visiteurs contradicteurs ?


NON, vous n'y êtes pas.

On trouve tous ces propos dans le programme du Front National !

voir http://www.lemonde.fr/web/arti [...] 442,0.html


Il ne suffit pas de voter à gauche pour être un enseignant de gauche.

Il n'est pas nécessaire de voter FN pour défendre et proposer ses idées.


 


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Romarin, Sextidi, 6 Messidor, An CCXX (don't feed the troll !)
n°176966
ElDuendeLo​co
lire nuit gravemnt à la bétise
Posté le 13-03-2008 à 19:27:51  profil
 

jpd7 a écrit :

Argumentation de jésuite ou de faux-jeton......

deux camps : soit !

Constructivistes et Comportementalistes : pourquoi pas ! mais peu clair.

Anti-pédagogues et pédagogues. Cela ne me convient pas car je vous considère comme une sorte de pédagogue.

Les anciens contre les modernes : facile mais pas entièrement faux.

je pourrais égrainer d'autres oppositions.

mais la plus dégueulasse c'est celle que vous annoncez d'un ton patelin :

"appelons les les pédagogistes et les républicains"


Quel cinéma !!!!!!!

Je serais dans le camp des pédagogistes .....et pas dans celui des républicains !!
C'est du foutage de gueule !

OPA sur la République !
C'est du vol caractérisé.

Pratique insidieuse de la disqualification : c'est une belle malhonnêteté qui nous en apprend de belles sur les phénomènes de projections possibles.

Mon bon sens ne semble pas être de la même eau que le vôtre.

J'ai emmerdé le "pouvoir" comme vous dites, lorsqu'il le méritait, pendant plusieurs décennies, refusé toute "distinction".

Je vous refuse de capter à votre seul profit le beau terme de républicain.
Je ne vous en prive pas, pour autant.

Vous êtes allé trop loin.

jpd



Citation:

La jeunesse au pas de l'oie

Alors que Déroulède – pardon, Chevènement – venait de se déclarer candidat à la présidentielle, Royal lui a aussitôt demandé de la rejoindre (France 2, JT 06/11/2006) : « J’ai beaucoup de respect pour Chevènement – a-t-elle déclaré – je l’ai toujours soutenu dans sa démarche concernant l’encadrement des jeunes ». Tiens donc. Pour ceux qui ont la mémoire courte, ou qui étaient trop jeunes à l’époque, rappelons qu’il y a une vingtaine d’années, Chevènement, alors ministre de l’Education nationale, avait été à l’origine d’une formidable régression éducative dont on n’est toujours pas sorti aujourd’hui : le regard fixé sur l’école des années 20 (et sur la ligne bleue des Vosges), son passage rue de Grenelle avait été marqué par un arrêt brutal de l’innovation pédagogique et des tentatives pour faire bouger l’école. Le niveau collège, tout spécialement, ne s’en est jamais remis. Le collège d’aujourd’hui, dont chacun s’accorde à reconnaître que c’est le niveau à problème, c’est le collège Chevènement. C’est lui qui, notamment, en rétablissant un examen écrit en fin de 3e, a largement contribué à court-circuiter la rénovation des apprentissages scolaires et de l’évaluation. Aujourd’hui, si les élèves s’ennuient autant en collège, c’est à Chevènement qu’ils le doivent. Mais Chevènement, c’est aussi la Marseillaise obligatoire, le retour à l’histoire de France traditionnelle destinée à « faire émerger une conscience nationale » chez l’enfant, la kollaboration armée/école avec cet inénarrable programme d’éducation dite « civique » visant à développer l’esprit de défense chez les jeunes (voir mes très nombreuses chroniques sur le sujet). Chevènement, c’est aussi l’intarissable pleureuse de la disparition du service militaire qui, sur ce sujet, rêvait de voir Chirac au poteau d’exécution pour haute trahison. Chevènement fut également le premier, bien avant Sarkozylepenroyaldevilliers, à  jeter l’anathème sur les « sauvageons », contribuant ainsi à créer dans une large fraction de l’opinion publique une profonde méfiance à l’égard des jeunes. Le jeune, bouc émissaire, surtout s’il est un peu métissé, le jeune à surveiller, le jeune à enfermer, le jeune à dresser, le jeune à encaserner, c’est lui, Chevènement, puis, après lui, beaucoup d’autres. Parmi lesquels Royal dont il est incontestablement le mentor, ou plutôt l’âme damnée. Car il est quand même effarant de voir comment cette détestation des jeunes générations a pu devenir le ciment de la quasi totalité des candidats à la présidentielle ; sans doute pour masquer le vide de leur pensée, leur piètre sens des responsabilités, leur incapacité maladive à traiter des questions d’avenir, ils font preuve au contraire d’une imagination sans limite dès lors qu’il s’agit d’ « encadrer » les jeunes, comme le dit Royal : colonies pénitentaires, internats généralisés, uniformes scolaires, policiers dans les écoles, suppression de la justice des mineurs, Marseillaise obligatoire, élèves au garde-à-vous devant le drapeau nazional, on ne sait plus au juste qui vole les idées de l’autre, qui inspire qui, qui ira le plus loin dans la surenchère.




Et moi qui ne suis qu’un petit prof de collège, donc éducateur un peu quand même, je m’inquiète devant cette dérive démagogique : l’histoire a gardé en mémoire que les régimes qui ont développé les conceptions éducatives les plus brutales ont été aussi parmi les plus totalitaires. Quand on commence par faire marcher au pas la jeunesse, c’est bientôt toute la société qui suit.

http://journaldecole.canalblog.com/

 
 
marrant que tous ces brighellistes se réclament de ce gars-là, sans se rendre compte qu'ils alimentent de villiers et toute la clique des marcheurs au pas de l'oie... enfin... marrant.... façon de parler...


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Romarin, Sextidi, 6 Messidor, An CCXX (don't feed the troll !)
n°176976
ElDuendeLo​co
lire nuit gravemnt à la bétise
Posté le 13-03-2008 à 19:48:54  profil
 

LES HUSSARDS BLEUS
Depuis quelques temps, il est devenu presque impossible de traiter publiquement la question de l'École sans que surviennent des réponses hérétiques intempestives, d'une autre époque, pour ne pas dire d'un autre monde. Blogs, forums, livres, journaux, télés, radios, magazines ou simples réunions publiques : comme chacun a pu le constater, tous les espaces d'expression sont pollués, parfois jusqu'à saturation, par une vision totalement archaïque de l'éducation. Ce discours simpliste et mensonger hérisse le poil des uns mais fait se tendre l'oreille des autres. En effet, malgré la précision et la rigueur des travaux de recherche ou l'authenticité des témoignages liés aux pratiques de classe, tout n'a pas été dit sur ces nouveaux "hussards bleus", capables d'user de toutes les armes, conventionnelles ou non, de porter tous les coups, fussent-ils vils et bas. Contre des adversaires qui ne s'embarrassent pas de la vérité, la rationalité des arguments les plus sérieux ne pèse pas lourd. Mais qui sont ces antipédagogues, qui font de leur incompétence une vertu ? Comment leur crasse ignorance, cachée sous une virulence abrutie, peut-elle séduire des parents déboussolés, des enseignants dépassés ou des animateurs en mal d'audimat?

En premier lieu, il y a une complaisance dangereuse de certains médias à l'égard de ces énergumènes furibards dont le statut de groupuscule est dissimulé sous un activisme surmultiplié par Internet et un imposant carnet d'adresses politiques et médiatiques. Quand Françoise Laborde, la journaliste de France 2, reçoit J-P. Brighelli aux "quatre vérités" (sic) le 27/4/2006 pour parler de son dernier livre, elle oublie juste de préciser qu'elle est chaleureusement remerciée à la fin de cet ouvrage !

Quand Anne Guéry, journaliste de la même chaîne, réalise dans l'année ses deux seuls reportages sur l'éducation - comme par hasard - dans les classes de Rachel Boutonnet de "Sauver les lettres" ou de Françoise Candelier du SLECC, elle affirme sans rire : "quand je vais voir un enseignant, je ne connais pas son profil" ("L'hebdo du médiateur", 7/10/2006). En vérité, ces bêtes de foire... d'empoigne assurent de bonnes ventes et une bonne audience en tenant un discours qui peut séduire même ceux qui en seront les prochaines victimes ! Cette complicité s'est exercée au travers d'articles et de reportages télévisés dans lesquels la souplesse pédagogique est soudain apparue comme un laxisme, alors que le renoncement que provoque la rigidité totale de ces apocalyptiques était présenté comme la preuve d'une rigueur professionnelle retrouvée ! Un comble ! Du coup, ceux qui recherchent l'amélioration des conditions de la réussite scolaire ne seraient plus que des "pédagogols", "criminels de l'éducation" et autres "khmers rouges" !

Ensuite, ces rustiques aux gros sabots, pour lesquels on déroule le tapis rouge en guise de paillasson, se présentent comme d'honorables "résistants" oeuvrant dans l'ombre.  
Le livre de Rachel Boutonnet s'intitule "Journal d'une institutrice clandestine"... peut-être pour mieux rappeler que les objectifs affichés par cette fonctionnaire ne respectent pas vraiment les programmes officiels autrement plus ambitieux ! Ces rois de la férule exercent une incessante activité de lobbying à destination de médias incompétents et d'un ministère bien perméable à leurs arguments au point d'être tenté de couper les têtes qui dépassent lors de ce grand garde-à-vous pédagogique (cf. R. Goigoux). Pourtant, il est facile de constater que nos prétendus "maquisards" ne sont que de zélés "collaborateurs" de la politique la plus rétrograde que l'on ait connue depuis longtemps. Ainsi, J-P. Brighelli, l'auteur de "La fabrique du crétin" (non, ce n'est pas une autobiographie) suite à une émission de télévision où on fit semblant de l'opposer au ministre ("L'arène de France", France 2 le 6/9/2006) avoue sur son blog :
" Il y avait un jeu assez complice entre moi et De Robien, plus ou moins planifié d'avance. Le fait de nous mettre dans des camps opposés n'était que de la frime " (7/9/2006, sur son site "bonnet d'âne" ). Quant à Marc Le Bris, connu pour le livre "Et vos enfants ne sauront pas lire... ni compter" qui lui valut d'être reçu cordialement en 2004 par le ministre Fillon, il n'a pas hésité à prendre la parole à la tribune de... l'UMP lors de la journée de convention de ce parti le 22 février 2006 (photo sur le site du café pédagogique). Cet adoubement lui a permis d'obtenir à la rentrée 2006 une aide financière rondelette et une décharge pour mettre en place le programme rétrograde SLECC (savoir lire, écrire, compter, calculer) qui soutient autant l'école qu'un pieu l'empalé.

Par ailleurs, ces "tenants du savoir" ne savent vraiment pas se tenir ! Leurs sbires insultent, menacent, diffament, mentent, tentent d'intimider leurs opposants. Ils vont parfois plus loin comme G. Sibieude, responsable du site "lire-écrire" et auteur du livre "Apprendre à lire à la maison" (forcément !) , qui hurle : "Aux armes, citoyens !  Il faut que de nombreux opposants aillent faire la claque", aux réunions publiques de Philippe Meirieu car "c'est l'occasion de démolir un type qui devrait être jugé en cour d'assises pour crimes contre les enfants" (8/9/2006 site lire écrire) !!! Dire que quelques mois plus tôt, le même Sibieude participait à des réunions en compagnie de M. Le Bris sous le haut patronage de l'association traditionaliste "Familles de France" (en Seine-Maritime les 20 et 21 janvier 2006) !

Enfin, ce qui n'est jamais affiché sous ce menu avarié, c'est le véritable prix à payer par les jeunes élèves pour leur imposer des méthodes d'enseignement qui n'envisagent l'apprentissage que sous la forme du gavage, dans une conception de l'éducation limitée à l'instruction par dressage. Pour cela, laissons la parole à Rachel Boutonnet qui , dépourvue de la modestie nécessaire pour apprendre un métier complexe, ne craint pas d'écrire deux livres en moins de quatre ans d'expérience, ce qui nous vaut quelques recettes peu ragoûtantes (citée par M.T. Maschino dans "Parents contre profs" Fayard 2002) : refus du travail en équipe avec les collègues car "c'est l'avis du plus fort qui passe" ; mépris des élèves juste considérés comme "non responsables, non autonomes et ignorants de beaucoup de choses" ; une démarche fastidieuse assumée : "je ne crains pas qu'ils s'ennuient [...] je demande à mes élèves de rester immobiles et attentifs en classe [...] mes punitions sont bêtes et méchantes [...] " (on peut lui faire confiance !) ; une tenue de la classe suspecte quand ça ne va plus : "Je hausse la voix très fort et je dis des choses assez terribles (???) pour que mes élèves en restent cois. Je peux donner des tapes sur les fesses de ceux qui ne se décident pas à s'asseoir correctement. Je secoue parfois les épaules de ceux qui sont trop agités pour entendre les réprimandes" ; un RMI éducatif : "Je ne travaille pas par "projets". Mon seul "projet" est que mes élèves apprennent à lire, écrire et calculer" (et dire qu'elle et ses amis accusent les pédagogues d'avoir renoncé !) ; une gestion du travail et des conflits peu recommandable : "Mes élèves ne travaillent pas en groupes. Chacun travaille seul et pour lui. Si j'entends un de mes élèves dire qu'il "n'aime pas les Noirs", je le reprends devant toute la classe et je le range avec le plus noir de la classe", etc. C'est avec une telle assise théorique qu'elle fut invitée sur RFI (18/1/2006) où elle put affirmer : "Je ne parle pas trop de pédagogie différenciée car ça ne me dit pas grand chose" ou encore "Il y a l'envie de lire chez tous les enfants... [...] il faut apprendre à lire même à ceux qui n'ont pas envie de lire" et enfin à propos de la syllabique : "l'intérêt c'est que l'enfant ne lit que ce qu'il sait lire" !!! Comme dirait M. Le Bris (France 2 le 6/9/2006) : "C'est cette école qui a fait de nous des intellectuels ". Tu l'as dit, bouffi ! C'est en tout cas de cette façon que de prétendus militants de gauche (Boutonnet, Le Bris, Brighelli) ont reçu le soutien de l'extrême droite (logique puisque seul le programme du FN prévoyait le retour de la syllabique - voir aussi le site de B. Mégret).

Bien sûr, nous pourrions nous contenter de sourire si dans le même temps tout allait bien dans l'Éducation Nationale. Or, il reste d’évidents progrès à réaliser, notamment en développant des pratiques innovantes, adaptées, mais rendues responsables de tous les maux... sans qu'elles aient jamais été réellement mises en place ! Et dans un pays qui connaît une dégradation sans précédent (chômage, RMI, racisme, communautarisme, logement, précarité, violences...) qui voudra faire croire que tout va bien sauf l'école dont on sabote encore ces temps-ci les moyens d'action ?

Rappelons que s'il reste des imperfections de taille, il n'y a jamais eu aussi peu d'illettrés, jamais aussi peu de jeunes sans qualifications ou diplômes, jamais aussi peu d'échec scolaire, jamais autant de bacheliers. Que de nouvelles exigences aient dépassé nos résultats - pourtant en hausse - est une évidence que l'on aimerait voir médiatisée davantage que ces nostalgiques délirants qui, en plus d'hurler avec les loups, font le choix de les caresser dans le sens du poil, inconscients de la gravité des morsures que la crise sociale et morale ne fera qu'infecter. A nous de trouver les réponses pour museler ces aboiements de pitbulls enragés, issus d'un croisement idéologique aussi redoutable que douteux.

Octobre 2006
Sylvain Grandserre  


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Romarin, Sextidi, 6 Messidor, An CCXX (don't feed the troll !)
n°176978
ElDuendeLo​co
lire nuit gravemnt à la bétise
Posté le 13-03-2008 à 20:00:39  profil
 

À propos du nouveau livre de J.-P. Brighelli

Entre pseudo-propositions et violents anathèmes


Nous sommes parfois tentés de ne pas parler dans nos publications des ouvrages de ceux qui pourfendent la pédagogie et inondent le marché de livres bâclés, rarement étayés, toujours polémiques et négatifs. Mais nous résistons à cette tentation, car il nous faut, patiemment, démonter les stratégies de désinformation et de déstabilisation à l’œuvre à travers ces textes. J.-P. Brighelli pratique l’insulte (voir aussi la réaction de Pierre Frackowiak à propos de "La fabrique du crétin" ).

Les Cahiers pédagogiques sont tantôt le principal organe de rassemblement des « malfaiteurs » (voir sa note 62 dans son ouvrage), tantôt une officine « khmer rouge » (voir le blog de J.-P. Brighelli).
Nous ne répondrons pas à ce genre d’injures et aux appels à la guerre (en attendant d’être fusillés, puisque nous sommes « en mars-avril 44 » et que se prépare donc l’épuration contre les « collabos » que nous sommes.) Nous préférons l’analyse minutieuse, étayée par de vraies citations, comme dans le texte qui suit. L’auteur fait allusion à la Ferme des professeurs qui est abondamment cité par Brighelli( voir le blog de François Vermorel). Or, le numéro de mai du Monde de l’éducation (p.51) (consulter le site du Monde de l’éducation) nous montre bien les falsifications et mensonges dont s’est rendu coupable son auteur. Un bon exemple de procédés de soi-disant défenseurs de la culture et de la rigueur intellectuelle.
Ajoutons notre irritation de voir dévoyés des mots comme « résistance », comme hier on parlait de « CRS-SS ». Quels que soient les griefs qu’ont nos détracteurs contre la pédagogie, ils devraient s’abstenir de se réclamer ainsi d’un combat qui n’a rien à voir avec leurs pitoyables diatribes.

Voici donc une analyse de ce livre qui nous parait aller au-delà de la simple recension, mais qui en reste sur le terrain des idées et de l’argumentation. Espérons la réciproque !

La rédaction des Cahiers


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Jean-Paul Brighelli, A bonne école, Paris, Jean-Claude Gawsewitch éditeur, 2006, 336 p. 19,50 €.

Paraissant à peine six mois après La Fabrique du crétin, best-seller de la rentrée (Jean-Claude Gawsewitch éditeur, 2005), le dernier pamphlet de Jean-Paul Brighelli suscite au premier abord attirance et répulsion.
Répulsion parce que, comme le revendique le bandeau rouge imprimé sur la couverture et comme l’a dit Laurent Ruquier lui-même lors d’un des innombrables passages médias de l’auteur (invité notamment à titre d’expert pour parler des problèmes de la formation des jeunes dans une émission de débat lors de la crise du CPE), ce livre se veut « la suite de La Fabrique du crétin ». Pour ceux qui seraient passés à côté de ce succès de librairie, rappelons brièvement : un libelle de plus dénonçant le naufrage de l’école française (baisse du niveau, perte de repères, recul de l’autorité...) du fait de la mise en œuvre d’un « projet » ourdi par quelque complot de « pédagogues modernes ». Au gré des outrances et des anathèmes distillés dans ces pages, le lecteur ayant fréquenté un tant soit peu les textes des « pédagogistes » mis en accusation est pris de l’envie de raturer, d’annoter, de corriger sans cesse, tant l’ouvrage assène de contre-vérités, tant il recèle d’incompréhensions et de profonde méconnaissance de ce qu’il prétend pourtant traiter.Tentation parce que, comme le rappelle la quatrième de couverture, « A bonne école est un livre de propositions ». Or la chose est rare dans ce type de littérature qui dénonce continuellement mais ne propose pour ainsi dire jamais, même depuis que les médias et le ministère ont clairement signifié leur soutien à cette mouvance, ce qui met leurs auteurs en position de responsabilité. Cela mérite donc qu’on prenne la peine d’ouvrir le livre.
Mais l’espoir est bien vite déçu : ceux qui voulaient trouver (enfin !) un vrai projet d’école alternatif à celui des « pédagogistes » doivent constater avec dépit que les propositions constructives n’ont guère de place dans les 335 pages de l’ouvrage. Bien plus que des propositions, c’est la position et le développement d’une thèse accusatoire qui occupe l’essentiel de l’essai : l’école est en crise parce qu’il est désormais interdit d’enseigner quoi que ce soit aux élèves, en vertu des « diktats des IUFM », imposés par les « pédagogistes », traités comme d’habitude de « fascistes » et autres « khmers rouges ». A l’appui de ce réquisitoire, comme d’habitude, il n’y a à peu près aucune donnée fiable, l’essentiel de la documentation de l’auteur se résumant à quelques témoignages douteux ou à des extraits de La Ferme aux professeurs, de François Vermorel (Editions de Paris, 2005).
Mais, quelques lignes par chapitre, on trouve tout de même des propositions et des idées positives. Bien sûr, les grands classiques : la méthode syllabique d’apprentissage de la lecture, la « grammaire de phrase », le « rétablissement » du redoublement, la promotion du « par-cœur » ou encore l’usage systématique de la dictée... Bien qu’il s’en défende, ses propositions-phare sont justifiées par des références systématiques au passé, marque d’une nostalgie dont il est décidément bien difficile de se défaire. Mais le plus intéressant concerne ses propositions pour le secondaire. Promotion et officialisation du travail d’équipe, autonomie des établissements pour la mise en œuvre des programmes et l’organisation des classes, pédagogie différenciée : sans qu’il s’en rende toujours compte, l’auteur se fait l’allié des « pédagos » qu’il prétend combattre. A la place du « collège unique » (fort peu défini), il suggère encore une organisation souple des groupes d’élèves qui rappelle fortement les groupes de « niveau-matière », l’idée de Louis Legrand qui avait tant scandalisé en 1983. L’organisation de cours de philosophie en lycée professionnel (p. 282) était pour sa part avancée par le projet Meirieu de 1998...
Brighelli et les pédagogistes, même combat ? Il faut dire qu’il n’en est pas à sa seule contradiction : entre la dénonciation de profs nuls (p. 35) et l’assurance que « les enseignants ont de la valeur (p. 155) ; entre la mise en avant du principe d’éducabilité, qu’il reprend à son compte, et sa volonté de régler les problèmes en excluant les fauteurs de trouble (p. 77) ; entre l’invocation de la responsabilité première des réformes puis sa minimisation pour accuser la télévision (p. 191), il apparaît que le développement de son discours a du mal à préserver sa cohérence dès lors qu’il s’oblige à un minimum d’approfondissement.
C’est sans doute pour cela que l’auteur ne s’expose pas trop et ne prend pas le risque de faire des propositions suffisamment tranchées et motivées. Ses conceptions peuvent s’appuyer sur des convictions qui prennent le contre-pied de principes solidement ancrés, sans qu’il juge utile de s’en justifier outre mesure : c’est le cas de la réduction de la durée de scolarisation en maternelle à une année, ou encore de l’absence de toute référence à l’école obligatoire, remplacée par la promotion d’une distinction entre primaire (chargé d’apprendre des certitudes) et secondaire (chargé d’apprendre des doutes). Le flou des propositions, d’ailleurs, contraste avec la netteté des accusations : après une charge contre les IUFM qui constitue une bonne part du livre, il ne suggère pour ainsi dire rien pour les remplacer, sinon des sortes de classes préparatoires pour instituteurs, où il veut bien, d’ailleurs, qu’on dispense une formation pédagogique pourtant si décriée quelques pages plus tôt. Brighelli n’est « pas hostile à », ne « s’opposerait pas à », prétend occuper le juste milieu en excluant deux termes d’une alternatives sans en proposer une troisième... Bien entendu, lorsqu’il fait malgré tout des propositions précises, il ne s’interroge pas sur leurs limites : l’école d’autrefois, qui lui sert de modèle, essuyait aussi des échecs et ses méthodes (la sacro-sainte méthode syllabique ou l’usage du redoublement, pour ne parler que celles-là) ont pu s’avérer inadaptées à certains publics ou à certaines ambitions... Mais comme preuve du bien-fondé de ses idées, l’agrégé de lettres classiques invoque son vécu personnel et sa propre scolarité : la mauvaise note ou le redoublement, par exemple, n’auraient ainsi jamais traumatisé personne (pp. 60 et 178). Inutile d’ajouter que dans ces conditions, bien des questions sur la crise actuelle de l’école restent sans réponse.
L’ouvrage ne peut en fait conserver son crédit de « livre de propositions » que s’il applique un schéma simple mais efficace : asséner avec aplomb des énormités sur les pédagogistes exacerbe le contraste avec les banalités proposées en réponse, et donne à ces dernières une grande valeur, quand bien même elles enfonceraient des portes ouvertes. Ainsi, si « les pédagogistes sont favorables partout, toujours, à l’expression des communautarismes » (p. 188), on a l’air original et ambitieux lorsqu’on se livre en réponse à une vibrante défense des valeurs de la République. Si les formateurs en IUFM justifient leurs fautes d’orthographe en qualifiant cette dernière de valeur bourgeoise qu’il faut savoir renverser, on passe pour un héros en disant combien la maîtrise du français est importante. Suppression du redoublement, concours de recrutement remplacés par des QCM, interdiction de faire lire des romans en classe de première, rejet des grandes œuvres du patrimoine littéraire et bien sûr, haine du savoir... un portrait aussi apocalyptique des pédagos, que bien peu de lecteurs de Brighelli ont lu, et de l’institution scolaire, dont ils auraient pris la direction, donne à l’auteur, qui croit peut-être lui-même à ces contre-vérités, l’impression que son attachement à la littérature ou à l’autorité est, en soi, un acte de résistance. Dès lors, réclamer qu’on recense les absences des élèves (p. 158) ou qu’on institutionnalise la formation permanente des enseignants (p. 159) aura les faveurs du public mal informé, qui croit que cela ne se fait pas. « Face au laxisme qui règne dans les classes, il faut sonner la fin de la récré » (p. 22). Le « laxisme », la « récré » en question sont postulés, sans autre forme d’étayage argumentaire qu’un discours catastrophiste, qui, visiblement, suffit à convaincre.
En définitive, cet ouvrage du nouveau héraut de l’antipédagogisme, en bornant les propositions censées en constituer la substance à quelques banalités, a surtout une utilité : prouver que les thèses antipédagogistes ne sont que des coquilles vides. Le véritable enjeu de la polémique qu’il relaie n’est pas la défense d’un modèle d’école. Il s’agit, comme le rappelle d’ailleurs le mathématicien Laurent Lafforgue dans la préface, d’une part d’exonérer les enseignants de toute responsabilité dans la crise de l’école en désignant des boucs émissaires (p. 11), et d’autre part d’obtenir le pouvoir pour la minorité d’enseignants et d’intellectuels défendant ces thèses (p. 15). Non pas le pouvoir dans les institutions, qui obligerait à composer avec la complexité du réel et à se remettre en question, mais le pouvoir sur les mentalités, en imposant un sens commun sur l’école, sens commun qui est celui qui fonde la position de ces intellectuels à une heure où ils ont du mal à trouver leur place dans la société en général, et jusque dans leurs classes.

Suzanne Bauer
http://www.cahiers-pedagogiques.com/article .php3?id_article=2379


Message édité par ElDuendeLoco le 13-03-2008 à 20:01:41

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Brighelli en vedette chez de Villiers :

http://www.pourlafrance.fr/act [...] cation.php

Où l’on apprend que les « constats sur l’école de Brighelli sont partagés par Philippe de Villiers » :

« Dans ses livres (après « La fabrique du crétin » - un best-seller -, et « A bonne école », il publie aujourd’hui « L’Ecole sous influence ou Tartuffe roi »), ce professeur de français passe au crible les échecs du système scolaire français. Dans un entretien au Parisien/Aujourd’hui en France (19.10), il en développe un certain nombre : « Nous payons actuellement les ultimes conséquences de la loi Jospin sur l'école de 1989, qui place l'élève au centre du système et qui l'incite à « construire ses propres savoirs », comme le serine la rengaine pédagogiste. A force de ne plus rien apprendre de solide, beaucoup se sont emmurés vivants derrière un écran d'ignorance terrifiante qui mène aux pires excès. Crétin, c'était gentil. Aujourd'hui, ce sont des barbares que l'école fabrique. Les émeutes de banlieue, qui se reproduiront, me donnent raison. A force de « respecter la loi des ghettos et leur sous-langage, nous avons laissé dégénérer une génération entière. » Des constats partagés par Philippe de Villiers qui propose dans son pré-projet présidentiel, de recentrer l’école sur ses missions premières (« transmission des savoirs, promotion du civisme et rayonnement de la culture nationale ») et de remettre en vigueur l’autorité des maîtres en cessant de les considérer comme des animateurs sociaux… »

Où l’on apprend que les délires racistes et xénophobes de Brighelli tels qu’il les exprime dans le Parisien (19/10/2006) font tressaillir d’aise de Villiers. Lorsque Brighelli écrit : « en mettant toutes les cultures sur le même plan, l’école a négligé et même torpillé notre culture...Nous sommes tétanisés par une culpabilité post-coloniale qui nous place en situation de repentance », de Villiers lui répond qu’il « n’a rien à renier de ces propos ».

Où il se confirme que le pape de l’école conservatrice patauge dans le même marigot que l’extrême-droite la plus sordide. Parce qu’il en partage les valeurs.

Où il est attesté que le discours nostalgique sur l’école d’autrefois n’a d’autre dessein que de ramener la France a une période qui lui est chère : celle du début des années 40, de la France de Vichy.

http://journaldecole.canalblog [...] 20-20.html


Message édité par ElDuendeLoco le 13-03-2008 à 22:35:24

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Le crétin de la fabrique
En automne, les feuilles tombent. Les livres aussi. Il en est même qui tombent …des mains. Celui de Jean-Paul Brighelli en est un bel exemple. C'est de La fabrique du crétin qu'il s'agit, sous-titré La mort programmée de l'école.
Comme souvent, lorsqu'il s'agit d'école, j'ai dressé l'oreille, me suis longuement entretenu avec moi-même avant d'aller dépenser 16,90 € pour acquérir LE livrea yant pour ambition de nous faire "comprendre pourquoi on détruit sciemment l'école." Rien que ça ! Je craignais le pire, je n'ai pas été déçu.

A en croire J.-P. B. la responsabilité de la mort programmée de l'école incomberait pour l'essentiel à la Nouvelle Pédagogie (avec majuscules s'il vous plaît), aux lieux où elle est censée fourbir ses armes de destruction massive les plus secrètes – entendez les IUFM – et à quelques autres broutilles, entendez les syndicats, les post soixante-huitards, le néolibéralisme, l'administration centrale, l'Europe, les ministres de droite comme de gauche, les enseignants bien sûr, le critère de cette mort programmée étant bien évidemment cette rengaine centenaire : le niveau baisse, les bacheliers ne savent plus lire, une licence de 2005 ne vaut pas plus que le certif' d'avant et si l'école, la nouvelle pédagogie et les IUFM ne sont pas en cause quant à l'arrivée de la grippe aviaire, cela ne saurait durer trop longtemps encore. Là, j'exagère mais pas assez. Reprenons dans le détail au gré d'une lecture somme toute aussi pénible que peu instructive.

D'abord le titre. La fabrique du crétin laisse penser, naturellement, que l'école dont le sous-titre annonce la mort programmée est elle-même la fabrique, le crétin étant alors le produit ainsi fabriqué, l'élève donc. Dans une courte préface, Bernard Lecherbonnier essaie de sauver – un peu – la mise et avance que "Le Crétin dont il s'agit n'est pas le produit de la fabrique, mais son ingénieur, son directeur, son patron. Je m'y retrouve mieux ainsi, je l'avoue." Mais, dès le prologue, J.-P. B. rectifie très vite parlant du "crétin taillable et corvéable à merci" (p 21), d'un "être sans passé, sans histoire, sans bases" (p 20), puis un peu plus loin, il écrit : "Le rêve de l'industriel, c'est l'ilote, l'esclave sans conscience des sociétés antiques, le Crétin des sociétés modernes." (p 22) La fiction préfacière, celle du crétin comme étant la fabrique, son ingénieur, son directeur, son patron n'aura pas tenu plus de dix pages. Le clou est définitivement enfoncé, certes de façon un peu modulée, trois pages après : "Le Crétin (et j'entends par là aussi bien le produit du système – l'élève – que son initiateur – l'instance enseignante) ne l'est pas par nature : il est le produit d'un système – alors même qu'il s'en croit parfois producteur."
Quelques pages plus loin, quand J.-P. B. traite enfin des élèves "tels qu'ils sont", cela donne : "Elèves gisant sur les pelouses, écroulés sur le moindre banc tels des sacs à patates, vautrés dans les couloirs, traînant les pieds comme des forçats pour gagner leur salle de cours à la sueur de leurfront blême, voûtés, affalés, répandus, clopes au bec, cheveux gras en bataille, baggy sur les hanches, évitant le soleil de peur d'avoir à y porter leur ombre …"
Ce florilège donne quelque corps à l'affirmation de Pierre Merle, professeur de sociologie à l'IUFM de Bretagne, qui dans un entretien publié dans Sciences Humaines, avance que le titre de ce livre "montre à lui seul le peu d'estime que l'auteur a pour les élèves et pour le travail des professeurs au quotidien."
Par ailleurs, je suis très perplexe quant à l'autre partie du titre, La fabrique. Assimiler l'école, quelle que soit l'acception du terme retenue, à une fabrique, une usine, une manufacture me semble tendancieux. Il y a des manufactures d'armes et de cycles, des fabriques de nougats, des usines automobiles. Mais un élève, c'est à dire une personne, un sujet, certes en devenir, plus potentiel que réalisé, peut-il être confondu avec une matière première dont une fabrique assurerait l'usinage ? Pourtant, à bien y réfléchir, J.-P. B. n'a peut-être pas tout à fait tort. S'il s'agit, en tant qu'enseignant, de ne former que des "crétins", alors il est probablement cohérent de considérer l'école comme une fabrique. Qu'il soit permis à l'instituteur que je suis de penser que je travaille sur une autre ligne demontage, pour une autre "production".
Nostalgie, nostalgie Il peut être porté au crédit de J.-P. B. une certaine franchise, ce qui ne l'empêche pas d'écrire des sottises. La page 18 débute ainsi : "La nostalgie, que ne manqueront pas de nous reprocher les tenants de la "modernité", est la seule voie sérieuse pour préparer le futur sans renoncer massivement à la culture." Lui répond en écho l'éloge de Etre et avoir exaltant lui aussi le BVT (Bon Vieux Temps), celui des becs de gaz, de la marine à voile, de la transmission des savoirs par imposition des mains ou toute autre méthode, étant entendu qu'à cette époque "Depuis le B.A.-BA (méthode syllabique) jusqu'aux grandes écoles et au-delà, l'élève apprenait. On emplissait patiemment ses lacunes, on réduisait ses friches. On lui demandait patience, application et obéissance." Bref, le gavage des oies comme paradigme de l'enseignement !
Et pourtant, déjà, Jules Ferry affirmait : "Les méthodes nouvelles qui ont pris tant de développement, tendent à se répandre et à triompher : ces méthodes consistent, non plus à dicter comme un arrêt la règle à l'enfant, mais à la lui faire trouver. Elles se proposent avant tout d'exciter et d'éveiller la spontanéité de l'enfant, pour en surveiller et diriger le développement normal, au lieu de l'emprisonner dans des règles toutes faites auxquelles il ne comprend rien."Bref, selon J.-P. B. le niveau ne cesse de baisser, ce qui ne l'empêche pas d'écrire : "Il est certain que le bachelier actuel en sait plus, quantitativement parlant, que celui de 1920." Ah, quand même ! Mais, inflexible et ferme sur les prix, il corrige instantanément par : "Mais il sait beaucoup moins bien."
A quelle hauteur se place J.-P. B. pour, en deux phrases, dire tout et son contraire ? Sur quoi se fonde-t-il ? Probablement sur l'air du temps, trois poncifs, deux clichés et une représentation très particulière du monde dans laquelle il suffit d'affirmer, de préférence de façon péremptoire, pour que "les choses" existent.
Deux exemples encore : "Mais le constat de cette mort programmée, annoncée, constat partagé par tous, parents, élèves et enseignants, ne suffit plus." "En interdisant les redoublements, réputés traumatisants, on pousse toujours plus loin des élèves confrontés à des programmes qu'ils ne peuvent maîtriser. L'angoisse est permanente, le syndrome d'échec s'enflechaque jour. Un redoublement n'a jamais été une sanction. Il entérine un niveau, il donne une seconde chance." A ce propos du redoublement, il est piquant de constater que J.-P. B. évoque, des trémolos dans la plume, deux pays faisant beaucoup mieux que la France en matière d'éducation, la Corée et la Finlande. Dans ce dernier pays, le redoublement n'existe pas, les élèves n'ont pas de travail à la maison, n'ont pas de note chiffrée, bref l'horreur absolue pour un tenant comme J.-P. B. de l'école"à l'ancienne" qui, en creux, parce que jamais définie bien sûr, doit être celle qu'il a connue comme élève, ou peut-être rêvée.

Le morceau de choix : les IUFM Alors, là, J.-P. B. se déchaîne :

  • - "chacun sait bien que les IUFM, depuis 1989, servent pour l'essentiel àfaire désapprendre le peu de savoir accumulé dans les cursusprécédents"[*]- les IUFM présentés comme des "niches écologiques" où les leaders du baby-boom "pourraient à leur gré se pavaner, pontifier, et pondre des rapports et des propositions."-[*] Les IUFM seraient hantés "par des libertaires fous".[*]- "Quand j'entends le mot culture, dit le pédagogue moderne, je sors monIUFM."[*]- Et je n'ai pas tout recensé !
Une précision : j'habite Nîmes - nul n'est parfait – et je lis régulièrement un hebdomadaire local, La Gazette de Nîmes. Son numéro 329 consacre trois pages au livre de J.-P. B. sous le titre: "Ecole : une fabrique de crétins ?" J'y ai appris,notamment, que J.-P. B., il y a quelques années, avait souhaité occuper un poste d'enseignant à l'IUFM de Montpellier. Bizarre, bizarre ! Serait - ce une version actuelle de la fable "Le Renard et les Raisins" Mais alors qui et où sont les goujats pourrait se demander le fabuliste ?
J'y ai aussi appris que l'un des enfants de J.-P. B. avait une "instit' à l'ancienne". Soit J.-P. B. est particulièrement chanceux, soit il n'y a peut-être pas autant de "nouveaux pédagogues", c'est à dire de fossoyeurs de l'école selon Saint Jean-Paul, qu'il veut bien le laisser entendre tout au long de son livre. Ce qui ne veut pas dire que les instituteurs de 2005 sont forcément et majoritairement des admirateurs inconditionnels de méthodes d'un autre âge. Mais c'est une autre histoire.
La fabrique du crétin est un livre vite écrit. Il est question, dans ce document – p21 - publié en 2005, de la CEE (Communauté Economique Européenne) dûment remplacée par l'UE (Union Européenne) il n'y a jamais qu'une bonne dizaine d'années, depuis 1993 exactement. L'élève Brighelli gagnerait à effectuer un stage dans la filière ES (Economique et Social) qu'il honore de cette appréciation: "le choix des médiocres universels" Un livre vite écrit, vite lu et à oublier encore plus vite.
Une dernière chose : dans un entretien étonnamment complaisant consacré à ce"phénomène" par une journaliste de France 2, le 8 septembre 2005, J.-P. B. se laisse aller à dire qu'au temps du bon vieux temps, avant quoi, quand la transmission était assurée " On était content, on disait à son gosse quand il rentrait de l'école : Qu'est-ce que tu as appris aujourd'hui ? [ ] Eh bien quand vous le leur demandez actuellement, ils vous regardent avec cet œil vide qui est l'objectif final des pédagogues modernes et ils vous disent : Rien. Et d'ailleurs c'est vrai, ils n'ont rien appris."
J'ai le regret de vous dire, Monsieur le professeur probablement à l'ancienne, que vous ayant lu, et plutôt attentivement, je n'ai pas appris grand-chose, sinon que la CEE existait toujours. C'est une sacrée performance dont je ne saurai jamais assez vous remercier.

Jean-Marie Blanc Instituteur, docteur en Sciences de l'éducation

http://education.devenir.free. [...] ghelli.pdf


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Darcos, Pécresse et Brighelli

Donc, Brighelli vote Sarkozy. Ce n’est pas une surprise, dira-t-on, mais certains ont quand même besoin qu’on leur ouvre les yeux et débouche les narines. Sur son blog, à la date du 28/04, le chantre de l’école du passé écrit : « Nous avions une école qui marchait, nous l’avons détruite (...), c’est aujourd’hui de la droite (...) que peut venir, sinon le salut, du moins le répit nécessaire. » Le jour même, Brighelli a d’ailleurs téléphoné à Valérie Pécresse, porte-parole de l’UMP ; c’est lui qui l’affirme dans un commentaire daté du 29/04, ajoutant que cette dernière « se trouve être une amie, indépendamment des options politiques... » Faux-cul, en plus. Se rêve-t-il ministre ? « Il n’y a pas foule de prétendants au poste de ministre de l’Education nationale – écrit-il – Pécresse et Darcos sont parmi les rares qui aient vraiment la qualification nécessaire... » Pécresse, Darcos, Brighelli, trio partant pour la rue de Grenelle ? Les tartarinades de Brighelli, pourquoi donc y revenir, me dira-t-on ? Non pas par haine de Brighelli, comme on me l’a déjà prétendu mais tout simplement parce qu'il y a maintenant urgence à démasquer les imposteurs. On m’excusera de me citer mais le 10 septembre 2005, il y a plus d’un an et demi sur « Journal d’école » (Quand l’école de la république fait le lit de l’extrême-droite), je mettais en parallèle le discours des déclinologues et le projet éducatif du Front national : « L'école devra réhabiliter les notions d'effort, de mérite, de morale. Elle se fondera sur l'émulation et le mérite (...). Les contrôles en fin de cycle seront rétablis, entrée en 6e, fin de classe de 3e etc (...). Les programmes comporteront obligatoirement l'acquisition de la pratique de la lecture par la méthode syllabique...le niveau avant la 6e (sera) constaté par examen (...). Le collège unique sera supprimé (...) » Ces lignes sont tirées du programmme de Le Pen ; on les retrouve mots pour mots chez Brighelli et les ultra-conservateurs. Dans les deux cas, l’éducation se fonde sur « une conception de la discipline réduite à de simples exigences d’obéissance, l’élève à qui on refuse le statut de personne, l’enfant à faire rentrer dans un moule, une incapacité maladive à imaginer une forme d’intégration au groupe, de vie en société, qui s’épanouisse en dehors du cadre national, la morale ramenée à des leçons de morale, la nostalgie d’un prétendu âge d’or scolaire qui n’a en fait jamais existé, tout ceci se retrouve – écrivai-je - à des degrés divers » dans la mouvance réactionnaire ainsi qu’à l’extrême-droite...ou dans la droite extrême de Sarkozy. Car il faut vraiment s’aveugler pour ne pas voir que les obsessions développées depuis plusieurs années par Brighelli et ses amis et colportées par des médias complaisants – retour aux méthodes traditionnelles, fin du collège unique, rétablissement d’une sélection forcément sociale – ont été reprises par l’UMP et son chef (on se souvient des acclamations adressées à Le Bris au cours d’un congrès UMP l’an dernier) pour la présente campagne électorale. C’est intégralement leur projet pour les cinq ans à venir.

Nul ne refuse à Brighelli le droit de voter Sarkozy (de même que Robien a parfaitement le droit, comme il vient de le faire, de louer la « dignité » de Le Pen, en comparaison de Bayrou). Il faut simplement comprendre que Sarkozy n’est pas un candidat comme un autre : la brutalité du personnage et des conceptions qu’il incarne le place à l’extrême-droite de l’échiquier politique. Un individu qui fait peur à la moitié du pays n’a pas sa place à la tête de l’état. Brighelli, lui, souhaite son avènement, de même que tous ceux qui, depuis des années, sous couvert de défendre l’ « école de la république », se sont lancés dans une campagne de dénigrement à vrai dire effarante du système éducatif d’aujourd’hui, exaltant le retour au passé. « Quand l’école de la république fait le lit de l’extrême-droite », on y arrive effectivement. Brighelli et ses fidèles, par ambition personnelle, par convictions, montrent leur vrai visage, une sinistre tronche.

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Brighelli a encore frappé, Brighelli est toujours frappé

Ce qui fait problème, avec Brighelli, outre la brutalité de ses propos, qui semble refléter celle du personnage – penser autrement que lui, c’est s’exposer à se faire traiter de « khmer rouge », de « barbare », de « sauvage », c’est  son ignorance crasse des principes et des réalités les plus élémentaires sur lesquels fonctionne l’Education nationale, comme, par exemple, les programmes officiels. Ainsi, dans une interview à VousNousIls (le 21 avril 2006) où il présente son nouveau navet (A bonne école), il déplore le fait que « l’histoire de France [soit] complètement oubliée » , les élèves de l’école primaire passant directement « des dinosaures (sic) et des hommes des cavernes (...) à des pans d’histoire contemporaine au collège » (sic), ajoutant qu’on « ignore tout des guerres de religion et de l’édit de Nantes ». Pour qui veut réfléchir à l’enseignement de l’histoire, la plus élémentaire des honnêtetés consiste quand même à se référer à sa source, à savoir les programmes officiels. Or, que disent les programmes de l’école primaire, cycle 3 ? « A l’issue de l’école primaire, les élèves doivent être capables : de distinguer schématiquement mais nettement, six grandes époques de l’histoire, la Préhistoire, l’Antiquité, le Moyen Age, les Temps modernes et la Révolution française, le XIXe siècle, le XXe siècle (...) ; de les situer chronologiquement ; de mettre en relation quelques éléments caractéristiques d’une époque : formes de pouvoir, mentalité etc ». Mais où diable sont les dinosaures, disparus plusieurs dizaines de millions d’années avant les premiers hommes, comme le sait n’importe quel élève de CM ? Notre homme a-t-il des problèmes de compréhension (à cause de la méthode globale, sans doute) ou est-il simplement trop paresseux pour jeter un coup d’œil là où l’on trouve les informations ? Peut-être est-il aussi de mauvaise foi. Cela fait beaucoup pour un individu qui prétend inspirer une refonte du système éducatif. Même méconnaissance abyssale des l’histoire en collège. Des « pans d’histoire contemporaine » en 6e avec les civilisations méditerranéennes de l’Antiquité (à moins – c’est encore possible -  que Brighelli ne prenne Toutankhamon pour un tyrannosaure) ? « Pans d’histoire contemporaine », encore, en 5e, année consacrée au Moyen Age et à la Renaissance (là, on sent poindre chez Brighelli comme une confusion entre le plafond de la Chapelle Sixtine et les grottes de Lascaux) ? « Pans d’histoire contemporaine », toujours, en 4e, avec les XVIIe et XVIIIe siècles ? Lorsque l’on manifeste une telle ignorance de l’histoire – l’histoire « contemporaine » commence officiellement avec la Révolution française – et des programmes scolaires, il me semble qu’on pourrait éviter, par peur du ridicule, de pondre un bouquin là-dessus et de se répandre ensuite dans tous les journaux, les chaînes de télé, pour en assurer la promotion. Car c’est bien là qu’est le fond du problème : on n’interdira jamais (même dans un pays comme la France vivant sous la dictature khmère rouge) à Brighelli ni à d’autres d’aligner d’affligants poncifs, des énormités phénoménales, des contre-vérités effarantes sur le système éducatif. On n’est pas non plus surpris de voir ces plumitifs pris au sérieux par les médias tout aussi ignorants qu’eux des véritables enjeux éducatifs. Par contre, il y a tout lieu de s’inquiéter devant la complaisance manifestée par les hommes politiques et les décideurs devant ce qui se révèle peu à peu au grand jour comme une manipulation, une mystification de première grandeur. Le 29 mars dernier, Brighelli intervenait au Sénat au cours d’un colloque organisé par le Comité Laïcité Liberté sur le thème « Refonder l’école de la république » ; parmi les co-intervenants, introduits par le sénateur Charasse, on trouvait Laurent Lafforgue, Denis Kambouchner, Rachel Boutonnet (on ne rit pas), tous représentants d’une cabale ultra-réactionnaire nostalgique de l’école – et sans doute aussi, de la société – d’il y a un siècle et qui voudrait faire du « pédagogisme » l’ennemi public numéro un. On imagine un instant les assistants écouter religieusement les âneries (quelqu’un voit-il un autre mot ?) débitées par Brighelli... Lorsque le Café du commerce rejoint les palais de la république, il faut vraiment s’alarmer non seulement pour l’école de la république mais aussi pour l’école tout court et, probablement, pour la république.

http://ecolehistoire.canalblog [...] 33450.html


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Brighelli contre Jules Ferry

Je n’ai pas franchement le temps de me livrer à une analyse de la politique scolaire de Vichy, assez peu étudiée d’ailleurs et dont les résultats prêtent à discussion (en particulier, il est vrai que Carcopino a lancé, timidement, une certaine démocratisation de l’enseignement secondaire qui sera amplifiée sous la 4e République). Juste 3 remarques :
- la citation de Philippe Meirieu porte sur la nature du régime de Vichy ; fut-il, oui au non, un régime autoritaire ?
- je maintiens que la campagne menée par Brighelli et Cie apportent une légitimité accrue à Sarkozy et à l’idéologie d’extrême-droite ; mais vous êtes libre de ne pas penser comme moi.
- il n’est pas besoin d’être pétainiste pour dénoncer la « pseudo-culture purement livresque » qu’on infligerait aux élèves. Jules Ferry la dénonçait déjà en son temps. Jules Ferry et son entourage (Ferdinand Buisson par exemple), à mille lieux des clichés surannés qu’en donnent les partisans de l’école dite « républicaine » était très ouvert à la pédagogie nouvelle. Citations : au niveau des méthodes, «  il ne faut pas s’en tenir au seul apprentissage de ces premiers instruments de communication : la lecture, l’écriture, le calcul, ni à une froide succession de leçons exposant aux élèves les différents chapitres d’un cours  ». Il faut en toute choses développer la curiosité des élèves, les mettre en activité, « leur faire découvrir les conséquences d’un principe, les applications d’une règle, ou inversement les principes et les règles qu’ils ont déjà inconsciemment appliquées ». Précisant même : « oui il est possible qu’au bout d’un an ou deux, nos petits enfants soient un peu moins familiers avec certaines difficultés de la lecture ; seulement, entre eux et les autres, il y a cette différence : c’est que ceux qui sont forts sur le mécanisme ne comprennent rien à ce qu’ils disent, tandis que les nôtres comprennent (...). De même que la pédagogie nouvelle est fondée sur cette pensée qu’il importe bien plus de faire trouver à l’enfant le principe ou la règle que de les lui donner tout faits, de même, l’administration de l’instruction publique, telle que je la comprends, doit s’occuper essentiellement de susciter l’énergie des maîtres et mettre partout en jeu leur initiative et leur responsabilité  ». Transmis à Robien. Si les conceptions de Ferry n’ont que très peu été appliquées en leur temps, c’est que déjà, à cette époque, sévissaient des Brighelli et des Le Bris.

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Romarin, Sextidi, 6 Messidor, An CCXX (don't feed the troll !)
n°177018
ttoo
Posté le 13-03-2008 à 21:07:52  profil
 
n°177034
ElDuendeLo​co
lire nuit gravemnt à la bétise
Posté le 13-03-2008 à 22:45:37  profil
 

Jean-Paul Brighelli, prof réac multimédiatique : Le sous-créole et les enfoirés du Mrap

Jean-Paul Brighelli est invité pour parler de son dernier ouvrage "Une Ecole sous influence". Attaque frontale et violente du créole et du MRAP, jeu hypersioniste intégriste diabolisant pour se faire passer pour ange purificateur. Mais que veut-il purifier ?

Extraits :

[minute 4]

Citation:

Jean-Paul Brighelli : "La langue de certains barbares nouveaux, c’est en dessous de Joey Starr, c’est une langue dans laquelle on ne dit plus pistolet mais gun, où l’on ne dit plus flic mais cop, où l’on utilise finalement deux cents mots de vocabulaire pour exprimer une sous-pensée, c’est quasiment ce que j’appelle un SOUS-CREOLE, c’est-à-dire ce n’est même pas
l’expression d’une culture rebelle, c’est l’expression de la pensée zéro".

[minute 8]
Citation:

Jean-Paul Brighelli : "Alors premièrement, soutien complet, total et sans réserve à Robert Redeker. Et je voudrais en profiter pour demander à ceux qui font la fine bouche, qui disent : ’’ Oui bien sûr, la liberté d’expression... ’’"

Françoise Laborde : "Mais il a eu tort..."

Jean-Paul Brighelli : "Mais en même temps : ’’ Regardez ce qu’il a écrit ! Il a eu tort quand même. Alors on soutient, mais on soutient pas. ’’ Ce sont juste de GROS ENFOIRES. Je le dis au Mrap en face, très clair..."

Françoise Laborde : "Au Mrap ?"

Jean-Paul Brighelli : "Très clairement. C’est-à-dire qu’on ne divise pas la liberté d’expression. On a le droit de tout dire tant qu’on ne s’attaque pas aux personnes, et on doit soutenir à fond ce droit, y compris quand on ne partage pas les idées de ceux qui s’expriment. C’était l’idée de Voltaire. C’est : ’’Je n’approuve pas ce que vous dites mais je me battrai pour que vous puissiez continuer à le dire.’’"

Françoise Laborde : "Merci Jean-Paul, de cette belle leçon de philosophie."


on ne sétonne pas que certains de ses adeptes ici comparent les Noirs à des singes...
 
 


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Romarin, Sextidi, 6 Messidor, An CCXX (don't feed the troll !)
n°177036
Zarko no
Posté le 13-03-2008 à 22:51:24  profil
 

Deux fois ministre de l'éducation (de 1992 à 1993 et de 2000 à 2002), Jack Lang, député PS, figure parmi les ministres d'ouverture potentiels en cas de remaniement du gouvernement. Il met en cause les propositions du ministre de l'éducation nationale Xavier Darcos sur la refonte des programmes du primaire.


La refonte des programmes de l'école primaire est-elle une bonne idée ?


Je porte à Xavier Darcos estime et considération. Mais l'école est le combat de ma vie, et cela m'oblige à tirer la sonnette d'alarme sur la dangerosité du projet qu'il vient d'annoncer. Ce plan fait table rase des programmes de 2002, que j'avais eu l'honneur de concevoir avec le concours du recteur Philippe Joutard et du Conseil national des programmes, présidé à l'époque par Luc Ferry.

Ces programmes seraient-ils intouchables ?


Bien sûr que non. Il faut les adapter à la lumière de l'expérience. Mais pourquoi les défigurer et les briser ? J'ai été douze ans ministre de la République, jamais je n'ai cassé ce que mes prédécesseurs avaient entrepris.

Ces textes de 2002 ont été plébiscités par la communauté éducative. Xavier Darcos lui-même les avait jugés, je cite, "ambitieux" et "exigeants".


Leur philosophie centrale est la maîtrise de la langue française. Leur autre idée-force est de ne jamais séparer le rationnel du sensible et de marier en permanence la rigueur des apprentissages de base et l'éveil de l'imaginaire.

N'était-il pas urgent de se "recentrer sur les fondamentaux" ?


Arrêtons l'imposture consistant à faire passer pour neuves des mesures qui figurent déjà dans les textes en vigueur ! C'est en 2002 que la réhabilitation des savoirs fondamentaux a été opérée, avec une forte augmentation des horaires consacrés à la langue française et au calcul, et des mesures spécifiques sur la grammaire, l'orthographe, le vocabulaire, la récitation ou la rédaction, car il est nécessaire de faire ses gammes.


Faire croire que l'éducation civique aurait été abandonnée ou prétendre que l'enseignement de l'histoire aurait négligé les repères chronologiques sont des mensonges.


Mais il est vrai que, personnellement, je n'aurais pas accepté le gavage d'événements et de dates proposé dans le projet actuel, où, étrangement, on ne trouve pas la Déclaration des droits de l'homme de 1789.

Que de reproches !

Hélas, ce projet se caractérise par un appauvrissement intellectuel de l'école. Beaucoup de choses passent à la trappe, comme l'obligation de lire chaque mois un livre de littérature, ou le cahier personnel de l'élève en histoire ou en sciences, ou encore l'éducation artistique.

Les auteurs du projet préfèrent obliger les enfants à apprendre le plus-que-parfait et le futur antérieur, qui figurent jusqu'à présent au programme du collège, ou privilégier le calcul sur papier au détriment du calcul mental. On ne s'attaque pas à la vraie faiblesse en mathématiques des élèves français : la résolution des problèmes.

Et comment ne pas s'alarmer de voir s'avancer une véritable "primarisation" de la maternelle qui, si on lit bien le projet, imposerait à marche forcée l'apprentissage de la lecture dès la grande section.


C'est un non-sens qui pénaliserait beaucoup d'élèves et creuserait les écarts avant même le CP. L'enrichissement de l'expression orale est un préalable indispensable à la découverte de l'écrit. Prétendre s'en dispenser est d'un amateurisme éclatant.

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Et dire que si les socialistes reviennent au pouvoir en 2012, on parlera à nouveau de "nouveaux programmes"...Hilarant ou déprimant?
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n°177303
Un institu​teur
Posté le 15-03-2008 à 13:47:37  profil
 

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