La démocratisation des vacances en panne depuis 25 ans
Jean Viard : Il n'y a rien de nouveau. Il y a, selon les années, entre 40 et 45 % des Français qui ne partent pas en vacances.
Cependant, ceux qui ne partent pas ne sont pas tous des exclus économiques. Il y en a qui habitent au bord de la mer, sans oublier les personnes malades, les femmes enceintes, et ceux qui ont horreur de voyager. Il y a donc environ 25 % des Français qui ont très envie de partir en vacances, mais qui ne peuvent pas se les payer, notamment des jeunes dans les quartiers populaires.
Avant les années 50, il était rarissime de partir en vacances. L'image des départ massifs s'est installée entre les années 60 et 80. Ces gens qui se sont mis à partis en vacances, en plus des gens aisés qui le faisaient déjà, étaient majoritairement dans des comités d'entreprise, des fonctionnaires, des enseignants, etc. Cette démocratisation des départs en vacances a atteint un plafond autour de 60 à 65 % il y a environ 25 ans, et depuis on ne s'en occupe plus. Ceux qui ne partent pas sont ceux qui ne travaillent pas dans les grandes entreprises, qui ne sont pas fonctionnaires, sont un peu âgés, habitent dans les quartiers dits "en difficulté", ne sont pas d'origine européenne. Ils ont plusieurs raisons d'être moins intégrés que les autres, et personne ne se préoccupe vraiment d'eux.
Tout le monde n'a pas perdu son emploi. Il faut relativiser. En 1945, on était revenu au PIB de 1900. On avait reculé de deux générations. Nous, on a reculé de trois ans ! Certains Français ont peur du chômage et il y a entre 600 et 800 000 chômeurs de plus qu'il y a trois ans. Mais ce n'est qu'une petite partie de la société. Les gens vont donc partir quand même, mais ils vont dépenser moins d'argent. Au lieu de partir deux semaines, ils partiront 10 jours.
les Français se sont achetés des téléphones portables et en ont donnés à leurs enfants. Ils ont des abonnements à Canal Plus. Cela leur coûte à peu près entre 150 et 300 euros par mois. Or, ils prélèvent cette somme sur leur budget loisirs, et ils la récupèrent sur le budget vacances. Face à la possibilité d'avoir davantage d'objets de consommation, ils font des choix.
http://www.atlantico.fr/decryp [...] 36947.html
Jean Viard est directeur de recherches CNRS au CEVIPOF, Centre de recherches politiques de Sciences Po

---------------
les socialistes avancent masqués,ils ne se reconnaissent même plus entre eux!