stefanoP a écrit :
Les étudiants sortent du silence...
" ON VEUT BOSSER, C'EST TOUT" Elle ne cadenasse pas les grilles à l'entrée du campus, n'interdit pas l'accés aux amphis. Son intérét est ailleurs. C'est une majorité silencieuse qui n'a qu'un seul objectif: réussir les partiels dont les premiers auront lieu début Janvier. Ce sont des milliers d'étudiants mécontents d'etre privés de cours. Et qui regrettent de ne pas avoir voix au chapitre quand leur fac décide de passer au blocage pour dire non à la loi sur l'autonomie des universités. Ils craignent que la fronde orchestrée par "une minorité" ou des "groupuscules" comme ils disent s'éternise. Seulement voilà, ils n'arrivent pas à faire passer leur message d'inquiétude. Contrairement aux acteurs de la grogne favorables à l'occupation des sites, issus en grande partie des organisations de jeunesse communistes, des syndicats tels que SUD-étudiants, les "anti-blocage" ne sont pas structurés. La plupart, d'ailleurs ne vont pas aux AG . " Ces rassemblements étant non représentatifs, les blocages sont non démocratiques" . Et quand ils s'invitent dans les amphis de la contestation, ils hésitent à prendre la parole. Ce sont des étudiants de 20 ans, " ni politisés ni syndiqués" qui refusent tout blocage alors que les premiers barrages filtrants sur leur campus sont annonçés pour lundi "7 heures" . " Nous on veut bosser, un point c'est tout ! On est victime d'un mouvement minoritaire" répètent en coeur Aymeric, Mathieu, Raphaél et leurs potes de l'école d'ingénieurs universitaire de Jussieu ( Paris VI). Et de contester la manière dont sont prises les descisions en assemblée générale (AG). " Celle de Jeudi se tenait dans un amphi aux places limitées. Pour réunir tout le monde, il aurait fallu l'organiser sur le parvis, cela aurait été plus représentatif" insiste Aymeric. "Le débat est à sens unique. EN FAIT, C'EST UN RDV ENTRE GREVISTES, SANS AUCUNE OUVERTURE AU DIALOGUE. CEUX QUI NE VEULENT PAS DU BLOCAGE N'ONT PAS VOIX AU CHAPITRE. C'EST CE QU'ON APPELLE LA METHODE FORTE, DU LAVAGE DE CERVEAU" réplique son voisin. Thomas, lui, s'indigne contre le vote à main levé. " C'est complétement débile. T'as trois ou quatre mecs qui comptent à la va vite...Si au moins, ça se faisait à bulletin secret, ça serait déjà plus démocratique" pense t-il. "Les meneurs veulent parler au nom de tous les étudiants. mais les étudiants, c'est pas une voix commune" enchaine Raphaél. Mathieu ne se retrouve pas dans le profil des leaders de la contestation. " On est dans la caricature, genre je suis un anti-libéral, il faut tuer la racaille sarkosyste. ça décrédibilise complétement le discours" Dans ces conditions, que faire pour etre entendu ? " Pas grand chose, à vrai dire. Nous, on est pas organisés, on a pas la LCR ou LO derrière nous" ironise Emilie. Ils comprennent d'autant moins qu'ils n'ont rien contre la loi Pécresse. La plupart y sont mèmes plutot favorables. " Si elle peut encourager les entreprises privées à investir chez nous, c'est une bonne chose. cela fait plus de 10 ans que Jussieu est en chantier ! " rappelle Thomas. "en 2006, tout était barricadé. Des chaises étaient jettées sur les élèves qui essayaient d'entrer dans les mphis. Pendant un mois 1/2 on a pas eu cours. Bon au final, on s'en est pas trop mal sortis, ils ont filé le diplome à tout le monde ou presque...Mais nous on en a marre, aux yeux des futurs employeurs, on ne veut pas etre la fac qui brade ses examens. Ce n'est pas dans notre intérét"
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