onde5 a écrit :
et bien resistez entre vous, vous en avez le droit...mais laissez nous consommer en paix...
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C'est cela et pendant ce temps On supprime par dizaines de milliers des postes de professeurs et d’infirmières, mais on ne supprime pas des postes de policiers ou de surveillants de prison, bien au contraire : ce sont des métiers d’avenir. En effet, quand on est parvenu, au fil du temps, à rendre commune la conviction selon laquelle la sécurité est le premier des droits et l’insécurité la première des préoccupations, on prolonge cette primauté obtenue chez les citoyens dans l’appareil étatique et on donne priorité au renforcement des administrations qui ont des missions de sécurité.
560 000 gardes à vue en 2007. 54% de plus qu’en 2002. Cette évolution n’a rien à voir avec la criminalité. Elle s’explique par un mésusage de plus en plus fréquent de la garde à vue, souvent perçue par la police comme une façon de punir avant jugement ou « d’attendrir la viande », c’est-à-dire d’obtenir une plus grande coopération de la part de la personne gardée à vue. Elle s’explique aussi par le fait que, depuis février 2007, « le nouveau taux d’efficacité de l’activité policière est calculé en fonction du nombre de gardes à vue » (1).
Explosion du nombre de poursuites pour « outrage à agent », « rébellion » ou « incitation à l’émeute ». Le seul fait d’exprimer votre désapprobation, même avec courtoisie, lors d’un contrôle d’identité, peut vous valoir d’être traîné en justice avec ces trois chefs d’inculpation sur le dos. Ne vous étonnez pas en revanche si les policiers se permettent de vous insulter ; nombreux sont ceux qui estiment en avoir le droit.
La fin de l’année 2008 a vu aussi l’apparition d’une forme nouvelle de répression : les fouilles collectives en milieu scolaire. A Marciac dans le Gers (2) comme à Vendres dans l’Hérault (3), la police ne fait pas dans le détail : dans un cas, toutes les classes sont visitées et les élèves auprès desquels s’arrêtent les chiens renifleurs subissent des fouilles corporelles ; dans l’autre cas, on aligne face au mur du collège tous les enfants qui descendent des bus. Point commun aux deux événements : intimidations et railleries grasses à souhait de la part des policiers. Le chanteur Daniel Guichard, père d’un collégien de Vendres, a eu beau s’offusquer de tels procédés et protester auprès de la ministre de l’intérieur, il est resté minoritaire au sein des parents d’élèves. Bilan de ces deux opérations : 32 grammes de haschich. Quel triomphe !
Votre société c'est d'abord l’ensemble du pouvoir aux mains d’un seul – Sarkozy - et au profit de quelques uns – son fratriarcat patronal : pour être réalisé, un tel projet aura pour corollaire un arsenal répressif sophistiqué. Contrôler, réprimer, isoler, ficher, dénigrer, falsifier, manipuler, mentir … les outils répressifs ont pour matériaux les personnes physiques et le langage commun. L’œuvre obtenue est une norme, à laquelle chaque citoyen doit se conformer : norme de comportement dicté par le pouvoir de la police, norme de discours obligé par le pouvoir des médias amis. Ainsi se forge le bon citoyen d’un Etat autoritaire : celui qui ne cesse de se taire que pour approuver.
Quant à la presse d’information traditionnelle, c’est hors de nos frontières que l’on trouve une expression lucide et libre de ce qui se passe chez nous – exception faite des journaux satiriques hexagonaux du mercredi. Dans l’hebdomadaire allemand Der Spiegel, Ullrich Fichtner a écrit que la France « est aujourd’hui le sujet de compte rendus dont certains rappellent l’Amérique du Sud des années 1970. Après une visite des prisons françaises, le commissaire européen des droits de l’homme, Thomas Hammarberg, ne s’est pas contenté de trouver « inacceptable » la situation carcérale ; il a également reproché à la politique judiciaire française d’agir en contradiction avec les « droits humains fondamentaux ». Cet été, pièces justificatives à l’appui, Human Rights Watch a brossé un sombre tableau des procédés de la police française, jugés brutaux, et notamment de ses méthodes d’interrogatoire. Il se passe en France quelque chose de tout à fait inquiétant » .
En effet. Certains ont cru pertinent, au lendemain des dernières élections présidentielles, d’affirmer que Sarkozy avait mis hors d’état de nuire le Front national et son président Jean-Marie Le Pen. Sarkozy a certes éliminé un adversaire. Mais il y est parvenu en s’appropriant intégralement ses thèses. Son élection marque l’achèvement de la lepénisation des consciences. La majorité des citoyens a désormais intégré qu’un Etat policier devait étendre son emprise sur la vie de chacun, quitte à dire adieu à quelques droits fondamentaux et à se résigner à la violence libérale dont on sait désormais que ses héros empruntent leurs procédés à la mafia !