La droite se satisfait j'en suis sûr de l'existance du FN, qui permet d'affaiblir la gauche, on le sais.
Le désespoir des gens qui vivent la désertification industrielle, la précarité, un avenir sans horison, une misère qui prend du terrain ont quelquefois ce geste suicidaire de vôter pour l'extrème droite. La peur de l'étranger; l'immigration est pour ces population souvent la possibilité de mettre un nom sur les raisons de leur déclin, de leurs souffrances.
L'exemple de Méricourt, cette ancienne ville minière du Pas-de-Calais, qui vôtait à plus de 30 % pour le FN il y a cinq ans.
Méricourt, 12 000 habitants, le coeur de l'ancien bassin minier. Une ville qui s'est bâtie sur la solidarité ouvrère et les arrivées successives de travailleurs immigrés. Pourtant, le 21 avril 2002, un électeur sur 3 vote pour l'extrème droite. Au second tour, LEPEN dépasse les 27 %, augmentant encore ses voix. Sept ans plus tôt, à l'élection de 1995, le candidat arrivait deuxième avec un peu plus de 19 %, derrière... Rbert HUE. Élu en mars 2002 pour succéder au maire démissionnaire Léandre LÉTOCARD (PCF), Bernard BAUDE, communiste lui aussi, réunit, entre les deux tours, un conseil municipal extraordinaire afin de rédiger une adresse à tous les citoyens.Le texte est approuvé par les 35 élus et cosigné par les cinq présidents de groupe.
TOUT LE MONDE A ÉTÉ SURPRIS
Lors de la manifestation du 1er mai, droite et gauche défile côte à côte. Alors que c'est-il passé à Méricourt, ou dans beaucoup d'autres petites communes, le FN n'a ni représentants, ni mené campagne, faute de militants ?
"Tout le monde a été surpris" se souvient Ali, même si dans son bar, on ne parle pas trop de politique, histoire d'éviter les conflits. Pour lui qui n'avoir qu'un seul client lepéniste, le 21 avril 2002 ne se reproduira pas.Ils ont vôtés FN pour voir, pour fgaire réagir et pour faire peur au gouvernement. Ils ont essayé une fois mais c'est terminé. C'est Sarkosy, qui est le plus dangereux affirme Ali, arrivé en FGrance dans les années soixante.Il y a eu un ras le bol social. Les gens ont voulu essayer autre chose mais ils n'auraient jamais cru qu'autant d'électeurs se comporteraient de la même façon, estime son épouse.
Bernard DAUBE, lui a vu le contexte évoluer au fil des années et reste inquiet sur le résultat de la prochaine échéance électorale.
Avant, pour 90 % de demande de rendez-vous avec le maire, une moitié concernait le logement et l'autre l'emploi. Aujourd'hui, il y a un tiers des habitants qui vient me voir pour des problèmes de voisinage. On ne supporte plus l'autre et on veut le dire. L'autre n'est d'ailleurs pas forcément une personne issue de l'immigration, cela peut être un parisien. C'est le FN qui a créé ce climat, explique le maire.Au club Amici, se retrouvent tous les soirs des anciens mineurs, la plupart d'origine italiennes.
Entre un verre de vin de son pays et une partie de carte, Vitorrio Mastrioanni, le président prédit le pire : "LEPEN, c'est un Mussolini. Il va faire encore plus mal qu'en 2002 ! Les gens vôtent pour lui parcequ'ils sont dans la misère. Avec l'euro, les prix ont augmenté mais pas les salaires. Dans la région les usines ferment.On n'arrête pas de nous grignoter des droits. Avec 70 % des ménages non imposables, 23 % de résidents inscrits à l'ANPE et plus de 500 érémistes (en augmentation de 25 % par rapport à 2002), Méricourt illustre le désarroi social qui contamine l'ensemble du pays. Les 80 % du non au traîté constitutionnel européen, le 29 mai 2005, en sont un autre exemple.
Assis à la même table, Bernard Jolda, fils d'immigré polonais essaie de comprendre la percée de l'extrème droite. "Moi aussi j'ai été un sal polac, après il y a eu les macaronis puis les bougnouls. Tout le monde en a bavé. Mais le travail nous fédérait. Ce n'est plus le cas aujourd'hui.Ceux qui croient qu'en renvoyant tous les immigrés, tout irrait mieux, ils se font avoir, prévient-il.
Jean-Jacques fait partie de ceux-là. Ouvertement raciste, il vôte pour le FN depuis trente ans. Et aligne tous les clichés populistes assénés par LEPENet consort, prétendant que les immigrés occupent les logements, bénéficient des allocations et encadrent le trafic de drogue. "LEPEN, c'est un petit Hitler.
La municipalité communiste, à peine un an avant les dernières présidentielles était reconduite aux responsabilités avec plus de 71 % des vôtants alors que la droite n'en a attiré qu'environ 28 %.
Depuis le choc du 21 avril, le Front National n'a fait que baisser aux scrutins suivants (régionales, cantonales).
Les rendez-vous de 2007 confirmeront-ils la tendance ?