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Pénurie d'eau, records de températures, pics de pollution, orages dévastateurs, sécheresse aux multiples conséquences pour l'agriculture... Faudra-t-il s'habituer à tout celà ? Peut-on compter sur le civisme des français pour éviter le gaspillage de l'eau et réduire la pollution ? Les Pouvoirs publics auront-ils le courage d'accélérer la législation pour sauvegarder l'environnement et résisteront-ils aux lobbies ? Qu'en pensez-vous ? L'environnement une grande cause nationale ?

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Les jeux et émissions de jeux : SweetGrr et 37 utilisateurs inconnus

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Auteur Sujet :

mises en garde des scientifiques avant le cataclysme

n°18372
saoulie
Posté le 21-07-2006 à 22:43:51  profil
 

Reprise du message précédent :
Et bien si vous en êtes convaincu, le réchauffement climatique est une catastrophe 1000 fois pire que Tchernobyl; alors usez vos forces pour lutter contre. En luttant contre le nucléaire vous le favorisez, car tout ce que l'on ne produit pas en nucléaire sera produit en charbon, vous allez donc contribuer à une hausse des GES de 10%, ce qui est considérable.

Vous allez me dire "yaka économiser l'énergie" et bien montrez nous comment entrainer l'élan pour ça vous serez utile. Moi je lutte à ma façon en militant pour le nucléaire car aujourd'hui c'est 7% de la prod mondiale demain ça peut être plus (on peut facilement doubler rien qu'en cogénérant avec la vapeur issue des centrales).

n°18380
phampy
Posté le 21-07-2006 à 22:59:31  profil
 


ET JE NE VOIS PAS CE QUE VOTRE NUCLEAIRE PEUT Y FAIRE... C'EST DE LA FOUTAISE!!!

.SI VOUS VOULEZ VRAIMENT MILITER POUR LUTTER CONTRE LE RECHAUFFEMENT CLIMATIQUE, REDUISEZ VOS CONSO, VOUS OUVRIREZ LA VOIE DE LA SAGESSE saoulie ET CHACUN VOUS SUIVRA CAR C'EST LA SEULE SOLUTION POUR LUTTER CONTRE LE RECHAUFFEMENT CLIMATIQUE ET VOUS LE SAVEZ TRES BIEN AU FOND DE VOUS saoulie!

.

.

n°18388
saoulie
Posté le 21-07-2006 à 23:53:44  profil
 

Le nucléaire est un élément de la solution contre le réchauffement climatique. 10 % d'émissions évitées aujourd'hui; si on réduit la consommation mondiale, que l'on augmente légèrement la part du nucléaire et que l'on fait de la cogénération, on peut monter à 20-30 %, ce qui est considérable.

On vous lit beaucoup rouspéter contre le nucléaire, mais JAMAIS militer pour les économies d'énergie. Il faut dire que quand on passe sa journée derrirère un écran d'ordinateur difficile de donner des leçons...

n°18408
Profil sup​primé
Posté le 22-07-2006 à 10:31:12  
 



Le nucléaire  et la baguette magique sont un élément de la solution contre le réchauffement climatique!

... C'EST DE LA FOUTAISE mon cher saoulie!!!

un argument comme un autre pour vendre...l'industrie nucléaire ne peut pas se développer comme elle le souhaiterait en raison de l'opposition des populations ...le directeur d'EDF le regrète!!!

voici ce que j'ai écrit avant que vous me répondiez saoulie:
et nombre de mes interventions sur ce forum environnement insistaient sur la necessité de réduire nos consommations...dommage d'avoir zappé çà saoulie!

 
.SI VOUS VOULEZ VRAIMENT MILITER POUR LUTTER CONTRE LE RECHAUFFEMENT CLIMATIQUE, REDUISEZ VOS CONSO, VOUS OUVRIREZ LA VOIE DE LA SAGESSE saoulie ET CHACUN VOUS SUIVRA CAR C'EST LA SEULE SOLUTION POUR LUTTER CONTRE LE RECHAUFFEMENT CLIMATIQUE ET VOUS LE SAVEZ TRES BIEN AU FOND DE VOUS saoulie!

n°18482
Profil sup​primé
Posté le 22-07-2006 à 14:44:18  
 

DANGER WALTER UTILISE LE PSEUDO: PopiouPhampy


APPEL AU MODERATEUR France 2 France 3!!!


l'immoralité de Walter est sans limite!  
 
WALTER A L'HABITUDE D'UTILISER LES PSEUDO DES INTERNAUTES POUR LES CENSURER...
 
WALTER EST FASCINE PAR HITLER ET LES GRANDS DICTATEURS

n°18500
Profil sup​primé
Posté le 22-07-2006 à 14:55:17  
 

.

n°18510
Profil sup​primé
Posté le 22-07-2006 à 15:04:14  
 


Rassure-toi 0087 Popiou, qui aurait été dupe de la grotesque tentative de wat'er ?  I_ANGR%7E1

n°18570
Profil sup​primé
Posté le 22-07-2006 à 21:23:28  
 


300px-Chern02

L'histoire n'est guère plus que le registre des crimes, des folies et des malheurs de l'humanité.Edward Gibbon.  

Toute allusion avec Tchernobyl ne saurait être que fortuite !

n°18571
Profil sup​primé
Posté le 22-07-2006 à 21:41:07  
 

je te remercie ANNERIT!

n°21729
votezpourm​oi
Posté le 07-08-2006 à 22:10:29  profil
 

Je vois içi toujours les mêmes problèmes ! Pourtant la solution est ici :
 
En France, on parle toujours des mêmes choses en politique,des rivalités de personnes, qui ne mènent à rien, mais pensent-on à l'avenir de notre pays sujet à de nouveaux défis comme la crise du pétrole dont la solution hydrogène comme carburant est forcément la meilleure : à condition de produire massivement le Di-Hydrogène par procédé nucléaire VHTR à 950 C°. Plus de CO2 !
 
Puis on pourrait l'acheminer sans risque par pipe line (GDF qu'il ne faut en aucun cas associer à des partenaires financiers) aux abord des grandes villes, cela nous fera l'économie déjà des pertes induites dû au transport THT,en parti reconverti en électricité par piles à combustible ou permettant aux chaudières individuelles de fonctionner par le réseau GDF ou bien encore comme carburant des moteurs thermiques (tout type de moteur modifié pour ce gaz liquide (-252 °C) ou gazeux 7,5kg D'H2 équivaut à 23,5 L d'essence); il existe quantité de prototypes (+100 depuis 1980)
 
Il faut aussi savoir que l'H2 liquide en cas d'accident ou collision très violente se consume sans explosion dans une grandes flamme fine bleutée, beaucoup moins spectaculaire que le GPL ou l'essence !
 
Ou sont les bornes de distribution d'H2 en France ?
 
Nous sommes à une charnière technologique évidente, arrêtons avec le pétrole comme carburant, c'est maintenant... tout de suite, c'est possible !
 
Ou bien le pire pourrait arriver, blocage économique, réchauffement climatique, pollutions, cancers, guerres, CO2, etc...
 
Et j'en passe et bien des maux que nous pouvons avec un peu de volonté politique,éviter, afin de garantir un monde meilleur pour tous....
 
De grandes décisions sont à prendre !  
 
Alors, quel homme politique se préoccupe de notre avenir énergétique ? plûtot que de nous raconter leur 'ritournelle à la sauce 2007'
 
sites à visiter : www.clean-auto.com ; www.h2mobility.org ; www.h2stations.org

n°21769
Profil sup​primé
Posté le 08-08-2006 à 01:45:51  
 


Un berger et ses moutons traversent une route rurale.
Surgit une Jeep Cherokee flambant neuve, conduite par un jeune homme en chemise Hugo Boss, pantalon YSL, baskets Nike, etc.
La Jeep s'arrête, le chauffeur se penche par la fenêtre.
- Hé ! Si je devine le nombre de moutons que vous avez, est-ce que vous m'en donnez un ?

- OK

Le jeune homme gare sa voiture, branche le notebook et le GSM, entre dans un site de la NASA, scrute le terrain à l'aide du GPS, établit une base de données, 60 tableaux Excel pleins d'algorithmes et d'exponentielles, plus un rapport de 150 pages imprimé sur sa mini imprimante HIGH-TECH.
- Tu as ici 1586 moutons.

- Exact ! Tu peux avoir ton mouton.
 
Le jeune homme prend le mouton et le met dans le coffre de la Jeep.

Le berger s'approche et lui demande :
- Si je devine ta profession, est-ce que tu me rends mon mouton ?

- OK

- Tu es consultant.

- Wow. Comment as-tu deviné ?

- Très facile. Tu es venu sans qu'on t'appelle, tu prends un mouton pour me dire ce que je sais déjà et tu ne comprends rien à ce que je fais puisque tu as pris mon chien !

n°22446
votezpourm​oi
Posté le 10-08-2006 à 15:33:55  profil
 

Il y a une bonne raison de choisir le nucléaire :

Ralentir la folie financière des hommes car tout profit économique génère un déficit écologique, principalement celui du CO2 ! :

Mis en cause :

Le modèle de mondialisation financière général, l' industrie polluante, la productivité, l'augmentation des échanges, la construction des routes, la déforestation, le commerce des ressources, la pollution terrestre, la pollution maritime, atmosphérique, l'urbanisation, l'augmentation de la population, la bourse etc...

On est loin du moyen-âge maintenant, le retour aux valeurs d'autrefois, vie saine, nourriture saine, pollution faible, faible population, petits villages, déplacements à cheval, routes pavées, vie rurale, le son des petits oiseaux le matin, un air pur, pas âme qui vive à l'horizon....C'est fini !

C'est vrai c'était le paradis terrestre !
 
Car voiçi le nouveau paradis :

Assouvir le désir des hommes, grâce à un bon salaire afin de s'acheter la plus grosse cylindrée du moment et pour les femmes, la plus belle robe ou un diamant de chez la maison CARTIER pour certains, pour d'autres, posséder une belle maison bétonnée sur la côte, pour d'autres encore pouvoir se balader avec leur 4X4 sur des routes propres, bien goudronnées, faire une halte pour avaler une nourriture pasteurisée ou congelée exempt de micro-organismes résistants...
Et puis en cas de dérangement intestimal prendre des antibiotiques...

Pour les touristes en France, aussi pouvoir visiter la Bretagne et son granit, le radon, sa radio-activité, vous connaissez !

Tout cela contribue au travers des taxes, au fonctionnement des états, au financement des matériels militaires....  

Mais alors comment faire  pour continuer dans ce luxe :

Ou bien on arrête tout ! mais la note à payer reste très lourde...

Ou bien on fait la transition avec une énergie nucléaire, certe dangeureuse, mais  nous garantissant un avenir à base d' hydrogène pour la folie des hommes, en ralentissant l'émission de CO2, permettant encore les échanges économiques, de circuler librement, de se protéger des actes terroristes, de regarder sa télé, de téléphoner, de manger des tomates en décembre, de frimer avec sa voiture, de fumer sa cigarette,
d'aller faire ses courses au supermarché du coin, d'acheter un déodorant à base de pétrole ou une cravatte en fibres synthétiques

Puisque l'homme est prisonnier de son modèle social et que tout va en s'amplifiant, on ne peut pas arrêter cela ou bien c'est la catastrophe !

n°22448
Minekote1
Posté le 10-08-2006 à 15:37:59  profil
 


 delphine100:5    delphine100:5     delphine100:5

n°22461
Profil sup​primé
Posté le 10-08-2006 à 16:46:56  
 



Finitude de notre domaine

Le premier à comprendre et à exprimer la mutation subie actuellement par l’humanité n’a été ni un responsable politique ni un homme de science, mais un poète. En 1945, dans Regards sur le monde actuel, Paul Valéry écrivait : « Le temps du monde fini commence. » Il est urgent de tirer les conséquences de ce constat : nous entrons dans une phase nouvelle de l’histoire des êtres humains.

Jusqu’il y a peu, il était possible de regarder comme pratiquement infini, quasi inépuisable, le domaine qui nous était accessible. Les cartes de la planète comportaient de grandes taches blanches désignées comme Terra incognita ; les biens qu’elle nous donnait étaient sans fin renouvelables ; chassés d’un territoire, il nous était possible d’en trouver un autre ailleurs. Désormais, nous n’avons plus d’ailleurs.

Quelques optimistes imaginent que nous pourrons échapper à cette finitude en allant nous installer sur une autre planète. Mais nous connaissons bien celles du système solaire, aucune ne pourrait abriter durablement l’humanité ; quant à celles qui gravitent autour d’autres étoiles, elles sont si éloignées que l’aller-retour d’un explorateur exigerait plusieurs siècles. La sagesse est d’admettre que nous sommes définitivement assignés à résidence sur la Terre. Il faut nous organiser en tenant compte des contraintes que cela nous impose. Certes, il sera possible de faire à nouveau quelques pas sur la Lune ou de parcourir Mars, mais il s’agira d’une exploration, non d’une conquête.

Ce constat n’est nullement une mauvaise nouvelle : il nous permet de définir avec lucidité les termes du contrat de mariage entre la Terre et l’humanité et de faire un projet réaliste sur la façon de vivre les uns avec les autres.

La Terre : elle est désormais bien connue ; nous en avons parcouru les moindres recoins, nous en avons reconstitué l’histoire, nous avons commencé l’inventaire de ses richesses.

L’humanité : ce terme ne désigne pas seulement les quelque 6 milliards d’individus actuellement vivants, mais la totalité des êtres humains passés, présents et surtout, ne les oublions pas, à venir. Cela représente, peut-on espérer, un effectif de plusieurs milliers de milliards d’individus (du moins dans l’hypothèse où sera évité le suicide collectif actuellement en préparation par les soins des Etats véritablement détenteurs d’armes de destruction massive, notamment nucléaires). Certes, les humains qui ne sont pas encore nés ne peuvent exprimer leur opinion, mais, si nous désirons réaliser une démocratie étendue dans la durée comme dans l’espace, il nous faut tenir compte de leurs besoins, les écouter malgré leur absence de parole.

Le nombre actuellement élevé des humains camoufle la fragilité de notre espèce. Durant la quasi-totalité de son histoire son effectif est resté très faible ; les pressions aveugles de l’environnement auraient pu la faire disparaître. Mais, contrairement à tout ce qui nous entoure, nous sommes capables de ne pas subir passivement notre sort. Récemment, il y a à peine plus de dix mille ans, nous avons su, en inventant l’agriculture, obtenir de la Terre plus de nourriture qu’elle ne nous en donnait spontanément. Notre effectif a pu grandir et dépasser, au début de l’ère chrétienne, deux ou trois cents millions d’humains. Il est resté durablement à ce niveau avant de connaître, au cours des derniers siècles, une augmentation si rapide que l’on a pu évoquer une explosion démographique.

Cette explosion, au cours de la seconde moitié du xxe siècle, pouvait paraître redoutable : elle correspondait à un doublement de notre effectif tous les quarante ans, un rythme qui ne pouvait évidemment être durable. Heureusement ce rythme vient de diminuer plus rapidement que ne l’avaient annoncé les démographes. Les prévisions actuelles évoquent une stabilisation avant la fin du xxie siècle, au niveau de neuf milliards d’humains. Le problème est donc clairement posé : comment rendre compatibles nos besoins et les apports de notre planète ?

La question est souvent présentée sous la forme : la Terre pourra-t-elle nourrir tant d’humains ? Il se trouve que la réponse est positive. Même en l’absence d’une nouvelle « révolution verte », la quantité de nourriture disponible sera suffisante. Certes de nombreux êtres humains aujourd’hui ont faim, mais cela est beaucoup plus un problème de répartition que de production.

En fait, les pénuries les plus menaçantes concernent non pas la nourriture, mais des biens que les économistes d’autrefois considéraient comme sans valeur, car inépuisables, l’air et l’eau. Le mode de vie occidental, en se généralisant, a fait apparaître la vulnérabilité du climat, dont ces deux biens dépendent ; loin d’être inépuisables, ils sont à la merci de la pollution que notre comportement étend comme un suaire autour de la planète.

Nous venons seulement de comprendre, en constatant l’évolution du climat, l’avertissement de Paul Valéry : les conséquences de nos actes dépassent ce que notre environnement peut supporter ; ces conséquences sont souvent irréversibles. Il est donc urgent que ces actes soient collectivement débattus et choisis. Cela est une évidence pour tous les biens que la Terre nous offre mais qu’elle n’est capable de nous offrir qu’une seule fois. Les détruire, c’est en priver définitivement nos descendants. Tout ce qui est non renouvelable devrait donc être considéré comme « patrimoine commun de l’humanité ».

Ce concept a été proposé par l’Organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture (Unesco) à propos des œuvres d’art. Les temples, les cathédrales, n’appartiennent pas vraiment à des individus ou à des collectivités, ils appartiennent à l’humanité. Nul n’a le droit de les détruire. Ce qui est accepté unanimement pour le monument bouddhique de Borobodur ou la cathédrale de Chartres, œuvres des humains, devrait l’être pour la forêt amazonienne ou pour tout gisement de pétrole, œuvres de la nature.

Il ne s’agit pas de nous interdire tout geste modifiant la planète, mais de ne passer à l’acte qu’après en avoir mesuré les conséquences et pris en considération les intérêts de tous, qu’ils soient vivants ou à naître. Comment mettre en place un lobby chargé de parler au nom de ceux qui ne peuvent s’exprimer faute d’être nés, mais qui n’en sont pas moins concernés ?

Heureusement, cette nécessité d’une gestion raisonnée, par l’humanité, de sa propriété de famille commence à être ressentie. De premières mesures ont été prises dans cette direction. L’Antarctique en est un exemple. L’affaire était pourtant mal partie. Sur les cartes, cette immense étendue était présentée comme un gâteau découpé en parts ; une douzaine de nations s’en disputaient la souveraineté, au motif qu’elles les avaient explorées. La raison l’a finalement emporté lorsque, en 1959, un accord international a été signé. Ce continent est désormais protégé ; tout ce qui pourrait perturber durablement les équilibres locaux est soumis à de sévères restrictions ; il est reconnu comme faisant partie du patrimoine commun. Rien n’empêche d’étendre peu à peu cette reconnaissance à tous les continents.

Plus difficile pour les humains que l’entente avec la planète sera leur entente les uns avec les autres. La première conséquence de la finitude de leur domaine est leur inévitable interdépendance. La prise en compte de cette finitude n’est pas seulement imposée par l’accroissement récent de notre effectif, mais surtout par les progrès fabuleux des moyens de communication. La durée des déplacements, qui se comptait en semaines ou en mois, se mesure désormais en heures ou en minutes ; les informations sont transmises instantanément : nous sommes les témoins visuels d’événements qui se produisent sur d’autres continents. Il n’est plus possible d’imaginer un quelconque splendide isolement. Les décisions de l’un, qu’il soit un individu, une collectivité ou une nation, ont nécessairement des conséquences, à plus ou moins long terme, pour tous les autres. Chacun a donc son mot à dire sur les décisions de tous.

Cette contrainte peut paraître lourde. En réalité elle est la clé de l’accès de chacun à un statut véritablement humain. Essayer d’y échapper serait renoncer à une richesse essentielle, notre « humanitude » non pas reçue de la nature, mais construite par nous.

« On ne naît pas homme, on le devient », dit Erasme. En effet, la nature nous apporte toutes les informations nécessaires pour construire un membre de l’espèce Homo sapiens ; mais une autre source est nécessaire pour accéder à la conscience d’être. Cette source non biologique ne peut être que la rencontre des autres humains. Celui dont nous parlons lorsque nous disons « Je » n’est pas le locuteur lui-même : il est une personne faite de tous les liens résultant de ses rencontres. Notre spécificité, la performance qui nous distingue radicalement des autres vivants, est la richesse de nos échanges. Isolés, nous sommes des primates ; les rencontres font de nous des humains.

L’interdépendance imposée par les limites de notre domaine crée des conditions favorables à la multiplication de ces rencontres ; elle est donc une chance, mais encore faut-il savoir en tirer parti. Or rencontrer est un art difficile ; cela s’apprend ; l’enseigner à tous est la tâche première de toute communauté.

Il se trouve que le modèle de société actuellement dominant, le modèle occidental, peut certes se prévaloir de succès magnifiques dans l’ordre de l’efficacité ; mais il a totalement échoué lorsqu’il s’agit de mettre les humains face à face. Il a en effet commis l’erreur de prendre pour moteur la compétition, c’est-à-dire la lutte de chacun contre tous.

Au long d’une aventure humaine, tout se joue lors des rencontres. Ramener celles-ci à un affrontement qui désignera un gagnant et un perdant, c’est perdre toute la richesse d’un échange qui pourrait être bénéfique à tous. C’est pourtant ce que notre société nous présente comme une nécessité. La place démesurée donnée par les médias aux événements insignifiants que sont les résultats sportifs est l’exemple extrême de cette déformation caricaturale. La vie de chacun, individu ou collectivité, est ainsi réduite à une succession de batailles, parfois gagnées, mais qui aboutissent à une guerre, d’avance perdue. Quel gâchis !

Il est urgent de remplacer le modèle de la compétition par celui de l’émulation, c’est-à-dire de la lutte contre soi avec l’aide des autres. Pour les Occidentaux, cela implique une révolution ; elle peut être non violente si elle est entreprise dès l’école.

Quelle chance : nous participons à un changement d’ère. Que nous le voulions ou non, l’humanité s’engage dans une voie nouvelle. Le choix de la direction ne peut être que collectif. Il faut donc mettre en place des structures de gouvernance planétaire dont l’ébauche est représentée par l’Organisation des Nations unies (ONU) et quelques organismes spécialisés, comme l’Unesco ou l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Mais, pour donner à cette organisation les pouvoirs rendus nécessaires par l’interdépendance des humains, il faudra opérer une transformation radicale de son mode de fonctionnement.

Cela nécessitera bien sûr un travail de longue haleine. Cependant il est possible de marquer rapidement, au moyen de mesures symboliques, la rupture nécessaire avec l’actuelle organisation. Pour commencer par le plus facile, cette rupture pourrait concerner la localisation de l’ONU. La presqu’île de Manhattan – symbole d’une culture de la compétition, d’une économie triomphante et d’une finance impitoyable – n’est certainement pas un lieu prédestiné pour abriter les rencontres où se manifesteront les angoisses et les espoirs de tous les peuples. A la recherche d’un emplacement plus conforme à ce rôle, nombreux seront les hommes dont le regard se portera bien loin de New York, bien loin de la nation actuellement la plus arrogante. Pourquoi pas vers une de ces collines où des hommes ont su exprimer, au cours des siècles, leur obsession du destin de la communauté humaine : ainsi Jérusalem.

 
 
Par Albert Jacquard
Généticien, auteur de J’accuse l’économie triomphante, Livre de poche, Paris, 2000, et de Dieu ?, Stock, Paris, 2003.

n°22824
Profil sup​primé
Posté le 11-08-2006 à 12:53:33  
 

A VOIR:
anemone0magaeli sourit à la vie:
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