saoulie, c'est 17% même si ça ne vous plait pas...et avec de l'énergie à gogo, vos chercheurs là, ils ont pas un plan aussi pour trouver des matères premières à gogo, parce que là..je ne sais pas si vous vous rendez conte mais à ce rythme de consommation efreinée, notre terre ne suffit plus, il faut rapidement trouver quelques nouvelles planetes vite fait...
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1/30/2006
L’année du Dragon
L’année du Dragon
Edito du Magazine de la Communication de Crise et Sensible n°6
En 1990 dans « L’argent fou », Alain Minc nous déclarait son amour pour le capitalisme. « Je crois à l’économie de marché. Il n’en existe pas d’autre : après un siècle de tâtonnement et d’échecs souvent dramatiques, l’évidence triomphe de Budapest à Paris, de Varsovie à Tokyo, de Moscou à New York ». 14 ans plus tard, nous pouvons ajouter, de Bombay à Shanghai.
Entre l’Inde et la Chine, plus de deux milliards d’habitants rejoignent progressivement, lentement mais assurément le concert des nations « développées ». Sur certaines zones géographiques, Shanghai et Bombay, cette boulimie capitaliste étonne la vielle Europe et la vielle Amérique par son dynamisme et son absence de retenue. Cette nouvelle donne du capitalisme international, marquée par l’entrée de la chine dans l’OMC, est frappée du sceau de la crise. Crise des matières premières, inquiétudes sur les réserves pétrolières mondiales, risques épidémiques avec le SRAS et la grippe du poulet, risque de non retour sur l’état écologique de la planète, destruction d’emplois aux USA malgré une croissance soutenue : les coupables désignés par les experts est la Chine et dans une moindre mesure l’Inde. La planète peut-elle soutenir le capitalisme exacerbé fondé sur la croissance sans risque majeur ? La question est absurde, tant la réponse est évidente : non. Cependant, la remise en cause de notre modèle économique est d’autant plus difficile et cruciale qu’aucune proposition globale et acceptable par les états et les populations ne semble émerger. Les ressources de la planète sont limitées. Or dans ce système de vases communicants la logique économique est imparable. Entre la population européenne vieillissante et l’incroyable foisonnement de la Chine, la capacité d’innovation des étudiants Indiens et la diminution des crédits de la recherche en Europe, le flux capitalistique s’écoulera naturellement vers les « pays continents » émergeants. Ce flux concerne la création d’emploi et de richesses, l’utilisation des ressources disponibles, la capacité de création et l’économie numérique. La Chine inquiète par sa capacité de production de biens matériels consommatrice d’énergie et d’acier. L’Inde se spécialise dans la production de matière grise, mirage d’une croissance soutenable fondée sur l’économie numérique. Certes, en terme de ressources naturelles, l’économie numérique et du divertissement est moins consommatrice directe de matières premières, mais elle sera forcément à l’origine de la montée des besoins matériels des pays émergeants. En effet, s’il est possible de produire à bas prix des biens matériels en limitant la hausse des revenus, l’économie numérique est fondée sur le réseau, donc sur la mixité directe des rapports sociaux. Déjà les informaticiens Indiens, en contact avec l’extérieur, revendiquent une hausse substantielle de leur pouvoir d’achat de biens de consommation sans toutefois espérer atteindre les niveaux européens de salaires. Cet ensemble laisse présager une explosion de la demande en nourriture, en matière première, de même que l’augmentation de la pollution et des risques inhérents.
Or la pauvreté d’une franche importante de la population de ces pays, la forte présence de la misère aux portes des complexes ultramodernes constituera pour les cadres de ces pays la principale angoisse et préoccupation. Lorsque les risques globaux dépassent la capacité de représentation des nantis de la planète, ils ne peuvent frapper l’imagination des populations pauvres à qui l’espoir d’un avenir meilleur consiste, par nature, dans la capacité à consommer, même peu. Il y a, de ce point de vue, du cynisme lorsque les USA, premiers consommateurs de ressources naturelles au monde, refusent les protocole de Kyoto alors que l’Europe demande aux pays pauvres de le respecter ! C’est aussi un aveu d’impuissance de la part de l’UE qui ne veut pas prendre ses responsabilités face à son premier client : faute d’être fort, il serait nécessaire pour l’Europe d’être conséquent. Sur le plan économique, le monde fonctionne encore selon une mécanique de transfert des risques des riches vers les pauvres. Cependant, cette logique atteint ses limites lorsque l’avenir de la planète est compromis dans le même temps que la terre se prépare à accueillir 10 milliards d’humains alors que les ressources s’épuisent. Les organismes de régulations comme l’OMC (Organisation Mondiale du Commerce) se retrouvent en difficultés lorsque les pays pauvres s’allient pour refuser cette logique de transfert des risques. Ils se trouvent également en difficulté lorsqu’ils affrontent directement le marché et les entreprises soumises au dictat des résultats trimestriels. Dans le même temps, le FMI (Fond Monétaire International) est à l’origine d’erreurs monumentales, voir graves pour les populations, notamment lorsque qu’il encourageait la construction de centres d’affaires restés vides dans des pays qui avaient besoin de construire préalablement des infrastructures dédiées à l’éducation, comme en Indonésie. La Chine est soumise à cette péréquation et ce n’est pas un hasard si ce sont exclusivement des zones, certes impressionnantes, qui sont offertes à l’édification de temples du capitalisme : un pays continent, quelques soit ses ressources et sa volonté, ne peut réaliser des infrastructures globales à la hauteur des attentes et des phantasmes du capitalisme. Nous allons, une fois de plus assister à des transferts massifs de population vers les zones fortement urbanisés avec son lot d’échecs sociaux, d’existences fantomatiques. Des millions de personnes vont naître, survivre et mourir dans des bidonvilles à la périphérie de l’économie de marché.
Il y a encore peu, au début de ce siècle, l’occident restait cependant un modèle en matière de démocratie et de justice. Quelques images, inqualifiables, comme celle d’une femme de l’armée US tenant en laisse un prisonnier irakien, font voler en éclat bien plus que la réputation des Etats-Unis : elles ternissent pour longtemps le modèle démocratique. Le monde Arabe en est, à juste titre, bouleversé. Les extrémistes auront beau jeu d’entretenir un climat de haine envers les Etats-Unis, mais aussi envers l’Europe qu’ils décrivent comme inféodé à la toute puissance du démon US. Comment en vouloir à des populations appauvries de tomber dans le piège de la haine alors que la guerre en Iraq ressemble, d’un point de vue médiatique, à une guerre de religion ? La théorie des dominos risque de fonctionner dans le monde Arabe, mais dans le sens inverse de celui attendu par les stratèges de la maison blanche.
La Chine est au cœur des préoccupations économique sous fond de pénurie de matières premières. Le capitalisme lorsqu’il est l’allié à la démocratie possède intrinsèquement une extraordinaire force de création et de mouvement. Mais l’autorégulation fondée sur l’argent fou trouve aujourd’hui ses limites, y compris dans la mécanique de transfert des risques dans un monde globale, socialement, économiquement et écologiquement. Pourtant le capitalisme contient dans ses gènes un puissant moyen d’éviter les catastrophes : le contrat. L’adhésion de la Chine à l’OMC est de ce point de vue une bonne nouvelle, car elle signifie l’acceptation des règles et du contrat. Il serait cependant utile que l’OMC écarte préalablement les démons de l’argent fou. Puisse le Dragon nous en protéger.
MDH avec l'autorisation de l'auteur -(c) 2006
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