N'est-il pas temps de déconnecter un nom d'une réputation a priori ?
Heureusement qu'une victime peut tracer sa vie sans porter, par son nom, la culpabilité d'un agresseur membre de sa famille.
Mon intervention porte sur le titre de l'émission :
le scandale n'arrive pas par celui qui le dénonce.
Le scandale est le fait de l'agresseur, et la victime n'a pas à porter aux yeux de chacun d'entre nous, la "responsabilité", voire la culpabilité, d'avoir enfin pu dire l'impensable.
Madame Schönberg, je n'ai pas eu l'opportunité de voir l'émission et je le regrette. Je ne peux que me féliciter que l'un des sujets porte sur l'inceste. Chacun croit trop facilement que ça n'arrivera jamais dans sa famille, sous son toit, avec "son" nom. L'inceste n'est pas une maladie honteuse : c'est l'agression d'un être qui à jamais reste marqué dans son quotidien et qui se terre dans le silence pour épargner son entourage.
Il est temps, me semble-t-il, que chacun endosse ses responsabilités :
- les agresseurs la culpabilité
- les victimes leur statut de victime
- la famille et les amis des victimes l'empathie minimale envers les victimes et la condamnation sans appel des actes criminels perpétrés par les agresseurs. Je parle bien de condamner les actes, pas le nom ni la famille de l'agresseur. Si la Société accepte de ne plus faire ces amalgames, elle permettra aux proches des victimes de ne plus fuir ces victimes, elle permettra aux victimes de se confier plus précocement et ainsi de sortir plus vite de l'enfer.
Perdre sa famille parce qu'elle refuse d'ouvrir les yeux et son coeur, préférant le coupable à la victime : la séparation finit par s'imposer mais la peine est pérenne. Cette peine est aussi une nième punition infligée à l'incesté, à la victime. Que chacun en prenne la mesure.
La lutte contre l'inceste passe par sa médiatisation, soyez remerciée d'avoir abordé ce sujet difficile.