Nous apprenons en effet que certains invités "anti-corrida" ont été déprogrammés à la demande des "pro-corrida".
Pour perpétrer ces actes de tortures érigés en spectacle, les tenants de la corrida ne sauraient souffrir le débat, la confrontation, la réfutation. Il leur faut de la propagande lourde et unilatérale et il ne manque pas de mondains pour se livrer dans les médias à des exercices pitoyables d'apologie sans être le moins du monde embarrassé par l'absence de toute contradiction idéologique.
La corrida nous rappelle que le processus d'hominisation n'est nullement parachevé et que le chemin parsemé de cadavres humains et non-humains est décidément bien long. En cela, la corrida est intrinsèquement fasciste et antidémocratique.
Les corridas ne sont pas des jeux anodins, qu'il est loisible « d'aimer » ou de « ne pas aimer », mais des exécutions capitales, en public dans une arène, avec des victimes animales désignées. Des tortionnaires aux mains pleines de sang, les toreros. Sur les gradins, des individus stupides qui regardent.
Notre devoir d'humanistes est de dénoncer des actes de cruauté commis envers des êtres vivants, tels qu'ils soient, en l'occurrence, ici des taureaux.
Cruauté, obscurantisme et imbécillité : c'est ça la corrida.
On ne peut évoquer la torture d'animaux comme la pelote basque ou le cinéma, ce n'est pas une activité comme une autre : c'est de faire souffrir volontairement un être vivant qu'il s'agit, de s'en divertir, et d'y gagner de l'argent. Mais à quelle époque vivons-nous ?
Enfin, la corrida, spectacle sanguinaire et sadique, contraire à l'esprit et même à la lettre du Droit français, est interdite sur la quasi-totalité du territoire national, et seulement tolérée sur une infime partie de celui-ci. Toute propagande pour ce spectacle est donc une incitation à un délit.
La corrida c'est martyriser des animaux de manière sanglante, avant de les tuer. Tuer et torturer ne peut être ni un spectacle ni une distraction. Il est inacceptable qu’une chaîne télévisuelle de service public, qui par nature et par déontologie devrait contribuer à l’éducation du public et par conséquent dénoncer la barbarie tauromachique, choisisse si souvent de lui assurer une publicité et se fasse ainsi l'auxiliaire d’une toromafia qui s’évertue à convertir la nation au culte lucratif du sang et de la mort. Humilier, torturer, trucider pour le plaisir, ce n’est pas moral et la torture n’est pas notre culture ; car si la mort est inéluctable, la cruauté et la souffrance infligées qui plus est pour le lucre et pour le divertissement, à l'inverse ne le sont pas.
Par ailleurs, + de 80 % de français (et 92 % d'Européens) demandent l'abolition de la corrida ! Est-ce que France 2 n'insulte pas les français là ???
La corrida, ce sont des tortures infligées sciemment à un animal à l’arme blanche, jusqu’à ce que la mort mette fin à cette attraction dédiée au plaisir de voir souffrir et mourir.
Une tradition ancienne doit-elle transgresser l’éthique et les valeurs humanistes actuelles que l’on doit inculquer à nos enfants ? Et la pratique constante d’une tradition légitime-t-elle la barbarie qu’elle perpétue ? Certainement pas : les droits et les libertés de chacun ne sauraient transgresser les valeurs qui régissent notre société et qui sont à l’opposé de cette violence, aux saveurs primitives que véhiculent la tauromachie.
Aucune valeur humaine ne justifie la souffrance et la mort des animaux pour le spectacle, c'est un acte dégradant, indigne de l'humanité.
La corrida c'est le vieux monde de la violence, de la domination, du machisme, de la fatalité, de la brutalité, de la haine qui se trouve profondément interpellé ; d'où la violente résistance de nos adversaires que nous combattons car, à leur profonde misère morale, nous opposons la joie d'exister de femmes et d'hommes qui pour vivre ensemble dans la fraternité et la paix n'ont plus besoin de tuer ni dans les arènes ni hors de celles-ci ! C'est dire si notre radicale opposition à la corrida est porteuse de valeurs humaines inestimables.
Petit rappel :
Souffrance animale : Nul n’ignore plus que la souffrance physique est toujours la souffrance, quel que soit l’être sur qui elle se porte.
Nos contemporains, conscients de la souffrance que peut ressentir tout être sensible doué de mémoire, ont étendu aux animaux qui sont sous notre responsabilité cette protection juridique, quand il s'agit de sévices graves.
Art 321-1 du Code Pénal, Alinéas 1 et 2 : Le fait, publiquement ou non, d'exercer des sévices graves, ou de nature sexuelle, ou de commettre un acte de cruauté envers un animal domestique, ou apprivoisé, ou tenu en captivité, est puni de deux ans d'emprisonnement et de 30 000 euros d’amende. A titre de peine complémentaire, le tribunal peut interdire la détention d'un animal, à titre définitif ou non.
Il ne s’agit donc pas d’établir une égalité homme-animal, mais de rendre l’homme plus grand par sa volonté de prendre en compte la souffrance animale quand elle dépend de lui.
Malheureusement l’alinéa 7 de cet article, (Les dispositions du présent article ne sont pas applicables aux courses de taureaux lorsqu'une tradition locale ininterrompue peut être invoquée), vide de son sens les principes consignés dans les 2 premiers puisqu’il tolère une exception à cette protection élémentaire et autorise « ces sévices graves quand une tradition locale ininterrompue peut être invoquée ».
Rappelons enfin que l’Impératrice Eugénie de Montijo avait introduit la corrida en France en 1852, un an après le vote de la loi Grammont (ancêtre de l’article 521-1 de notre Code Pénal, qui protège les animaux contre les sévices et les actes de cruauté). Autrement dit, dès son introduction, la corrida fut illégale en France ! Il est bon de le rappeler ! Ce n’est que depuis 1951 qu’une tolérance existe dans le sud de la France…Force est de constater que manque l'épaisseur des siècles pour invoquer une tradition !
Les citoyens de ce pays ainsi que nos élus sont victimes de plus de cinquante ans d'intoxication tauromachique : tradition, culture, art, terroir et autres arguments pour justifier l'injustifiable.
Comment le législateur peut-il à la fois condamner des actes considérés comme contraires à l’éthique et s’incliner devant le poids d’une tradition en légalisant, en son nom, la brutalité, la torture, et la mort infligées à des taureaux puisqu’il s’agit précisément des spectacles de leur combat ?
Les défenseurs de la corrida nous rétorquent toujours cet argument : c’est notre tradition ! En effet, les traditions sont effectivement importantes, mais comme dans tout il faut garder le bon et jeter le moins bon ; une tradition à d’autres atouts que cette barbarie : sa langue, ses produits du terroir, son architecture… Il y a tant de choses belles qu’une tradition peut utiliser pour ce faire reconnaître, alors pourquoi se réfugier derrière la plus abjecte ? La culture historique n’est-elle pas le vêtement qui sert à déguiser la cruauté ?
Pour conclure, nous vous invitons à diffuser aux téléspectateurs (pendant l'émission) une corrida, mais une vraie corrida, pas seulement le début bien évidemment...Allez bien jusqu'au bout...Jusqu'à l'agonie insoutenable du taureau ! OUVREZ-BIEN VOS YEUX : au moment de la mise à mort du taureau, le matador (tueur) prend une épée, il en transperce le thorax de l'animal, une et souvent plusieurs fois. Pour terminer cette séance de tortures, meuglant ses souffrances, le sang lui sortant par la bouche, le taureau tombé à terre est frappé avec un poignard dont la lame est enfoncée et tournée dans sa tête.
Mais peut-être avez-vous peur de choquer les français !... Bon Dimanche !
« Le jour où les taureaux seront considérés comme faisant partie de l'âpre beauté de leur pays, libres et reconnus, ce jour-là, les matadors déchus apprendront à leur tour que le réel courage et l'unique triomphe de l'homme ne sont nulle autre part ailleurs que dans le respect de la vie». Pierre Ferran in « Les bêtes aussi ont le droit de vivre ».
"Mi-mascarade, mi-boucherie, fête du sang et de la cruauté, la corrida reste, pour ceux qui entendent se placer sur le terrain de l'éthique, une barbarie scandaleuse. D'ailleurs, même un partisan de ces jeux cruels n'a jamais osé prétendre qu'il puisse être moral de faire souffrir, de martyriser, de torturer un être vivant, par simple plaisir et pour s'amuser. En tous les cas, avec leur sadisme et leur érotisme, avoués ou honteux, avec leur indiscutable cruauté, les modernes jeux du cirque continuent, indignes d'un pays qui croit pourtant se prétendre "civilisé". Quant aux pauvres clichés de certains littérateurs et journalistes sur la "beauté" du spectacle, sur le sang et le soleil -en oubliant le troisième "S", le sexe-, sur un symbolisme quasi religieux à les entendre, sur la noble mythologie de l'affrontement homme-animal, ils n'y changeront rien : la corrida est et demeure une honteuse concession à nos plus inavouables instincts.
Mais nous sortirons un jour de l'âge du bronze et de la préhistoire quand la pitié l'emportera sur le goût du sang et le respect des droits de l'animal sur la cruauté de ses bourreaux." Professeur Théodore Monod - Muséum d'Histoire Naturelle - Membre de l'Académie des sciences.
"La corrida, c'est le refuge mélancolique de l'impuissance et le nomadisme de l'impunité qui cherchent à détruire la part humaine dans l'homme. Dans une ironie solennelle, de l'odeur du sang à l'impudeur, le toréador ne respire que la mort de l'innocence gisant à ses pieds. Où sont donc dans cette barbarie la compassion et l'intelligence du coeur qui assument le respect de la vie et la traversée vers l'Autre ? »
Morad EL HATTAB, Lauréat du Prix Littéraire Lucien Caroubi, Prix pour la Paix et la Tolérance"