Qu'ont encore inventé nos dénigreurs professionnels ? Mais je ne laisserai pas faire. Voici pour conjurer le sort un poème allégorique, destiné à frapper les esprits et faire reculer la calomnie.
Dans cette allégorie, l'Ankou, personnage mythique de Bretagne représentant la Mort, vient voir les malheureux qui ont osé profaner le sacro-saint red Sardin, en répandant des rumeurs calomnieuses.
Le symbole de ceci, est que la méchanceté sera poursuivie par la Justice immanente.
L'Ankou protège Chan Marin
Sur le front obstiné de Madame Gudulon
L'épouvante se voit en lettres de lumière
Assise avec PatLeugh, blottis dans la chaumière
Batie tout récemment en parpaings de béton.
Gudulon est livide, éperdue de terreur,
Car elle sait que l'Ankou a promis de venir
Leur tirer les oreilles, peut-être même pire
Ils ont froid, ils ont faim, ils ont peur, et ils pleurent.
Ils n'imaginaient pas que l'affront était grand
L'injure insoutenable et la sanction sévère
Ils voudraient maintenant disparaitre sous terre,
Mais ils devront payer ce crime de leur sang !
Dehors le vent rugit comme on hurle à la mort
Aux confins de l'Iroise l'Océan crie sa peine
Et volant en arrière les mouettes souveraines
Pleurent en cris stridents celui qui manque au port.
De lourds nuages noirs vont sur la mer d'Irlande
Et des éclairs de feu éclairent sous les nues
Les goémons rouge sang des frégates perdues
Dans les flots noirs et blancs des lointains no man's land.
L’infâme Gudulon et PatLeugh le vilain
Paieront pour leur crime dans ces contrées obscures
Accusés de partout de mille forfaitures
Et tombés en épave aux portes de Dublin.
Soudain le vent se tait, un étrange silence !
Une forme apparait, terrible et redoutable,
C'est l'Ankou. En hurlant les pauvres misérables
Se jettent à genoux en signe d'allégeance.
Et leurs genoux cagneux s'entrechoquent avec bruit
Leurs dents claquent en mesure comme des castagnettes
De Patleugh s’entrechoquent les petites coucougnettes
Perdues dans sa culotte qu'on ouvre que la nuit.
Ah gueu gueu ! Ah gueu gueu ! bredouillent les couards
Essayant d'éviter la terrible colère.
Sur leurs joues avinées coulent des larmes amères,
Comme les caniveaux tout au long des trottoirs.
Lèvez-vous, écoutez, dit l'Ankou, Maintenant
Vous direz dans le monde : vive le red Sardin,
Igloo Igloo est beau, Mibébi hallucine,
Et de tous les skippers, c’est bien Chan le plus grand !
Ainsi parla l'Ankou, et puis il disparut.
Blêmes et décomposés, nos deux energumènes
Se levèrent effrayés des paroles peu amènes.
Entrouvrirent la porte et coururent dans la rue....
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Palme d'Or de Dingoville pour la Poésie