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Le patrimoine recouvre des domaines aussi différents que complémentaires et constituent les racines de l'identité culturelle d'hier, d'aujourd'hui et de demain. C'est à partir d'un ensemble de biens matériels et immatériels à caractère naturel, culturel ou architectural que de plus en plus de personnes se reconnaissent, trouvent des racines, voire des métiers passionnants. Assurer la sauvegarde du bien patrimonial, l'utiliser comme outil de développement durable, le faire vivre et le valoriser, le transmettre aux générations futures...Un beau défi. Qu'en pensez-vous? Dites-nous ce que représente pour vous le patrimoine ?

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mots de vos régions

 

62 utilisateurs inconnus

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Auteur Sujet :

mots de vos régions

n°766
Profil sup​primé
Posté le 14-04-2006 à 22:41:11  
 

merci de me communiquer des mots propres au patrimoine de votre région, que ce soit architectural, géologique, gastronomique, musical...(comme aven en Bretagne ou en Lozère, faing dans les Vosges, restanque, borie et bastide en Provence...)

n°786
edou3
Les poissons sont nos amis.
Posté le 20-04-2006 à 20:31:01  profil
 

Je peux proposer :

"bazouge" dans l'ouest, je n'en connais pas la signification exacte, mais c'est le nom de nombreuses communes (Bazouges-la-Pérouse (35), La Bazouge-du-Désert (35), Bazougers (53), La Bazoge (72), sûrement une trentaine de communes au total. Qui en connait le sens ?
Dans les campagnes de l'ouest, les fermettes sont appelées "longères", car construites tout en long et perpendiculairement à la route. On y "harasse" les châtaignes en automne : on entaille la coque, et on les met dans une poële perforée de nombreux trous qu'on remue souvent sur un feu vif ou dans la cheminée. Chacun les décortique ensuite au fur et à mesure qu'il les mange en les accompagnant d'une bollée de cidre ou de poiré.

Il y a aussi "rupt" en Lorraine (Rupt-sur-Mad (54), Villerupt (54), Turquestein-Blancrupt (57),...) ce nom de lieu signifie : source jaillissante.

Dans les Ardennes, il y a "bief", voie d'eau en forêt. Et... la salade au lard: pommes de terre cuites, mais froides, pissenlit, lardons, oignons, assaisonnement.

n°802
Profil sup​primé
Posté le 23-04-2006 à 21:45:11  
 

edou3 a écrit :

Je peux proposer :

"bazouge" dans l'ouest, je n'en connais pas la signification exacte, mais c'est le nom de nombreuses communes (Bazouges-la-Pérouse (35), La Bazouge-du-Désert (35), Bazougers (53), La Bazoge (72), sûrement une trentaine de communes au total. Qui en connait le sens ?
Dans les campagnes de l'ouest, les fermettes sont appelées "longères", car construites tout en long et perpendiculairement à la route. On y "harasse" les châtaignes en automne : on entaille la coque, et on les met dans une poële perforée de nombreux trous qu'on remue souvent sur un feu vif ou dans la cheminée. Chacun les décortique ensuite au fur et à mesure qu'il les mange en les accompagnant d'une bollée de cidre ou de poiré.

Il y a aussi "rupt" en Lorraine (Rupt-sur-Mad (54), Villerupt (54), Turquestein-Blancrupt (57),...) ce nom de lieu signifie : source jaillissante.

Dans les Ardennes, il y a "bief", voie d'eau en forêt. Et... la salade au lard: pommes de terre cuites, mais froides, pissenlit, lardons, oignons, assaisonnement.



Bonjour, hello:{}

Seriez vous de Lorraine, car effectivement le nom des  coins que vous citez ont bien l'origine
exacte que vous en donnez

A+ de vous lire elsababyyy:7

n°804
Profil sup​primé
Posté le 23-04-2006 à 21:49:16  
 

pour le rupt et le bief , je connais, le 1er parce que j'habite en Lorraine (le rupt est surtout  courant dans les Vosges. Mais sauf erreur, rupt est tout simplement un ruisseau (ou ru), le second car il est courant dans toute la France et l'ai rencontré en Franche-Comté (Métabief) espace entre 2 écluses ou canal conduisant sur la roue d'un moulin), de bedum, fossé, et certainement d'autres utilisations locales que je suis prêt à recevoir mais si possible en m'en donnant une source de votre définition .  . Merci pour la longère.
Quant aux mots formant la toponymie,  il existe des dictionnaires  de la toponymie, de l'oronymie et de l'hydronymie.

Ah ! ça change de certains fils sans rapport aucun avec le patrimoine!

n°805
Profil sup​primé
Posté le 23-04-2006 à 21:54:35  
 

hello
Merci de ces renseignements car habitant en Lorraine depuis seulement quelques années, je ne le savais pas
A+ de vous lire !!!!!

n°810
edou3
Les poissons sont nos amis.
Posté le 23-04-2006 à 23:02:55  profil
 

En effet, en Lorraine "rupt" se prononce "ru".

J'y ai vécu avant d'être installé en Bretagne, ce qui est probablement le parcours inverse de Soizic.

En ce qui concerne la Lorraine Francique (=germanophone), il faut s'intéresser à la terminaison des noms de lieux ou communes souvent révélatrice de statut ou d'affectation.

Par exemple, la forme "off" ( Hestroff, Francaltroff,  ...) avec 2 "f" contrairement à la forme allemande "hof", afin de bien prononcer au moins un "f" sans l'escamoter, (comme on serait tenté de le faire en français), signifie que l'on est dans un domaine seigneurial (hof=cour de château ou de ferme et par extension domaine agricole).Le préfixe étant souvent le nom du seigneur en question. Il s'agit en général de petites communes.

Dans la forme "ing" , prononcer "in" comme dans "sapin" (Insming, Alzing, Théding,...), ou sa variante francisée "ange" (Talange, Guénange, Morhange,...), il faut reconnaitre le mot "source", soit une implantation près d'un point d'eau, sans seigneurie sur place, mais dépendante d'une autre structure (seigneurie d'importance mais localisée ailleurs, abbaye...).

Dans la forme "bruck" (Rosbruck, Bliesbruck,...), il faut reconnaitre brücke, soit pont en allemand. Dans le forme "bach" à prononcer bak (Forbach, Merlebach,...), c'est évidemment rivière qu'il faut reconnaître. Dans la forme "thal" (Meisenthal, ...), il s'agit de vallée.Etc..

La Lorraine Romane (=francophone) a également ses formes propres, mais ce sera peut-être l'objet d'un prochain post.

n°814
Profil sup​primé
Posté le 24-04-2006 à 15:32:18  
 

edou3 a écrit :

En effet, en Lorraine "rupt" se prononce "ru".

J'y ai vécu avant d'être installé en Bretagne, ce qui est probablement le parcours inverse de Soizic.

En ce qui concerne la Lorraine Francique (=germanophone), il faut s'intéresser à la terminaison des noms de lieux ou communes souvent révélatrice de statut ou d'affectation.

Par exemple, la forme "off" ( Hestroff, Francaltroff,  ...) avec 2 "f" contrairement à la forme allemande "hof", afin de bien prononcer au moins un "f" sans l'escamoter, (comme on serait tenté de le faire en français), signifie que l'on est dans un domaine seigneurial (hof=cour de château ou de ferme et par extension domaine agricole).Le préfixe étant souvent le nom du seigneur en question. Il s'agit en général de petites communes.

Dans la forme "ing" , prononcer "in" comme dans "sapin" (Insming, Alzing, Théding,...), ou sa variante francisée "ange" (Talange, Guénange, Morhange,...), il faut reconnaitre le mot "source", soit une implantation près d'un point d'eau, sans seigneurie sur place, mais dépendante d'une autre structure (seigneurie d'importance mais localisée ailleurs, abbaye...).

Dans la forme "bruck" (Rosbruck, Bliesbruck,...), il faut reconnaitre brücke, soit pont en allemand. Dans le forme "bach" à prononcer bak (Forbach, Merlebach,...), c'est évidemment rivière qu'il faut reconnaître. Dans la forme "thal" (Meisenthal, ...), il s'agit de vallée.Etc..

La Lorraine Romane (=francophone) a également ses formes propres, mais ce sera peut-être l'objet d'un prochain post.




 hello:{} bonjour

OUI, tout à fait parcours inverse, bien que passant entre temps par PARIS et ST.ETIENNE
"les voyages forment la jeunesse et déforment les valises", ne dit-on pas lol:{}
C'est génial ce que vous venez de m'apprendre, car beaucoup de noms, d'ailleurs les villages se regroupant, ont la meme terminaison  ANGE, BRUCK, OFF, etc

Vous habitiez où auparavant en Lorraine (je me situe vers "des noms terminés par ANGE.......)
et maintenant en Bretagne, vous êtes où : je suis originaires des Côtes d'Armor, StBrieuc, plus exactement.

Ah ! là, là, la curiosité féminine !!!!!!!! cela nous perdra

Au plaisir de vous lire, bonne journée à vous soizik:2


Message édité par Profil supprimé le 24-04-2006 à 15:33:43
n°818
Joseph Puj​ol
Posté le 25-04-2006 à 19:47:57  profil
 

En ce qui concerne la région PACA, la toponymie est, entre autres, très marquée par la langue gauloise. Ainsi, quelques exemples:

le préfixe sek-, qui signifie en gaulois, "montagne" se retrouve ainsi dans les villages suivants: sigotier, sigoyer, (hautes-Alpes), sigale (Alpes-Maritimes). Comme on pouvait le prévoir, ces trois localités se trouvent à proximité de massifs rocheux.

le préfixe kar/tar, signifie quant à lui "gros rocher": Carqueiranne, (Var), Tarascon,(B-d-R), la Couronne (B-d-R)

pour finir, ven- évoque 'une hauteur marquant le paysage": le Mont Ventoux, Venelles, Ventabren (B-d-R), Vénasque et le Mont Ventoux (Vaucluse->"vallis clausis/cleusis"-> Vallée clause/creuse)
 
On notera que le Mont Ventoux est ce qu'on nomme une "toponymie pléonastique"  : le Mont de la hauteur marquant la paysage.

N' étant pas un grand expert en toponymie, je tire mes informations de ce site:

crehangec.free.fr/prov.htm

Il présente l'avantage de donner sa bibliographie.

A venir, de savoureux mots provençaux...

n°831
edou3
Les poissons sont nos amis.
Posté le 28-04-2006 à 10:09:37  profil
 

quote]Vous habitiez où auparavant en Lorraine (je me situe vers "des noms terminés par ANGE.......)
et maintenant en Bretagne, vous êtes où : je suis originaires des Côtes d'Armor, StBrieuc, plus exactement.
 
[/quote]

Personnellement, je suis né à Bouzonville, dans le val de Nied, à 4 km de chez les "barbares teutons"... Mais mon nom de famille est typique du pays thiois (=la région de Thionville), donc le pays des "ange". Mon ancètre connu le plus ancien, était né dans un village aujourd'hui luxembourgeois et a assaimé dans diverses contrées (Roumanie, Argentine, Prusse Orientale, Espagne, Algérie,...), car l'émigration n'a jamais été à sens unique.

Dans la plupart de ces contrées, des émigrants venant de Lorraine (qui ne faisait pas en ce temps partie de la France), ont créé des villages aux noms quelquefois bien français et organisés comme en Lorraine en villages-rue, où les traditions, sinon la langue se sont perpetuées jusqu'à recemment, en particulier en Roumanie et en ex-Yougoslavie, où ils  continuent à être appelés traditionnellement "Souabes" ou quelquefois  "Luxembourgeois", par commodité 'car, ça au moins, on peut le situer sur une carte.

Aujourd'hui, j'habite Rennes, en plein pays Gallo, dont j'ai fini par acquérir le patois des campagnes (jusqu'à un certain point). J'ai longtemps trouvé que le bout de ces terres était un cul-de-sac où on était très loin de tout (mais je n'ai aucune culture maritime), alors que mon pays natal était à l'inverse celui des quatre-vents à la croisée des chemins, près de tout en Europe, cosmopolite et ouvert.
Comme quoi, on voit toujours midi à sa porte !

Bref, aujourd'hui j'ai la culture du granit, de l'ardoise, du bocage, de la cochonaille, du cid' et des "conteux".

Et vous? Comment appréciez-vous les frimas, le tempérament, la culture de votre pays d'adoption ?

n°843
Profil sup​primé
Posté le 29-04-2006 à 13:44:25  
 

hello:{} Décidémment, intéressants vos commentaires et parcours tout à fait inverse l'un de l'autre.

Rennes, j'y ai de la famille, bien qu'étant des Côtes d'Armor, et j'ai la nostalgie de la Bretagne, même si je n'y ai pas vécu très longtemps.

Le climat ici, ne m'en parlez pas, au bout de 15 ans dans la région j'ai encore du mal à m'y faire car comme vous le savez, nous pouvons passer de 0° le matin à +15° en après midi et avoir dans la meme journée les deux saisons.

Quant aux gens, ce qui m'a beaaucoup frappé en arrivant (village de 800 habitants à l'époque) est la politesse et la courtoisie : tout le monde se salue, bien que ne se connaissant pas plus que cela !

On m'avait dit les "Lorrains comme étant des gens froids", mais il n'en n'est rien, c'est comme partout : un minimum de politesse amène à des échanges et des dialogues intéressants.

La proximité des frontières (belges et luxembourgeoises) est intéressante car nous avons traversé des régions superbes et marquées par notre Histoire de France (les châteaux servant de forteresses au M.Age, tels Malbrouck, Preisch, Rodemack, Freistroff) sans compter  la Moselle,  présentant la plus grande diversité de milieux naturels (mais je ne vous apprends, rien je pense) : ne dit-on pas que la Moselle est un Jardin à elle seule.

Cela me change certes de la Bretagne, plus sauvage, plus pittoresque (chauvine je suis et chauvine je resterai) mais la Lorraine possède son charme.

Je vous souhaite une bon week-end et A+ de vous lire hello:{}

n°847
Profil sup​primé
Posté le 30-04-2006 à 12:40:29  
 

pour ceux qui s'intéressent à l'étymologie, une des bibles en la matière est le Trésor de la Langue Française, conçu par le CNRS à Nancy, disponible sur papier (11 ou 12 gros volumes), sur CD Rom (75 euros en versions pc et  mac) ou sur internet (mais j'ignore si l'intégralité des mots y figure), il suffit de faire une recherche sur le nom précité. Ce TLF s'est basé sur le FEW (Französicher Etymologisches Wörtenbuch ) rédigé en allemand par un Allemand Von Wartburg

n°851
Joseph Puj​ol
Posté le 30-04-2006 à 20:58:52  profil
 

galetdelune-> merci pour le lien

en ce qui concerne les expressions françaises il y a ce petit bouquin très agréable à lire: "la puce à l'oreille", Claude Duneton

Bon, bien sûr, certains experts se sont empressés de décortiquer le livre, page après page pour dénoncer, là un anachronisme, là une lettre manquante...soit...
mais pour le néophyte que je suis, je trouve que c'est un livre très plaisant.

petit extrait:

-Fier comme un pou : "Être fier comme un pou est une expression incompréhensible au premier abord, et qui comme beaucoup d'autres doit son succès à son absurdité. Les poux sont des petites bêtes pleines de pattes qui se promènent parfois sur les mèches de cheveux, assez gravement sans doute, mais sans aucune fierté. Ils se sauvent dès que l'on approche le doigt, ils s'enfuient lâchement dans l'épaisseur de la chevelure comme un cafard sous un balai. Que l'on dise "moche comme un pou", cela se comprend, mais fier ?...

En réalité le "pou" en question - ou poul, ou pol - est l'ancienne dénomination du coq, le mâle de la "poule" précisément, et le papa du "poulet" ! En fait, fier comme un pou veut dire "fier comme un coq". Un petit coq même, un coquelet fringant, tout en plumes et en crête arrogante. Cela à une époque où le coq adulte s'appelait aussi jal, ou gai, du latin gallus, alors que la vermine des coiffures étaient encore un pouil, ce qui explique les "pouilleux". L'expression se rattache donc légitimement à la panoplie du cocorico national ; le mot "coq" vient d'ailleurs de "cocorico", imitation de son cri.

Quant au coq gaulois, l'emblème, il résulte d'un jeu de mots en latin entre gallus, coq, et Gallus, Gaulois, sans que nos ancêtres bien connus aient marqué une préférence particulière pour cet oiseau de basse-cour !"-Claude Duneton, "la puce à l'oreille"


n°855
lapequen
Posté le 01-05-2006 à 19:14:03  profil
 

ma maman, morte il y a peu, était née en 1903 dans une famille paysanne de basse normandie, du côté d'Alençon, région enclavée où il ne s'est jamais rien passé - à part le roman de Balzac "la vieille fille". c'est dire si le langage du coin est longtemps resté archaïque dans le monde rural (le vrai, pas celui d'aujourd'hui). Dans sa famille, on employait couramment des verbes comme bouiner, s'inquermanter, bablauder,  gricher, bouriauder, ou des substantifs comme mirlifiches, affutiaux, brennée, peutrasse etc.etc. sans compter des expressions comme se promener en grand aria, aimer peurtintaille. Il y en a des centaines comme çà, souvenirs d'un monde disparu. Est-ce un reste de patois ? y a -t-il quelqu'un  de la région qui les comprend encore et en a d'autres à proposer ?    

n°857
Profil sup​primé
Posté le 02-05-2006 à 12:07:48  
 

Ce qui m'intéresse sont les mots encore couramment utilisés dans l'appellation de particularités géologiques et architecturales et gastronomiques. Je donne un exemple : dans le pays d'Auge (Calvados), se trouve la route des douets. Comme c'est aussi le pays du fromage, j'ai pensé un moment à des lieux de production (tout comme pour les routes des vins). Mais non ! Douet vient du latin ductus = doigt, pour désigner chacun des nombreux ruisseaux faisant que le mot "auge" a été attribué à cette partie du pays bas-normand. C'est ce type de mots qui m'intéresse. Je ne vous demande de livrer que ceux de votre région car j'en ai déjà pas mal de diverses régions.

n°878
edou3
Les poissons sont nos amis.
Posté le 04-05-2006 à 15:26:53  profil
 

A lapequen:

"bouiner" est toujours couramment utilisé dans l'Ouest pour signifier "bricoler" ou "bâcler". De même pour "bouineur".

Mais peut-être ce mot a-t-il un autre sens ancestral dans l'Orne...

n°879
edou3
Les poissons sont nos amis.
Posté le 04-05-2006 à 16:51:44  profil
 

Bonjour Soizik.

J'aurais écris votre prénom "Soizic", comme on l'écrivait traditionnellement, même si certains (par surenchère de snobisme) préfèreront "Soazig". Bref, pas d'orthographe pour les noms propres.

Pour ce qui est du climat, tout est relatif: à l'époque où la région (Moselle) était sous domination allemande, la noblesse (en villégiature) et les colons (définitivement) y venaient pour la douceur du climat et la pureté de l'air et des eaux. C'était leur Sud-Ouest profond, qui confère un "capital-sympathie", dont jouïssent aujourd'hui les Sarrois (historiquement Lorrains eux aussi), les Sarrois qui aiment cultiver leur "francité" (patrimoine culturel, art de vivre, etc...). Certains d'ailleurs (pas rebutés ni par la langue, ni par notre administration) sont venus s'installer chez nous, bien que travaillant toujours en Allemagne, leur enfants suivent l'école de la république et parlent le français "comme à la télé".

Les étrangers de passage (comme mes beaux-parents) évoquent en effet souvent la courtoisie des Mosellans. C'est quelque chose d'assez naturel, qui n'a pourtant rien à voir ni avec la familliarité, ni avec la duplicité, simplement l'héritage des habitudes qui, aux confins d'une zone de fracture, oblige à maintenir des passerelles entre les cultures. C'est en tous cas mon interprétation des choses.

Les Lorrains ne sont pas froids, mais néanmoins individualistes tout en étant très solidaires (fait-il rappeler que durant la période nazie, 10% de la population, dont les juifs, était clandestine). Là aussi, l'histoire, sinon la culture rurale explique ce trait de caractère.

En effet, la vie rurale était organisée en "open-field", avec des champs individualisés, domaines personnels des agriculteurs (à la différence des grands domaines du Limousin ou d'Italie, qui favorisent le prolétariat rural des "manouvriers" sans terre), mais travaillés en commun aux semailles et aux moissons (à la différence des pays de bocage, où le travail et le tempérament restent individuels). Cette façon de travailler détermine aussi l'habitat, en villages-rue, où les maisons ou fermettes sont accolées les unes aux autres le long de la route, sans guère de propriété noble ou de caractère et sans non plus de ferme isolée en campagne, comme dans l'Ouest. (l'habitat traditionnel en Moselle comme celui de l'ouest mériterait quelques développements complémentaires).

Cette façon d'organiser la vie fait, qu'en général, on n'a guère de secret pour les autres: tout le monde sait à peu près tout sur chacun.

Et le corollaire, c'est que... chacun s'interdit d'en parler! Si vous avez des secrets, vous pouvez les confier à un Lorrain, car vous ne serez pas trahie, même pour le plaisir de la conversation!
Si durant la dernière guerre, le pays a vécu avec tant de clandestins (sur des cartes de rationnement, avec la délation érigée en systhème, les menaces et les dangers, l'abandon de l'Etat Français de Vichy, l'obligation d'allégeance à l'Allemagne nazie, les familles parfois écartelées entre les deux camps) et en est ressorti aux moindres dommages, c'est qu'il a pleinement exprimé ses qualités de courtoisie, d'individualisme, de solidarité,...

Deux questions pour finir, Soizik (en rapport avec le patrimoine),

- Pourquoi dit-on en  Lorraine "se prendre pour le roi de Prusse" ? D'ailleurs cette expression est-elle employée ailleurs ?

-Pourquoi les Alsaciens et les Lorrains que nos compatriotes rangent facilement dans le même panier, se sentent-ils finalement assez différents, sans d'ailleurs rechercher à se fréquenter mutuellement ?

Comme vous imaginez, j'ai quelques réponse sur le sujet.

A vous lire...

n°883
Profil sup​primé
Posté le 04-05-2006 à 20:47:22  
 

hello:{} bonsoir,

Toujours très intéressant de vous lire, mais concernant vos questions :

-  "se prendre pour le Roi de Prusse", comme il se dit ici, je ne saurais vous le dire, n'ayant pas fait beaucoup de recherches dans ce domaine

-  Alsaciens et Lorrains se sentant différents, là non plus je ne saurais vous en dire plus.

Mais questions qui amèneront certainement  des réflexions de ma part auxquelles je n'aurais jamais songé.

Il me sera donc agréable de vous lire.

Par ailleurs, habitant un village de 1200 habitants (après 14 ans), il est vrai que ce que je nommais "commérages" existent bien vraiment : tout le monde sait tout (ou presque) sur chacun des autres villageois : j'ai  trouve cela ayant un côté positif mais également négatif car, venant de ST.Etienne et Paris (deux grandes villes) beaucoup de changement, on ne connaissait  pas forcément son voisin de pallier..

Vos commentaires sur votre région d'origine sont enrichissants mais moi, malheureusement sur la Bretagne, je ne pourrais vous dire grand chose, n' ayant vécu que 3 ans, mais la Vie Parisienne, cela je peux vous en parler !!!!!!!

A+ donc de vous lire et bonne soirée soizik:2

ps : vous serez en accord avec un autre forumeur, en réalité la vraie orthographe en Breton c'est SOIZIG, mais on peut aussi écrire SOISIC ou SOIZIK
'comme on veut, on choise !) lol:{}

n°887
lapequen
Posté le 06-05-2006 à 14:26:39  profil
 

a soizic

Difficile de parler encore de vie "parisienne" maintenant que paris est devenu tellement multi-culturel. Le Paris populaire, son parler, ses rues, ses bistrots, ses cinémas du samedi soir, ses 14 juillet n'existe plus depuis belle lurette. Et çà m'énerve de voir ces quartiers, essentiellement dans l'est parisien, se prétendre populaires, avec vie de quartier façon amelie poulain, convivialité, etc... alors que ce n'est qu'une approximation, une mise en scène factice dictée par des effets de mode, pour des résidents de passage la plupart du temps. Au diable les fameux bobos qui ont fait de l'Hotel du Nord" un décor de carton pâte pour touristes.

n°889
Profil sup​primé
Posté le 06-05-2006 à 14:50:21  
 

lapequen a écrit :

a soizic

Difficile de parler encore de vie "parisienne" maintenant que paris est devenu tellement multi-culturel. Le Paris populaire, son parler, ses rues, ses bistrots, ses cinémas du samedi soir, ses 14 juillet n'existe plus depuis belle lurette. Et çà m'énerve de voir ces quartiers, essentiellement dans l'est parisien, se prétendre populaires, avec vie de quartier façon amelie poulain, convivialité, etc... alors que ce n'est qu'une approximation, une mise en scène factice dictée par des effets de mode, pour des résidents de passage la plupart du temps. Au diable les fameux bobos qui ont fait de l'Hotel du Nord" un décor de carton pâte pour touristes.




bonjour hello:{}

C'est vrai ce que vous dites, je ne sais si nous sommes de la même génération mais à vous lire je le pense ou presque : j'ai connu le PARIS du BOULMICH, petits quartiers bien sympas, la Butte Chaumont avec ses "guinguettes" typiquement parisiennes, Notre Dame et ses peintres sur les quais de la Seine,  (bon, je ne suis pas si âgée que cela, mais les souvenirs d'enfance restent bien ancrés dans la mémoire)
Le bal des Pompiers du 14 juillet (premier amour taranee02  d'ailleurs, ), toute la nostalgie de ce PARIS, allez je peux le dire des années pour moi 1970 cry:{}

Mais, la télé-réalité de nos jours n'y est elle pas aussi pour quelque chose dans tout cela ????

A+ de vous lire et bon w-end hello:{}

n°912
Profil sup​primé
Posté le 09-05-2006 à 20:50:23  
 

edou3 a écrit :

Bonjour Soizik.

J'aurais écris votre prénom "Soizic", comme on l'écrivait traditionnellement, même si certains (par surenchère de snobisme) préfèreront "Soazig". Bref, pas d'orthographe pour les noms propres.

Pour ce qui est du climat, tout est relatif: à l'époque où la région (Moselle) était sous domination allemande, la noblesse (en villégiature) et les colons (définitivement) y venaient pour la douceur du climat et la pureté de l'air et des eaux. C'était leur Sud-Ouest profond, qui confère un "capital-sympathie", dont jouïssent aujourd'hui les Sarrois (historiquement Lorrains eux aussi), les Sarrois qui aiment cultiver leur "francité" (patrimoine culturel, art de vivre, etc...). Certains d'ailleurs (pas rebutés ni par la langue, ni par notre administration) sont venus s'installer chez nous, bien que travaillant toujours en Allemagne, leur enfants suivent l'école de la république et parlent le français "comme à la télé".

Les étrangers de passage (comme mes beaux-parents) évoquent en effet souvent la courtoisie des Mosellans. C'est quelque chose d'assez naturel, qui n'a pourtant rien à voir ni avec la familliarité, ni avec la duplicité, simplement l'héritage des habitudes qui, aux confins d'une zone de fracture, oblige à maintenir des passerelles entre les cultures. C'est en tous cas mon interprétation des choses.

Les Lorrains ne sont pas froids, mais néanmoins individualistes tout en étant très solidaires (fait-il rappeler que durant la période nazie, 10% de la population, dont les juifs, était clandestine). Là aussi, l'histoire, sinon la culture rurale explique ce trait de caractère.

En effet, la vie rurale était organisée en "open-field", avec des champs individualisés, domaines personnels des agriculteurs (à la différence des grands domaines du Limousin ou d'Italie, qui favorisent le prolétariat rural des "manouvriers" sans terre), mais travaillés en commun aux semailles et aux moissons (à la différence des pays de bocage, où le travail et le tempérament restent individuels). Cette façon de travailler détermine aussi l'habitat, en villages-rue, où les maisons ou fermettes sont accolées les unes aux autres le long de la route, sans guère de propriété noble ou de caractère et sans non plus de ferme isolée en campagne, comme dans l'Ouest. (l'habitat traditionnel en Moselle comme celui de l'ouest mériterait quelques développements complémentaires).

Cette façon d'organiser la vie fait, qu'en général, on n'a guère de secret pour les autres: tout le monde sait à peu près tout sur chacun.

Et le corollaire, c'est que... chacun s'interdit d'en parler! Si vous avez des secrets, vous pouvez les confier à un Lorrain, car vous ne serez pas trahie, même pour le plaisir de la conversation!
Si durant la dernière guerre, le pays a vécu avec tant de clandestins (sur des cartes de rationnement, avec la délation érigée en systhème, les menaces et les dangers, l'abandon de l'Etat Français de Vichy, l'obligation d'allégeance à l'Allemagne nazie, les familles parfois écartelées entre les deux camps) et en est ressorti aux moindres dommages, c'est qu'il a pleinement exprimé ses qualités de courtoisie, d'individualisme, de solidarité,...

Deux questions pour finir, Soizik (en rapport avec le patrimoine),

- Pourquoi dit-on en  Lorraine "se prendre pour le roi de Prusse" ? D'ailleurs cette expression est-elle employée ailleurs ?

-Pourquoi les Alsaciens et les Lorrains que nos compatriotes rangent facilement dans le même panier, se sentent-ils finalement assez différents, sans d'ailleurs rechercher à se fréquenter mutuellement ?

Comme vous imaginez, j'ai quelques réponse sur le sujet.

A vous lire...



Ne pourriez-vous pas créer d'autres fils pour vos discussuions sans rapport avec le mien ? cela le noie ! en ce qui me concerne, je ne fais jamais diversion sur les fils des autres

n°913
Profil sup​primé
Posté le 09-05-2006 à 20:54:20  
 

C'est à vous dissuader de créer d'autres fils sur ces forums ! même celui du patrimoine, j'abandonne, et dire qu'on donne du fric dans notre redevance pour des modérations inefficaces de forums illogiques ! le jour où je pourrai ne payer que pour les chaînes qui me plaisent, j'abandonne la 2, la 1 et la 6, car elles s'égarent bien de tout  ce qui est patrimoine que seules la 3 , la 5 et Arte respectent

n°914
Profil sup​primé
Posté le 09-05-2006 à 21:07:01  
 

bonsoir GALETDELUNE coralie:8

Je suis un peu déçue par votre post, vous nous reprochez une discussion assez culturelle et à Monsieur ou Madame du dessus, "JAMIECAT," qui lui fait de ce fil de discussion son propre blog, si réponses il y avait vous ne lui dites rien. cry:{}  cry:{}

Aves EDOU3, je vous signale que nous discutons de nos régions respectives Lorraine et Bretagne (d'ailleurs vous pourriez y participer, puisqu'étant de l'une d'entre elles) et nous continuerons car je trouve les commentaires de ce forumeur très enrichissants et passionnants : j'y ai appris pas mal de choses et je ne vois pas en quoi nos discussions seraient "stériles", bien au contraire? car si vous lisez bien, vous verrez qu'elles sont en rapport avec le PATRIMOINE

je ne vous souhaite pas la bonne nuit ! sleep:{}  sleep:{}


Message édité par Profil supprimé le 09-05-2006 à 21:23:21
n°938
edou3
Les poissons sont nos amis.
Posté le 13-05-2006 à 17:49:55  profil
 

Bonjour Soizik,

Je reviens après quelques jours d'absence pour cause d'avarie informatique. Fort heureusement, le vaccin prodigué par mon réparateur a anihilé mon virus, tout risque de contagion est donc écarté.

Pour en revenir à l'expression "se prendre pour le roi de Prusse", couramment utilsée en Lorraine (peut-être ailleurs aussi), elle signifie:
-se croire tout permis- ou-imposer son choix à ceux qui n'en veulent pas-.

Elle vient du fait que le roi de Prusse (titre héréditaire contrairement à celui d'empereur d'Allemagne, qui était alors électif, bien que concernant le même personnage) a imposé ses choix à la France lors de la défaite de 1870, et en particulier pour les Lorrains (Mosellans) et Alsaciens de changer de nationalité contre leur volonté.

Par ailleurs, les Lorrains et les Alsaciens qui se comprennent toujours d'instinct car ils se connaissent trop et se comprennent parfaitement, ne recherchent jamais vraiment à se fréquenter.
C'est qu'entre eux, il y a une différence de caractère qui vaut bien celle qui distingue les Bretons des Normands.
Les Alsaciens sont de réputation plus fiers, plus truculents, plus prétentieux, plus gais que les Lorrains, qui donc les jugent plus vaniteux, trop superbes, peu fiables.
Les Lorrains à l'inverse, passent pour être plus sérieux, plus secrets, plus travailleurs, plus stables que les Alsaciens qui donc vont les juger plus calmes, plus conformistes, moins ambitieux.
Il y a entre les deux et malgré un destin parfois commun, une opposition de style.

On dit souvent que les contraires s'attirent, ce qui n'est pas le cas ici.

Précisément, parce que les uns et les autres sont face (la France d'un côté, l'Allemagne de l'autre) à des civilisations encore plus contrastées, avec lesquelles pour continuer à exister (à certaines époques, au sens physique du terme), il faut déployer une grande énergie pour trouver des terrains d'entente.

Les Lorrains et les Alsaciens ont donc veillé de tous temps à se préserver de leurs puissants voisins avant que de penser à cultiver une amitié réciproque.

Bon, en dehors de ça, je me dois de faire une contribution à l'édification de l'oeuvre de Galetdelune, qui me fait bien des reproches...

Il y a dans nos provinces d'anciennes unités de mesure, qui sont restées dans le langage (à défaut des actes notariés), notamment dans la moitié nord de la France (de langue d'Oïl), on parle traditionnellement de "journal" (pluriel journaux) dans l'Ouest, de "jour" dans l'Est, ce qui désigne une surface de terrain agricole, précisément la surface que pouvait travailler un homme dans une journée.
Cette surface était donc très variable selon les terroirs et les productions: petite, sans-doute, pour un vignoble, plus importante pour une culture céréalière. En Ille&Vilaine, il faut 2 "journaux" pour faire un hectare.

En Normandie, on calcule également le terrain, notamment les pâtures en "vergers". Quelqu'un m'a dit un jour que son terrain faisait 14 vergers de pommiers, ce qui (à vue d'oeil) ne faisait pas un hectare.

Quelqu'un aurait-il la réponse exacte ?

A vous lire...

n°941
Profil sup​primé
Posté le 14-05-2006 à 08:26:49  
 

Bonjour EDOU3 hello:{}

Les virus s'attrapent facilement en informatique, téléchargement ou e-mails, cela va très très vite !!!!!!!!!!!!
Je connaissais l'expression "'se prendre pour le roi de Prusse, mais pas son origine"
Les Bretons et les Normands n'ont pas le meme caractère, tiens donc, vous l'auriez constaté ?????? Quels sont les "meilleurs" ?????
Encore une fois, je ne saurais personnellement vous répondre (car pas cultivatrice pour deux sous) sur le calcul de l'aire d'un terrain (en vergers ou autre) mais cela peut etre très intéressant à connaitre
Pour en revenir à GALETDELUNE, il est dommage que ce forumeur ne participe pas a nos propos culturels car il aurait aussi surement beaucoup de choses intéressantes à nous raconter, selon la création de ses récents fils soizik:2

je vous souhaite une bon fin de w-end


Message édité par Profil supprimé le 14-05-2006 à 13:26:31
n°958
topo4
Posté le 16-05-2006 à 23:51:45  profil
 

edou3 a écrit :

En effet, en Lorraine "rupt" se prononce "ru".
(...)
Dans la forme "ing" , prononcer "in" comme dans "sapin" (Insming, Alzing, Théding,...), ou sa variante francisée "ange" (Talange, Guénange, Morhange,...), il faut reconnaitre le mot "source", soit une implantation près d'un point d'eau, sans seigneurie sur place, mais dépendante d'une autre structure (seigneurie d'importance mais localisée ailleurs, abbaye...).
(...)


Bonsoir Edou3

Quel lien peut-on faire entre le suffixe -ing et "source" (Quelle en Allemand) ?

Merci

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