François Hollande a été élu président de la République avec 51,67% des voix. Une bonne nouvelle ? Pas pour notre chroniqueur politique Frédéric Georges-Tudo. Vous êtes prévenus.
Les Français ont élu leur nouveau président et il convient de respecter leur choix. Ils ont préféré le "changement" à la "France forte" et c’est après tout leur droit le plus strict. D’autant qu’ils sont coutumiers du fait. Depuis 1981, nos concitoyens ont pour habitude d’exprimer de temps à autre leur dépit d’avoir quitté pour toujours l’époque merveilleuse des Trente Glorieuses. Leur réaction, désormais rituelle, consiste donc à donner sa chance au poussiéreux et marxisant camp d’en face, celui des lendemains qui chantent. C’est navrant mais c’est ainsi : à intervalles réguliers, les Français espèrent soigner les dégâts du manque de libéralisme de la droite étatiste en recourant à l’absence de libéralisme de la gauche irréaliste. Ce qui revient en quelque sorte à lutter contre l’alcoolisme à la bière en se mettant à la vodka. On pourrait certes se lamenter de voir les socialistes de retour dans une période aussi critique de la situation économique mondiale. Mais à bien y réfléchir, maintenant, dans cinq ans ou dans dix ans ne change rien au problème. Car il n’existe pas de bon moment pour confier les rênes de son pays à "la gauche la plus archaïque du monde." Qu’elle arrive aux responsabilités en pleine récession et c’est un désastre. Il n’est qu’à voir le bilan des deux premières années démentes du règne de François Mitterrand… Financée de force par les entreprises, la hausse conjuguée des salaires, des prestations sociales et du déficit budgétaire (+ 27 % dans la loi de finances initiale de 1982) a entrainé l’effondrement économique et monétaire que l’on sait. Même les 230 000 emplois publics créés de 1981 à 1983 n’auront pas suffi à camoufler l’envolée du chômage. Rappelons juste qu’à l’issue de trois dévaluations successives en vingt-quatre mois, le gouvernement Mauroy fut contraint d’instaurer une politique de rigueur. Reste que le socialisme en période de prospérité ne vaut guère mieux… C’est au mandat de Lionel Jospin qu’il convient cette fois de se référer. Alors que ce dernier disposait d’une fenêtre de tir historique sur le plan économique, il l’a purement et simplement gâchée en réalisant le tour de force d’afficher des déficits publics.