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 Sujet :

Il faut sauver le soldat Bastien Cazals !

 
n°209668
ZARKO cow
Posté le 03-12-2008 à 00:04:05  profilanswer
 

L'instituteur convoqué après sa lettre à Sarkozy
Depuis quelque temps, il ne fait pas bon donner son opinion quand on est enseignant. Et Bastien Cazals vient de l'apprendre à ses dépens. Directeur de l'école maternelle Louise-Michel, à Saint-Jean- de-Védas, il a adressé, la semaine dernière, au président de la République, Nicolas Sarkozy, une missive dans laquelle il fait part de ses sentiments et exprime sa position par rapport aux réformes mises en place dans l'Éducation nationale par le ministre Xavier Darcos. Des initiatives gouvernementales (suppression des Rased, de la petite section de maternelle, nouveaux programmes...) qui, rappelons-le, ont donné lieu le jeudi 20 novembre à des manifestations organisées un peu partout en France et notamment à Montpellier (Midi Libre du 21 novembre).  
Jusque-là, rien de vraiment  répréhensible dans la démarche. Seulement voilà, hier, Bastien Cazals a reçu une convocation émanant de l'Inspection d'académie l'informant qu'il a rendez-vous demain, MERCREDI, à 8 h 30, avec l'inspecteur d'académie pour évoquer le contenu de la fameuse lettre. Autant dire que la démarche a eu vite fait de déclencher l'hallali chez les syndicats, les enseignants et parents d'élèves.  
Dès hier soir, l'intersyndicale SnuIPP-FSU, Sud éducation, SNE-CSEN, Snudi-FO et CNT éducation marquait son indignation et son soutien à Bastien Cazals. « On s'opposera à toute forme de sanction qui pourrait être prise par l'autorité académique, tonne Joël Vezinhet. Notre collègue, par son initiative, incarne la résistance qui s'organise collectivement dans tout le département. » L'intersyndicale, qui souhaite être reçue en même temps que l'instituteur védasien, rappelle par ailleurs que « les fonctionnaires sont des citoyens comme les autres, qui ont le droit, à ce titre, à la liberté d'expression, surtout quand elle est mise au service de la défense de l'école publique ! » Un appel a été lancé à tous les personnels afin qu'ils viennent exprimer leur solidarité en se rassemblant devant l'inspection d'académie de Montpellier, demain, à partir de 8 h 30 .  
Soutiens Mise en ligne sur le site http://uneecolepourvictorhugo.hautetfort.com, la lettre de Bastien Cazals a déjà reçu 5 000 visites, et près de 250 personnes ont apporté leur soutien sur Facebook.    
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

lettre ouverte de Bastien C. à Nicolas Sarkozy  
 
 
article de la rubrique Big Brother > lettres de réfractaires à base élèves  
date de publication : samedi 29 novembre 2008  
 
 
 
Monsieur le Président de la République,
 
Si je prends la liberté de vous écrire cette lettre, c’est qu’aujourd’hui, en tant qu’enseignant et directeur d’école comme en tant que citoyen, je suis en colère, proche de la révolte. Je ne peux plus me taire. Je me dois de réagir.  
 
 
 
Permettez-moi, tout d’abord, d’insister sur l’expression de mon profond attachement et de mon immense respect pour cette République française dans laquelle j’ai eu la chance de venir au monde. Je suis attaché à ce pays car je considère qu’à certaines périodes de sa longue histoire, il s’y est dit, écrit et fait de si belles choses. Outre l’immense patrimoine culturel qu’elle a constitué, la France – tout particulièrement de sa révolution de 1789 au programme du Conseil National de la Résistance, en passant par la République et sa loi de 1905 sur la laïcité – a su porter si haut et avancer si loin les valeurs universelles consacrées dans la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen qu’elle a fini par faire le choix ambitieux d’une république laïque et démocratique où tous les citoyens vivent ensemble, en bénéficiant de la liberté, de l’égalité et de la solidarité ! Tellement admirable que j’ai choisi de servir cette République, ma République. J’en serais presque fier... sauf que je ne suis pour rien dans tout cela, j’en hérite. Et un tel héritage se partage ou se défend !
 
C’est ainsi que j’arrive à l’objet de ma lettre. En ce début de XXIème siècle, que reste-t-il de l’état républicain à la fois puissant et protecteur, comme de ses grandes missions d’intérêt public ? Plus grand chose : les idéologies en vogue étouffent la flamme républicaine tandis que les réformes en cours dépècent les derniers lambeaux des services publics. D’autres pourraient citer la justice, la santé ou la solidarité, je vous parlerai de ce que je connais, de ce que j’ai choisi : l’école primaire publique.
 
Monsieur le Président, autant vous le dire de suite, avec les transformations qui s’opèrent actuellement, l’État ne pourra plus garantir à chaque citoyen les mêmes droits en terme d’éducation. Et il s’agit, là, du déni d’un droit fondamental, surtout dans une république qui se prétend historiquement éclairée par le savoir et la pensée, la finesse et le bon goût. Cette ’’modernisation’’ de l’Éducation Nationale, qui se construit pas à pas depuis des années, avance sur plusieurs plans à la fois mais dans une grande cohérence. Sachant que votre temps est précieux, j’ai donc choisi de n’en aborder qu’un aspect, le plus saisissant.
 
Ayant déclaré la guerre contre l’échec scolaire, votre ministre en charge du dossier a entrepris de moderniser l’école prétendument dans l’intérêt des élèves mais avec quand même, dans un coin de la tête, les impératifs budgétaires liés à la mise en œuvre de la Révision Générale des Politiques Publiques (RGPP), au respect du pacte européen de stabilité et autres contingences financières. Ainsi, à cette rentrée 2008 et sans concertations préalables aux prises de décisions, M. Darcos a ainsi décidé :
 
de mettre en place des nouveaux programmes qui conviennent parfaitement aux élèves comme ma fille, qui est structurée, attentive et appliquée, mais ne laisseront que peu de chances à son copain Victor de surmonter ses difficultés d’apprentissage ;
de diminuer le nombre d’heures de classe pour les élèves comme ma fille qui travaille bien et comprend vite mais pas pour Victor qui est soutenu 2h par semaine dans ses difficultés d’apprentissage e
et de renforcer le dispositif de stages de remise à niveau en CM1/CM2 pour que Victor entretienne ses difficultés d’apprentissage pendant les vacances de ma fille...
Mais ce n’est pas tout – et Victor est finalement un peu chanceux, car la rénovation du primaire est en cours et, pour la rentrée 2009, sans plus de concertation, M. Darcos nous annonce qu’il va :
 
supprimer progressivement les enseignants membres du Réseau d’Aides Spécialisées au Enfants en Difficulté (RASED) qui aident Victor pendant le temps scolaire et sans lui refaire la classe ;
mettre toujours plus d’élèves par classe – puisque toujours moins d’enseignants – ce qui ne plaira pas trop à ma fille qui aime avoir l’attention de la maîtresse mais beaucoup à Victor qui préfère se faire oublier ;
et remplacer la prise en charge à l’école publique des 2/3 ans par leur accueil dans des structures locales payantes, ce qui n’affectera pas la scolarité de Victor mais de son petit frère Hugo qui restera encore un an à la maison avec sa maman car « sa veau pas l’coup de bosser au smig si faut payer le jardin des veilles » ! Hugo n’aura donc pas la chance de son frère de bénéficier des apports langagiers et de la stimulation cognitive d’une première socialisation à l’école maternelle.
Croyez-vous sincèrement, Monsieur le Président, que votre ministre pourra, par de telles réformes, atteindre l’objectif qu’il s’est fixé de diminuer par trois le nombre d’élèves en difficulté ? Et pouvez-vous m’affirmer que l’école primaire de demain continuera d’assurer à tous les élèves des chances égales d’émancipation sociale ?
 
Actuellement, nous assistons à la mise en œuvre, à marche forcée, des dernières grandes étapes de la transformation du système éducatif français. J’en veux pour preuve l’autoritarisme croissant exercé par la hiérarchie, le souci de rendre improductif l’exercice du droit syndical au travers du Service Minimum d’Accueil (SMA), ou celui de faire surveiller l’opinion et l’activisme des enseignants !
 
Aussi, comme bon nombre d’entre eux, j’entre aujourd’hui en résistance parce que je ne peux me résoudre à ce que l’école publique, mon école, ne se préoccupe ni de Victor, ni de Hugo, sans être pour autant en mesure de faire éclore un nouveau Victor Hugo. La société a le droit de demander compte à tout agent public de son administration (article 15 de la DDHC de 1789) c’est pourquoi d’un fonctionnaire dévoué je me vois contraint de devenir un fonctionnaire désobéissant ! En conséquence, en tant qu’enseignant tout d’abord, je prends les décisions suivantes :
 
Je n’appliquerai pas les nouveaux programmes mais continuerai à travailler dans l’esprit des programmes de 2002 (qui n’ont d’ailleurs fait l’objet d’aucune évaluation).
Je n’effectuerai pas l’aide personnalisée auprès des élèves (qui est destinée à remplacer l’aide spécialisée du Rased) mais mettrai à profit ces 60 heures annuelles pour rencontrer les parents deux fois dans l’année (en milieu et fin d’année), organiser les projets pédagogiques collectifs et également pour faire vivre la bibliothèque de mon école (qui est actuellement sous-utilisée faute de personnel mis à disposition).
Je ne déclarerai pas à l’administration mon intention de faire grève, 48h à l’avance, mais j’informerai, comme par le passé, les parents d’élèves au moins deux jours avant.
Je ne me porterai jamais volontaire pour les stages de remise à niveau ni ne transmettrai de liste d’élèves.
Ensuite, en tant que directeur, je prends les décisions suivantes :
 
Je ne participerai plus au fichage centralisé des écoliers via Base Elèves
Je ne traiterai plus que les demandes administratives qui concerneront directement les élèves, mes collègues ou le fonctionnement de mon école.
Enfin, en tant que simple citoyen en dehors de tout parti politique, je n’empêcherai pas la diffusion de ces prises de position professionnelles mais au contraire, tenterai de participer à l’émergence d’une résistance citoyenne et non-violente, porteuse d’un projet de société généreux et ambitieux – depuis la crise financière, nous savons tous qu’il est possible de trouver beaucoup d’argent lorsque c’est nécessaire – car notre République est en train de tourner le dos à ses dernières missions d’intérêt public...
 
Conscient que vous ne mesuriez probablement ni l’ampleur du désastre qui menace l’école, ni celle de la colère qui submerge le monde enseignant, je sais que vous entendrez mon appel et ne décevrez pas l’espoir que je mets dans la grandeur de votre fonction.
 
Je vous prie de recevoir, Monsieur le Président de la République, l’expression de mon attachement respectueux à la dignité de l’État républicain laïc et de croire en ma détermination à continuer d’œuvrer pour tous les élèves qu’ils soient ma fille, Victor ou Hugo.
 
Montpellier, le 25 novembre 2008,
 
 
Bastien Cazals

 
 
 
[:ange2laterre:7]
[:ange2laterre:7]

n°209719
ZARKO cow
Posté le 03-12-2008 à 21:53:11  profilanswer
 

Bastien Cazals. Retenez son nom, il est déterminé. Dans une lettre à Nicolas Sarkozy, ce directeur d'une école maternelle près de Montpellier a annoncé son «entrée en résistance» face aux réformes dans l'Education nationale.
 
Résultat, il a été convoqué environ quarante-cinq minutes à l'Inspection d’académie ce mercredi matin. Un entretien «courtois», a-t-il déclaré avant de s'éclipser, alors qu’une centaine de personnes ont manifesté à Montpellier en signe de soutien.
«Laissez le sortir», ont scandé les manifestants, qui ont aussi conjugué au présent le verbe «désobéir». «Aucune sanction n'est à l'ordre du jour», a souligné de son côté Joël Vezinhet, secrétaire départemental du SNUipp, un des cinq syndicats, avec le SNE/CSEN, le SNUDI-FO et la CNT Education, ayant appelé au rassemblement.
 
«Il est l'honneur et la conscience de notre métier»
 
Dans son courrier, Bastien Cazals dénonce les réformes mises en œuvre par le ministre de l'Education nationale, Xavier Darcos, estimant qu'elles ne permettront pas de réduire le nombre d'élèves en difficulté. Il annonce son intention notamment de ne pas appliquer les nouveaux programmes et de ne pas effectuer l'aide personnalisée.
 
Si l'intersyndicale a «pris fait et cause pour Bastien Cazal, c'est parce qu'on considère qu'il est l'honneur et la conscience de notre métier», a ajouté Joël Vezinhet. «Le mépris du ministre» vis-à-vis des grévistes du 20 novembre «explique la résistance».
Récemment, un professeur des écoles de Haute-Garonne a également appelé sur Internet à la «désobéissance pédagogique». A Marseille, des écoles ont rédigé et signé des lettres de désobéissance collectives. Celles-ci devraient être remises vendredi à l'Inspection académique. Dans l'Hérault, des «lettres individuelles de résistance» seront également données à l’Inspection académique le 17 décembre prochain.  
 
AMPLIFIONS LA LUTTE !
 :bounce:  :bounce:  :bounce:  :bounce:

n°209723
leuky
S2h
Posté le 03-12-2008 à 21:56:46  profilanswer
 

d'autres lettres sur le blog "resistance pedagogique"
http://resistancepedagogique.blog4 [...] 72094.html
 
 
une interview
http://tvbruits.org/spip.php?article1066
 
un appel à resistance:
http://resistancepedagogique.blog4 [...] 63921.html

n°209729
ZARKO cow
Posté le 03-12-2008 à 22:35:59  profilanswer
 

Merci leuky pour ces liens ! :hello:  
C'est tout à fait ce que je pressentais, c'est un véritable tir à boulets rouges sur Darcos ! Et c'est très bien ! :bounce:  
Voilà au moins qui entretient l'espoir...Puis perdre sans se battre , je m'en voudrais encore plus...! :non:  
Et déjà, je sens des signes de faiblesse chez Darcos qui s'aperçoit que ses mesures sont inapplicables !! Non parce que les enseignants désobéissent mais qu'elles ont été faites en dépit du bon sens et de la logique ! Même les tribunaux administratifs lui donnent tort ! (cf/maternelles , SMA !!)  
Cela dit, c'est loin d'être suffisant ! Beaucoup de mesures doivent être immédiatement retirées !(et le ministre avec s'il s'obstine !)   :bounce:  :bounce:  :bounce:

n°209733
ZARKO cow
Posté le 03-12-2008 à 23:34:38  profilanswer
 

"J'ai été reçu ce mercredi 3/12 à 8h30 par Mme Liza, adjointe à l'Inspecteur d'Académie de l'Hérault et M. Destouches, secrétaire général.
 
Au cours d'un entretien courtois, il m'a été demandé de préciser les déclarations d'engagements professionnels contenues dans ma lettre au Président de la République - dont je leur avais adressé une copie - et rappelé que tout fonctionnaire a un devoir d'obéissance. J'ai expliqué que ma volonté était d'alerter M. Sarkozy et l'opinion publique sur l'importance des transformations actuelles de l'école qui sont menées dans la précipitation, sans réelle concertation et sans l'adhésion des enseignants.
 
Le porte-parole de la délégation intersyndicale, reçue dans un second temps, a précisé que cette démarche individuelle n'était pas isolée mais s'inscrivait dans le contexte actuel de protestation massive contre les réformes de M. Darcos et annoncé qu'elle serait suivie par de nombreuses actions similaires.
 
L'écho important de la lettre (mise en ligne sur plus de 20 sites différents, plus de 400 soutiens sur le réseau social Facebook et plus de 10.000 visites sur le blog source, en une seule semaine) et la présence, ce matin devant l'Inspection Académique, de nombreux enseignants, actifs ou retraités, mais surtout de parents d'élèves et de simples citoyens (environ 120 personnes) constituent des messages forts attestant que l'inquiétude sur l'évolution actuelle de l'école est largement partagée.
Par ailleurs, le chef de cabinet du Président de la République m'a assuré qu'il avait "été pris connaissance, avec intérêt, de [mes] réflexions et de [mes] attentes en matière d'éducation" (dans sa réponse datée du 28 novembre).
 
Je souhaite maintenant que cette prise de conscience se poursuive mais aussi que des corrections aux réformes en cours soient apportées rapidement et que la construction de l'école de l'avenir se fasse avec l'implication de tous, dans l'espoir que ma fille, mais aussi Victor, Hugo et tous les autres, puissent y avoir leur place."
 
Bastien Cazals, le 03/12/08

n°210301
ZARKO cow
Posté le 10-12-2008 à 21:57:52  profilanswer
 

La fièvre gagne les écoles après la "sanction" contre l'instit frondeurBastien Cazals avait envoyé une lettre de désobéissance à Nicolas Sarkozy.
 
Pour l'administration, ce n'est pas une sanction mais une simple « mesure administrative ». Hier matin, à 9 heures, une inspectrice s'est rendue à l'école Louise-Michel de Saint-Jean-de-Védas, dans l'Hérault, pour remettre un courrier à Bastien Cazals l'informant d'un retrait sur son traitement.
 
Le 25 novembre, cet enseignant avait envoyé une lettre au président de la République où il se disait « contraint de devenir un fonctionnaire désobéissant ».
 
L'instituteur, qui est également directeur de l'école, annonçait qu'il n'appliquerait pas les nouveaux programmes et ne se plierait pas à l'aide personnalisée,  destinée selon lui à remplacer les Rased (réseau d'aides spécialisées). Il exprimait ainsi son opposition aux réformes du ministre de l'Education nationale, Xavier Darcos.  

Le 3 décembre, Bastien Cazals était convoqué à l'inspection d'académie et hier, le verdict de l'administration est tombé : « Compte tenu que depuis le 1 er décembre, vous n'avez pas mis en oeuvre l'aide personnalisée, soit cinq jours d'accomplissement partiel de vos obligations (...), j'ai le regret de vous faire savoir que je vais procéder (...) au retrait de 5 / 30 e de votre traitement » , lui indique l'inspecteur d'académie.
:fou:  
 
 
A la veille de la journée nationale d'action pour l'éducation, la sanction a fait l'effet d'une bombe dans le milieu enseignant et sur internet.
 
« C'est totalement disproportionné ! Je m'attendais éventuellement à un blâme ou à un avertissement, mais jamais à ça, s'insurge l'instituteur. Je fais quand même mes heures. Cette sanction devient un facteur de tension supplémentaire. On ne pouvait pas mieux faire pour mettre de l'huile sur le feu ! » Une analyse que partage Alain Refalo à l'origine du "Collectif des enseignants en résistance ". « Après Marseille, c'est Montpellier qui arrive en pointe du mouvement contre les mesures de Xavier Darcos. L'opération baptisée "Nuit des écoles", lancée en juin, a été reboostée par cet incident. La colère des enseignants est accentuée », explique-t-il.
 
Hier soir, à Montpellier et dans plusieurs communes de la périphérie, comme Saint-Jean-de-Védas ou Lavérune, une vingtaine d'écoles avaient invité parents et enseignants à participer à des réunions-veillées après la classe. Aujourd'hui, à 16 h 30 au Peyrou et à 17 h sur la Comédie, parents et enseignants « résistants », affublés de gilets fluo et munis de torches, ont prévu de poursuivre la fronde amorcée le 19 octobre. Viscéralement pro-Bastien et définitivement anti-Xavier.
 
 :fou:  :fou:

n°210302
ZARKO cow
Posté le 10-12-2008 à 22:04:00  profilanswer
 
n°210335
leuky
S2h
Posté le 11-12-2008 à 08:17:13  profilanswer
 

Empêcher... empêchés de penser.
 
Généralement, les programmes scolaires se succèdent au rythme d'une ou deux décennies, mais jamais on a vu des programmes comme ceux de 2002 devenir aussi rapidement obsolètes.
Quel est donc l'évènement qui a pu être à la source de ce changement ?
Cela vaut vraiment la peine de s'y arrêter.
 
Une Recette Simple
pour devenir un personnage considérable
en trompant des millions de parents
et en coinçant des millions d'enfants dans un couloir insensé.
 
Voici la recette :
1 - avoir l'air d'avoir raison.
2 - coloniser les médias.
3 - s'appuyer sur un semblant de logique.
4 - jouer sur la nostalgie.  
Paul Le Bohec
http://www.amisdefreinet.org/lebohec/index.htm


---------------
LEÚKÍ
n°210351
Didasco
Posté le 11-12-2008 à 11:17:20  profilanswer
 

Le 10-12-2008 à 21:57:52, ZARKO cow a écrit :

La fièvre gagne les écoles après la "sanction" contre l'instit frondeurBastien Cazals avait envoyé une lettre de désobéissance à Nicolas Sarkozy.
 
Pour l'administration, ce n'est pas une sanction mais une simple « mesure administrative ». Hier matin, à 9 heures, une inspectrice s'est rendue à l'école Louise-Michel de Saint-Jean-de-Védas, dans l'Hérault, pour remettre un courrier à Bastien Cazals l'informant d'un retrait sur son traitement.
 
Le 25 novembre, cet enseignant avait envoyé une lettre au président de la République où il se disait « contraint de devenir un fonctionnaire désobéissant ».
 
[...]  Viscéralement pro-Bastien et définitivement anti-Xavier. [/b]
 
 :fou:  :fou:


Je suis de tout coeur avec lui, il n'aurait pas fait partie de ces gens qui dans les périodes troublées auraient dit avec bonne conscience "la loi est la loi, j'obéis, je n'ai pas à me poser de questions"...
Cependant, il s'y prend mal, il joue le, pot de terre contre le pot de fer. Il faudrait plutôt faire la grève du zèle, c'est-à-dire appliquer  a minima les aberrations, toutes les aberrations, puis immédiatement après les cours, se mettre devant l'école et parler en tant que syndicaliste, distribuer des documents, une lettre ouverte, etc.
 De plus, la propagande officielle tend à retourner son discours contre tout le corps enseignant, par glissement sémantique "il ne fait pas telle chose parce que.." devient "il ne fait pas son travail dans le privé blabla..." , discours connu de la haine et de la division. Il y avait un des larbins des ploutocrates qui s'exprimait  ainsi sur France Inter ce matin , vers 7H30, je n'ai pas pu entendre le nom.. si quelqu'un a le temps de réécouter :(  
Evidemment, le beauf moyen , gavé de ces discours qui vont dans le sens de ses préjugés,se déchaîne contre ces "nantis" , tout en oubliant soigneusement d'évoquer le fond, et que B. Cazals n'a jamais refusé de travailler, au contraire !  
On lui retire donc une partie du salaire en vertu je suppose de l'amendement Lamassoure, qui autorise à retirer la totalité d'une journée pour la moindre quotité non effectuée. Il a donc travaillé 5 jours  sans être payé
 
Soit dit en passant, cet amendement stupide  pousse à faire un grève complète, tant qu''on y est ....

n°210568
ZARKO cow
Posté le 13-12-2008 à 16:58:45  profilanswer
 

J'ai trouvé "mieux" et c'est un inspecteur qui l'écrit !
 
 
Inspecter ou matraquer ?
« Enjeu décisif » en effet que la question traitée par Pierre FRACKOWIAK dont
la plume est bien connue : professionnelle, aiguisée et juste, trempée dans l’encre
des Humanités.
Ces Humanités qu’on a jetées par-dessus bord du bateau dérivant Ecole. Il
ressemble de plus en plus à un rafiot, rapiécé qu’il est de toutes parts à force
d’incohérences, contradictions, impostures politiques patentes constellant la
coque et son drapeau trompeur. Une galère en tout cas, à tribord comme à
bâbord, que l’on soit enseignant ou inspecteur.
Jetons entre les deux une échelle de coupée au nom de ce que l’auteur nomme
« le pari de l’intelligence ». Car nous sommes tous otages et victimes à bord de
ce bateau-pirate piloté par de petit(e)s marquis(es) logorrhéiques de l’évaluation,
de la performance, du culte (et non de la culture – grave mésusage d’un noble
terme) du résultat.

Car hélas, les forbans ne sont pas qu’à l’extérieur ainsi qu’il est dit dans le
texte : ces petits « fonctionnaires qui fonctionnent » mitent nos rangs,
répondant trait pour trait à la caricature brossée dans les témoignages cités, et
que confirme l’étude de Bernard JOLIBERT et Jean LOMBARD 1. Tout l’arsenal
lolfique et le baratin « planomaniaque »2 qui l’accompagne ont été récupérés par
qui est rebuté par la mission enseignante, par qui a « une revanche à prendre ».
Ce bric à brac tisse un voile performant pour dissimuler, que ce soit l’incurie à
faire vivre une circonscription ou le déficit d’expertise pédagogique. Il permet
de jouer au puissant « qui sait », de manière parfaitement déshumanisée car
affichée comme impartiale. Il permet en outre de jouer au casse boîtes…
Un souhaitable front unanime est donc bien loin d’être réalisé pour faire face à
la machine à matraquer l’Ecole et ceux qui y travaillent !
La prétention verbeuse à piloter favorise l’illusion, permet de ne jamais traiter le
fond, d’éviter les questions, de tenir la langue de bois si politiquement souhaitée
au nom de la « loyauté » (un seul phonème de différence avec « royauté » -
étrange…) Dans ces marquisats- là, les maîtres tiennent en effet une double
comptabilité propre à satisfaire et flatter l’ego inspectoral. Leur objectif est
d’avoir la paix pour pouvoir ensuite travailler normalement.
Combien on peut les comprendre !
Qui sont les plus grands perdants de cette mise en scène ridicule ?

 
Les élèves bien sûr car cette débauche de paperasse et de réunions stériles
dévore temps et énergie, intelligence et créativité qui auraient dû être employés
à leur service.
Ces élèves, censés être citoyens demain, sont immergés dans une vaste foire du
faux savoir qui n’a rien de joyeuse. Foire aux annonces de l’apparence où, sur le
versant adulte, les compétences professionnelles cardinales sont diluées, dans
une volonté de moins en moins dissimulée d’anéantir toute réflexion, toute
intelligence et, cela va de soi, toute expression de celles-ci.
Elle n’a rien de glorieux ni de civilisateur cette Ecole du XXIè siècle !
Réagissons en masse pour affirmer le primat de l’intellectuel sur le business
technocratique !
Que celles et ceux d’entre nous qui rêvent de récompense à leur zèle paperassier
réalisent qu’ils se rendent complices d’un véritable génocide de la pensée. Dont
ils ne tireront du reste aucun bénéfice, quoi qu’ils s’imaginent : ils sombreront
avec l’épave qu’ils auront eux-mêmes sabordée par leur servilité.
Les maîtres doivent comprendre et accepter que nous partageons les mêmes
idéaux humanistes.
Que nos « chers et chères collègues » cessent de disqualifier (et déshonorer) la
profession en se conduisant en minables petits chefs bornés à leurs tableaux de
bord, très tendance actuelle il est vrai vers le retour à la féodalité.
Que les enseignants cessent de nous désigner comme boucs émissaires dans
cette avalanche d’incohérences successives : Que nous soyons « Marquis » ou
pas, nous ne pesons plus rien en rien.
Il n’existe dramatiquement aucune autre initiative possible que le refus
d’obéissance collectif dans un pays où les lois ne concernent jamais ceux qui les
prennent et les votent.
Refuser d’exécuter les « commandes » ; refuser de brouillonner d’insincères
contrats d’objectifs ; refuser la mascarade de dialogues de gestion creux et
hypocrites ; refuser d’inspecter « par les résultats » et la déshumanisation
corollaire ; refuser de tyranniser les équipes avec des moulins à papier (gaspillé
au mépris du fameux Grenelle de l’environnement).
Refuser d’obéir en un mot à des ordres contraires à l’intérêt et à l’avenir des
élèves. C’est à eux que nous avons des comptes à rendre. Pour cela, il leur faut
être capables de penser (et non s’en sentir coupables).
Actes plus grippants pour l’administration que ces journées de grève ne
contrariant que les parents de la rue ayant déjà bien d’autres graves motifs de
contrariété dans un contexte sinistre que nous partageons avec eux
.

Actes moins risqués pour nos relations avec les partenaires contraints au service
minimum et avec qui nous ne devons surtout pas entrer en rupture.
La stratégie actuelle est claire : opposer les groupes de population, les
institutions, les individus. Ne nous y prêtons pas.
Nos syndicats confondus dans une opposition massive et ferme doivent
collaborer au sens le plus noble du terme. Faute de cela, ils seront confondus
d’une tout autre manière, renvoyés à leur propre errance face à « l’enjeu
décisif ». C’est ensemble qu’il nous faut réagir car le péril est collectif. Les
libertés sont menacées. Ni plus, ni moins.
Il y a lieu d’imaginer en effet que, équipés d’une carrosserie LOLF et
d’ordinateurs pour la faire avancer, les grands démocrates de l’Histoire fussent
parvenus à leur solution finale.
Au moins ne prétendaient-ils pas à l’égalité des chances, à la fraternité, aux
valeurs humanistes…..

 
 
 :bounce:  :bounce:  :bounce:  :ange:

n°210804
ZARKO cow
Posté le 17-12-2008 à 16:45:37  profilanswer
 

La mise en oeuvre de programmes plus lourds, la diminution de deux heures d’enseignement, la suppression de 3 000 postes de RASED, un nouveau dispositif d’évaluation, la mise en place chaotique de l’aide personnalisée remettent en cause les fondements de l’école publique. La mise en place des nouveaux dispositifs s’effectue dans la confusion au mépris de tout dialogue social et du respect des personnels et des élèves.C’est dans ce cadre que le ministère de l’Education Nationale décide de sanctionner Bastien Cazals en prélevant 8/30 de son traitement en raison de son refus de mettre en place les deux heures d’aides hebdomadaires personnalisées, et engage une procédure disciplinaire. Il procède à des menaces analogues vis-à-vis des enseignants des écoles qui s’opposent aux réformes en cours et suspendent l’aide personnalisée pour en effectuer un bilan.
 
La mise en place des 60 h suscite de nombreuses difficultés et engendre l’inquiétude de la profession quant à la prise en charge des élèves en difficulté et au respect de leurs rythmes scolaires. De plus, il sert d’alibi à la suppression de 3 000 postes d’enseignants de RASED et provoque, de ce fait, la colère des enseignants et des parents d’élèves.

La prise en charge des élèves en difficulté mérite mieux que ces menaces de sanctions. Le SNUipp demande l’arrêt des retraits de salaires et des menaces de sanctions. Sur plusieurs sujets, le ministre de l’Education Nationale a dû reconnaître la nécessité d’une large concertation, le SNUipp lui demande de mettre en oeuvre un véritable dialogue social respectueux des enseignants et des élèves.

 
Il appelle les enseignants à multiplier les initiatives communes avec les parents d’élèves et à poursuivre la mobilisation.
 
Paris, le 16 décembre 2008

n°211024
ZARKO cow
Posté le 18-12-2008 à 22:34:50  profilanswer
 

L'inspecteur au secours de Bastien Cazals
 
Bastien Cazals n'est plus seul, l'inspecteur est "dérouté"
Soutien de nuit pour le porte-flambeau Cazals
Il a immédiatement volé au secours de Bastien Cazals. Martial Rouah, ancien inspecteur pédagogique régional, aujourd'hui inspecteur d'académie honoraire installé à Teyran, s'estime « stupéfait » par la sanction de cinq jours de retrait de salaire infligée à Bastien Cazals.Rappelons que l'enseignant, également directeur de l'école Louise-Michel à Saint-Jean- de-Védas, avait, le 25 novembre, envoyé une "lettre de désobéissance" à Nicolas Sarkozy, dans laquelle il annonçait, entre autres, qu'il n'appliquerait pas les nouveaux programmes et n'effectuerait pas l'aide personnalisée qui est, selon lui, destinée à remplacer l'aide spécialisée des Rased. C'est en raison de son refus d'effectuer l'aide personnalisée sous la forme demandée que l'instituteur a été "puni" par  l'inspecteur d'académie de l'Hérault.
Mais pour Martial Rouah, « cette sanction relève de l'abus de pouvoir et doit faire l'objet d'un recours auprès du tribunal administratif ». L'inspecteur retraité, qui s'est proposé d'aider Bastien Cazals à constituer son dossier, prend clairement position et frappe fort. « Nos valeurs les plus précieuses de la République sont bafouées par l'administration en place sur réquisition du pouvoir politique. Le fonctionnaire d'autorité du département a commis un incontestable déni de justice et un abus de pouvoir caractérisé. Cette sanction est illégale et inéquitable. Allez savoir pourquoi les autres lettres envoyées n'ont pas été sanctionnées... »  
 
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n°211025
ZARKO cow
Posté le 18-12-2008 à 22:38:21  profilanswer
 

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Incroyable !! Notre soldat fait "école" et le ministère veut jouer les durs !!http://www.midilibre.com/recherche.php5?recherch e=cazals
 
Attention, cette affaire Darcos va finir par la payer très cher !! :fou:  :fou:  :fou:

n°211026
ZARKO cow
Posté le 18-12-2008 à 22:42:28  profilanswer
 

Sanction alourdie ! :fou:  
 
MONTPELLIER - Procédure disciplinaire contre Fabien Cazals
 
Déjà sanctionné d'une retenue de 5 / 30 e de son salaire, l'inspectrice de l'Éducation nationale a apporté une seconde lettre de l'inspecteur d'académie à Bastien Cazals. Alourdissant la sanction infligée mardi dernier. 3 / 30 e de plus pour ne pas avoir effectué l'aide personnalisée « dans la stricte application des règles ». Commentaire de l'intéressé : « Il ne me reste donc plus qu'une semaine au compteur... Je me pose une seule question. L'inspecteur ira-t-il jusqu'à m'annuler le mois entier ?»
 L'interrogation demeure mais, en retour, la fronde s'organise.
En témoigne la pétition de soutien sur internet, qui a recueilli près de 1 500 signatures.  
 
 
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n°211027
ZARKO cow
Posté le 18-12-2008 à 22:47:10  profilanswer
 

De 150 à 200 enseignants se sont rassemblés hier devant l'Inspection académique de l'Hérault à Montpellier tandis qu'une délégation y remettait 383 "lettres de résistance". Les enseignants expliquent qu'ils ne veulent pas appliquer les réformes en l'état. Ils adressent aussi un ultimatum à l'inspecteur d'académie pour qu'il lève les sanctions à l'encontre de Bastien Cazals. Ce dernier était "entré en résistance" dans une lettre ouverte au président Sarkozy. Le cas échéant, les enseignants prévoient une grève. A Alès, quelque 40 enseignants ont également écrit à leur inspecteur.
 
 
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n°211040
ZARKO cow
Posté le 18-12-2008 à 23:48:56  profilanswer
 
n°211158
ZARKO cow
Posté le 20-12-2008 à 01:45:09  profilanswer
 

HERAULT - Sanctions levées pour Bastien Cazals !!
 
 
Bastien Cazals, l'insituteur védasien qui avait envoyé une lettre de désobéissance au Président de la République vient d'être informé que l'inspection académique de l'Hérault lève toutes les sanctions financières prononcées à son encontre et abandonne la procédure disciplinaire ouverte en début de semaine.
 
Plus d'informations demain dans votre édition locale de Midi Libre.
 
 
VICTOIRE!
La lutte paie , Darcos peut manger son chapeau !
 
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