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 Sujet :

« Liban, pays des esclaves » - la lettre réponse de Dominique Torrès

 
n°101471
nuage rian​t
Posté le 24-10-2007 à 00:44:30  profilanswer
 

   
 
Mardi 23 octobre 2007 | 5:00 | Beyrouth  
 
« Liban, pays des esclaves »  
La lettre réponse de Dominique Torrès et les réactions des lecteurs  
 
 
Une lettre de Dominique Torrès
 
«L’Orient-Le Jour » a reçu de Mme Dominique Torrès une lettre dont nous publions ci-dessous l’intégralité. Son auteure ne fait que répéter ce qui constitue l’essentiel de son article dans « Le Monde » et de son reportage dans le cadre de l’émission de France 2 « Envoyé spécial ». Hélas ! Nous-mêmes, et par deux fois (les 20 et 22 octobre), ainsi que les lecteurs ont relevé les approximations, inexactitudes et autres amalgames qui y sont contenus. « C’est ma conviction et je la partage », semble dire Mme Torrès, animée d’une bonne conscience qui rarement aura été aussi redoutable.
 
Je vous réponds directement à la suite de l’édito du 20 octobre,(« Déformer n’est pas informer », par Maria Chakhtoura, dans L’Orient-Le Jour, NDLR).
D’abord car cela fait quinze ans que je découpe des articles de L’Orient-Le Jour relatant le calvaire des domestiques. Un travail professionnel que je salue.  
Deuxièmement, je sais que vous êtes un certain nombre (ainsi qu’au Daily Star) à être tout à fait conscients du drame qui se joue.
Troisièmement, je sais bien qu’il ne vous est pas toujours facile (un doux euphémisme) d’en parler...Enfin, vous n’êtes pas sans ignorer que j’ai fondé en 1994 le Comité contre l’esclavage moderne et que je ne débarque pas à la hussarde sur ce sujet. L’esclavage,où qu’il soit, occupe depuis des années une grande partie de mon temps.
Évidemment, j’ai voulu choquer (au sens propre du terme) et je ne le nie nullement. C’est souvent la seule façon de commencer à faire bouger les choses (et cela fait trente ans que cela ne bouge pas avec la manière douce).
En 1994, avec mon documentaire Vie d’esclaves en France (52 minutes), j’ai évidemment aussi choqué un pays (le mien) où personne ne pensait que les cas d’esclavage existaient. J’ai pensé qu’il était nécessaire de tirer la sonnette d’alarme, même si les cas étaient effectivement rares. Je n’ai pas filmé les 98 % des employeurs qui se conduisent bien (cela va de soi) et personne n’a songé à me le reprocher. Aujourd’hui, les acteurs sociaux reconnaissent le problème (appeler un chat un chat) et donc font le nécessaire.
Au Liban, tout peut s’améliorer, et même très vite, mais faut-il encore accepter de regarder la situation en face, sans fausses excuses (ce n’est pas le moment, il n’y a pas que nous). Le calvaire des domestiques au Liban a été dénoncé souvent. Les évêques du Moyen-Orient en 2001, le BIT, la Commission européenne... Les rapports s’entassent sans effets. Le professeur Juridini de Beyrouth (Université américaine) affirme que trois domestiques sur dix sont en danger. Je suis consciente que ce problème existe dans tout le M-O et je m’en préoccupe. Mes sources sont tout à fait officielles. Ces chiffres sont dans toutes les brochures de Caritas. J’ai pris soin de donner mes sources dans l’article du Monde ainsi que le chiffre des personnes interrogées dans le sondage. Le papier a été relu par des journalistes libanais.
Pour la petite histoire, j’ai séjourné 20 jours au Liban en juillet sans aucune aide (j’ai viré un fixeur inopérant), et j’ai réussi à rencontrer des dizaines et des dizaines de victimes. Tout cela pour dire que si ces drames se « ramassent à la pelle », il ne s’agit pas de cas isolés. Loin de là. Le nombre de personnes qui, « en toute bonne foi », m’ont confirmé qu’elles ne laissaient pas leur bonne sortir de la maison seule est terrifiant. La plupart disent craindre que la « bonne » prenne la fuite, « mais je vous assure que celles qui sont heureuses (et heureusement qu’il y en a) ne songent nullement à s’enfuir ». Même si, en France, nous n’avons pas de zone réservée aux bonnes, que la police des frontières ne confisque pas les passeports (en les donnant à l’employeur) et que tout employé peut, à tout moment, claquer la porte et s’en aller, il nous faut rester vigilants, ce que je vous assure et que je tente de faire. J’ai en effet bien balayé devant ma porte avant de critiquer les agissements d’un pays ami. À vous maintenant de jouer. Faites-le avant que ce fléau n’entache sérieusement l’image du Liban.
 
Sincèrement et amicalement,
Dominique TORRÈS
 
http://www.lorientlejour.com/page.aspx?p age=article&id=355589

n°101600
c nad
Posté le 25-10-2007 à 12:25:52  profilanswer
 

Libanaise vivant au Liban, et «ayant une employée de maison » éthiopienne, je me sens très concernée par ce problème, c’est vrai que le reportage de Mme Torres était caricatural et parfois frisant le ridicule. Néanmoins, le problème de maltraitance existe bel et bien et m’a toujours choquée, je pense qu’au lieu de s’indigner, il faut réagir de façon constructive et essayer de régler le problème à travers les ambassades de ces jeunes personnes. Une grande partie de ce problème doit être traitée à la base, je vais parler spécialement de la  falsification des  dates de naissance sur les passeports qui se fait dans ces pays pour que des personnes n’ayant pas atteint leur majorité puissent venir travailler au Liban. En effet, je croyais avoir fait un contrat avec une jeune éthiopienne de 22 ans, il s’est avéré qu’elle en avait 14, j’ai appris son âge véritable par sa cousine qui était aussi au Liban, c’est inadmissible. Les bureaux de recrutement de ces pays doivent s’occuper de ce problème et ne pas faire de contrat qu’avec des personnes adultes, matures et équilibrées conscientes de leurs choix, sachant vraiment où elles vont et ce qu’elles feront, avec tous les détails. Après leur arrivée au Liban, l’ambassade devra les prendre en charge cas par cas et s’assurer deux ou trois mois plus tard si elles sont satisfaites de leurs conditions de travail, réduisant ainsi les abus.    :hello:  

n°101623
nuage rian​t
Posté le 25-10-2007 à 15:04:07  profilanswer
 

Avez -vous renvoyé votre employée de maison parcequ'elle avait 14 ans ?
 
 
Pensez vous qu'elle aurait voulu rentrer dans son pays ?
 
 
Croyez vous que les autorités de son pays ignorent le phénomène ?
 
 
C'est à votre honneur d'être choquée de la tromperie .
 
 
Mais rendez-vous compte que travailler à 14 ans est une chose commune dans  
 
certaines parties du monde.
 
 
Le developpement économique, la création de la croissance dans les pays  
 
pauvres sont des enjeux pour nous tous.
 
 
Espérons que Madame Torrès ne fera pas comme à une époque MARIE- CLAIRE :
 
se contenter d'écrire des articles qui dégradants à l' endroit des femmes du  
 
tiers monde en comptant les recettes qu'un titre racoleur peut engranger.
 
Bien cordialement,
 
 

n°101934
nuage rian​t
Posté le 28-10-2007 à 03:25:51  profilanswer
 

Voilà un article sur un sujet important qui avance des chiffres (que les spécialistes éplucheront et verifieront ) sans faire dans le style horrible du document-romance- verité-fiction ambiance "télé réalité"
 
C'est clair, c'est net et c'est mieux !
 
Bien cordialement,
___________________________________ ________________________________
 

Citation :

"30 juin 2004  
 
par Ignacio Ramonet, Le Monde diplomatique  
 
 
 
Cela se passe en Europe. La violence exercée contre les femmes par un partenaire de sexe masculin y atteint des dimensions hallucinantes. Au sein du foyer, les brutalités sont devenues, pour les Européennes de 16 à 44 ans, la première cause d’invalidité et de mortalité avant même les accidents de la route ou le cancer...
 
Selon les pays, entre le quart et la moitié des femmes sont victimes de sévices. Au Portugal, par exemple, 52,8 % des femmes déclarent avoir été l’objet de violences de la part de leur mari ou de leur concubin. En Allemagne, trois femmes sont assassinées tous les quatre jours par les hommes avec lesquels elles vivaient, soit près de 300 par an. Au Royaume-Uni, une femme est occise dans les mêmes circonstances tous les trois jours. En Espagne, une tous les quatre jours, près de 100 par an. En France, à cause des agressions masculines domestiques, six femmes meurent chaque mois - une tous les cinq jours -, un tiers d’entre elles poignardées, un autre tiers abattues par arme à feu, 20 % étranglées et 10 % rouées de coups jusqu’à la mort (1)... Dans l’ensemble des quinze Etats de l’Union européenne (avant l’élargissement à vingt-cinq), plus de 600 femmes meurent chaque année - presque deux par jour ! - sous les brutalités sexistes dans le cercle familial (2).
 
Le profil de l’agresseur n’est pas toujours celui qu’on imagine.
 
  Lire l’article intégral dans le Le Monde diplomatique, juillet 2004.
 
Notes
 
1. Rapport Henrion, ministère de la santé, Paris, février 2001. Lire également Elisabeth Kulakowska, « Brutalité sexiste dans le huis clos familial », Le Monde diplomatique, juillet 2002.
2. Cf. les rapports : « Mettre fin à la violence contre les femmes, un combat pour aujourd’hui », Amnesty International, Londres, 2004 ; « Les violences contre les femmes en France. Une enquête nationale, La Documentation française », Paris, juin 2002 ; et le « Rapport mondial sur la violence et la santé, en particulier le chapitre 4, « La violence exercée par des partenaires intimes », Organisation mondiale de la santé, Genève, 2002.
 
Ignacio Ramonet, Le Monde diplomatique  
 
P.S. Le Monde diplomatique.  
 
 
Source - http://sisyphe.org/article.php3?id_article=1197 - "


 
 


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