Je vous livre un témoignage intéressant sous forme d'un livre réquisitoire intitulé "Nuits de cauchemard", à lire en grec pour l'instant, bientôt traduit en français. Ce livre est best-seller en Grèce actuellement...
Extraits de l'interview de l'auteur, Alexandra Symeonidou :
« Alexandra Symeonidou y raconte son histoire d'un amour foudroyant avec un pilote de ligne arabe. Une histoire qui a mal tourné et qui l'oblige, neuf mois plus tard, à fuir dans le désert, un enfant de 5 mois dans son ventre. Alexandra rêvait de vivre à Paris, ce fut le huis clos des femmes de Jeddah, régime islamique de rigueur. Pour une Grecque, ça en était trop. La résistance augmente alors au fur et à mesure que les pressions s'accumulent et que les... coups pleuvent.
Mon histoire a commencé idéalement, comme une histoire d'amour. Mon "ex" était une personne cultivée, avec des études aux Etats-Unis. Cela me mettait en confiance et je pensais qu'en faisant abstraction de nos différences culturelles, cet amour était possible.
En m'installant en Arabie Saoudite, les choses ont brutalement changé. Malgré que j'aie accepté leur obligation de me convertir à l'islam, à leurs yeux j'étais toujours une étrangère. Et, une étrangère, ils veulent qu'elle soit encore plus soumise que les femmes arabes. Je devais en permanence faire face à une opposition à tout ce que je voulais entreprendre.
... Si je devais donner à un moment ou un autre mon opinion, cela ne comptait pas, il n'y avait jamais de réponse. Et une fois à Jedahh, je n'existais plus, non seulement je n'avais jamais droit à une explication, au contraire les coups pleuvaient, on me tirait par les cheveux, on me menaçait avec des couteaux...
... mon accès au téléphone était contrôlé. Mes conversations avec ma mère ont fini par être sommaires. Codées en un seul mot. Oui. Non. Autrement je devais rendre compte de ce que j'avais dit, pourquoi j'avais dit ceci et cela.
J'étais enceinte, au cinquième mois. Elle est venue me voir à Jeddah. Un matin où mon ex-époux s'était absenté, elle me prend par la main et elle me dit : "ma fille, on y va...". Nous avons couru dans le désert, nous nous sommes cachées dans les rues jusqu'à atteindre les locaux de l'Ambassade de Grèce où nous avons demandé de l'aide. Après des interventions diplomatiques et une fois que lui se soit déchargé de la responsabilité de ma grossesse, j'ai pu partir et rentrer en Grèce.
Ce fut une expérience tragique. Comme une descente aux enfers. En vérité je n'arrivais pas à croire que des telles choses puissent avoir lieu. Malgré toutes les concessions que j'ai faites, à leurs yeux [de la belle-famille arabe], je restais de toute façon une femme d'une autre religion, une étrangère, une non désirée. »