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Auteur Sujet :

LES PIEDS NOIRS D'ALGERIE

n°571595
USAGER FAi​BLE
Posté le 29-12-2007 à 20:43:07  profil
 

Reprise du message précédent :

citoyenpasdupe a écrit :

Les Juifs et l’esclavage des Noirs : Acte 1


UN AFRICAIN CONSIDÈRE L’ESCLAVAGE ISLAMIQUE INFLIGÉ AUX AFRICAINS

 

 



I. LES PRÉTENTIONS DE L’ISLAM

Aujourd’hui il y a de nombreux Afro-Caraïbes et Afro-Americains qui se convertissent a l’Islam. Selon les recherches, ces nouveaux Musulmans se sont convertis avant tout parce qu’ils pensaient que l’Islam était une religion de "fraternité et d’égalité". Beaucoup d’entre eux croyaient que l’Islam n’avait pas de problèmes raciaux et qu’il n’était pas impliqué dans la traite des esclaves, ainsi que plusieurs pays occidentaux européens.

‘Abd-al-Aziz’ Abd-al-Zadir Kamal écrit en "L’Islam et la question raciale": "Dans l’Islam, l’humanité constitue une seule grande famille, créée (avec)... diversité de couleur de la peau... (pour cette raison)... en adorant Dieu, tous les hommes sont égaux, et un Arabe n’a pas la priorité sur un non Arabe… Tous les êtres humais sont... égaux… et les mariages sont conclus sans tenir compte de la couleur de la peau." Il affirme donc que dans l’Islam il y a l'harmonie raciale et que tous, indépendemment de leur couleur, ont "les mêmes droits sociaux… les obligations légales... l’opportunité de trouver du travail et... la protection de leur personne" (pag. 64).

Mais est-ce vrai? Ces prétentions sont-elles valables à la lumière de l’histoire? Voyons par exemple la question del’esclavage de l’Islam.

II. LES SOURCE ISLAMIQUES CONFIRMENT-ELLES CES PRÉTENTIONS?

Colonialisme arabe musulmane
Région de l'esclavage arabe
Région de l'esclavage européen

Malheureusement il y a beaucoup de personnes de couleur noire qui croient que l’attaque acharnée des Arabes à l’Occident s’accorde avec la cause africaine. C’est une erreur mortelle. Les premiers écrivains Musulmans des traditions islamiques (qu-ont été rédigées assez tard, c’est-à-dire entre le 9ème et le 10ème siècle après J.C.) admettent que déjà aux temps de Mahomet il était devenu approprié de propager ses idées par des conquêtes militaires; donc il n’est pas surprenant que selon la tradition il ait dit: "L’action la plus digne d’attention… et la meilleur source de gain est la guerre" (Mishkat II, pag. 340).

Quand les premiers leaders de la conquête arabe (c’est-à-dire Abu Bakr, Umar et d’autres) envahissaient les pays, l’histoire démontre que les habitants innocents pouvaient être dominés ou bien "accepter la mort par l’épée" (Dictionary of Islam, pag. 24).

Le Coran même commande aux Musulmans: "…tuez ces faiseurs de dieux, où que vous les trouviez; et capturez-les, et assiégez-les, et tenez-vous tapis pour eux dans tout guet-apens..." (Sourate 9:5). En outre il recommande aux Musulmans d’avoir des esclaves, hommes et femmes (Sourate 4:24-25).

Selon la tradition islamique le général Abu Ubaidah, durant le siège de Jérusalem, donna le choix aux habitants "d’accepter l’Islam ou bien de se préparer a être tués par l’épée" (Rau Zatu, Volume II, pag. 241).

Les compilateurs Musulmans à la fin du 9ème siècle admettent franchement que Mahomet fut un chef militaire. Alors que les premières descriptions de la vie de Mahomet en disent peu sur son activité prophétique, il abonde de récits, concernant ses batailles. Al-Waqidi (mort en 820) estime que Mahomet fut impliqué personellement dans 19 batailles sur 26 (Al Waquidi 1966:144). Ibn Athir dit que leur nombre a été de 35 (Ibn Athir, pag. 116), alors que Ibn Hisham (mort en 833) l’évalue à 27 (Ibn Hisham, pag. 78).

Le conseil belliqueux de Mahomet à ses partisans fut celui-ci: "Faites la guerre avec moi pour envahir la Sirie, peut-être aurez-vous les filles de Al Asfar" (Al Waqidi 1966:144). Il faut savoir que Al Asfar était un homme d’affaires africain LIBRE ayant de très belles filles au point que "leur beauté était devenue proverbiale" (Al Waqidi 1966:144).

Par conséquent, les pauvres disciples de Mahomet ne restèrent pas pauvres pour longtemps. Ils devinrent ultra-riches avec les butins de la guerre, et accumulèrent beaucoup d’animaux et d’ESCLAVES, et en plus beaucoup d’or (Mishkat, Volume II, pag. 251-253, 405-406).

Il n’est pas surprenant que Ali Ibn Abu Talib se vantât en disant: "nos fleurs sont l’épée et le poignard. Les narcisses et les myrtes ne valent rien; notre boisson est le sang de nos ennemis, notre calice est leur crane après les avoir combattus" (Tarikh-ul Khulafa, pag. 66-67).

Il n’est pas surprenant que le Coran résonne de cette pensée en disant: "Lors donc que (en combattant) vous rencontrez ceux qui mécroient, alors, frappez aux cols. Puis, quand vous les avez dominés..." (Sourate 47:4) et "Combattez ceux qui ne croient ni en Dieu..., et ceux des gens du Livre (c’est à dire les Juifs et les Chrétiens)..." (Sourate 9:29).

III. L’HISTOIRE CONFIRME-T-ELLE CES PRÉTENTIONS?

Le général musulman Amr Ibn Al’As envahit l’Egypte de 639 à 642 (Williams 1974:147-160). L’Egypte ne lui suffit pas et pour cela il tenta de coloniser la Makuria, un royaume Chrétien indépendant. Mais le roi Kalydossas découvriet le complot on 643. Al'As tenta de nouveau de s'emparer de la Makuria en 651, mais il échoua et il fut contraint de signer un traité de paix (Williams 1974:142-145).

En 745 le général Omar, le nouveau gouverneur d’Egypte, intensifia la persécution des Chrétiens, mais le roi Cyriacus de la Makuria réussit à stopper cette nouvelle attaque (Williams 1974:142-145). En 831 le roi Zakaria, le nouveau monarque de la Makuria s'inquiéta à cause des chasseurs musulmans d’esclaves qui envahissaient son pays (l’actuel Soudan). Il envoya une délégation internationale au calife de Bagdad, de manière que ces violations du traité de paix fussent arrêtées, mais il ne reçut aucune aide (Williams 1974:142-145).

Le sultan Balbar d’Egypte continua à violer le traité de 651 (voire Sourate 9:1-4). Plus tard, en 1274, les Musulmans de l’Egypte subjuguée, commencèrent à coloniser et à détruire l’Alwa, la Makuria et la Nobatia, les 3 royaumes antiques chrétiens en Afrique. Les peuples de ces nations, autrefois indépendantes et rayonnantes, furent vendus comme esclaves.

Alors que l’Islam et la culture arabe se répandaient en Afrique, se diffusaient également l’esclavage et le génocide culturel. On commença à faire la guerre pour avoir des esclaves africains. Kumbi Kumbi, la capital du Ghana, fut détruite par les envahisseurs musulmans en 1076. Le Mali avait une "mafia" musulmane qui "encourageait" les rois africains du Mali à embrasser l’Islam. Cette "mafia" contrôlait les importants caravaniers et les ports commerciaux de l’Afrique. Les Musulmans réussirent à s’emparer des places les plus importantes du gouvernement et commencèrent à changer l’histoire antique du Mali de façon que les évènements préislamiques furent effacés. Pour des raisons de sécurité, le gouvernement du Ghana des Mossi, conscient du pouvoir des commerçants musulmans, institua un département gouvernemental pour contrôler l’espionnage musulman (Davidson,Wills et Williams).

La traite islamique des esclaves se déroulait également autour du Lac de Giad, dans les états musulmans de Bagirmi, Wadai et Darfur (O’Fahley et Trimmingham 1962:218-219). Au Congo les négriers Jallaba commerçaient avec les Kreish et avec les Azande, un peuple du nord (Barth et Roome). Également fréquentée était la route qui suivait la ligne de partage des eaux entre le Nil et le fleuve Congo, où les négriers arabes-musulmans (par exemple Tippu Tip du Zanzibar) arrivèrent des zones orientales de l’Afrique (Roome 1916, et Sanderson 1965).

Dans l’Afrique orientale, les promoteurs du commerce des esclaves étaient les peuples Yao, Fipa, Sangu et Bungu, tous Musulmans (Trimmingham 1969 et Gray 1961). Sur la rive du Lac Nyasa (appellé actuellement Lac du Malawi) fut institué en 1846 le sultanat musulman du Jumbe avec le but précis de favoriser le commerce des esclaves (Barth 1857 et Trimmingham 1969). En 1894 le gouvernement britanique évalua que le 30% de la population de Hausaland étaient constitués d’ex-esclaves. Il en était ainsi aussi dans l’Afrique occidentale française entre 1903 et 1905 (Mason 1973, Madall et Bennett, et Boutillier 1968).

IV. L’ISLAM AUJOURD’HUI

A. CES PRÉTENTIONS SONT-ELLES VALABLES?

Les Africains modernes ont pratiqué trop longtemps l’amnésie sélective quant à l’esclavage islamique. Les Africains de couleur ont mis effectivement l’emphase sur l’impact destructif du colonialisme européen et du commerce transatlantique des esclaves, mais ils ont étrangement ignoré la traite arabe-musulmane des esclaves en Afrique, de durée plus longue et dont l'effet fut dévastant.

On n’entend pratiquement jamais parler des Africains qui étaient contraints d’immigrer à cause des incursions des négriers musulmans de l’ouest, de l’est et du nord d’Afrique après le 7ème siècle. Les esclaves africains, transportés par voie navale de Zanzibar, Lamu et d’autres ports est-africains, n’étaient pas conduits en Occident (ainsi que certains Musulmans veulent nous le faire croire), mais aboutissaient en Arabie, en Inde et dans d’autres états musulmans en Asie (Hunwick 1976, et Ofosu-Appiah 1973:57-63). Des rapports non-officiels évaluent que plus de 20 millions d’Africains ont été vendus en tant qu’esclaves par les Musulmans entre 650 et 1905 (Wills 1985:7)! Il est intéressant de remarquer que la majorié de ces 20 millions d’esclaves n’était pas constituée par des hommes, mais par des femmes et des enfants qui sont plus vulnérables (Wills 1976:7). Ceci est logique, vue que la position du sexe femminin dans le Coran a toujours été inférieure à celle du sexe masculin (Sourate 2:224; 4:11,34,176).

Les théologiens musulmans, comme le fameux Ahmad Baba (1556-1527), soutenaient que "...la raison de l’esclavage imposé aux Soudaniens est leur refus de croire… (c'est pourquoi) il est légal de s’emparer de quiconque est capturé en tant qu’infidèle... Mahomet, le prophète, réduisait en esclavage les personnes, parce qu’elles étaient Kuffar… (C’est alors) légal de posséder les Etopiens…" (Baba pag. 2-10).

Hamid Mohomad (alias "Tippu Tip" ), qui est mort en 1905, était un des négriers les plus commerçants de Zanzibar. Chaque année il vendait plus de 30.000 Africains (Lewis pag. 174-193 et Ofosu-Appiah 1973:8). Il est important de se souvenir que la traite des esclaves à Zanzibar a continué jusqu’ en 1964! En effet, en Mauritanie la traite n’a pas été déclarée officiellement illégale avant 1981, alors qu’au Soudan on continue jusqu’à aujourd’hui, selon un rapport de l’ONU du 1994 (voire aussi Ofosu-Appiah 1973:57-63; "The Times" du 25 aout 1995; Darley 1935; MacMichael 1922 et Wills 1985). Ces exemples concernent un esclavage uniquement islamique.

B. FAUT-IL RECONNAITRE CES PRÉTENTIONS?

On survole généralement les fait cités ci-dessus, on les ignore et on les oublie dans la littérature, pour le simple fait qu’il n’est pas "correct politiquement" d’en parler. Étant moi-même Africain, je dis honnêtement que nous devons révaluer le rôle de l’impérialisme européen du 19ème siècle reconnaissant qu’il a été, malgré la "mauvaise presse" dont il jouit, une des rares force qui a arrêté l’impérialisme arabes-musulman sur le continent africain. Les Musulmans arabes d’aujourd’hui discréditent l’impérialisme occidental du passé sans considérer ou discuter l’argument de leur propre histoire sordide du continent.

CONCLUSION

Ceci a été un bref résumé de l’esclavage islamique en Afrique. Les compilateurs du Coran et les écrivains islamiques postérieurs admettent que la guerre et la traite des esclaves furent les moyens les plus efficaces pour s’emparer des pays neufs et indépendants en Afrique. Cette théologie a gravement endommagé non seulement la vie de famille africaine, mais aussi l’antique héritage chrétien en Afrique et le développement économique jusqu’à aujourd’hui. L’Islam a délibéremment attaqué d’abord les femmes et puis les enfants, la partie la plus vulnérable et importante de la population africaine. Les hommes qui n’ont pas été vendus comme esclaves ont été simplement tués. La colonisation et l’esclavage islamiques ont commencé plus de 1000 ans avant la plus récente et brève traite européenne et transatlantique (Hughes 1922:49). Beaucoup de cultures africaines, aussi bien païennes que chrétiennes, ont été détruites. Pourquoi?

En plus, pourquoi les Musulmans ne protestent-ils pas contre l’esclavage imposé aux Africains dans le Soudan d’aujourd’hui et pourquoi ne l’arrêtent-ils pas? Leur silence est très éloquent! Alors que les esclaves dans les pays occidentaux ont été libérés, il y a des siècles, les Africains se demandent pour combien de temps encore l’esclavage durera encore sur le continent africain.

Le Seigneur Jésus a dit: "Allez, faites de toutes les nations des disciples", y compris l’Afrique (Matthieu 28:19-20). Il ne nous a pas demandé de faire la guerre ou de réduire les peuples en esclavage. Au contraire, lorsque le Fils de Dieu t’aura libéré, tu seras vraiment libre. En fait, la Bible condamne tout genre d’impérialisme, aussi bien arabe, qu’européen, asiatique ou africain (voire Exode 23:4-5; Levitique 19:15; Deutèronome 27:17; Proverbes 10:2-4, Isaie 5:20; Matthieu 5:13-18, 38-48, 15:19; Jean 18:36-37; Romains 1:16-3:20; Hébreux 11:8-16 et Jacques 4-5). Jésus a également dit: "vous les reconnaitrez à leurs fruits". Les Chrétiens moraves blancs de l’Allemagne se "vendaient" délibéremment comme esclaves pour pouvoir prêcher l’évangile aux esclaves noirs des Indes occidentaux! Les Arabes musulmans auraient-ils fait quelque chose de semblable pour les noirs? Le bon arbre de Jésus Christ porte de bons fruits. Le mauvais arbre de l’Islam a porté de mauvais fruits en Afrique à partir de 639 et après, et il continue à le faire encore aujourd’hui. C'est à toi de faire la comparaison et de prendre position!

Frère Banda

 



Attention: Les citations sont prises du "Le Saint Coran", traduction et commentaire de Muhammad Hamidullah, Nouvelle Edition 1989

http://debate.org.uk/gesu-cora [...] /t12_f.htm


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Des musulmans modérés et courageux !

Extermine les loups-garou avec moi, si tu en as le courage !
La takia vous connaissez ? C'est à la mode Pl
n°571617
USAGER FAi​BLE
Posté le 29-12-2007 à 21:08:07  profil
 

cpafacil a écrit :

Le tutoiement vous oubliezLa haine ne m'habite pas et ne m'habitera jamais monsieur.
Je ne défends personne, j'aime ou j'admire des pays et leurs habitants,  mes goûts n'ont rien à voir avec vos élucubrations sur l'expan-sionnisme (je ne sais pas ce que cela veut dire d'ailleurs)

Avec vos suppositions idiotes vous devriez ouvrir un cabinet de voyance


 jap:{}  jap:{}  jap:{}  


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Des musulmans modérés et courageux !

Extermine les loups-garou avec moi, si tu en as le courage !
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n°571927
Taravao1
Posté le 30-12-2007 à 08:01:08  profil
 

cabo38 a écrit :

Taravao1 a dit :

<<A partir de 1963 les Pieds-Noirs qui voulaient rester dans leur pays et le servir (ily en avait) se sont vus opposer un nouveauu code de la nationalité qui exigeait pour devenir Algérien que l'on ait deux générations de musulmans dans son ascendance ou que l'on ait aidé la révolution. L'Algérie ( ou plutôt ses dirigeants) refusait  ainsi la construction d'un pays multiethnique, laïque et pluriculturel>>

Ce point est intéréssant car les biens pensants métropolitains ont toujours claironné que les PNs n'avaient pas pu rester en Algérie et devenir Algérien à cause des crimes de l'OAS les derniers mois avant l'indépendance.

Donc si j'ai bien compris, pour rester dans ce pays, il fallait garder la nationalité Française avec le statut d'étranger et si on était non-croyant, l'handicap devenait insurmontable.

Il est vrai que la conversion sincère ou non à l'islam pouvait aider son maintien quelques années en Algérie. Mais que serait devenu un PN dans les années 1992-1994 ?

Taravao1, quel a été l'évènement qui a déclenché votre départ en 1968 ?


Votre analyse est exacte. La double nationalité que la France reconnaissait aux Algériens vivant sur son territoire n'était pas reconnue aux Pieds Noirs revenus ou restés en Algérie par les Algériens. Cela en faisait  des étrangers dans ce qu'ils considéraient à juste titre comme leur pays. Il est vrai qu'à Evian les négociateurs français ont cédé sur les droits civils et politiques  des Pieds Noirs. Mais pouvait-il en être autrement quand l'on sait que pas un seul représentant de cette population ne participait  aux discussions politiques. Imagine t-on aujourd'hui que le sort de plus d'un million de personnes puisse être réglé sans les associer aux décisions concernant leur avenir? En ce qui me concerne j'ai quité l'Algérie pour des raisons professionnelles mais, devenu un étranger dans un pays où ma famille était installée depuis trois générations, je n'y serais pas resté beaucoup plus longtemps. Je ne me serais pas converti à l'Islam mais, même si je l'avais fait, cela n'aurait pas suffi à faire de moi  un citoyen algérien puisqu'il fallait avoir deux générations de musulmans dans son ascendance. Je ne sais pas si cette disposition existe toujours mais elle était destinée à faire partir les derniers Pieds Noirs.

n°571956
dracko
Posté le 30-12-2007 à 09:03:09  profil
 

citoyenpasdupe a écrit :

lol:{}  La vérité crue  jap:{}


 coccinelle21 virginie13400..Vous la mangerez tel qu' elle est est, ou avec des petits oignons???

n°571972
Taravao1
Posté le 30-12-2007 à 09:40:18  profil
 

cabo38 a écrit :

Malgrmoi a dit :

<<Les français étaient ils racistes? Oui et non: ils ignoraient cordialement les "indigènes". Le vrai baromètre en cette matière est le nombre de mariages mixtes algériennes/français? Pratiquement voisin de zéro....
 Combien de français ont milité pour la suppression du double collège? Pour celle du statut de l'indigénat?
Pourquoi les français ont ils été contre toute mesure qui aurait pu améliorer les sort des algériens? >>

En effet le nombre de mariages mixtes en Algérie était voisin de zéro, surtout dans le sens Algérien/Française, il était plus important en Métropole. Pourquoi ?
Différence de culture, de niveau d'évolution, de religion, de racisme, de statut de la femme musulmane, ce qui est certain c'est que ces couples rencontraient beaucoup plus de problèmes à l'arrivée des enfants. Il y a peu d'étude sur ce sujet et on ne peut parler qu'à travers quelques exemples de mariages autour de soi.

En ce qui concerne le double collège et le statut de l'indigénat,
il n'était pas question de militer pour quoi que ce soit. Tout ce qui touchait à la politique et aux problèmes de société n'était pas leur affaire compte tenu de leur immaturité politique. C'était l'affaire de l'état Français (Paris) et de quelques élus à Alger.
Cette indifférence pour la politique sera très pénalisante à partir de 1959 car la troisième voie n'a pu émerger.

Les mesures qui auraient pu améliorer le sort des Algériens. Je crois que les PNs n'étaient pas contre, car ils voyaient bien la misère autour d'eux. Mais comment résoudre le décalage social entre les deux communautés, autrement qu'en injectant de l'argent et encore de l'argent et mettre en place la "discrimination positive". Mais la France n'avait pas les moyens financiers et la volonté politique pour changer le cours de l'histoire. Le plan de Constantine sur 5 ans, appliqué 20 ans plus tôt, était la solution. Il n'a fonctionné qu'une année en 1959
car la France avait décidé de donner l'indépendance à l'Algérie.


Oui,  comme vous, je pense que la politique n'intéressait pas vraiment les Pieds Noirs  ce qui a empéché l'émergence d'une troisième force qui aurait pu préparer une évolution de l'Algérie quand il en était temps encore. En réalité cette troisième force a existé autour du maire d'Alger, M. Chevalier, mais il était trop tard, la guerre avait commencé et elle est restée marginale. De grandes voix comme celle d'Albert Camus ne sont pas parvenues à se faire entendre. Le gouvernement français est le premier responsable de cet échec. Les Pieds Noirs auraient pu comprendre la nécessité d'une évolution si on  leur  en avait expliqué la nécessité mais on leur  a caché la situation réelle du pays et, plus tard, on leur a fait croire que la guerre allait être gagnée. La presse locale, à part un quotdien dans lequel Albert Camus a écrit ses grands reportages sur  "La misère en kabylie"  était  aux mains du lobby des grands colons qui ne représentait pas plus de 10% des Pied Noirs. Pendant la guerre, des hebdomadaires aussi "subversifs" que l' Express ou que le  "Nouvel Observateur" qui sortaient à Paris étaient régulièrement saisis dans les "départements français d'Algérie" . On a politiquement "infantilisé" les pieds Noirs en leur refusant l'accés à l'information, en leur servant la propagande lénifiante de l'Echo d'Alger et de radio Alger et on leur reproche aujourd'hui d'avoir manqué de clairvoyance politique. Le lobby  des colons très influent à Paris a empêché l'adoption du statut Blum Violette qui avait des objecifs bien modestes: faire passer 100.000 indigènes parlant français, ayant uncertain niveu social, dans le premier collège électoral en leur accordant la citoyenneté française. Pourquoi le gouvernement de la Républque n'a-t-il pas imposé ce statut? Pourquoi a-t-il cédé aux Borgeaud et aux Blachette? Croyez- vous que la majorité des Pieds Noirs qui gagnaient  péniblement leur vie en Algérie parce que leur force de travail était en concurence avec celle des Arabes sous payés se serait soulevée pour défendre les privilèges des grands colons? Non! En réalité les Français se fichaient de ce qui se passait en Algérie, les Pieds Noirs se croyaient représentés par leurs élus et le gouvernement de la  République a été incapable de faire prévaloir l'intérêt général. En refusant de négocier avec la bourgeoisie algérienne  représentée par Ferhat Abbas qui ne demandait  que l'accés à la citoyenneté française, le gouvernement français l'a jetée dans les bras d'une révolution essentiellement rurale et jusqu'auboutiste. En réalité, jamais les pieds Noirs n'ont eu la capacité de peser sur leur destin parce que cette situation convenait parfaitement au pouvoir parisien. S'ils ont été les instruments du colonialisme, ils en ont aussi été les victimes.
En revanche je ne partage pas votre point de vue sur le petit nombre de mariages  mixtes dont la raison essentielle était le refus de l'Islam de les autoriser s'il n'y avait pas conversion du ou de la prétendante .
www.un-sillage-sur-la-mer.over -blog.com

n°571993
malgrmoi
Posté le 30-12-2007 à 10:40:18  profil
 

J'ai lu de je ne sais plus qui, qu'il comptait aller passer ses prochaines vacances en Algérie.
Si c'est du tourisme familial quil compte faire, c'est une bonne idée. Par tourisme familial, j'entends l'algérien vivant en France qui va voir les parents restés au bled et qui reste un mois ou deux  et qui ne circule que du port ou de l'aéroport vers son village natal.
Il en est tout autre en ce qui concerne le tourisme tel que nous l'entendons en Europe, c'est à dire de visiter tel site, aller en voir un autre, passer huit jours au bord de la mer, etc, etc.
Ce tourisme là est à proscrire.
Moi même qui suis amené par mon boulot à me déplacer partout dans le nord, il y a des endroits où il est dangereux de se rendre à certaine heures.
Par exemple, aucun algérien ne circulera à la nuit tombée entre El-Kseur et Tizi-Ouzou en passant par Azazga et Yacouren.
Au terrorisme religieux s'ajoute le crapuleux et on risque alors d'être mis à mal pour son portefeuille, sa voiture, sa montre ou...  sa femme.
C'est la vie que mènent les algériens depuis presque deux décennies.
Au plus fort du terrorisme entre 94 et 98, les occidentaux posaient la question "Qui tue Qui"? A cette époque le représentant du FIS à Washington était mieux traité que l'Ambassadeur d'Algérie aux US.
Il a fallut le 11 septembre pour que les américains découvrent le terrorisme. Ca faisait dix ans que les algériens dégustaient et personne ne s'émouvaient pour autant.

n°572058
malgrmoi
Posté le 30-12-2007 à 11:50:28  profil
 

Je pense être d'accord avec Taravao sur beaucoup de points.
Comme vous, je pense que la presque totalité des pieds-noirs a été victime de leurs élus et j'ai été traumatisé par leur détresse en mai, juin et juillet 62, lors de l'exode.
Mais quand même, comment n'ont ils pas vu qu'en restant en l'état ils allaient droit dans le mur.
Je suis arrivé pour la première fois de ma vie en Algérie, j'avais vingt ans. Il ne m'a pas fallut six mois pour voir la misère extrème des populations musulmanes.
La vérité est qu'ils se complaisaient dans leur privilèges.
Mais alors, comment crier haut et fort qu'ils habitaient une région de France comme l'Alsace ou la Bretagne. Double college, indigénat, acquisition de la nationalité ni par le sol ni par le sang, etc, etc. Plus simple encore: Marthe Richard n'était vraisemblablement pas passée par les départements français d'Algérie. A vingt ans, je pensais naïvement que les lois étaient les mêmes dans toute la République.
En fait, mon sentiment est que les trés minces avantages qui les differenciaient des "arabes" leur on fait choisir le mauvais camp.
La recherche de la troisième force dont vous parlez existait bien, mais elle était terrorisée par les exactions du FLN.
C'est même ce qui a perdu Salan. Il y croyait dur comme fer.
Mais lui aussi a été dépassé par la populace européenne. L'OAS, à ses débuts, valait bien le FLN au point de vue doctrine.
J'ai donc vécu de 1960 à 2007 et j'ai vu toutes les horreurs des extrémismes.
Je pense avoir un jugement avisé.
 

n°572143
Pivoine20
Posté le 30-12-2007 à 13:30:19  profil
 

allez mes compatriote PN(sauf l'oas) je vous offre cette chanson qui porte bonheur pour l'année qui arrive...

http://www.dailymotion.com/vid [...] urou_music


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Toi dont le visage de porcelaine ressemble à celui d'une idôle chinoise, sais tu que ton regard velouté a rendu le roi de Babylone pareil au fou du jeu d'echec reculant devant la reine
n°572228
cpafacil
Posté le 30-12-2007 à 15:06:02  profil
 

anita12 a écrit :

tout le forum te conseille d'aller consulter! ça s'aggrave repondre a Anita sur un post de Artation :)



D'accord avec vous, il est complètement à côté de la plaque et il ne dupe que lui-même.
 

n°572272
cpafacil
Posté le 30-12-2007 à 15:13:04  profil
 

J'aimerai bien que les Pns, enfants et petits-enfants de Pns dont je fais partie quittent cette rubrique pour en ouvrir une autre afin de mieux nous apprendre la vérité. Une nouvelle rubrique serait nécessaire pour que les pollueurs laissent nos parents et grand-parents nous expliquer avec du vécu.

Merci jap:{}  

n°572308
malgrmoi
Posté le 30-12-2007 à 15:44:17  profil
 

Voilà encore quelque chose qui m'interpelle quand à la propagande faites par les ultras.
Ils citent Bastien-Thyri, Degueltre, Dovecar, etc, etc comme étant des martyres de l'Algérie Française.
Il faut cependant reconnaître que tous étaient coupables des faits qui leur étaent reprochés.
Seule l'interprétation sur l'utilité du geste peut être différemment interprêtée. Ainsi, qu'on soit d'un bord ou de l'autre, ils seront assassins ou martyres.
Mais que dire de ce pauvre Yveton qui a eu la tête tranchée pour avoir eu l'intention de poser une bombe?
Son principal crime? Etre coco!!!
Les images des barricades, le quarteron de généraux putschistes, etc etc, vous n'en avez pas marre?
Surtout quand on sait sur quoi a débouché ce "prononciamento"!
Les pieds-noirs ont été un peu plus bernés et se sont coupés de toute entente ultérieure avec les arabes.
Bravo nos stratéges!!!
Mais comment des adultes responsables ont ils pu faire confiance à une armée de vaincus?
Car quoi, depuis celle de 18, notre armée les a toutes perdues nos guerres. Le Levant et la Syrie, quarante, Dien bien Phu, l'Algérie... Non, je dis des bêtises: ils ont gagné Kolwési, là où le premier ou deuxième REP a brillé en matant une révolte de mutins armés d'arc et de flèche. Et puis j'allais oublier Ouvea!!
Alors cachez moi ces Salan, Zeller et autres illuminés. Ils n'ont fait que contribuer au malheur des Français d'Algérie

n°572310
GAVROCHE9
Posté le 30-12-2007 à 16:09:53  profil
 

post envoyé par destartin le 12.10.2005 à 12.00.01 "N'oublions pas tout de même que les Arabes n'avaient pas la nationalité française. Si c'était tellement le pied (sans jeu de mots) , pourquoi tant d'Algériens ont-ils voulu leur indépendance? Et qu'on ne me dise pas que le F.L.N. avait pris le peuple algérien en otage. On ne gagne pas un tel combat sans une large base populaire. Enfin, sachez que tous les Pieds-noirs n'étaient pas pro-Algérie française. Mon grand-père et mon père étaient Pieds-noirs et farouchement pour l'indépendance. Il est vrai qu'ils n'avaient aucun intérêt matériel à la colonisation. "
Désolé de te contredire mais le peuple algérien a bien été pris en otage et tous ceux qui ont vécu en Algérie le savent à moins bien sûr de vouloir encore une fois cacher la vérité. Avant qu'il y ait eu ce "la valise ou le cerceuil " pour les pieds noirs il y a eu "le FLN ou le cerceuil" pour les Algériens sauf que là ils ont immédiatement appliqué les sentences car eux ne pouvaient pas se sauver. Ceux qui montraient la moindre amité envers un pieds noirs étaient égorgés comme des moutons au bout de plusieurs égorgés (hommes femmes enfants... pas de détail) n'importe quel homme a vite fait d'être d'accord avec n'importe quel égorgeur. Et les algériens ont été obligé d'adopter les idées et de participer pour une indépendance de l'Algérie.
Sais tu qu'il y a eut plus d'algériens tués par le FLN que par les soldats français le sais tu cela ?
Tous ce que je sais aujourd'hui c'est que l'avenir est devant et pas dans le passé, aujourd'hui il nous faut tourner la page mais surtout ne pas vouloir modifié l'histoire car cela ne changera rien.  Moi je suis retourné en Algérie l'accueil que l'on nous a réservé est pour moi une preuve que nos parents étaient aimé et qu'ils ont laissé de bonnes empreintes en Algérie.
La France (français d'Algérie et de France) était en guerre contre le FLN et bizarrement ceux qui en veulent le plus aux pieds noirs ce n'est pas les Algériens !!! et cela depuis 62.

n°572410
cabo38
Posté le 30-12-2007 à 18:49:29  profil
 

Réponse à Taravo1

J'ai parcouru votre site " un sillage sur la mer" . Félicitations.
La mise sur internet des livres anciens m'intéresse particulièrement. Merci.

Nous sommes d'accord sur pratiquement tous les points et d'autres PNs qui se manifestent par ailleurs partagent aussi nos sensibilités.

La génération des Pns qui avaient 20 ans dans les années 50-60 sont aujourd'hui capables d'analyser notre histoire avec des documents, des archives, notre expérience...
A l'époque, malgré notre vécu, il nous était difficile d'avoir une vue d'ensemble, de même, le manque de recul a souvent été un handicap sérieux.
Néanmoins, nous n'avons aucune raison de culpabiliser, car les responsabilités sont largement partagées par tous les acteurs.
N'est ce pas ?
 

n°572452
cabo38
Posté le 30-12-2007 à 19:27:14  profil
 


Réponse à Malgrmoi

Je partage une bonne partie de vos commentaires, mais j'ai quelques divergences sur les points suivants :

"La vérité est qu'ils se complaisaient dans leur privilèges"
Cette phrase est incongrue, de quels privilèges parlez vous ?

En ce qui concerne la mort de Yveton ou Bastien Thiry, pour moi ce sont des victimes qui ont des histoires différentes, certes, mais ce sont des victimes de la tragédie Algérienne, comme toutes les autres devant lesquelles je m'incline.

Certes la France depuis 1870 n'a pas gagné beaucoup de guerres,
Je tiens à vous rappeler que c'est grâce à son empire colonial que nous avons à deux reprises ( la 1ère et 2ème guerre mondiale) figuré à la table des vainqueurs. Je vous rappelle la présence de troupes PNs, maghrebines et d'Afrique Noire en très fort pourcentage.

Vous oubliez que la guerre en Algérie a été gagnée par l'armée Française et que nous l'avons perdu politiquement.

Evidemment en 1960, lorsque vous êtes arrivé en Algérie, le gouvernement Français était dans la logique de l'abandon, mais le plan Challe avait déjà remporté de grands succès sur le terrain. Après, vous connaissez l'histoire...

A+    

n°572536
Taravao1
Posté le 30-12-2007 à 20:17:01  profil
 

cabo38 a écrit :

Réponse à Taravo1

J'ai parcouru votre site " un sillage sur la mer" . Félicitations.
La mise sur internet des livres anciens m'intéresse particulièrement. Merci.

Nous sommes d'accord sur pratiquement tous les points et d'autres PNs qui se manifestent par ailleurs partagent aussi nos sensibilités.

La génération des Pns qui avaient 20 ans dans les années 50-60 sont aujourd'hui capables d'analyser notre histoire avec des documents, des archives, notre expérience...
A l'époque, malgré notre vécu, il nous était difficile d'avoir une vue d'ensemble, de même, le manque de recul a souvent été un handicap sérieux.
Néanmoins, nous n'avons aucune raison de culpabiliser, car les responsabilités sont largement partagées par tous les acteurs.
N'est ce pas ?


Merci pour votre remarque sur mon blog. Oui, il est important que nous prenions la parole, que nous fassions savoir qui nous étions réellement, que nous clamions haut et fort que nous ne voulons pas être confondus avec les extémistes, que la majorité des Pieds Noirs  ne bénéficiaient pas des mêmes avantages sociaux que les métropolitains, qu'un fonctionnaire venu de Marseille pour travailler à Alger percevait plusieurs mois de prime alors qu'un fonctionnaire pied noir algérois nommé à In Salah ,à 1450 km d'Alger, en plein désert, ne  touchait pas un centime, que les Pieds Noirs étaient  dans leur immense majorité, maçons, peintres, mécaniciens,électriciens comme mon père et mes frères, manoeuvres, petits employés,dockers, ouvriers agricoles comme mon grand-père, qu'ils travaillaient dur et qu'ils étaient honnêtes, que de Gaulle ( qui les traitait de"braillards" et méprisaiit les gens du sud) ne leur a pas parlé le langage de la vérité et ne les a pas préparés à l'inéluctable ce qui en a jeté beaucoup dans les bras de l'OAS, que l'OAS que je n'approuvais pas  a tué 3000 personnes ce qui, sans vouloir entrer dans une comptabilité macabre, est peu comparé aux 60.000 morts français et aux  250.000 Algériens, que dans l'OAS, il y avait les exécutants, des Pieds Noirs désespérés, et les chefs, une majorité de métropolitains qui se fichaient pas mal de l'avenir des Pieds Noirs et poursuivaient leur chimère d'installer un gouvernement d'extrême droite enFrance.

n°572590
Olona
Posté le 30-12-2007 à 21:14:55  profil
 

Taravao1 a écrit :

Merci pour votre remarque sur mon blog. Oui, il est important que nous prenions la parole, que nous fassions savoir qui nous étions réellement, que nous clamions haut et fort que nous ne voulons pas être confondus avec les extémistes, que la majorité des Pieds Noirs  ne bénéficiaient pas des mêmes avantages sociaux que les métropolitains, qu'un fonctionnaire venu de Marseille pour travailler à Alger percevait plusieurs mois de prime alors qu'un fonctionnaire pied noir algérois nommé à In Salah ,à 1450 km d'Alger, en plein désert, ne  touchait pas un centime, que les Pieds Noirs étaient  dans leur immense majorité, maçons, peintres, mécaniciens,électriciens comme mon père et mes frères, manoeuvres, petits employés,dockers, ouvriers agricoles comme mon grand-père, qu'ils travaillaient dur et qu'ils étaient honnêtes, que de Gaulle ( qui les traitait de"braillards" et méprisaiit les gens du sud) ne leur a pas parlé le langage de la vérité et ne les a pas préparés à l'inéluctable ce qui en a jeté beaucoup dans les bras de l'OAS, que l'OAS que je n'approuvais pas  a tué 3000 personnes ce qui, sans vouloir entrer dans une comptabilité macabre, est peu comparé aux 60.000 morts français et aux  250.000 Algériens, que dans l'OAS, il y avait les exécutants, des Pieds Noirs désespérés, et les chefs, une majorité de métropolitains qui se fichaient pas mal de l'avenir des Pieds Noirs et poursuivaient leur chimère d'installer un gouvernement d'extrême droite enFrance.




oui, il est plus que temps que vous clamiez haut et fort cette vérité, et que vous rectifiez à chaque fois que c'est nécessaire.  jap:{}   jap:{} Bienvenu à vous, je n'avais pas eu l'occasion de le faire.


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Le bonheur est un voyage, pas une destination.
n°572621
Taravao1
Posté le 30-12-2007 à 21:59:33  profil
 

malgrmoi a écrit :

Je pense être d'accord avec Taravao sur beaucoup de points.
Comme vous, je pense que la presque totalité des pieds-noirs a été victime de leurs élus et j'ai été traumatisé par leur détresse en mai, juin et juillet 62, lors de l'exode.
Mais quand même, comment n'ont ils pas vu qu'en restant en l'état ils allaient droit dans le mur.
Je suis arrivé pour la première fois de ma vie en Algérie, j'avais vingt ans. Il ne m'a pas fallut six mois pour voir la misère extrème des populations musulmanes.
La vérité est qu'ils se complaisaient dans leur privilèges.
Mais alors, comment crier haut et fort qu'ils habitaient une région de France comme l'Alsace ou la Bretagne. Double college, indigénat, acquisition de la nationalité ni par le sol ni par le sang, etc, etc. Plus simple encore: Marthe Richard n'était vraisemblablement pas passée par les départements français d'Algérie. A vingt ans, je pensais naïvement que les lois étaient les mêmes dans toute la République.
En fait, mon sentiment est que les trés minces avantages qui les differenciaient des "arabes" leur on fait choisir le mauvais camp.
La recherche de la troisième force dont vous parlez existait bien, mais elle était terrorisée par les exactions du FLN.
C'est même ce qui a perdu Salan. Il y croyait dur comme fer.
Mais lui aussi a été dépassé par la populace européenne. L'OAS, à ses débuts, valait bien le FLN au point de vue doctrine.
J'ai donc vécu de 1960 à 2007 et j'ai vu toutes les horreurs des extrémismes.
Je pense avoir un jugement avisé.


La grande majorité desPiedsNoirs vivaient dans les deux grandes villes d'Alger et d'Oran où elle était numériquement majoritaire et où se trouvaient les Algériens les plus aisés ce qui explique peut-être qu'elle n'ait pas pris l'exacte mesure de la situation du pays. En ce qui concerne leur affirmation que l'Algérie était une province comme les autres, je crois que cela correspondait à un réflexe de défense devant un avenir qu'ils pressentaient et redoutaient mais je peux vous affirmer qu'ils avaient bien conscience dans leur for intérieur de la différence. La page qui suit tirée de "Balintawak, le cri de la liberté" à paraître en janvier 2008 aux éditions PietraLiuzzo a été écrite à partir d'un resenti qui n'était pas unique chez mes compatriotes:

"Le bateau poursuivait sa course vers le nord. Les passagers formaient des petits groupes qui jouaient aux cartes sans conviction ou bavardaient à voix basse comme s’ils n’avaient pas encore pu se défaire d’une vieille habitude de méfiance. Des jeunes gens qui ne se seraient jamais adressé la parole ailleurs, flirtaient dans des recoins obscurs. L’oreille collée à un poste à transistors quelqu’un écoutait les informations. José parvint à en saisir quelques bribes. Le gouvernement se félicitait des mesures prises pour l’accueil des « rapatriés » qui n’étaient pour la plupart selon lui que « des touristes » mais il envisageait d’abaisser leur majorité pénale à seize ans afin d’enrayer la vague de hold-up sévissant à Marseille.
Il avait toujours refusé qu’on lui appliquât l’étiquette « Pied-noir » mais il pensa à ces milliers de harkis que le F.L.N. massacrait dans les villes et les campagnes d’Algérie et il eut honte du mot « rapatrié » utilisé depuis peu par le gouvernement. Deux adolescents bruns le hélèrent, lui demandant du feu. Ils parlaient avec l’accent traînard de Maison Carrée.
 « Je regrette, je ne fume pas…
 – Ça fait rien. Asseyez vous, on vous offre un coup à boire... »
Ils lui firent une place sur la bâche, débouchèrent des canettes de bière tiède que les matelots profitant de l’aubaine vendaient au triple de son prix.
 « Vous connaissez la France ?
 –J’y ai passé quelque temps…
 – On l’a tout de suite deviné en vous voyant ! Alors, c’est comment ?
 – Tout dépend de l’endroit où vous vous trouvez et de ce que vous y faites...
 – On aurait bien aimé descendre sur Montpellier mais on ne peut pas choisir. Si on veut toucher les indemnités faut aller là où y disent. A mon cousin y l’ont envoyé à Nevers…
 – Que comptez vous faire en France ?
 – Moi peintre et lui, carrossier. C’est des bons métiers. On avait un atelier à Maison carrée, faut voir comment ça marchait… »
Son frère l’interrompit :
 « D’après vous, M’sieur, quand est-ce qu’on pourra rentrer chez nous ? »
Que lui répondre ? José Linares pensa à Jean-Baptiste Pérez avertissant Ana : « vous êtes condamnée à vivre dans un exil intérieur bien plus douloureux que l’exil réel ». Mais il l’invitait en même temps à partager une autre perspective : « Moi, je construis un pays dont l’avenir est entre nos mains   » .Ce rêve était définitivement mort. Qui leur avouerait qu’on les avait trompés en les disant Français alors qu’ils n’étaient que des Algériens comme les autres qui devaient simplement apprendre à tisser l’avenir avec leurs frères de naissance et de ciel ? Ils avaient réussi à former un peuple où les Juifs, après bien des souffrances, avaient enfin trouvé leur place mais ils avaient laissé les Arabes sur le bord du chemin. Plus tard, comme les Espagnols des Philippines qui étaient restés sourds au cri de Balintawak, ils n’avaient pas entendu le souffle de la liberté soulever la terre algérienne. Maintenant ils devaient payer collectivement leur erreur et le prix en était l’exil. Il préféra esquiver la question.
 « Merci pour la bière ! On se reverra sans doute à Marseille… »
Quand il redescendit dans la coursive, la vieille dame dans son fauteuil était réveillée. Il la voyait avec des yeux nouveaux et lui parla longuement. Elle non plus ne lui avait jamais raconté les Philippines comme si sa vie avait commencé le 13 août 1899 en Algérie. Une fois, pourtant, elle y avait fait allusion mais il était encore trop jeune pour comprendre. Ce devait être en 1945, à Alger. Elle chantait une chanson en espagnol et il avait demandé ce que signifiaient les paroles :
« Cela parle de la guerre, des soldats qui sont morts aux Philippines et de ceux qui les attendaient, lui avait-elle répondu. Mais ce n’est plus important, maintenant tout cela est fini. »
Il se souvint du refrain et le fredonna à son oreille : « Chaque fois que le vent passe, il emporte une fleur. Je pressens mon amour, une si longue absence. Ne me laisse pas seule à la tombée du jour car j’ai peur de me perdre… » . Elle répondit par un sourire et il comprit que la vie palpitait toujours en elle mais qu’elle refusait de sortir du rêve où elle s’était renfermée avec Jean-Baptiste.
José Linares s’accouda au bastingage et regarda la mer. Une bande de marsouins accompagnait le paquebot faisant des culbutes autour de lui, des mouettes et des goélands s’efforçaient de rejoindre à tir d’ailes l’abri d’une crique hospitalière, des oiseaux de terre égarés semblaient tourner en rond, épuisés. La nuit allait bientôt tomber et, comme il le faisait depuis des millions d’années et continuerait à le faire indifférent au tumulte des hommes jusqu’à la fin du monde, le disque parfait du soleil s’abîmerait dans la Méditerranée habillant d’or ses flots violets. Un peu plus tard on apercevrait les premières lumières de Minorque à tribord puis celles de Majorque à bâbord. Il songea que pour ces passagers qui ne reverraient jamais plus Alger, ce voyage sans retour était une certaine forme de mort. Tout ce qu’ils avaient bâti de leurs mains périrait, deviendrait poussière et ils n’auraient jamais été que des traces sur le sable. Demain, pour lui et pour tous les siens, proches ou lointains, connus ou inconnus, une vie nouvelle commencerait lorsque ils poseraient le pied sur la terre de France plus grise et plus étrangère que jamais. Alors, sans savoir pourquoi, lui revinrent en mémoire ces vers d’un poète espagnol que Jean Baptiste aimait à lui traduire quand il était enfant :
« Le chemin, voyageur, ce sont tes pas et rien de plus,
Voyageur, c’est la marche qui trace le chemin.
Il n’y a de chemin, voyageur, que ton sillage sur la mer. »


 

n°572790
GAVROCHE9
Posté le 31-12-2007 à 00:56:38  profil
 

beaucoup critiquent les pieds noirs et leur histoire qui fait aussi partie de l'histoire de France n'en déplaise à certains, mais souvent ces détracteurs n'ont même pas vécus en Algérie et ne connaissent ce pays qu'à travers les journaux.
A ces personnes je leur demande de lire cette lettre.

Un professeur agrégé du Val de Grâce remet les pendules à l'heure dans une lettre ouverte sans concessions au Président de la République algérienne. Bien documentée, intéressante à plus d'un titre, elle ne manquera pas d'être lue par ceux de nos concitoyens qui s'intéressent à l'Histoire.

Monsieur le Président,
> >
> >                   En brandissant l’injure du génocide de l’identité algérienne par la France, vous saviez bien que cette identité n’a jamais existé avant 1830. Mr Ferrat Abbas et les premiers nationalistes avouaient l’avoir cherchée en vain. Vous demandez maintenant repentance pour barbarie : vous inversez les rôles !
> >      C’était le Maghreb ou l’Ifriqiya, de la Libye au Maroc. Les populations, d’origine phénicienne (punique), berbère (numide) et romaine, étaient, avant le VIIIème siècle, en grande partie chrétiennes (500 évêchés dont celui d’Hippone / Annaba, avec Saint Augustin). Ces régions agricoles étaient prospères.
> >                Faut-il oublier que les Arabes, nomades venant du Moyen Orient, récemment islamisés, ont envahi le Maghreb et converti de force,
 « béçif » (par l’épée), toutes ces populations. « Combattez vos ennemis dans la guerre entreprise pour la religion….Tuez vos ennemis partout
 où vous les trouverez » (Coran, sourate II, 186-7). Ce motif religieux était élargi par celui de faire du butin, argent, pierreries, trésor, bétail, et aussi bétail humain, ramenant par troupeaux des centaines de milliers d’esclaves berbères; ceci légitimé par le Coran comme récompense aux combattants de la guerre sainte (XLVIII, 19, 20) .Et après quelques siècles de domination arabe islamique, il ne restait plus rien de l’ère punico romano berbère si riche, que des ruines (Abder-Rahman ibn Khaldoun el Hadram , Histoire des Berbères,T I, p.36-37, 40, 45-46. 1382).

Faut-il oublier aussi que les Turcs Ottomans ont envahi le Maghreb pendant trois siècles, maintenant les tribus arabes et berbères en semi esclavage, malgré la même religion, les laissant se battre entre elles et prélevant la dîme, sans rien construire en contre partie.
> >                   Faut-il oublier que ces Turcs ont développé la piraterie maritime, en utilisant leurs esclaves. Ces pirates barbaresques arraisonnaient tous les navires de commerce en Méditerranée, permettant, outre le butin, un trafic d’esclaves chrétiens, hommes, femmes et enfants. Dans l’Alger des corsaires du XVI ème siècle, il y avait plus de 30.000 esclaves enchaînés. D’où les tentatives de destruction de ces bases depuis Charles Quint, puis les bombardements anglais, hollandais et même américain…..Les beys d’Alger et des autres villes se maintenaient par la ruse et la force, ainsi celui de Constantine, destitué à notre venue, ayant avoué avoir fait trancher 12.000 têtes pendant son règne.

Faut-il oublier que l’esclavage existait en Afrique depuis des lustres et existe toujours. Les familles aisées musulmanes avaient toutes leurs esclaves africains. Les premiers esclavagistes, Monsieur le Président, étaient les négriers noirs eux-mêmes qui vendaient leurs frères aux Musulmans du Moyen Orient, aux Indes et en Afrique (du Nord surtout), des siècles avant l’apparition de la triangulaire avec les Amériques et les Antilles, ce qui n’excuse en rien cette dernière, même si les esclaves domestiques étaient souvent bien traités.
> >                 Faut-il oublier qu’en 1830, les Français sont venus à Alger détruire les repaires barbaresques ottomans qui pillaient la Méditerranée, libérer les esclaves et, finalement, affranchir du joug turc les tribus arabes et berbères opprimées.
> >                   Faut-il oublier qu’en 1830, il y avait à peu près 5.000 Turcs, 100.000 Koulouglis, 350.000 Arabes et 400.000 Berbères dans cette région du Maghreb où n’avait jamais existé de pays organisé depuis les Romains. Chaque tribu faisait sa loi et combattait les autres, ce que l’Empire Ottoman favorisait, divisant pour régner.
> >                   Faut-il oublier qu’en 1830 les populations étaient sous développées, soumises aux épidémies et au paludisme. Les talebs les plus évolués qui servaient de toubibs (les hakems), suivaient les recettes du grand savant « Bou Krat » (ou plutôt Hippocrate), vieilles de plus de 2.000 ans .La médecine avait quand même sérieusement évolué depuis !
> >                   Faut-il oublier qu’à l’inverse du génocide, ou plutôt du massacre arménien par les Turcs, du massacre amérindien par les Américains, du massacre aborigène par les Anglais et du massacre romano-berbère par les Arabes entre l’an 700 et 1500, la France a soigné, grâce à ses médecins (militaires au début puis civils) toutes les populations du Maghreb les amenant de moins d’un million en 1830 en Algérie, à dix millions en 1962.
> >                   Faut-il oublier que la France a respecté la langue arabe, l’imposant même au détriment du berbère, du tamashek et des autres dialectes, et a respecté la religion (ce que n’avaient pas fait les Arabes, forçant les berbères chrétiens à s’islamiser pour ne pas être tués, d’où le nom de « kabyle » - j’accepte).
> >                   Faut-il oublier qu’en 1962 la France a laissé en Algérie, malgré des fautes graves et des injustices, une population à la démographie galopante, souvent encore trop pauvre, - il manquait du temps pour passer du moyen âge au XX ème siècle - mais en bonne santé, une agriculture redevenue riche grâce aux travaux des Jardins d’Essais, des usines, des barrages, des mines, du pétrole, du gaz, des ports, des aéroports, un réseau routier et ferré, des écoles, un Institut Pasteur, des hôpitaux et une université, la poste… Il n’existait rien avant 1830. Cette mise en place d’une infrastructure durable, et le désarmement des tribus, a été capital pour l’Etat naissant de l’Algérie.
> >                   Faut-il oublier que les colons français ont asséché, entre autres, les marécages palustres de la Mitidja, y laissant de nombreux morts, pour en faire la plaine la plus fertile d’Algérie, un grenier à fruits et légumes, transformée, depuis leur départ, en zone de friche industrielle.
> >                   Faut-il oublier que la France a permis aux institutions de passer, progressivement, de l’état tribal à un Etat nation, et aux hommes de la sujétion à la citoyenneté en construction, de façon, il est vrai, insuffisamment rapide. Le colonialisme, ou plutôt la colonisation a projeté le Maghreb, à travers l’Algérie, dans l’ère de la mondialisation.
> >                   Faut-il oublier qu’en 1962, un million d’européens ont dû quitter l’Algérie, abandonnant leurs biens pour ne pas être assassinés ou, au mieux, de devenir des habitants de seconde zone, des dhimmis, méprisés et brimés, comme dans beaucoup de pays islamisés. Il en est de même de quelques cent mille israélites dont nombre d’ancêtres s’étaient pourtant installés, là, 1000 ans avant que le premier arabe musulman ne s’y établisse. Etait-ce une guerre d’indépendance ou encore de religion ?
> >                   Faut-il oublier qu’à notre départ en 1962, outre au moins 75.000 Harkis, sauvagement assassinés, véritable crime contre l’humanité, et des milliers d’européens tués ou disparus, après ou avant, il est vrai, les excès de l’O.A .S., il y a eu plus de 200.000 tués dans le peuple algérien qui refusait un parti unique , beaucoup plus que pendant la guerre d’Algérie. C’est cette guerre d’indépendance, avec ses cruautés et ses horreurs de part et d’autre, qui a fondé l’identité algérienne. Les hommes sont ainsi faits !
> >
> >                   Monsieur le Président, vous savez que la France forme de bons médecins, comme de bons enseignants. Vous avez choisi, avec votre premier ministre, de vous faire soigner par mes confrères du Val de Grâce. L’un d’eux, Lucien Baudens, créa la première Ecole de médecine d’Alger en 1832, insistant pour y recevoir des élèves autochtones. Ces rappels historiques vous inciteront, peut-être, Monsieur le Président, à reconnaître que la France vous a laissé un pays riche, qu’elle a su et pu forger, grâce au travail de toutes les populations, des plus pauvres aux plus aisées - ces dernières ayant souvent connu des débuts très précaires -. La France a aussi créé son nom qui a remplacé celui de Barbarie. Personne ne vous demandera de faire acte de repentance pour l’avoir laissé péricliter, mais comment expliquer que tant de vos sujets, tous les jours, quittent l’Algérie pour la France ?
> >
> >                   En fait, le passé, diabolisé, désinformé, n’est-il pas utilisé pour permettre la mainmise d’un groupe sur le territoire algérien ? Je présente mes respects au Président de la République, car j’honore cette fonction.
> >
> > Un citoyen français,
> > Professeur agrégé du Val de Grâce.
 

n°572833
cabo38
Posté le 31-12-2007 à 08:51:14  profil
 

J'ai plusieurs questions pour Malgrmoi.

Vous dites être "patos" et vivre depuis 47 ans en Algérie.

Quelle est aujourd'hui votre nationalité ?
Combien d'Européens, comme vous, avec le même parcours vivent encore en Algérie ?
J'ai cru comprendre que vous avez fondé une famille mixte, quels ont été les péripéties heureuses et malheureuses ?
Pensez vous terminer vos jours en Algérie ?
Comment vous voyez la suite des évenements politiques : dictature, démocratie, république islamique ....?
Vous considérez vous comme appartenant à une minorité en tant qu'Européen ?
Vous sentez vous en sécurité ?
Pensez vous que votre exemple aurait pu être suivi par d'autres Français et à quelles conditions ?
...
Comme vous voyez, ce sont des questions personnelles, mais je suis sûr quelles sont intéressantes. Vous n'êtes pas obligé d'y répondre.

Je suis persuadé que beaucoup de PNs auraient souhaité rester dans leur pays natal, d'une certaine façon vous avez réalisé leur souhait, en cela vous êtes un privilégié. Le saviez vous?

A+

n°572834
cabo38
Posté le 31-12-2007 à 09:03:50  profil
 

Gavroche9 a dit :

"Sais tu qu'il y a eut plus d'algériens tués par le FLN que par les soldats français le sais tu cela ?  "

Ce sont des faits avérés qui ne semble pas troubler les consciences embrumées.

C'est toujours la même chose, pour défendre leur idées, les êtres humains font l'impasse des faits qui pourraient les déranger, cela est vrai pour tous les protagonistes de cette histoire...  

n°572894
Olona
Posté le 31-12-2007 à 10:30:53  profil
 

cabo38 a écrit :

J'ai plusieurs questions pour Malgrmoi.

Vous dites être "patos" et vivre depuis 47 ans en Algérie.

Quelle est aujourd'hui votre nationalité ?
Combien d'Européens, comme vous, avec le même parcours vivent encore en Algérie ?
J'ai cru comprendre que vous avez fondé une famille mixte, quels ont été les péripéties heureuses et malheureuses ?
Pensez vous terminer vos jours en Algérie ?
Comment vous voyez la suite des évenements politiques : dictature, démocratie, république islamique ....?
Vous considérez vous comme appartenant à une minorité en tant qu'Européen ?
Vous sentez vous en sécurité ?
Pensez vous que votre exemple aurait pu être suivi par d'autres Français et à quelles conditions ?
...
Comme vous voyez, ce sont des questions personnelles, mais je suis sûr quelles sont intéressantes. Vous n'êtes pas obligé d'y répondre.

Je suis persuadé que beaucoup de PNs auraient souhaité rester dans leur pays natal, d'une certaine façon vous avez réalisé leur souhait, en cela vous êtes un privilégié. Le saviez vous?

A+



Questions des plus importantes, qui auront, je l'espère aussi, des réponses. Toujours aussi incisif et direct lol:{} merci pour l'ouverture de ce débat, des plus interessant.
 


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Le bonheur est un voyage, pas une destination.
n°573612
malgrmoi
Posté le 01-01-2008 à 09:07:33  profil
 

Bonsoir  à tous et plus particulièrement à Cabo38 et à Olona qui ont marqué quelque intérêt à un de mes messages.
Je vais essayer de répondre aussi clairement que possible car ma position vis à vis de ces drames est, je le reconnais, un peu ambigüe.
Je suis "patos" autant qu'on peut l'être. Français de souche,  et fier de l'être.
Indiscutablement à vingt ans j'étais de gauche et pourtant, par hérédité, anti communiste. Mon père était parti volontaire dans les brigades internationales et à son retour, il a été d'abord interné à Perpignan dans un camp de concentration. Lorsque les allemends ont envahi la zone libre, il est parti au maquis car le gouvernement "travail, famille patrie" avait remis à l'occupant les listes de ces salopards qui avaient aidé les Républicains à essayer de contenir Franco.
Je n'ai connu mon père qu'en 1944, à la libération. J'avais cinq ans.
Ceci pour situer politiquement le narrateur.
J'avais vingt à fin 59 quand j'ai été appelé. Aprés avoir en vain supplié de m'insoumettre( je voulais me marier) mon père m'a dit: " dans six mois tu es de retour. Les arabes vont être indépendants".
Ceci pour vous décrire dans quel état d'esprit j'ai débarqué sur les quais de Bône.
J'ai "fait" trente mois en Algérie et j'ai vu et été amené à faire des choses que je voudrais avoir oubliées.
J'ai vu la misère à la limite de la famine. J'ai vu les injustices, les punitions collectives, les humiliations. J'ai vu comment un brave mec pouvait se transformer en brute épaisse parce qu'on lui avait confié un fusil.
Je n'ai pas vu de tortures mais je n'ai pas vu Napoléon non plus et pourtant personne ne nie son existance.
Mais j'ai vu aussi les fermiersfrançais se barricader les soir en plaçant de lourdes plaques de fer devant leurs fen^tres. J'ai vu un troupeau entier de bovins mitraillé et égorgé. J'ai vu une un immense champ de blé être la proie des flammes. J'ai vu.... j'ai vu beaucoup de choses et pourtant la messe était dite. Je me posais la question qu'est ce que ça avait dû être en 55,56,57 et 58!!!
Finalement, ce que j'ai vu a excité ma soif de savoir et en cherchant, je suis tombé amoureux fou de ce pays et des TOUS SES HABITANTS.
Je vais maintenant essayer de répondres à toutes vos questions.
 A Cabo38 d'abord qui a pris la mouche lorsque j'ai dit que les PN avaient quelques MINCES privilèges. Mais non, il n'y a pas là incongruité! Les français d'Algérie étaient mieux lotis que les "arabes" ne serait ce que par leur maturité politique reconnue et niée pour les algériens. Le statut de l'indigénat etait un scandale. Qu'il n'ait pas été instauré par eux ne change rien au fait qu'il n'ont jamais réclamé sa suppression. Lors des massacres de Sétif, Cherriere a armé les européens, ces gens mêmes qui avaient eu leurs familles massacrées. Etait-ce républicain? je vous rappelle que les milices de Doriot avaient été encore pourchassées ....un an  avant!
En fait, quand je dis privilèges disons plutôt que les fermiers européens étaient moins mal (ou "plus mieux!!" ) que leurs employés autochtones..
Je suis de nationalité française et c'est avec ce privilège que j'ai vécu pas loin d'un demi siècle en Algérie.
Non, je n'ai pas fondé une famille mixte: ma femme est de Sorgues dans la Vaucluse et mes quatre enfants tous tous nés à Marseille. Ils sont "rentrés" en 92 car le terrorisme s'amplifiait et je rends hommage aux petits PN qui n'ont pas eu cette opportunité de placer leur famille en lieu sûr et qui ont vécu tous les évènements avec la peur au ventre qu'il ne manque quelqu'un au repas du soir. Il est une chose qu'un européen travaillant en Algérie devait éviter à tout prix: subir une intervention chirurgicale quelle qu'elle soit ou être  incarcéré dans uns maison d'arrêt.
L'hôpital à cause de l'hygiène plus que défaillant, et la prison parce qu'elle a dû servir de modèle au film "midnight express"!!!
En 88, la colonie française accusait 27.000 ressortissants français en Algérie, encore que je ne sache quel crédit fallait il apporter à ces chiffres. Ils comprenaient les vieux français qui n'étaient jamais partis, les couples mixtes algériens dont la femme avait conservé sa nationalité, retournés au bled, les coopérants et les employés de boites fraçaises détachés.
Oui, là j'étaisun privilégié: par le salaire d'abord, par l'habitat en uite et pour finir que le fait de disposer d'une position de repli en France et de cotiser à la sécu française en cas de maladie constituaient des avantages de nature à rasséréner les plus anxieux des expatriés. Oui, j'étais un privilégié et j'en suis conscient.
Non, je ne compte pas finir mes jours en Algérie. Aller y passer deux ou trois mois par an, volontiers mais pas plus. Il semblerait qu'il y ait une recrudescence du terrorisme et ça, c'est usant. Ca a été pourtant la vie des PN pendant sept ans et pour cela ils méritent toute ma considération.
Je voudrais revenir un instant sur les hôpitaux: Tous ceux qui sont opérationnels aujourd'hui sont les mêmes qui fonctionnaient du "temps de la France" sans qu'on puisse en compter un de plus
à l'exception de l'hôpital Maillot qui est devenu civil aprés que l'armée se soit construit le plus moderne d'Algérie à Birkhadem.
Sinon Birtraria, Beni-Messous, clinique centrale ex Solal, clinique Debussy, clinique Durando, maternité de Saint Eugène, existaient avant l'indépendance et Mustapha Bacha était l'hôpital le plus moderne d'Afrique.
L'Oeuvre de la France en l'occurence était louable puisque l'état algérien considère que ce qui servait à soigner dix millions d'individus est toujours valable pour prés de 40 millions!!!!
De même les routes ont été élargies, souvent transformées en autoroutes mais si vous justaposiez une carte de 2006 sur une carte de 1961, vous verriez que toutes les routes existaient dèjà. Là encore, c'est à inscrire au crédit de la France.
Oui, nous étions une minorité d'européens, de français surtout mais je dois dire que les algériens font du racisme à l'envers: les étrangers sont mieux traités que les nationaux!!! De partout: à la douane, à la police, sur la route, dans les administrations,c'est surprenant mais c'est flagrant.
L'avenir de l'Algérie? Mon sentiment et qu'il y avait trois ennemis: le socialisme, l'Islam et la démographie. Le socialisme à la tchèque, le dur, est pratiquement mort. Quelques irréductibles s'accrochent encore aux .
Malheureusement, l'Islam et la démographie ont encore de beaux jours devant eux.
La piété est flagrante et c'est un corollaire de la misère qui est le lit des extrémismes. Les kamikazes arrivent à Alger.
Ce pays, sans être une république islamique, sera canibalisé par la foi. C'est ce que je pense
Oui, d'autres français auraient pu rester à l'ndépendance. Deux conditions cependant: n'avoir fait que taper sur les casseroles et ne pas être harki. Mais les débuts (de 62 à 66) auraient été durs. Mais possible.
Oui, je suis conscient que beaucoup de PN auraient aimé vivre comme moi. Je leur demande humblement pardon mais il en a toujours été ainsi: le malheur des uns fait toujours le bonheur des autres?
Bonne année à tous et que chacun trouve son bonheur.
 

n°573673
Olona
Posté le 01-01-2008 à 10:53:51  profil
 

malgrmoi a écrit :

Bonsoir  à tous et plus particulièrement à Cabo38 et à Olona qui ont marqué quelque intérêt à un de mes messages.
Je vais essayer de répondre aussi clairement que possible car ma position vis à vis de ces drames est, je le reconnais, un peu ambigüe.
Je suis "patos" autant qu'on peut l'être. Français de souche,  et fier de l'être.
Indiscutablement à vingt ans j'étais de gauche et pourtant, par hérédité, anti communiste. Mon père était parti volontaire dans les brigades internationales et à son retour, il a été d'abord interné à Perpignan dans un camp de concentration. Lorsque les allemends ont envahi la zone libre, il est parti au maquis car le gouvernement "travail, famille patrie" avait remis à l'occupant les listes de ces salopards qui avaient aidé les Républicains à essayer de contenir Franco.
Je n'ai connu mon père qu'en 1944, à la libération. J'avais cinq ans.
Ceci pour situer politiquement le narrateur.
J'avais vingt à fin 59 quand j'ai été appelé. Aprés avoir en vain supplié de m'insoumettre( je voulais me marier) mon père m'a dit: " dans six mois tu es de retour. Les arabes vont être indépendants".
Ceci pour vous décrire dans quel état d'esprit j'ai débarqué sur les quais de Bône.
J'ai "fait" trente mois en Algérie et j'ai vu et été amené à faire des choses que je voudrais avoir oubliées.
J'ai vu la misère à la limite de la famine. J'ai vu les injustices, les punitions collectives, les humiliations. J'ai vu comment un brave mec pouvait se transformer en brute épaisse parce qu'on lui avait confié un fusil.
Je n'ai pas vu de tortures mais je n'ai pas vu Napoléon non plus et pourtant personne ne nie son existance.
Mais j'ai vu aussi les fermiersfrançais se barricader les soir en plaçant de lourdes plaques de fer devant leurs fen^tres. J'ai vu un troupeau entier de bovins mitraillé et égorgé. J'ai vu une un immense champ de blé être la proie des flammes. J'ai vu.... j'ai vu beaucoup de choses et pourtant la messe était dite. Je me posais la question qu'est ce que ça avait dû être en 55,56,57 et 58!!!
Finalement, ce que j'ai vu a excité ma soif de savoir et en cherchant, je suis tombé amoureux fou de ce pays et des TOUS SES HABITANTS.
Je vais maintenant essayer de répondres à toutes vos questions.
 A Cabo38 d'abord qui a pris la mouche lorsque j'ai dit que les PN avaient quelques MINCES privilèges. Mais non, il n'y a pas là incongruité! Les français d'Algérie étaient mieux lotis que les "arabes" ne serait ce que par leur maturité politique reconnue et niée pour les algériens. Le statut de l'indigénat etait un scandale. Qu'il n'ait pas été instauré par eux ne change rien au fait qu'il n'ont jamais réclamé sa suppression. Lors des massacres de Sétif, Cherriere a armé les européens, ces gens mêmes qui avaient eu leurs familles massacrées. Etait-ce républicain? je vous rappelle que les milices de Doriot avaient été encore pourchassées ....un an  avant!
En fait, quand je dis privilèges disons plutôt que les fermiers européens étaient moins mal (ou "plus mieux!!" ) que leurs employés autochtones..
Je suis de nationalité française et c'est avec ce privilège que j'ai vécu pas loin d'un demi siècle en Algérie.
Non, je n'ai pas fondé une famille mixte: ma femme est de Sorgues dans la Vaucluse et mes quatre enfants tous tous nés à Marseille. Ils sont "rentrés" en 92 car le terrorisme s'amplifiait et je rends hommage aux petits PN qui n'ont pas eu cette opportunité de placer leur famille en lieu sûr et qui ont vécu tous les évènements avec la peur au ventre qu'il ne manque quelqu'un au repas du soir. Il est une chose qu'un européen travaillant en Algérie devait éviter à tout prix: subir une intervention chirurgicale quelle qu'elle soit ou être  incarcéré dans uns maison d'arrêt.
L'hôpital à cause de l'hygiène plus que défaillant, et la prison parce qu'elle a dû servir de modèle au film "midnight express"!!!
En 88, la colonie française accusait 27.000 ressortissants français en Algérie, encore que je ne sache quel crédit fallait il apporter à ces chiffres. Ils comprenaient les vieux français qui n'étaient jamais partis, les couples mixtes algériens dont la femme avait conservé sa nationalité, retournés au bled, les coopérants et les employés de boites fraçaises détachés.
Oui, là j'étaisun privilégié: par le salaire d'abord, par l'habitat en uite et pour finir que le fait de disposer d'une position de repli en France et de cotiser à la sécu française en cas de maladie constituaient des avantages de nature à rasséréner les plus anxieux des expatriés. Oui, j'étais un privilégié et j'en suis conscient.
Non, je ne compte pas finir mes jours en Algérie. Aller y passer deux ou trois mois par an, volontiers mais pas plus. Il semblerait qu'il y ait une recrudescence du terrorisme et ça, c'est usant. Ca a été pourtant la vie des PN pendant sept ans et pour cela ils méritent toute ma considération.
Je voudrais revenir un instant sur les hôpitaux: Tous ceux qui sont opérationnels aujourd'hui sont les mêmes qui fonctionnaient du "temps de la France" sans qu'on puisse en compter un de plus
à l'exception de l'hôpital Maillot qui est devenu civil aprés que l'armée se soit construit le plus moderne d'Algérie à Birkhadem.
Sinon Birtraria, Beni-Messous, clinique centrale ex Solal, clinique Debussy, clinique Durando, maternité de Saint Eugène, existaient avant l'indépendance et Mustapha Bacha était l'hôpital le plus moderne d'Afrique.
L'Oeuvre de la France en l'occurence était louable puisque l'état algérien considère que ce qui servait à soigner dix millions d'individus est toujours valable pour prés de 40 millions!!!!
De même les routes ont été élargies, souvent transformées en autoroutes mais si vous justaposiez une carte de 2006 sur une carte de 1961, vous verriez que toutes les routes existaient dèjà. Là encore, c'est à inscrire au crédit de la France.
Oui, nous étions une minorité d'européens, de français surtout mais je dois dire que les algériens font du racisme à l'envers: les étrangers sont mieux traités que les nationaux!!! De partout: à la douane, à la police, sur la route, dans les administrations,c'est surprenant mais c'est flagrant.
L'avenir de l'Algérie? Mon sentiment et qu'il y avait trois ennemis: le socialisme, l'Islam et la démographie. Le socialisme à la tchèque, le dur, est pratiquement mort. Quelques irréductibles s'accrochent encore aux .
Malheureusement, l'Islam et la démographie ont encore de beaux jours devant eux.
La piété est flagrante et c'est un corollaire de la misère qui est le lit des extrémismes. Les kamikazes arrivent à Alger.
Ce pays, sans être une république islamique, sera canibalisé par la foi. C'est ce que je pense
Oui, d'autres français auraient pu rester à l'ndépendance. Deux conditions cependant: n'avoir fait que taper sur les casseroles et ne pas être harki. Mais les débuts (de 62 à 66) auraient été durs. Mais possible.
Oui, je suis conscient que beaucoup de PN auraient aimé vivre comme moi. Je leur demande humblement pardon mais il en a toujours été ainsi: le malheur des uns fait toujours le bonheur des autres?
Bonne année à tous et que chacun trouve son bonheur.





Merci, vous n'avez pas à vous excuser, et de quoi d'ailleurs  jap:{} Merci de cette franchise.
Bonne année à vous.
 


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Le bonheur est un voyage, pas une destination.
n°573755
daking15
Posté le 01-01-2008 à 11:57:25  profil
 

GAVROCHE9 a écrit :

beaucoup critiquent les pieds noirs et leur histoire qui fait aussi partie de l'histoire de France n'en déplaise à certains, mais souvent ces détracteurs n'ont même pas vécus en Algérie et ne connaissent ce pays qu'à travers les journaux.
A ces personnes je leur demande de lire cette lettre.

Un professeur agrégé du Val de Grâce remet les pendules à l'heure dans une lettre ouverte sans concessions au Président de la République algérienne. Bien documentée, intéressante à plus d'un titre, elle ne manquera pas d'être lue par ceux de nos concitoyens qui s'intéressent à l'Histoire.

Monsieur le Président,
> >
> >                   En brandissant l’injure du génocide de l’identité algérienne par la France, vous saviez bien que cette identité n’a jamais existé avant 1830. Mr Ferrat Abbas et les premiers nationalistes avouaient l’avoir cherchée en vain. Vous demandez maintenant repentance pour barbarie : vous inversez les rôles !
> >      C’était le Maghreb ou l’Ifriqiya, de la Libye au Maroc. Les populations, d’origine phénicienne (punique), berbère (numide) et romaine, étaient, avant le VIIIème siècle, en grande partie chrétiennes (500 évêchés dont celui d’Hippone / Annaba, avec Saint Augustin). Ces régions agricoles étaient prospères.
> >                Faut-il oublier que les Arabes, nomades venant du Moyen Orient, récemment islamisés, ont envahi le Maghreb et converti de force,
 « béçif » (par l’épée), toutes ces populations. « Combattez vos ennemis dans la guerre entreprise pour la religion….Tuez vos ennemis partout
 où vous les trouverez » (Coran, sourate II, 186-7). Ce motif religieux était élargi par celui de faire du butin, argent, pierreries, trésor, bétail, et aussi bétail humain, ramenant par troupeaux des centaines de milliers d’esclaves berbères; ceci légitimé par le Coran comme récompense aux combattants de la guerre sainte (XLVIII, 19, 20) .Et après quelques siècles de domination arabe islamique, il ne restait plus rien de l’ère punico romano berbère si riche, que des ruines (Abder-Rahman ibn Khaldoun el Hadram , Histoire des Berbères,T I, p.36-37, 40, 45-46. 1382).

Faut-il oublier aussi que les Turcs Ottomans ont envahi le Maghreb pendant trois siècles, maintenant les tribus arabes et berbères en semi esclavage, malgré la même religion, les laissant se battre entre elles et prélevant la dîme, sans rien construire en contre partie.
> >                   Faut-il oublier que ces Turcs ont développé la piraterie maritime, en utilisant leurs esclaves. Ces pirates barbaresques arraisonnaient tous les navires de commerce en Méditerranée, permettant, outre le butin, un trafic d’esclaves chrétiens, hommes, femmes et enfants. Dans l’Alger des corsaires du XVI ème siècle, il y avait plus de 30.000 esclaves enchaînés. D’où les tentatives de destruction de ces bases depuis Charles Quint, puis les bombardements anglais, hollandais et même américain…..Les beys d’Alger et des autres villes se maintenaient par la ruse et la force, ainsi celui de Constantine, destitué à notre venue, ayant avoué avoir fait trancher 12.000 têtes pendant son règne.

Faut-il oublier que l’esclavage existait en Afrique depuis des lustres et existe toujours. Les familles aisées musulmanes avaient toutes leurs esclaves africains. Les premiers esclavagistes, Monsieur le Président, étaient les négriers noirs eux-mêmes qui vendaient leurs frères aux Musulmans du Moyen Orient, aux Indes et en Afrique (du Nord surtout), des siècles avant l’apparition de la triangulaire avec les Amériques et les Antilles, ce qui n’excuse en rien cette dernière, même si les esclaves domestiques étaient souvent bien traités.
> >                 Faut-il oublier qu’en 1830, les Français sont venus à Alger détruire les repaires barbaresques ottomans qui pillaient la Méditerranée, libérer les esclaves et, finalement, affranchir du joug turc les tribus arabes et berbères opprimées.
> >                   Faut-il oublier qu’en 1830, il y avait à peu près 5.000 Turcs, 100.000 Koulouglis, 350.000 Arabes et 400.000 Berbères dans cette région du Maghreb où n’avait jamais existé de pays organisé depuis les Romains. Chaque tribu faisait sa loi et combattait les autres, ce que l’Empire Ottoman favorisait, divisant pour régner.
> >                   Faut-il oublier qu’en 1830 les populations étaient sous développées, soumises aux épidémies et au paludisme. Les talebs les plus évolués qui servaient de toubibs (les hakems), suivaient les recettes du grand savant « Bou Krat » (ou plutôt Hippocrate), vieilles de plus de 2.000 ans .La médecine avait quand même sérieusement évolué depuis !
> >                   Faut-il oublier qu’à l’inverse du génocide, ou plutôt du massacre arménien par les Turcs, du massacre amérindien par les Américains, du massacre aborigène par les Anglais et du massacre romano-berbère par les Arabes entre l’an 700 et 1500, la France a soigné, grâce à ses médecins (militaires au début puis civils) toutes les populations du Maghreb les amenant de moins d’un million en 1830 en Algérie, à dix millions en 1962.
> >                   Faut-il oublier que la France a respecté la langue arabe, l’imposant même au détriment du berbère, du tamashek et des autres dialectes, et a respecté la religion (ce que n’avaient pas fait les Arabes, forçant les berbères chrétiens à s’islamiser pour ne pas être tués, d’où le nom de « kabyle » - j’accepte).
> >                   Faut-il oublier qu’en 1962 la France a laissé en Algérie, malgré des fautes graves et des injustices, une population à la démographie galopante, souvent encore trop pauvre, - il manquait du temps pour passer du moyen âge au XX ème siècle - mais en bonne santé, une agriculture redevenue riche grâce aux travaux des Jardins d’Essais, des usines, des barrages, des mines, du pétrole, du gaz, des ports, des aéroports, un réseau routier et ferré, des écoles, un Institut Pasteur, des hôpitaux et une université, la poste… Il n’existait rien avant 1830. Cette mise en place d’une infrastructure durable, et le désarmement des tribus, a été capital pour l’Etat naissant de l’Algérie.
> >                   Faut-il oublier que les colons français ont asséché, entre autres, les marécages palustres de la Mitidja, y laissant de nombreux morts, pour en faire la plaine la plus fertile d’Algérie, un grenier à fruits et légumes, transformée, depuis leur départ, en zone de friche industrielle.
> >                   Faut-il oublier que la France a permis aux institutions de passer, progressivement, de l’état tribal à un Etat nation, et aux hommes de la sujétion à la citoyenneté en construction, de façon, il est vrai, insuffisamment rapide. Le colonialisme, ou plutôt la colonisation a projeté le Maghreb, à travers l’Algérie, dans l’ère de la mondialisation.
> >                   Faut-il oublier qu’en 1962, un million d’européens ont dû quitter l’Algérie, abandonnant leurs biens pour ne pas être assassinés ou, au mieux, de devenir des habitants de seconde zone, des dhimmis, méprisés et brimés, comme dans beaucoup de pays islamisés. Il en est de même de quelques cent mille israélites dont nombre d’ancêtres s’étaient pourtant installés, là, 1000 ans avant que le premier arabe musulman ne s’y établisse. Etait-ce une guerre d’indépendance ou encore de religion ?
> >                   Faut-il oublier qu’à notre départ en 1962, outre au moins 75.000 Harkis, sauvagement assassinés, véritable crime contre l’humanité, et des milliers d’européens tués ou disparus, après ou avant, il est vrai, les excès de l’O.A .S., il y a eu plus de 200.000 tués dans le peuple algérien qui refusait un parti unique , beaucoup plus que pendant la guerre d’Algérie. C’est cette guerre d’indépendance, avec ses cruautés et ses horreurs de part et d’autre, qui a fondé l’identité algérienne. Les hommes sont ainsi faits !
> >
> >                   Monsieur le Président, vous savez que la France forme de bons médecins, comme de bons enseignants. Vous avez choisi, avec votre premier ministre, de vous faire soigner par mes confrères du Val de Grâce. L’un d’eux, Lucien Baudens, créa la première Ecole de médecine d’Alger en 1832, insistant pour y recevoir des élèves autochtones. Ces rappels historiques vous inciteront, peut-être, Monsieur le Président, à reconnaître que la France vous a laissé un pays riche, qu’elle a su et pu forger, grâce au travail de toutes les populations, des plus pauvres aux plus aisées - ces dernières ayant souvent connu des débuts très précaires -. La France a aussi créé son nom qui a remplacé celui de Barbarie. Personne ne vous demandera de faire acte de repentance pour l’avoir laissé péricliter, mais comment expliquer que tant de vos sujets, tous les jours, quittent l’Algérie pour la France ?
> >
> >                   En fait, le passé, diabolisé, désinformé, n’est-il pas utilisé pour permettre la mainmise d’un groupe sur le territoire algérien ? Je présente mes respects au Président de la République, car j’honore cette fonction.
> >
> > Un citoyen français,
> > Professeur agrégé du Val de Grâce.




 jap:{}  

n°573790
cabo38
Posté le 01-01-2008 à 12:25:22  profil
 

Malgrmoi, merci pour votre témoignage et d'avoir répondu avec sincérité aux questions. Non vous n'êtes pas un privilègié et vous n'avez pas à vous excuser.
 En vous lisant je me disais que beaucoup de choses n'avaient pas changé en 45 ans.
 
  Bien que vous ayez vécu en Algérie plus longtemps que moi (23 ans) et que vous êtes tombé amoureux fou de ce pays et tous ses habitants, il vous manque "PEUT ETRE" ce quelque chose indéfinissable que nous appelons "Algérianité" que l'on acquiait en descendant de la 4ème génération ayant vécue sur cette terre.

 Cela ne change rien à votre lucidité et à votre compréhension de notre histoire.

Je reviendrai plus tard sur les 3 ennemis : le socialisme, l'islam, et la démographie et parler aussi du code de l'indigénat.

En attendant, je vous souhaite ainsi qu'à toute la communauté PN une bonne année.  

n°573835
cabo38
Posté le 01-01-2008 à 12:54:47  profil
 

Taravao1, je souhaite que votre livre " Balintawwak, le cri de la liberté" rencontre un large public en 2008.
 Le peu que j'ai lu, laisse entrevoir une histoire nostalgique de l'Algérie et originale dans sa partie espagnole des Philipines.

Pouvez vous en faire un résumé, genre synopsis ?

A+  

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