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Auteur Sujet :

LES PIEDS NOIRS D'ALGERIE

n°595397
GAVROCHE9
Posté le 22-01-2008 à 00:18:43  profil
 

Reprise du message précédent :
un peu de musique pour les destinataires de ce forum: LES PIEDS NOIRS D'ALGERIE"

http://fr.youtube.com/profile?user=g arciaroland


 

n°595398
meulan
Pragmatisme & prospective
Posté le 22-01-2008 à 00:19:45  profil
 

malgrmoi a écrit :

Je dis ça parce que j'ai un ami, ancien fellagha de la région de Dellis, qui m'a dit avoir été missionné en juin 62 pour aller inciter les français à rester.
Si certains ont des précisions sur ça, qu'ils l'écrivent.



Chronologiquement, partant de la Proclamation du 1er Novembre 1954, même si l'indépendance était affirmé comme l'objectif institutionnel visé, rien ne rejettait a priori les Pieds-Noirs ou les Juifs autochtones du nouvel Etat à construire... ce qui aurait du et pu se faire.

A l'époque et durant des années (jusqu'au 16 Septembre 1959), certains des principaux dirigeants parmi les nationalistes algériens (et pas seulement ceux s'inscrivant dans le FLN) pensaient obtenir une autonomie interne dans les dix à quinze ans et l'indépendance au cours du quart de siècle étant devant eux... et devant ceux, en Algérie, initialement opposés à cette perspective... surtout par principe sentimental plus que par la raison.

Une erreur commise en permanence - et de ce fait devenue une faute si ce n'est un crime contre l'intelligence - a consisté dans la perception de l'Autre comme étant monolithique... refusant même de reconnaitre et respecter ses propres alliés "Autres" ou, pour le moins et pour certains, les mépriser... dans l'un ou l'autre des deux orientations principales... et refuser de percevoir puis voir et enfin reconnaitre, parmi ceux de l'autre camp...les partisans de la raison s'opposant aux partisans de la passion... dans leur propre camp.

Dans l'un et l'autre des deux camps, des extrémistes nationalistes algériens et
des ultras réactionnaires colonialistes ont tout fait pour dresser les Uns contre les Autres et vice-versa...

L'erreur, la faute, le crime des tenants de l'Algérie française coloniale - et plus encore du pouvoir politique hexagonal durant de si longues années de conflit politico-armé - c'est d'avoir constamment refusé de voir que le mouvement nationaliste pro-autonomie et/ou pro-indépendance ne formait pas un bloc strictement anti-français ou anti-européens et ces sentiments  n'ont élargis leur audience qu'au fur et à mesure de l'élargissement du cercle vicieux engendré par un conflit assymétrique.

Et que vouliez-vous que fassent les démocrates, libéraux et gens raisonnables -patriotes algériens sans être pour autant nationalistes obtus - ensuite face à l'armée des frontières ayant disposée de plusieurs années pour s'équiper puique le pouvoir hexagonal et son armée n'ont quasiment rien fait contre elle ? D'autant plus que ceux des Pieds-Noirs qui auraient pu être des partenaires n'ont guère bataillé pour faire reconnaitre leurs droits ?

Pour finir par la question initiale... OUI ! Spontanément ou sur instruction (notamment du GPRA ainsi qu'en willaya III et IV et dans la Zone Autonome d'Alger) de nombreux responsables locaux et régionaux, ainsi que toute une partie du peuple urbanisé autochtone,défendaient la présence des Pieds-Noirs et des Juifs ainsi que la protection des infrastructures qui allaient être nécessaires ensuite... et il m'est même possible d'affirmer que des harkis n'ont du de rester en vie après le 19 Mars ou le 3 Juillet 1962 qu'au fait d'avoir été arrêtés et jugés par l'ALN de l'intérieur... dont certains des responsables les protégeaient contre la populace et les ouvriers de la vingt cinquième heure.

J'assume mon rôle de casseur des mythes afin de revenir aux réalités.

Je dis bien "aux réalités" et non "à une réalité".

 :D



 


---------------
"Dès que l'on fouille le passé, le mal n'est pas toujours où l'on dit, le bien n'est pas toujours où l'on croit" (Jean Sévillia)
n°595486
GAVROCHE9
Posté le 22-01-2008 à 09:47:24  profil
 

une chanson pour les pieds noirs (en espérant que ce lien ne sera pas modifié)

http://fr.youtube.com/profile?user=gar ciaroland

n°595563
GAVROCHE9
Posté le 22-01-2008 à 11:43:31  profil
 

de meulan "Spontanément ou sur instruction (notamment du GPRA ainsi qu'en willaya III et IV et dans la Zone Autonome d'Alger) de nombreux responsables locaux et régionaux, ainsi que toute une partie du peuple urbanisé autochtone,défendaient la présence des Pieds-Noirs et des Juifs ainsi que la protection des infrastructures qui allaient être nécessaires ensuite... et il m'est même possible d'affirmer que des harkis n'ont du de rester en vie après le 19 Mars ou le 3 Juillet 1962 qu'au fait d'avoir été arrêtés et jugés par l'ALN de l'intérieur... dont certains des responsables les protégeaient contre la populace et les ouvriers de la vingt cinquième heure."

C'est une pensée qui leur est venu à l'esprit bien aprés le départ des pieds noirs car personne ne s'attendait à cette exode, que ce soit du coté Algérien que du coté Français. Normal il a bien fallut qu'ils se rendent compte de la bétise de ce "la valise ou le cercueil", pour faire repartir l'Algérie, les Algériens avaient besoin des pieds noirs. En effet ce sont les pieds noirs qui faisaient marcher le pays quoiqu'on en dise.
J'ai une voisine qui m'a montré une photo de 1962 de la ferme que ses parents possédaient en Algérie, elle y est retournée en 2007 et j'ai vu dans quel état est cette ferme aujourd'hui. En voyant cette photo on comprend comment a évolué le pays depuis 62.
 

n°595567
cpafacil
Posté le 22-01-2008 à 11:59:54  profil
 

GAVROCHE9 a écrit :

une chanson pour les pieds noirs (en espérant que ce lien ne sera pas modifié)

http://fr.youtube.com/profile?user=gar ciaroland



Loupé ! C'est pas marrant, les liens sont toujours amputés à l'arrivée sur ce forum  lol:{}
Peut-être que quelqu'un saura remettre le bon lien  jap:{}
 

n°595620
USAGER FAi​BLE
Posté le 22-01-2008 à 12:52:14  profil
 

cpafacil a écrit :

Loupé ! C'est pas marrant, les liens sont toujours amputés à l'arrivée sur ce forum  lol:{}
Peut-être que quelqu'un saura remettre le bon lien  jap:{}


Quand on veut insérer un lien, il faut employer l'outil ad'hoc :

url

On clique dessus et apparaissent alors 2 balises ]url[]/url[ avec des crochets dans le bon ordre !
Il suffit de coller le lien après avoir cliqué sur l'image dans le menu et cela passe sans aucun problème :

http://images-ftvi.mesdiscussi [...] ge/url.gif


---------------
Des musulmans modérés et courageux !

Extermine les loups-garou avec moi, si tu en as le courage !
La takia vous connaissez ? C'est à la mode Pl
n°595676
meulan
Pragmatisme & prospective
Posté le 22-01-2008 à 13:09:24  profil
 

GAVROCHE9 a écrit :


C'est une pensée qui leur est venu à l'esprit bien aprés le départ des pieds noirs car personne ne s'attendait à cette exode, que ce soit du coté Algérien que du coté Français.



Croyez bien que je suis désolé d'être obligé de vous contredire.

Je ne peux que confirmer que tout au long la guerre il y a eu des conflits internes non seulement au sein du mouvement nationaliste algérie mais au sein du FLN/ALN en général et au sein de structures locales ou régionales quant au comportement vis-à-vis des non-indigènes résidant sur le territoire concerné... y compris après l'indépendance.

Je confirme que tant sous la présidence de Ferhat Abbas que sous celle de Youcef Ben Khedda pour le G.P.R.A (ainsi que dans d'autres instances d'orientation et de décision) des Algériens pro-indépendance ont défendu en permanence les orientations et comportements visant au maintien des populations Pieds-Noirs et Juives dans une Algérie devenue indépendante... du moins autant que faire se peut.

Durant la dure période des affrontements urbains de 1961 et 1962, il est vrai que les partisans de l'épuration ethnico-religieuse - préfigurant ce que sera ensuite l'épuration idéologique, après l'indépendance, à l'intérieur même du camp des nationalistes algériens - ont progressivement pris le dessus au fur et à mesure que le fossé se creusait au sein et entre les populations concernées... dont la majorité dans chaque groupe social réagisssait de plus en plus sur un modèle manichéen... basé trop souvent sur des apparences physiques... Au faciès quoi ! Dans les deux sens.

Anecdote personnel.
Début Juin 1962 j'ai failli me prendre une rafale de 9m/m issue d'un PM Mat 49 dont le canon était posé sur mon ventre, en faisant face à un extrêmiste particulièrement haîneux, car je défendais la thèse qu'il fallait laisser partir les militants actifs de l'O.A.S plutôt que de voir bruler le port d'Alger ou autres infrastructures et se continuer les tueries de plus en plus aveugles relevant plus d'une psycho-socio-pathologie que d'un affrontement armé sous-tendu par un objectif politique... et promouvoir constamment un comportement de respect avec les européens non-activistes.
 
Les nationalistes algériens avaient aussi leurs "ultras" à courte vue.

Anecdote sociale.
Vous, partisans de l'Algérie française (globalement, ne visant pas une personne particulière) semblez n'avoir toujours pas été informés ni avoir pris conscience des risques physiques encourrus et acceptés lucidement par les militants de la Zone Autonome d'Alger, deuxième du nom, période 61/62, (aux ordres d'Oussedik et Azzedine) afin d'éviter au maximum toute réaction de violence (individuelle ou collective) contre les civils européens d'Alger non activistes... dont le maintien d'une très forte majorité était souhaité par une bonne proportion des militants nationalistes ainsi que par une assez forte proportion d'indigèness lambda.

Quel gâchis ! Alors et depuis...  :D

 


---------------
"Dès que l'on fouille le passé, le mal n'est pas toujours où l'on dit, le bien n'est pas toujours où l'on croit" (Jean Sévillia)
n°595693
GAVROCHE9
Posté le 22-01-2008 à 13:43:20  profil
 

rebelote pour le lien (je croise les doigts...même les orteils !!)

http://fr.youtube.com/profile?user=garciaroland

n°595694
cpafacil
Posté le 22-01-2008 à 13:46:05  profil
 

USAGER FAiBLE a écrit :

Quand on veut insérer un lien, il faut employer l'outil ad'hoc :

[url]http://images-ftvi.mesdiscussions.net/icones/message/url.gif

On clique dessus et apparaissent alors 2 balises ]url[]/url[ avec des crochets dans le bon ordre !
Il suffit de coller le lien après avoir cliqué sur l'image dans le menu et cela passe sans aucun problème :

[url]http://images-ftvi.mesdiscussions.net/icones/message/url.gif

[/url][/url]

Merci beaucoup votre aide est précieuse  ;)  :)
 

n°595721
USAGER FAi​BLE
Posté le 22-01-2008 à 14:15:59  profil
 

cpafacil a écrit :

Merci beaucoup votre aide est précieuse  ;)  :)


Sauf que j'ai collé 2 fois le lien de l'image !


---------------
Des musulmans modérés et courageux !

Extermine les loups-garou avec moi, si tu en as le courage !
La takia vous connaissez ? C'est à la mode Pl
n°595735
Eugnie
Posté le 22-01-2008 à 14:43:04  profil
 

Citation:

Anecdote sociale.
Vous, partisans de l'Algérie française (globalement, ne visant pas une personne particulière) semblez n'avoir toujours pas été informés ni avoir pris conscience des risques physiques encourrus et acceptés lucidement par les militants de la Zone Autonome d'Alger, deuxième du nom, période 61/62, (aux ordres d'Oussedik et Azzedine) afin d'éviter au maximum toute réaction de violence (individuelle ou collective) contre les civils européens d'Alger non activistes... dont le maintien d'une très forte majorité était souhaité par une bonne proportion des militants nationalistes ainsi que par une assez forte proportion d'indigèness lambda.

Je crois vous avoir déjà répondu sur le forum de la 3, c'est quand vous agissiez pour le compte de Mohamed Duval...  :D  :D  :D



alexliva:1

n°595761
GAVROCHE9
Posté le 22-01-2008 à 15:13:13  profil
 

merci à USAGER FAIBLE pour la petite astuce concernant la communication d'un lien, je commençais à désespérer !!

n°595878
malgrmoi
Posté le 22-01-2008 à 16:58:17  profil
 

RE/ Gavroche concernant  le maintien des PN post-indépendance.

Eh bien, justement je sais ce qu'il s'est passé à "ces moments là" et je persiste à penser que les pieds-noirs auraient pu rester en Algérie.
Mon sentiment est qu'ils ne seraient pas restés longtemps mais, cette appréciation n'engage que moi, suffisamment de temps pour vendre leurs avoirs immobiliers. Disons deux décennies.
Ceci dans l'hypothèse bien sûr où l'OAS n'aurait pas achevé de creuser le fossé séparant les deux communautés.
Comment pouvez vous affirmer que le départ des pieds-noirs était programmé? Parce que c'était écrit sur les murs? Pouvez vous me dire qui n'a pas écrit sur les murs du FLN, de l'OAS, du MPC, des Ultras, des fondamentalistes, qui???
Savez vous que des colons sont restés aprés l'indépendance? Oh, pas longtemps car la dernière année de notre présence avait été lourdes d'affrontements  civils et avait laissé des plaies ouvertes, même si je ne juge pas, m'adressant à des gens qui ont tout perdu,  la légitimité ou son contraire des agissements de l'OAS.
Dés janvier 63, les formalités pour amener un cadre mobilier par exemple étaient telles que c'était devenu une gageure. Comme leur prédécesseurs ils sont rentrés une main devant et une main derriére. Il en aurait été tout autrement si la communauté entière était restée.
Je vis encore trois mois par an en Algérie et j'ai de nombreux amis algériens contemporains de cette époque dont la bonne foi ne peut pas être mise en doute.
La majorité a regretté le départ des pieds-noirs, du moins de ceux qui n'avaient fait que taper sur les casseroles ou manifester au square Lafferière, c'est à dire, au bout du compte neuf sur dix.
Ces algériens admettent que les français se soient sentis solidaires de l'OAS au même titre qu'ils étaient solidaires du FLN.
Plus lorsque Salan a été dépassé par ses ailes et qu'il n'y avait plus de hiérarchie dans le mouvement.
Mais là encore, il y avait des pousse-au-crime de part et d'autre mais ils étaient vraiment minoritaires.
Et je ne pense pas en toute objectivité  que "la valise ou le cercueil"
soit d'obédience FLN ou de la communauté musulmane.

n°595920
cpafacil
Posté le 22-01-2008 à 17:45:56  profil
 

USAGER FAiBLE a écrit :

Sauf que j'ai collé 2 fois le lien de l'image !



 coccinelle21  coccinelle21

Il faut faire quoi alors ?
 

n°596100
Colonial G​igatonne
Posté le 22-01-2008 à 20:07:06  profil
 

Et le FLN etait une organisation democratique elue au suffrage universel sans doute, pas comme le FLNC bien sur.


---------------
"Nous avons limité la puissance de la bombe afin de ne pas briser tous les mirroirs de Moscou"
n°596268
GAVROCHE9
Posté le 22-01-2008 à 22:54:53  profil
 

malgrmoi a écrit :

RE/ Gavroche concernant  le maintien des PN post-indépendance.

Eh bien, justement je sais ce qu'il s'est passé à "ces moments là" et je persiste à penser que les pieds-noirs auraient pu rester en Algérie.
Mon sentiment est qu'ils ne seraient pas restés longtemps mais, cette appréciation n'engage que moi, suffisamment de temps pour vendre leurs avoirs immobiliers. Disons deux décennies.
Ceci dans l'hypothèse bien sûr où l'OAS n'aurait pas achevé de creuser le fossé séparant les deux communautés.
Comment pouvez vous affirmer que le départ des pieds-noirs était programmé? Parce que c'était écrit sur les murs? Pouvez vous me dire qui n'a pas écrit sur les murs du FLN, de l'OAS, du MPC, des Ultras, des fondamentalistes, qui???
Savez vous que des colons sont restés aprés l'indépendance? Oh, pas longtemps car la dernière année de notre présence avait été lourdes d'affrontements  civils et avait laissé des plaies ouvertes, même si je ne juge pas, m'adressant à des gens qui ont tout perdu,  la légitimité ou son contraire des agissements de l'OAS.
Dés janvier 63, les formalités pour amener un cadre mobilier par exemple étaient telles que c'était devenu une gageure. Comme leur prédécesseurs ils sont rentrés une main devant et une main derriére. Il en aurait été tout autrement si la communauté entière était restée.
Je vis encore trois mois par an en Algérie et j'ai de nombreux amis algériens contemporains de cette époque dont la bonne foi ne peut pas être mise en doute.
La majorité a regretté le départ des pieds-noirs, du moins de ceux qui n'avaient fait que taper sur les casseroles ou manifester au square Lafferière, c'est à dire, au bout du compte neuf sur dix.
Ces algériens admettent que les français se soient sentis solidaires de l'OAS au même titre qu'ils étaient solidaires du FLN.
Plus lorsque Salan a été dépassé par ses ailes et qu'il n'y avait plus de hiérarchie dans le mouvement.
Mais là encore, il y avait des pousse-au-crime de part et d'autre mais ils étaient vraiment minoritaires.
Et je ne pense pas en toute objectivité  que "la valise ou le cercueil"
soit d'obédience FLN ou de la communauté musulmane.



Mais vous êtes libre de penser ce que vous voulez !!!  Toujours est il que ce "la valise ou le cercueil" n'a pas favorisé l'envie aux pieds noirs de rester. Et s'ils sont partis c'est par peur des représailles des Algériens car ils savaient, par expérience des années de guerre passé, de quoi ils auraient été capable. C'est pourquoi le départ c'est fait précipitamment en emportant le stricte minimum.

 Maintenant votre désir de mettre cette menace sur le  dos de n'importe qui sauf du FLN (et la communauté musulmane n'a rien à voir la dedans !!) c'est votre problème. Moi je sais en tous les cas pourquoi nous avons quitté l' Algérie. Maintenant vouloir prétendre que ce "la valise ou le cercueil" ne venait pas du FLN ou que peut être ce n'était qu'une invention je reconnais là le travail de dénigrement fait contre les pieds noirs depuis 62.
Cela me rappelle un certain "c'est un détail" ou "cela n'a jamais existé" concernant les camps de concentration et les fours crématoires de 39/45.

Maintenant quand vous dites que les Algériens ont en majorité regretté le départ des pieds noirs je vous crois, je l'ai constaté quand je suis retourné dans la région ou j'ai vécu. Seulement ce regret, il n'a été ressenti qu'une fois que les pieds noirs étaient partis et..... que les entreprises qu'ils dirigeaient avaient fermé et pour cause.
Je pense sincèrement que l'ouvrier Algérien tout comme l'ouvrier pieds noirs a été berné dans cette histoire. Mais le pire c'est de savoir à quel point les pieds noirs vénéraient la France, le respect que nos parents nous ont inculqué vis à vis de ce pays et tout çà pourquoi ???


 

n°596315
GAVROCHE9
Posté le 22-01-2008 à 23:22:48  profil
 

de malgrmoi je cite "Comment pouvez vous affirmer que le départ des pieds-noirs était programmé?"
encore une chose, je n'ai jamais dis que le départ des pieds noirs étaient programmé. S'il l'avait été ils auraient certainement pris le temps de vendre et de venir en France préparer leur installation.
Non justement ils n'y ont jamais pensé qu'ils devraient un jour partir, jusqu'au bout ils y ont cru et c'est ce manque de lucidité qui a fait qu'ils sont partis sans rien. Sans rien par peur des représailles et également car il fallait faire vite. Bien sûr aujourd'hui on a le temps d'en discuter ou de palabrer (comme on disait là bas) mais à cette époque et dans le contexte il n'y avait pas le temps de réfléchir. Les pieds noirs se faisaient assassinés par dixaines et cela aprés le cessez le feu. Combien de pieds noirs ont disparus aprés l'indépendance, aujourd'hui encore ceux ci non pas été retrouvés.
Alors prétendre aujourd'hui qu'on pouvait rester aprés l'indépendance c'est vraiment ne pas avoir assisté à tout cela.  

n°596445
Taravao1
Posté le 23-01-2008 à 04:24:07  profil
 

GAVROCHE9 a écrit :

de malgrmoi je cite "Comment pouvez vous affirmer que le départ des pieds-noirs était programmé?"
encore une chose, je n'ai jamais dis que le départ des pieds noirs étaient programmé. S'il l'avait été ils auraient certainement pris le temps de vendre et de venir en France préparer leur installation.
Non justement ils n'y ont jamais pensé qu'ils devraient un jour partir, jusqu'au bout ils y ont cru et c'est ce manque de lucidité qui a fait qu'ils sont partis sans rien. Sans rien par peur des représailles et également car il fallait faire vite. Bien sûr aujourd'hui on a le temps d'en discuter ou de palabrer (comme on disait là bas) mais à cette époque et dans le contexte il n'y avait pas le temps de réfléchir. Les pieds noirs se faisaient assassinés par dixaines et cela aprés le cessez le feu. Combien de pieds noirs ont disparus aprés l'indépendance, aujourd'hui encore ceux ci non pas été retrouvés.
Alors prétendre aujourd'hui qu'on pouvait rester aprés l'indépendance c'est vraiment ne pas avoir assisté à tout cela.


C'est vrai que les Pnrs (les plus modestes en tout cas) pensaient pouvoir rester et que beaucoup d'ailleurs sont partis en pensant pouvoir revenir, parce qu'ils craignaient les represailles. Mais cette verite ne contredit pas forcement celle de malgrmoi. Je suis rentre a Alger le 20 aout 1962. La maison de ma mere avait ete pillee mais une patrouille avait abattu un pillard au bas de l'escalier. Des voisins algeriens avaient mis a l'abri quelques affaires. En revanche je n'ai pas pu recuperer cette maison qui avait ete requisitionnee pour loger des refugies. Dans la Mitidja, beaucoup de colons etaient revenus et l'ALN avait mis des detachements sur leurs terres pour les proteger. Les choses ont commence a se degrader quand Ben Bella sous l'influence de quelques conseillers (il y avait de tout, des Portugais en exil, des gens des pays de l'est, des francais ...) lui ont conseille de nationaliser les terres. Des Algeriens ont ausi ete touches. J'ai connu une famille de Maison Blanche, les Bakalem, qui ont perdu leurs proprietes.
Il est clair que si nous avions negocie plus tot avec la "bourgeoisie algerienne"  qui ne souhaitait pas de tels bouleversements  et n'y avait pas interet et si des gens comme Ferhat Abbas s'etaient retrouves au pouvoir, les choses se seraient passees differemment pour les Algeriens et les Francais. Mais il aurait fallu "leur donner du grain a moudre". Un livre de Ferhat Abbas , "autopsie d'une guerre", ecrit quelques annees apres l'independance, rend bien compte de cette polymorphie de la societe algerienne dont parle mlgrmoi.Je crois que les Francais qui sont restes ont eu plus a souffrir du socialisme que du nationalisme algerien.
Cela dit je suis rentre le 20 aout 1962 en Algerie. La maison familiale avait ete pillee mais un pillard avait ete abattu au bas de l'escalier par une patrouille. Des voisins avaient mis a l'abri quelques affaires. En revanche, je n'ai pas pu recuperer la maison qui avait ete requisitionnee pour loger des refugies. Je suis reste  six ans en Algerie. Je suis alle partout avec une soif inextinguible de connaitre ce pays que je n'avais pas pu parcourir pendant la guerre. Chasseur, j'ai arpente les Djebels et les plaines en tous sens. Je n'ai jamais eu le moindre incident et j'ai toujours, particulierement en Kabylie, ete traite avec une gentillesse et un sens de l'hospitalite dont le souvenir m'emeut encore aujourd'hui. Parfois j'allais a l'affut au sanglier au dessus de l'hopital sanatorium de Rivet. Nous etions deux Pnrs et un metro et nous chassions avec 5 ou 6 Algeriens dont le Delegue (maire designe), un ancien maquisard qui avait ete blesse a la jambe pendant la guerre. et trainait la patte. Il me racontait regulierement comment un medecin militaire francais lui avait sauve le jambe et ne jurait que par lui. Jamais on n'a evoque la guerre devant moi, jamais on ne m'a reproche d'etre Pied noir, jamais on n'a manifeste de haine envers la France. Je ne parle naturellement pas des hommes politique mais des Algeriens .Pourtant eux aussi avaient terriblement souffert de cette guerre. Ai-je eu de la chance? Peut etre. Des temoignages de Pieds noirs ou de Francais sur cette epoque seraient les bienvenus.

n°596614
GAVROCHE9
Posté le 23-01-2008 à 12:38:36  profil
 

je cite TARAVAO1  "Jamais on n'a evoqué la guerre devant moi, jamais on ne m'a reproche d'etre Pied noir, jamais on n'a manifeste de haine envers la France. Je ne parle naturellement pas des hommes politique mais des Algeriens .Pourtant eux aussi avaient terriblement souffert de cette guerre. Ai-je eu de la chance? Peut etre. Des temoignages de Pieds noirs ou de Francais sur cette epoque seraient les bienvenus. "

Il est clair que ce passage je l'ai constaté quand je suis retourné en Algérie en 2006. Nous avons eu un accueil qui nous a, à la fois bouleversé et ma apporté la preuve que nos parents avaient laissé de bonnes empreintes contrairement à ce qu'il se dit. J'ai également constaté ce désarroi qui a dû être le leur quand nous sommes partis car à plusieurs reprise nous avons entendu des phrases tel que " nous n'avons jamais compris pourquoi vous étiez partis" ou "on a mis plusieurs années pour se remettre de votre départ" et les pleurs les accolades des anciens étaient sincères je n'en doute pas un instant. A mon retour j'ai été tellement secoué que j'ai envoyé un courrier au journal El Watan pour remercier la population de cet accueil, ce courrier a été diffusé dans ce journal.

Tout cela je ne le nie pas, le problème c'est qu'à l'époque c'est la peur qui dominait et fin 62 il n'était plus possible de rester. Encore une fois aujourd'hui il est facile de dire que l'on pouvait le faire mais il y avait trop de haine qui couvait.  Beaucoup de familles ont eu un parent, un ami assassiné et parfois d'une manière plutôt barbare et franchement on sentait vraiment qu'il fallait dégager.

n°596640
Eugnie
Posté le 23-01-2008 à 13:13:09  profil
 

:D

Citation:

 Beaucoup de familles ont eu un parent, un ami assassiné et parfois d'une manière plutôt barbare et franchement on sentait vraiment qu'il fallait dégager.


Et comme malgré cela, la majorité des PN ne voulaient pas quitter leur pays, le FLN a trouvé une diabolique solution, le 5 juillet 1962, et là ce fut le nettoyage ethnique.

http://hlm.de.gambetta.oran.fr [...] t_1962.htm

alexliva:1

n°596716
gigi415
Posté le 23-01-2008 à 13:48:12  profil
 

quand j'entends Taravao raconter l'après 62 en Algérie, je suis partagée par l'étonnement et la tristesse, car je me dis alors était-il possible de rester?...mais rester pour toujours ou provisoirement?...il aurait fallu à un moment ou un autre plier bagages...alors autant partir avec tous les amis d'infortune!
il est vrai que l'accueil glacial de la France ne se serait peut-être pas produit si tous n'étions rentrés aussi nombreux (1 million 100 mille)...les mentalités auraient alors un peu évolué...
bref. La messe est dite. qund le vin est tiré il faut le boire non?

 

n°596717
GAVROCHE9
Posté le 23-01-2008 à 14:00:29  profil
 

Eugnie a écrit :

:D

Citation:

 Beaucoup de familles ont eu un parent, un ami assassiné et parfois d'une manière plutôt barbare et franchement on sentait vraiment qu'il fallait dégager.


Et comme malgré cela, la majorité des PN ne voulaient pas quitter leur pays, le FLN a trouvé une diabolique solution, le 5 juillet 1962, et là ce fut le nettoyage ethnique.

[url]http://hlm.de.gambetta.oran.free.fr/oran_5_juillet_1962.htm

alexliva:1

[/url]

Il est clair que lorsqu'on lit le résumé de cette journée çà fait froid dans le dos. Comment croire aprés que l'on pouvait rester !!! comment le croire ?

n°596818
Ulyssa1
Posté le 23-01-2008 à 15:23:04  profil
 

Mes parents (de condition très modeste) ont quitté Alger le 15 août 1962, avec leurs trois enfants : mes deux frères et moi 6 ans et demi. Ils sont partis avec deux valises, une cantine et une voiture (Aronde) embarqués sur le bateau (ville d'Alger ou ville d'Oran ?) à destination de Marseille.

A Marseille, reçus comme des chiens dans un jeu de quilles, la ville devait crouler devant l'afflux de réfugiés... Passons...

Périple en France, d'hôtels en hôtels, pour attérir au final à Paris, dans un centre de rapatriés (comme on disait à l'époque) : le centre Baudricourt dans le 13ème arrondissement. Un an de vie dans ce centre, avec grands dortoirs d'une cinquantaine de personnes (si je me souviens bien), hommes et femmes séparés bien entendu. Au bout d'un an donc, un appartement nous a été attribué au 4000 à La Courneuve, la cité n'était pas encore finie, l'usine de construction des panneaux de béton se situait sous nos fenêtres et elle a fonctionné à plein pendant quelques mois encore.

Néanmoins nous étions heureux d'avoir ces appartements modernes avec un confort auquel nous n'étions pas habitués : salle de bain, chambres. Le centre commercial créé en même temps que la cité était très agréable. A notre sens. Nous devions être moins exigeants que les gens qui habitent aujourd'hui dans ces cités qu'on dit sensibles.

Mais je m'égare, je voulais évoquer les souvenirs qu'une enfant de six ans peut avoir d'Alger la blanche, la belle, même si cette ville était à feu et à sang au moment où j'y ai vécu...

Je me rappelle de la rue Hoche, de la place Hoche avec son palmier au milieu, de la marchande de journaux, de l'épicier mozabite qui vendait les meilleurs bonbons qu'on puisse trouver... Je me rappelle de mon école, l'école Clauzel, je revois sa cour, la salle de classe en maternelle, l'institutrice sévère..

Je me rappelle de la rue Edmond Adam et je l'ai revue, vue du ciel avec Google earth, j'ai revu la platanes de la rue qui ont bien grandi.

Je sens encore les odeurs de jasmin, de fleurs d'orangers de la Mitidja qui embaumaient Alger (à moins que je ne me l'invente).

J'ai dans l'oreille les cris des martinets qui, dans la bienheureuse fraîcheur du soir, zébrés le ciel bleu dur de leur vol impérieux.

J'ai dans la bouche le goût de la loubia, de la tchouchouka, des poivrons grillés, de la soubressade (ah les rondelles de soubressade frites avec les oeufs sur le plat)... Les légumes en Algérie avaient une saveur incomparable.

Des noms de lieux trottent dans la ma tête et dans mon coeur, même si je ne m'en souviens pas moi-même. Je vous les donne en vrac (et excusez l'orthographe) : la rue d'Isly, le marché Maissonnier, la Pointe Pescade, Blida, Hussein Dey, les tournants Rovigo, Sidi Ferruche, la forêt de Baïnem et sa mouna, le jardin d'essai, la Grande poste...

J'ai le souvenir d'une ambiance particulière, soleil, pureté de l'air, chaleur, vrai ville, d'une grande beauté architecturale...

Je ne suis pas tout à fait dans le sujet de ce forum, mais ça m'a fait du bien...







 

n°596852
gigi415
Posté le 23-01-2008 à 16:01:38  profil
 

Ulyssa,
bienvenue. Vos souvenirs sont les nôtres. Tout comme vous nous gardons dans les yeux, les narines et le coeur ce pays que nous avons tant aimé.

L'exode a été tragique pour une grande partie d'entre nous : bienvenue au club - dirons nous...

bien sûr nous n'avons pas oublié le nom des rues d'Alger: rue Michelet, rue Dumont Durville, les quartiers de bab-el-oued, le ruisseau des singes etc...

soyez rassurée, vous êtes en plein dan le sujet.

A+
Gigi

 

n°596898
Ulyssa1
Posté le 23-01-2008 à 16:22:13  profil
 

Merci Gigi415.

Quelqu'un peut-il me dire s'il a neigé l'hiver 60-61 ou l'hiver 61-62 sur Alger ? Mon frère et moi avions réservé une boule de neige dans une casserole dans le frigidaire, tellement l'évènement était inhabituel et merveilleux pour des enfants (et des adultes aussi d'ailleurs)...
Merci à l'avance.

n°596968
cabo38
Posté le 23-01-2008 à 17:00:34  profil
 

Rester ou ne pas rester en juillet 1962.

 Tout dépendait de l'endroit où vous habitiez.
 
Mais j'aurais tendance à dire que la gouvernance Algérienne n'a rien fait pour respecter les accords d'Evian et que son chef Ben Bella n'était absolument
pas favorable à la présence des PNs. Nous avons suffisamment de témoignages dans ce sens.

 Pour les oranais, le 5 juillet 1962 a été l'évènement déterminant.
 Beaucoup de PNs étaient partis avant cette date, mais certains pensaient qu'ils pourraient revenir plus tard, dans 2 ou 3 mois.

D'autres étaient restés après le 1 juillet, soit ils attendaient un billet pour leur rapatriement,  soit ils étaient prêts à prendre le temps et voir la suite des évènements (c'était mon cas). Mais après les massacres et enlèvements, il n' y avait aucun espoir.

 Il ne faut pas oublier qu'une ville comme Oran avait une vieille histoire :
présence des Espagnols  de 1509 à 1713, puis de 1735 à 1792, présence des Français de 1830 à 1962. A chaque fois des massacres avaient eu lieu. Les contentieux inter-éthniques revenaient au grand galop.

Pendant cette période il y avait des réglements de compte entre Algériens
Il y avait un désordre dû au départ des cadres, la nouvelle administration n'était pas en place, la lutte pour le pouvoir battait son plein.

Je crois que ceux qui ont pu rester quelques temps sans risque, ils le doivent à la protection des algériens à titre privé. Dommage !!!    

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