La Macédoine a prévenu jeudi qu'une partition du Kosovo, envisagée pour résoudre l'opposition entre la Russie et les pays occidentaux sur le statut de la province serbe placée sous administration provisoire de l'Onu, pourrait renforcer le radicalisme dans la région.
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Les Occidentaux craignent qu'une séparation du Kosovo entre albanophones et Serbes ne ravive les insurrections albanaises en Macédoine, limitrophe, et dans la vallée de Presevo, en Serbie.
Cette solution reste cependant d'actualité, ayant le mérite de constituer un compromis entre l'indépendance réclamée par Pristina et le maintien dans le giron serbe exigé par Belgrade.
"Dans tous les cas, une éventuelle partition ne pourra se faire que suivant des critères ethniques, ce qui créerait de l'agitation parmi les nombreux groupes radicaux de la région", a estimé le président macédonien Branko Crvenkovski.
"Nous ne pouvons pas sous-estimer les risques que cela présenterait", a-t-il déclaré à la presse.
Le nord et l'ouest de la Macédoine abritent 25% d'albanophones. En 2001, des groupes armés albanais se sont opposés sept mois durant à l'armée macédonienne, et des tensions subsistent.
Les autorités craignent que, voyant la partie albanophone du Kosovo accéder à l'indépendance, les groupes albanophones de Macédoine et de la vallée de Presevo ne réclament le même traitement.
Le Conseil national de sécurité macédonien s'est réuni à la suite des propos du représentant de l'UE aux pourparlers sur le Kosovo, qui avait déclaré en août que les grandes puissances soutiendraient n'importe quel accord entre Serbes et albanophones, y compris une partition du Kosovo, une option jusqu'alors inenvisageable.
Wolfgang Ischinger a depuis lors répété l'opposition des pays occidentaux à une telle solution, sans pour autant calmer les inquiétudes macédoniennes.