L’audience à moindres coûts (lu sur Acrimed où tout est dit )
Au détour d’une question précédente Guillaume Durand a déjà « mangé le morceau » :
« [...] Et puis en termes d’audience, les émissions axées sur la littérature sont moins regardées que les autres. On fait en moyenne un peu plus de 10% de parts de marché. Mais quand il y a une spéciale Robbe-Grillet, on ne fait que 9%. C’est pourquoi nous essayons de maintenir un équilibre. »
A la dernière question du Figaro - « Campus se situe donc dans le consensus ? », il répond, fiérot et penaud : « Il n’y a pas de public aujourd’hui pour une émission purement littéraire, sinon on ferait 3% d’audience. »
Pas d’audience... et pas d’argent :
« Nous avons aussi des contraintes budgétaires. J’aimerais beaucoup faire un grand entretien avec Coetzee, un auteur que j’adore, mais il se promène entre Londres et l’Afrique du Sud et on n’a pas les moyens de le suivre. Si les émissions littéraires ont toujours eu la forme de conversations en plateau, c’est parce qu’on ne leur a jamais donné beaucoup d’argent. »
De là à remettre en question ces impératifs d’audience évalués en termes exclusivement quantitatifs et ces contraintes budgétaires imposées au non de l’audience, il y a un pas décisif que Guillaume Durand, on s’en doute, ne franchira pas.
Parce qu’il est l’homme de cette situation, il animera donc une émission brouillonne, mais peu coûteuse, avec des invités choisis comme des « produits d’appel », autour de sujets taillés à leur mesure. Et dans ce brouet, surnageront de temps à autres, quelques auteurs.
Alain Thorens