La vie quotidienne dans une HLM du neuf-trois, narrée par une ado de quinze ans.
L'auteur a été présentée comme un prodige de la banlieue, écrivant son premier roman à dix-sept ans (celui-ci, donc), dans un français à la syntaxe classique exemplaire (dixit Erik Orsenna en direct à la télé). De fait, c'est vrai, la syntaxe de Kiffe-kiffe demain est excellente. Le niveau de vocabulaire est basique, même Marc Levy n'en voudrait pas, mais enrichi de tout ce qu'on arrive à transcrire du langage rebeu-djeunn.
À la télé, la jeune dame ne semble pas savoir où on trouve dans son roman le seul subjonctif, signalé par l'animateur. Mais à la télé, c'est vrai, on a le trac. Je doute qu'elle l'ait écrit elle-même, ce roman (je ne vois pas l'utilité, pour Hachette-Littérature, de perdre du temps, donc de l'argent, et de risquer de laisser passer la mode des djeunns rebeux du neuf-trois* en faisant écrire un roman d'élevage à cette jeune fille. Le négriat est bien plus efficace et tout aussi authentique (un prof du neuf-trois vaut bien une authentique hachélémienne)).
* De fait, depuis novembre dernier, ils sont passés de mode, je me demande pourquoi. Je ne parierais pas un kopek sur l'avenir littéraure de Mlle Guène jeune prodige prématurément has-been. La faute aux voitures, trop faciles à brûler, sans doute.
Ai-je été suffisament méchant ?